Circulez, il y a tout à voir !

Des adultes en section jeunesse

Françoise Legendre

Chacun son coin, chacun ses livres ? Si la répartition des fonds en tranches d'âge et de l'espace des bibliothèques en sections (adulte, jeunesse ou enfants) appartient à la tradition bibliothéconomique, de nouvelles pratiques se font jour : une réflexion a d'abord abouti à l'élargissement du public des sections jeunes vers le bas avec la reconnaissance du tout petit lecteur et, depuis peu, on assiste à une évolution vers une plus grande « perméabilité » dans les bibliothèques.

On perçoit les inconvénients de sections qui se tournent le dos; on reçoit des demandes de publics remettant en cause la rigidité de ces 'partitions; on observe des comportements qui entraînent une réflexion sur l'environnement dans les sections-jeunes et les autres sections des bibliothèques, amenant à l'étude des fonds destinés à telle ou telle tranche d'âge : d'autres critères ne devraient-ils pas être plus sérieusement pris en compte ?

Lieu commun

De nombreux adultes fréquentent régulièrement les sections-jeunes : les parents, par exemple, souvent convaincus de l'importance de la lecture pour leurs enfants, que ce soit pour leur épanouissement personnel ou pour une meilleure réussite scolaire ; pourtant, paradoxalement, une sorte de mur existe entre ces adultes et les livres : une raideur, une gêne, des habitudes bien entretenues, en bibliothèque et dans la société, font que les contacts avec les livres de la section-jeunes sont réduits, rapides - jugements portés à la suite d'un coup d'œil de quelques secondes - et que, même lorsque des parents lisent ou consultent des livres avec leurs enfants, c'est bien souvent avec un regard gauchi par l'arrière-pensée constante : « livres pour enfants ». Celle-ci forme un écran doublement filtrant : pour l'adulte, l'album doit être mignon, tendre et gai..., le documentaire « instructif », etc... Qu'il s'ennuie dès le début du livre, qu'il ne trouve ni intérêt ni originalité à une histoire ou qu'il n'ait aucun plaisir à regarder les images n'est pas pris en compte : c'est un livre « pour enfants ». En sens inverse, une gêne semble exister quand il y a plaisir réel à regarder ou lire un livre destiné aux enfants. Là aussi la barrière est difficilement franchissable. La critique entretient d'ailleurs cette sorte de ghetto. Les enseignants et les bibliothécaires eux-mêmes n'ont-ils pas des difficultés à y échapper ?

Ados et 3e âge

Certains jeunes (plus de seize ans) viennent parfois à la bibliothèque, à l'occasion de stages « 16-18 ans » par exemple. Dans ce cadre, il ne s'agit pas d'initiative individuelle, mais plutôt d'une visite de la bibliothèque demandée par l'animateur du stage. Après des réactions de rejet goguenard ou de vague attente, un intérêt se déclenche souvent pendant la visite. Ce peut être pour les écrans de consultation qui remplacent les anciens fichiers, ou pour tel ou tel type de document, et ce n'est pas dans la section-jeunes que cet intérêt est le moindre : les inscriptions se faisant à la suite de ces prises de contact en témoignent. Cette section atteint donc des objectifs plus larges que ceux visés traditionnellement.

Le temps libre ou disponible, désiré ou non, occupe une place importante dans la vie des personnes âgées n'exerçant plus d'activité professionnelle, le phénomène de la préretraite faisant d'ailleurs encore baisser l'âge de cette frontière entre « actifs » et « inactifs ». Le temps libre devient alors souvent quotidien. La présence de ces retraités dans les bibliothèques peut s'inscrire dans différents contextes : maintien d'une pratique de fréquentation, intensification de cette pratique dans le but de se documenter, de comprendre - à l'occasion de l'actualité - tel ou tel phénomène social, culturel, scientifique ou technique, ou encore de se distraire, enfin découverte complète de la bibliothèque. Il peut s'agir, dans ce dernier cas, de personnes ayant une pratique de lecture limitée au journal local ou à une collection précise : leur autonomie peut être restreinte, allant parfois jusqu'à une sorte de paralysie devant l'étendue des ressources de la bibliothèque. L'attente de ces personnes vis-à-vis des bibliothèques et des bibliothécaires n'est que rarement exprimée; toutefois, un tel voisinage de comportement devrait faire réfléchir les bibliothécaires sur les types de réponses à apporter.

Les points d'accroche

On constate donc sur le terrain que des publics multiples, pour des raisons diverses, sont susceptibles de se sentir attirés ou seraient concernés par certains aspects des sections-jeunes. Des points d'accroche existent déjà. Le lieu même en est un. Un effort a toujours été fait dans les bibliothèques pour jeunes pour l'accueil du public : dimensions non vertigineuses, présence de couleurs conférant un aspect plus ludique à l'espace, signalisation claire et simplifiée. Ceux qui pénètrent dans ces bibliothèques ne sont pas supposés connaître le classement et l'on considère qu'un important travail d'information collective ou individuelle doit être fait, peut-être plus poussé que dans les bibliothèques pour adultes.

On se préoccupe également de l'atmosphère d'une bibliothèque pour enfants, et ce dès la conception du bâtiment, en cherchant à attirer, à ne pas faire peur, à se mettre à la portée d'un public à gagner; même si beaucoup reste à faire dans cette voie, des publics non « ciblés » à l'origine peuvent, de ce fait, perdre quelques réticences à fréquenter la bibliothèque : des grands-parents ou parents, qui ne viennent pas pour eux-mêmes mais en tant qu'accompagnateurs, nous disent « mieux s'y retrouver », se déplacer plus librement, demander plus facilement « qu'à côté », où le silence est mieux respecté. Il est vrai que, sur ce dernier point, des choix cruciaux sont à faire : en sections-jeunes, le mouvement, le bruit, l'échange sont souvent admis voire encouragés, les animations (expositions, venues de conteurs, écoute de disques ou cassettes, etc...) allant d'ailleurs dans ce sens. Du côté des adultes, on admet généralement qu'une atmosphère calme, voire studieuse, doit régner, une ambiance feutrée si possible. Les bibliothécaires se tiennent à la disposition d'un public qui formule rarement ses demandes de la façon anarchique et éclatante des enfants : « Je veux un livre de papillons » ou « celui avec un petit bonhomme sur la couverture ». Or on sait que c'est précisément cette atmosphère feutrée, choisie, rappelant par certains côtés celle des grandes librairies, des lieux d'étude et de culture traditionnels, qui rebute les publics non familiarisés. Ceci apparaît de façon évidente lorsque des 16-18 ans, à l'occasion de visites, rejettent a priori la bibliothèque pour jeunes, puis, après avoir fait connaissance avec la section-adultes, décident finalement de s'inscrire « des deux côtés » : malgré certaines réticences, « On n'est plus des bébés ni des mômes », la taille même, souvent plus modeste, leur convient mieux; le bruit et le mouvement ambiants les mettent à l'aise; ils osent poser des questions. La classification, simplifiée, clairement symbolisée, fait moins barrage; la disponibilité professionnelle et l'investissement affectif souvent (trop ?) présent des bibliothécaires pour la jeunesse répondent bien à leur attente qui ne concerne pas que les livres et les renseignements bibliographiques.

De même, les personnes âgées sont souvent enclines à converser avec les bibliothécaires et l'on constate chez elles aussi une attente affective importante, un grand besoin de communication.

Une cohabitation heureuse

Les enfants acceptent et vivent bien la « cohabitation » avec des adultes, jeunes ou âgés : le plaisir n'est pas mince d'expliquer à un aîné comment se servir de l'écran de consultation à la disposition du public, ou de se faire raconter par des grands-parents, à l'occasion d'une exposition sur l'histoire de la navigation, comment vivait le port de sa ville, il y a cinquante ans. Le sentiment de ne pas être « à part » , d'avoir accès à de vrais livres, puisque des adultes - des grands - les empruntent aussi, bref d'être complètement pris au sérieux en qualité d'usager de la bibliothèque est également à mettre à l'actif de cette cohabitation.

Les bibliobus municipaux, ou dépendant de bibliothèques centrales de prêt, ainsi que les petites bibliothèques de quartier, de par leur exiguïté même, montrent que la fréquentation simultanée d'un même lieu par des publics d'âges très divers, si elle présente parfois des difficultés, s'avère aussi positive : le lieu, provoquant la promiscuité des personnes et des documents, suscite des découvertes et des échanges, abolit en partie le barrage de l'âge, des destinations, des classifications forcément boîteuses; les sections, tranches, cloisonnements architecturaux et découpages des publics et des fonds sont malmenés par la force des choses.

La nécessité de réfléchir et d'organiser ces rapprochements est de plus en plus prise en compte ainsi que le montre par exemple la conception de la médiathèque de la Villette. Dans un lieu où les clivages sont beaucoup moins nets, chacun trouve sa place librement et les erreurs sont plus facilement réparables par les intéressés eux-mêmes; des adolescents, des personnes âgées n'éprouvent pas la moindre gêne à prendre un livre théoriquement destiné à une autre « tranche » de public. Le bibliothécaire peut passer en souplesse d'un rayon à l'autre, autant en ce qui concerne la fiction que les documentaires ou les périodiques. Les jeunes adultes ayant un passé d'échec scolaire encore bien vif à l'esprit sont très sensibles à ce qui ressemble de près ou de loin aux rangements par classes, dans différents sens du terme : classe d'âge, classe scolaire, niveaux, ... et rejettent moins une présentation de documents où la souplesse et la liberté d'utilisation sont plus grands.

Des fonds communs

Mais, si l'on constate que par certains côtés le lieu des bibliothèques pour la jeunesse peut très bien convenir à des publics divers, il faut réaliser que dans le fonds même, des détournements sont possibles, souhaitables et d'ailleurs pratiqués très simplement dans les lieux évoqués plus haut (bibliobus, petites bibliothèques), pour peu que les bibliothécaires les encouragent.

Certains genres se prêtent particulièrement à la multiplicité des destinations, comme quantité de bandes dessinées qui sont lues avec autant de plaisir par des adultes que par des enfants : Tintin, Astérix, Gaston Lagaffe, Jonathan et d'autres font des adeptes - selon la formule - de 7 à 77 ans ! Cela est reconnu, pratiqué et, dans le cas de bibliothèques nettement cloisonnées, elles doivent être achetées dans les deux sections, à moins qu'on ne laisse la possibilité aux uns de les emprunter « chez » les autres ou par le biais des autres : le succès de ces bandes dessinées est tel qu'une rigidité de la bibliothèque est - heureusement - contournée d'une façon ou d'une autre par les publics.

Des livres classés traditionnellement en « Humour », (tranche perdue entre théâtre et poésie, à l'intérieur de la fameuse classe 800 de la Dewey où les enfants -et la plupart des adultes - n'ont bien sûr jamais l'idée d'aller) sont également prisés par des publics d'âge extrêmement varié : la série vedette des Petit Nicolas est un exemple flagrant; d'autres livres « pour enfants », comme ceux de Roald Dahl, trouveraient d'autres lecteurs si l'accès était plus évident dans un contexte plus souple.

Le brassage des collections

Les collections en gros caractères, à la mise en page aérée et à la « tourne » rapide, pensées à l'origine pour des lecteurs pré-adolescents ou adolescents (« Les chemins de l'amitié -Hatier », par exemple) s'avèrent encourageantes pour des lecteurs plus âgés qui « baissent les bras » devant d'épais volumes aux pages longues, couvertes de petits caractères, où la progression est lente et réellement fatigante pour eux. Des personnes âgées apprécient également, pour les mêmes raisons, mais aussi pour des questions de vision, ces livres « écrits gros ». Inversement, des collections comme « Large vision-Laurence Olivier Four », conçues pour des adultes ayant des problèmes de vision, comprennent des titres, assez classiques en général, pouvant très bien convenir à des lecteurs d'une douzaine d'années ou à des adolescents désirant lire mais qui « calent » devant des éditions du type livre de poche ou livres brochés classiques et ne veulent pas avoir recours, pour des raisons psychologiques compréhensibles dans la situation actuelle, à des collections « pour enfants », même si seules les couvertures permettent cette appellation : Gallimard, avec la fameuse collection « 1000 Soleils », reprend bien des titres de littérature aujourd'hui considérée comme classique et les habille de neuf, ce qui entraîne parfois des malentendus dus aux codes de lecture des illustrations - les couvertures en l'occurrence -« pour enfants » : des adultes vont repousser certains titres parce que la couverture leur fait penser que le livre s'adresse aux petits; inversement, des lecteurs d'une dizaine d'années empruntent, par exemple, La ferme des animaux de George Orwell, s'attendant, toujours à cause de l'illustration rapidement regardée, à trouver une histoire à tendance zoologique ! Surprises très saines parfois, certes; mais un brassage énergique des collections dans les fonds des différentes sections ne contribuerait-il pas à lever des barrages et donc à favoriser des découvertes ?

Des visions d'art

Certains professionnels et publics ont déjà pris conscience du caractère discutable des rails de la destination des livres, et plus particulièrement des images. Il est encore bien des collections qui transportent - avec succès -des esthétiques reconnues par beaucoup d'adultes comme étant pour enfants, largement encouragés en cela par les médias (télévision et cinéma pour enfants) : il n'est qu'à regarder les albums disponibles dans les supermarchés, références sans cesse répétées à un Disney plaqué et finalement dénaturé, images d'un réalisme bâclé, aux photos retouchées (Martine toujours vivante !) mièvrerie souriante et fleurettes propres d'un monde que les adultes veulent être celui des enfants, avec l'énergie que leur confère la nostalgie d'un paradis perdu.

Pourtant, en une dizaine d'années, les illustrations des livres pour enfants se sont considérablement enrichies, diversifiées; de vrais artistes proposent des images qui n'ont plus rien à voir avec la production en série, et parfois non signée, évoquée plus haut. Certes, de nouveaux codes se sont créés, mais des illustrateurs sont apparus qui placent l'originalité, la qualité des images et leur expression d'artiste avant la destination des livres, s'opposant d'ailleurs en cela à la politique du Père Castor. Ainsi nous trouvons aujourd'hui, dans des collections destinées aux enfants ou aux jeunes, des images susceptibles de leur donner un vrai contact avec les esthétiques les plus personnelles et donc les plus différentes.

Pourquoi les adultes se privent-ils de la richesse des images d'Anne Bozellec, Lisbeth Zwerger, Frédéric Clément, Nicole Claveloux, Jean Claverie, Georges Lemoine, Chris Van Allsburg, Alain Letort, Binette Schroeder, Etienne Delessert, Mitsumasa Anno et tant d'autres ? Ne concernent-elles que les moins de quinze ans ? Des collections comme Enfantimages, Folio Junior, Cadet, Benjamin Gallimard, des éditeurs comme l'Ecole des loisirs, des albums comme Des invités bien encombrants 1 (bourré de références au surréalisme, à Magritte, etc...), les contes illustrés de la collection « Il était une fois » (Grasset) séduisent, intéressent ou au moins étonnent les adultes dès lors qu'ils franchissent les barrières de la formule exclusive : « livres pour enfants ». Là aussi, la présence de certains de ces livres parmi ceux destinés aux adultes, ou tout au moins une proximité, des passerelles qui puissent être empruntées le plus facilement possible entre les catégories de livres, ne peuvent que favoriser les découvertes et apporter l'oxygène et la qualité de ces expériences et de ces images encore trop peu connues.

Des documentaires multipublics

Un domaine où le clivage adultes/enfants paraît tout aussi regrettable est celui des documentaires. Nombreux sont les adultes, jeunes ou âgés, qui cherchent documentation ou information; lorsqu'il ne s'agit pas de spécialistes voulant peaufiner leur savoir, mais de personnes désirant, par intérêt personnel, découvrir tel ou tel domaine, s'initier à un sujet dont on parle, certains documentaires pour jeunes peuvent très bien renseigner, de façon plus illustrée, avec un langage plus clair et une mise en page plus attirante et pédagogique que bien des ouvrages conçus pour des adultes. Sur des sujets comme par exemple l'informatique, la météorologie, la préhistoire, l'histoire, les animaux, on peut trouver une information claire et bien présentée parmi les livres destinés aux dix-quinze ans. Existe-t-il livre aussi précis et dense sur la construction d'une cathédrale que celui de David Macaulay à l'Ecole des loisirs ? Une approche de la technique utilisée par les Egyptiens pour les momies plus limpide que celle du livre d'Aliki, Momies d'Egypte, aux éditions du Sorbier ? La collection Ecoramage (Epigones) ne propose-t-elle pas une vision de la nature originale, illustrée de photographies étonnantes et très lisibles, nous montrant la vie à nos portes ? Dans la haie, Sur la feuille, Les Fossoyeurs de la nature, etc... les exemples affluent de livres pour la jeunesse pouvant satisfaire les besoins ou curiosités d'un public adulte.

Inversement, les questions des dix-quinze ans sont parfois très spécialisées, dans un domaine précis correspondant à une passion, un hobby ou un travail scolaire : le recours aux documentaires pour adultes s'avère alors indispensable; cela a été pris en compte pour la conception de la médiathèque de La Villette où les possibilités de rayonnement des publics d'une zone à l'autre doivent être facilitées et encouragées 2.

Par ailleurs, si des collections pour enfants proposent une approche de domaines artistiques - la peinture particulièrement - n'est-il pas dommage de soustraire à leur possibilité de découverte de beaux livres de peinture ou de photographie « pour adultes », qui donnent à voir de façon moins digérée, sans lecture de l'image donnée en marge, où le plaisir peut simplement consister à feuilleter en regardant les images comme le font les enfants, les images portant dans ce cas, le nom de chef-d'oeuvre ?

De même, des revues de vulgarisation scientifique (Ça m'intéresse), de musique (Rock and Folk), etc. peuvent très bien correspondre à des demandes de jeunes d'une douzaine d'années. Aux bibliothèques de savoir ne pas verrouiller les accès.

Les clivages hermétiques, les traditionnelles tranches d'âge, de documents, de genres gagnent à être repensés dans l'intérêt des publics. L'idée que la bibliothèque ne doit plus seulement s'ouvrir sur l'extérieur, mais favoriser les circulations dans ses propres murs fait son chemin, bravant les confortables habitudes de rangement, de distribution des usagers, de discipline. Petit à petit c'est la structure qui se met en mouvement pour s'adapter mieux aux besoins, exprimés ou non, des publics réels ou potentiels, et non les usagers qui doivent se plier aux contours du service public qu'est la bibliothèque.

Certes, la route est longue encore, les situations varient selon les établissements, et l'on peut penser que la formation des bibliothécaires, par options pour l'instant assez étanches, ne favorise pas toujours cette perméabilité. Une prise de conscience se fait jour, pouvant laisser espérer des évolutions positives, qui iront complètement à l'encontre du dernier état de la question au Canada, où le chemin se fait -semble-t-il - en sens inverse, puisque des sections spéciales 3e âge commencent à se créer. A quand les bibliothèques spéciales chômeurs ou femmes enceintes, voire le rayon « personnalisé », le colis préemballé et conditionné ? Gageons que les publics préféreront, à un choix aseptisé, « subjectivé » par ce que le bibliothécaire déterminera être définitivement pour enfant, pour adulte, pour personne âgée, etc..., l'éventail de possibilités et de découvertes le plus riche possible, à condition qu'il soit organisé.