Éditorial

Voyage en VS

Les sciences et techniques sont à la mode. Et leur diffusion auprès des profanes prend du même coup rang parmi les préoccupations premières des organismes voués à la communication culturelle. D'encyclopédie en musée, on leur prépare de grandes consécrations.

A y regarder de près, il en est de la vulgarisation scientifique comme des autres phénomènes de mode : elle a un passé déjà respectable et elle n'est pas une. Si l'on assiste aujourd'hui à une certaine accélération de l'histoire, à une effervescence autour de ces thèmes, c'est un genre « littéraire » qui possède depuis un certain temps déjà sa mythologie, sa grammaire, ses observateurs, détracteurs ou partisans. Derrière l'unité du sigle se cache la variété des voies qu'elle emprunte : le livre, le magazine, la revue, l'exposition, la conférence, le film ou l'émission de télévision ont chacun son langage et ses effets spécifiques, auxquels répondent la variété des publics, les érudits, les branchés et les badauds. Diversité des supports et des publics, une problématique familière aux bibliothèques, aux médiathèques et autres bidulothèques...

Ce qui semble nouveau également, c'est l'émergence publique, à travers une appellation-slogan, la Culture scientifique et technique et industrielle (CSTI), de la revendication d'une autre façon d'envisager la circulation des idées et des connaissances entre les scientifiques et les autres : inverser les perspectives et partir des interrogations du public. Que la science ne soit plus le pays où l'on n'arrive jamais, mais un terrain d'échanges. Nouvelle façon de dire ou nouvelle façon de faire ?

La Rédaction