Les maréchaux de Napoléon III, leur famille et leur descendance

par Jean Watelet

Joseph Valynseele

Les travaux de M. Valynseele font, depuis longtemps, autorité dans le monde, de plus en plus nombreux, des généalogistes, de même que les chroniques qu'il donne régulièrement à l'Intermédiaire des chercheurs et curieux. Après les maréchaux du 1er Empire et ceux de la Restauration, voici ceux, moins connus, de Napoléon III, dont le souvenir de la plupart d'entre eux, non sans parfois quelque injustice, reste attaché à la guerre de 1870. C'est oublier que presque tous ont fait leurs premières armes en Algérie, et se sont distingués en Crimée, en Italie, au Mexique.

L'étude de leur postérité aboutit à faire connaissance avec plus de deux mille familles, dont la plupart sont encore représentées de nos jours, mais la lecture des notes qui accompagnent chaque généalogie comblera d'aise les amateurs d'histoire, voire de petite histoire. Ils découvriront, au fil des pages, que Baraguey d'Hilliers était le neveu de Madame Husson - oui, celle du « rosier » -, que le baron autrichien Posch-Pastor, qui joua un rôle aussi important que mystérieux dans la libération de Paris, était apparenté aux Castellane, qu'un descendant du maréchal d'Ornano, anobli à Hué par l'empereur Bao-Daï, devint duc de Long-My, ou bien que selon le dossier militaire du 2e duc de Magenta, fils de Mac-Mahon, « la famille d'Orléans est universellement connue et jouit d'une très grande considération ». Les dix-neuf maréchaux, dont la carrière est reconstituée avec un luxe de détails et un souci de la précision qui forcent l'admiration, ont peu écrit, si l'on met à part les Mémoires du maréchal de Castellane, qui sont une sorte de petit chef-d'œuvre, ou la correspondance de Saint-Arnaud, et il est amusant de noter que la comtesse de Ségur, dont les œuvres redeviennent à la mode, était alliée au maréchal Magnan.

Les ouvrages de M. Valynseele, tirés à un petit nombre d'exemplaires, s'épuisent rapidement. Pour reprendre la conclusion du professeur Tulard, qui présente l'ouvrage : « Il n'est pas de plus belle consécration que de voir ses livres traqués de bouquinistes en bouquinistes par une élite de chercheurs et de bibliophiles ».