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La « Biblio. »

Entre concentré et fantasme de bibliothèque

Serge Bouffange

Marie-Laure Habérard

Depuis octobre 2011, le « Biblio.bato », amarré sur les quais de la Garonne bordelaise, propose un espace éphémère qui se rattache à un nouveau concept de bibliothèque que l’on dénommera ici « bibliopoint » (ou « biblio. »). Nouvelles formes de bibliothèques « hors les murs » dépassant les seuls publics empêchés, proches aussi du « troisième lieu  1 » par leur caractère polymorphe et ouvert sur la société, les biblio. permettent de multiplier des propositions de bibliothèques dans une proximité géographique et humaine. Petites formes, les biblio. sont des contractions de bibliothèques positionnées dans les flux contemporains, physiques et virtuels, comme autant de « points » accompagnant le quotidien des citoyens.

Une bibliothèque dans les flux…

En proposant ou en investissant des lieux à la fois atypiques et conviviaux, la biblio. attire l’attention. Déjà en 1953, le Bokböten, petit cargo militaire transformé, interrogeait les foules lors de ses escales dans les îles suédoises. Aujourd’hui, la bibliothèque de Naevsted au Danemark prend place sur le toit d’un supermarché. L’objectif commun ? Établir une rupture, être un lieu novateur et attirant pour changer l’image de la bibliothèque. Ces établissements d’un nouveau genre souhaitent constituer un cercle d’habitués mais aussi attirer les curieux en offrant un espace accessible et chaleureux.

Innovantes par le caractère insolite des lieux où elles se situent ou par leur apparence même, ces bibliothèques visent à être des espaces de vie ouverts sur la ville. Géographiquement, la biblio. reprend l’esprit de la bibliothèque « hors les murs » ; elle essaime dans les points névralgiques de l’espace urbain pour rencontrer les gens dans leur quotidien : gares (Villepreux-les-Clayes en France, Haarlem près d’Amsterdam), centres commerciaux (Rouen, Lyon), aéroports (Schiphol aux Pays-Bas), halls d’hôtels (Amsterdam) ou bien encore métro (Marseille, Madrid). Lovés dans leurs lieux d’accueil, ces équipements favorisent une ouverture sur l’environnement et apportent un « point » de bibliothèque aux passants, sans attendre que ces derniers se rendent par eux-mêmes dans un établissement du réseau. Leur forme même surprend : container, bateau, cabine de plage… Avec la protéiforme biblio., la révolution copernicienne décrite par Bertrand Calenge  2selon laquelle « le territoire ne tourne plus autour de la bibliothèque » prend ici tout son sens.

La biblio. investit en effet les lieux où va l’usager et se déplace avec lui, intégrant la « mobilité de l’homme moderne  3 » comme donnée incontournable. La biblio.plage de Châtelaillon ou de Seine-Maritime n’a ainsi qu’une existence éphémère sur les lieux de villégiature estivale. De même, le vélo-biblio de Lavaltrie (Canada) se déplacerait difficilement dans la neige hivernale, à l’instar des habitants.

… qui accompagne l’expérience contemporaine de chacun

L’intention affichée des différentes biblio. est de lutter contre le cloisonnement géographique, la précarité sociale et, surtout, le manque d’intérêt individuel. Pour atteindre leurs publics, les biblio. proposent des lieux et des services qui jouent sur l’attrait des « biens d’expérience », et particulièrement des « biens signifiants » auxquels se rattachent les industries créatives  4. Elles suscitent le désir de l’individu par une approche à la fois personnalisée et socialisante : des lieux modulables, mais aussi des collections et des contenus personnalisables ou personnalisés. Ainsi, la bibliothèque de Schiphol aux Pays-Bas s’adresse aux voyageurs en partance et place son offre sous le signe de la littérature hollandaise d’une part, du livre électronique d’autre part, avec des iPad et des ordinateurs en libre accès  5.

La biblio. s’efforce également de proposer à ses publics un processus actif d’appropriation et de création. Elle offre des services souvent liés aux nouvelles technologies : bornes automatiques, jeux vidéo, tablettes numériques, films en 3D, mais également des collections de fiction ou documentaires plus classiques dans leur forme mais découlant d’un choix bibliothéconomique cohérent avec l’usage souhaité.

Si la bibliothèque classique traduisait l’objectif de la « culture pour tous » en proposant en son sein une offre généraliste pour toute la population, la biblio. serait-elle plutôt du côté de la « culture pour chacun », dans la mesure où elle n’accueille pas une multiplicité d’espaces, d’ambiances et de services, mais dissémine au contraire une partie de l’offre de la bibliothèque en divers espaces distincts  6 ? La biblio. s’attache à offrir aux citoyens une expérience qui « combine à l’utilité individuelle des biens et des services une utilité sociale », pour reprendre l’expression d’Olivier Bomsel appliquée à l’économie de l’immatériel  7.

Elle favorise une relation subjective à un produit (ici la culture, dans des formes partielles) afin que le destinataire se l’approprie à la fois de façon intime et sociale. Le bibliothécaire travaille à susciter cette aspiration par une médiation forte – cabines et transats à la location pour le kiosque de plage de Châtelaillon –, ainsi qu’une communication basée sur la rencontre – entre vacanciers par exemple, ou entre lecteurs et non-abonnés dans un hall de gare ou des couloirs de métro. Dans la concurrence de nos occupations contemporaines, la biblio. mise sur un service original et séduisant pour inciter les gens à se déplacer vers elle et, à travers elle, rejoindre peut-être la bibliothèque pleine et entière dont elle émane.

Concrètement, la réussite de l’expérience nécessite, pour le créateur de la biblio., une attention portée au mobilier et aux matières, ainsi qu’une production de services qui jouent sur la participation du public, la valeur ajoutée de la biblio. dépendant autant du service lui-même que de la façon dont il est proposé et de la relation à l’usager qu’il induit.

Connectée, la biblio. utilise de même les outils du web social afin que l’expérience sensorielle suscitée se virtualise sur la Toile : elle expérimente de nouveaux espaces dont les règles sont différentes. Il s’agit là aussi de susciter l’échange, de faire lien avec des lieux et des projets divers pour asseoir une proximité autour de préoccupations communes, constituer ou renforcer une communauté. Ainsi, sur la page Facebook du Biblio.bato bordelais, les poufs et poires se voient, leurs usages multiples sont mis en scène, les activités proposées prennent vie par le biais de liens, photos ou vidéos. La biblio. joue bien sûr de l’interactivité d’internet : elle invite régulièrement le public à participer, à donner son avis, à faire partager son expérience afin que chacun s’approprie le lieu, qu’il s’y soit déjà rendu physiquement ou pas.

Là où la bibliothèque classique s’adresse au collectif en espérant accueillir des individus, la biblio. vise les individus en tant qu’appartenant à un groupe, à une communauté. C’est une expérience à vivre individuellement et à partager avec un groupe qui leur est proposée, à l’instar des réseaux sociaux. Ce qui se trouve modifié grâce à ces nouvelles structures n’est pas tant la réalité de la bibliothèque que sa perception, la « possibilité de bibliothèque ».

Le Biblio.bato

Une mini-bibliothèque

Ancré aux Bassins à flot depuis la Toussaint 2011, le « Biblio.bato » est pour quelques mois la douzième bibliothèque du réseau de lecture de Bordeaux ; il occupe le pont supérieur de l’I.boat, un ancien ferry transformé en équipement culturel privé, alter ego bordelais du Batofar parisien (salle de concert, café, restaurant).

Cette mini-bibliothèque est délibérément non encyclopédique et non généraliste : elle vise à combler des interstices à la fois géographiques, sociaux et générationnels au cœur d’un quartier en profonde évolution, afin d’aider à y penser le rapport à la culture. L’offre y est centrée sur les cultures de l’image.

Espace éphémère et expérimental, le Biblio.bato est inscrit dans la convention triennale 2011-2013 de « démocratisation culturelle » signée entre le ministère chargé de la Culture et la ville de Bordeaux. Une part significative de la subvention affectée a été consacrée à la réalisation d’un mobilier de création, issu de matériaux recyclés, par une « ressourcerie créative » de la ville, l’atelier « D’éco solidaire » : caissons « street art » mobiles abritant matériel et documents, poufs et gros coussins créent une ambiance atypique dans un lieu public. Le budget matériel et documentaire attaché (16 000 €) a privilégié les cultures de l’écran : matériel hi-fi et de visionnage (TV HD et 3D), consoles et jeux vidéo, jusqu’alors absents des bibliothèques du réseau. Une large place a été faite à l’image y compris hors écrans (BD, mangas) et aux romans de genre pour adolescents et adultes. L’espace presse a de même été pensé en lien avec les cultures urbaines et la programmation très contemporaine de l’I.boat. Ludique, cette proposition de bibliothèque se tourne vers le citoyen dans une démarche participative, en s’éloignant de la contrainte. La confiance affichée en l’usager est la base revendiquée d’une relation nouvelle.

Aucun budget de personnel n’était lié ; le fonctionnement (trois après-midi par semaine en moyenne) repose sur le seul volontariat des équipes travaillant dans d’autres bibliothèques : mesure de gestion stricte, mais aussi moyen de rattacher le biblio.bato aux onze autres bibliothèques de Bordeaux et d’orienter le public vers elles.

Les bibliothécaires ont également fait le pari de l’interactivité dans un souci de médiation culturelle et sociale : une page Facebook dédiée  1* permet de s’adresser à chaque internaute pour le convier à participer au choix des collections et à s’exprimer sur sa perception du lieu.

Un premier bilan

Après les trois premiers mois de fonctionnement, la ville de Bordeaux et l’exploitant ont décidé de reconduire l’expérience pour un trimestre supplémentaire. En effet, malgré le caractère excentré du lieu, une signalétique minimale et une faible desserte en transports en commun, la fréquentation s’avère très satisfaisante. Cet espace de 60 m² a ainsi accueilli près de 600 personnes en un peu moins de 140 heures d’ouverture, soit un ratio très honorable de 0,07 personne/m²/h. Le « besoin de bibliothèque » sur ce quartier, mis en avant par une pétition associative il y a quelques années, est ainsi confirmé et pourra servir d’éclairage pour la collectivité dans les années à venir.

La fréquentation virtuelle suit : plus de 350 utilisateurs de Facebook en 3 mois « aiment » le Biblio.bato, dont 65 % de 15-35 ans, destinataires privilégiés de cette biblio. Fréquentation physique et audience virtuelle ont créé un « buzz » rapide, exposant le biblio.bato à un espace médiatique inattendu et bienveillant  2*. Pour autant, la tranche d’âge visée par la ville n’est pas celle qui fréquente physiquement le lieu en majorité : à 85 %, ce sont plutôt des familles composées d’adultes et d’enfants de moins de 15 ans. Le concept, l’idée du lieu, l’image véhiculée, semblent ainsi correspondre aux attentes de la cible telles qu’elles s’expriment sur internet, sans forcément ouvrir sur une expérimentation en réel de la proposition construite. Ce décalage se retrouve d’ailleurs dans les faibles taux d’emprunts de cette bibliothèque éphémère. Une offre de prêt est-elle pertinente dans une telle structure dédiée à la consommation in situ de loisirs dans une ambiance conviviale ?

Après trois mois sans renfort humain, un certain essoufflement atteint l’enthousiasme des équipes à effectuer des permanences sur le bateau, les heures supplémentaires du Biblio.bato étant difficilement amorties du fait d’une charge de travail non réductible par ailleurs.

Au-delà, et malgré d’excellentes volontés de part et d’autre, le constat est fait que, s’il y a complémentarité théorique d’offre, d’horaires et de publics entre le service public que constitue le Biblio.bato et l’équipement privé qu’est l’I.boat, la vocation et les impératifs commerciaux de ce dernier entrent, en pratique, en concurrence avec la bibliothèque et constituent une limite à l’occupation des lieux dans la durée.

Loin d’être négatives, ces nuances sont l’un des points forts de cette expérimentation bibliothéconomique grandeur nature, au bilan provisoire très satisfaisant : la fréquentation a été très vite au rendez-vous, et l’image des bibliothèques de Bordeaux est renouvelée.

Les vacances de Pâques sonneront la fin de la mise à flot du Biblio.bato. Ce sera alors le moment pour les bibliothécaires bordelais d’expérimenter de nouvelles formes innovantes, telles une « biblio.sports » sur les quais et une « biblio.plage » au bord du lac de Bordeaux dès cet été.

Marie-Laure Habérard et Serge Bouffange

  1.  (retour)↑  http://www.facebook.com/Biblio.bato
  2.  (retour)↑  Voir par exemple : Le Monde du 23 novembre, France 3 Aquitaine, Nova, Balise, ainsi que la blogosphère.

Parle-t-on encore de bibliothèque ?

Les limites de ces mini-structures – parfois concentré, souvent ersatz de bibliothèque – sont toutefois perceptibles. La biblio. interroge tout d’abord le rôle du bibliothécaire. Autonome et impliqué dans l’organisation de la structure, de ses collections et de ses services, le passant, même occasionnel, s’oriente seul dans les différents espaces qui ne sont plus des allées ou des travées mais bien des recoins, de petits lieux identifiables et maîtrisables. Le bibliothécaire perd sa figure d’expert des codes du lieu ; sa fonction consiste à concevoir des espaces pertinents pour pouvoir s’effacer en tant que guide. Cette évolution lui permet de se placer clairement comme passeur non plus entre un savoir codé et des usagers à initier, mais entre des services adaptés et la vie des citoyens, que l’on accompagne dès lors dans leurs pratiques.

Cette dernière acception revient-elle à un nivellement de l’offre par le bas ? Sous couvert de reconnaissance de la diversité des modes d’expression et des cultures, de la valeur individuelle et communautaire, la biblio. ne serait-elle pas un pur produit d’entertainment, oublieux du collectif et du citoyen ? Répondre par l’affirmative serait négliger que ce sont sur les territoires et les formes perçus initialement comme culturellement non corrects que les bibliothécaires ont le plus fait œuvre de défricheurs et de prescripteurs ces dernières décennies, du roman de genre à la bande dessinée ou au jeu vidéo.

Dans sa recherche de nouveaux publics, la biblio. ne joue-t-elle pas d’un pragmatisme libéral un peu court ? N’utilise-t-elle pas en effet les techniques d’approche segmentée propres au marketing, notamment celles du marketing territorial : l’individu est consommateur, client à satisfaire ? L’on objectera que l’on reste toutefois dans les limites du service public, sans poursuite d’une rentabilité économique ; que la démarche est un moyen de toucher les habitants tels qu’ils sont et non tels que le bibliothécaire les fantasme : l’approche marketing contraint à reconnaître utopique de penser s’adresser avec efficacité à tous de la même façon, puis dépasse cette aporie en multipliant les langages pour communiquer avec chacun.

La biblio. cible le plus souvent les jeunes, afin d’établir enfin un dialogue constructif avec cette partie de la population si rétive aux efforts des bibliothécaires ; si les choix faits touchent souvent au numérique, ils ne nécessitent néanmoins pas de compétence technique particulière de la part des utilisateurs, et se veulent en cela ouverts au plus grand nombre, initiés comme novices, curieux de tous âges.

Et si les biblio. étaient de simples outils de communication valorisant des notions positives telles que la sociabilité, la médiation et l’échange, sans fondement véritable ? Car, en effet, quel sens donner à ces valeurs dans des lieux de 20 à 60 m² dans lesquels venir en groupe est une gageure ? Fantasmes de bibliothèques, les biblio. ne tiendraient lieu que de publicité en deux ou trois dimensions. Voici un des écueils nécessitant la vigilance du bibliothécaire : limiter ces mini-structures à un effet d’annonce sans impact réel sur la bibliothèque – ou le réseau – dont elles sont issues. Si l’on veille à l’éviter, disposer d’une structure qui fait parler d’elle et change l’image globale de la bibliothèque sur son territoire ne peut qu’être positif, au regard du manque de visibilité médiatique et politique dont souffrent les bibliothèques aujourd’hui.

Ultime limite : certains internautes « aimant » la biblio. sans jamais s’y être rendus, un cynique pourrait s’interroger sur l’utilité de créer une bibliothèque réelle demandant d’importants investissements humains et financiers à la collectivité. Une page Facebook simulant une bibliothèque purement virtuelle mais formatée pour apporter aux usagers de la Toile ce qu’ils pensent attendre susciterait-elle les mêmes bénéfices qu’une création physique ? En tout état de cause, le seul fait « d’aimer » un concept peut être considéré comme un premier pas d’adhésion : le projet de biblio. fait sens puisqu’il entre en résonance avec les affects des individus, même réduits à un clic d’approbation. Enfin, lorsque l’internaute co-construit un univers en acceptant de s’associer au choix de l’offre, il le fait aussi pour les personnes de son groupe, celles avec lesquelles il partage des affinités. Il ouvre ainsi à la structure concernée tout un champ de nouveaux publics à convaincre ou déjà convaincus par la médiation qu’il a lui-même opérée. La bibliothèque devient porteuse d’identités collectives, qu’il lui appartient d’entretenir à son tour – ou non.

Parfois, le caractère poreux des biblio. confine à l’absence de forme lorsque le service devient la structure. Bien qu’en adéquation avec l’accueil de son hébergeur, l’espace lecture situé dans l’hôtel Mint à Amsterdam propose ainsi un échantillon tellement restreint sur 10 m² (guides touristiques, documentaires et fictions sur les Pays-Bas) qu’il ne donne qu’une « idée de bibliothèque ». Non-forme ultime, les « Bokomaten » ou « gotogolibrary », nombreux dans les pays nord-européens et aux États-Unis, offrent un service minimaliste de lecture sans bibliothécaire, sans lieu dédié. Suffirait-il de mettre à disposition trois ouvrages dans un lieu agréable et de les estampiller bibliothèque pour créer une biblio. ? Bien qu’il s’agisse d’un cas limite, les citoyens y gagnent l’assurance que les quelques ouvrages proposés résultent d’une réflexion quant à leur choix et à leur agencement en fonction du lieu et des usages qui en sont faits.

Conclusion

Les biblio., perversion mainstream ? Dilution de la bibliothèque dans la culture commerciale ? À la différence des bibliothèques de quartier qui peuvent être perçues par les usagers comme des touts indépendants, les biblio. sont trop petites, sélectives et mouvantes pour prétendre être des unités autosuffisantes. Elles aident à la reformulation de l’idée de réseau, compris comme une bibliothèque aux multiples ramifications sur un territoire donné. En conférant une forme au « hors les murs » sans pour autant le contraindre, la biblio. multiplie les points de rencontres au sein de la cité et gagne une place privilégiée au cœur du quotidien de ces habitants. Ainsi, le citoyen bordelais peut-il se rendre à l’étage supérieur de l’I.boat pour jouer sur Kinect puis prendre le tramway pour travailler sur Homère à la bibliothèque centrale de Mériadeck, avant de terminer la journée par une projection dans une bibliothèque de quartier.

La bibliothèque que nous recherchons tous, fréquentée et utile, passe aussi par cette multitude de possibles disséminés dans les flux urbains, à la fois unités conceptuelles et complémentaires les unes des autres. Alors que la profession réfléchit au complément physique de la bibliothèque dématérialisée, accessible jour et nuit aux individus où qu’ils se trouvent, la biblio. est une proposition pertinente. De par son caractère modulable, cette mini-structure a la souplesse requise pour évoluer sans cesse et s’adapter. Éphémère, elle saisit les opportunités pour occuper des lieux variés sous des formes diverses, en lien avec la société et son évolution. •

Février 2012

  1.  (retour)↑  Mathilde Servet, Les bibliothèques troisième lieu, mémoire d’étude, Enssib, 2009.
  2.  (retour)↑  Bertrand Calenge, « Excentrer la bibliothèque : l’invention de la proximité », blog Carnets de notes, post du 29 octobre 2009. En ligne : http://bccn.wordpress.com
  3.  (retour)↑  Robert Ezra Park, « La ville : propositions de recherche sur le comportement humain en milieu urbain » (1925), L’école de Chicago. Naissance de l’écologie urbaine, Aubier, 1990, p. 101.
  4.  (retour)↑  Olivier Bomsel, L’économie immatérielle : industries et marchés d’expériences, NRF Essais, Gallimard, 1990, p. 183.
  5.  (retour)↑  Voir le site http://www.airportlibrary.nl et, dans ce numéro du BBF, l’encadré d'Amandine Jacquet, « Bibliothèque de l'aéroport de Schiphol ».
  6.  (retour)↑  Culture pour chacun : programme d’actions et perspectives, rapport de Guillaume Pfister et Francis Lacloche, septembre 2010. Parmi les idées méritant d’être habitées, celle qui fait du rassemblement des individus dans le respect de leurs différences le facteur essentiel et nécessaire du développement local et social nous paraît être au premier plan.
  7.  (retour)↑  Olivier Bomsel, L’économie immatérielle, op. cit., p. 16.
  8.  (retour)↑  http://www.facebook.com/Biblio.bato
  9.  (retour)↑  Voir par exemple : Le Monde du 23 novembre, France 3 Aquitaine, Nova, Balise, ainsi que la blogosphère.