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Les métamorphoses de la lecture de bande dessinée

Un défi pour la bibliothèque

Benoît Berthou

Le terme de « métamorphose » s’applique parfaitement à la perception de la lecture de bande dessinée qu’ont de nombreuses institutions, car dire que celle-ci s’est transformée depuis le début du siècle dernier est se situer largement en dessous de la réalité.

La bande dessinée fit en effet d’abord l’objet de condamnations sans appel de la part de bibliothécaires comme Mathilde Leriche  1 (notamment à travers son Essai sur l’état actuel des périodiques pour enfants publié en 1935) avant d’être totalement bannie de nombre d’établissements (à commencer par L’Heure Joyeuse) entendant promouvoir une certaine idée de la lecture  2. Aujourd’hui, le neuvième art  3 est pourtant intégré aux dispositifs pédagogiques souhaités par l’Éducation nationale et, à en croire les listes d’œuvres sélectionnées pour l’école et le collège, sa lecture participe de la construction d’une « première culture littéraire partagée  4 ».

Ce complet renversement de situation montre que nous sommes face à une lecture qui pose problème et que l’on semble encore peiner à penser clairement : peut-être a-t-on encore aujourd’hui trop tendance à réduire à une simple popularité un phénomène bien plus complexe, qui invite les bibliothèques à repenser leurs modes d’organisation, voire leurs missions.

La bande dessinée : quelle popularité ?

L’attitude que nous présentons ci-dessus n’a toutefois rien d’étonnant, car la bande dessinée prend assurément une place sans cesse plus importante au sein de nos habitudes de lecture : si l’on entend par « popularité » la capacité à séduire un large public, le neuvième art se doit effectivement d’être mis à l’honneur, comme en témoignent les chiffres fournis par l’enquête sur les pratiques culturelles des Français réalisée par le ministère de la Culture. À la question portant sur les « genres de livres lus le plus souvent  5 », les réponses se portent dans 34 % des cas sur deux choix relevant directement de la bande dessinée au sein de la liste de réponses proposées (26 % pour les « albums de bande dessinée », 8 % pour « manga, comics »). Nous sommes donc face à un secteur éditorial qui est clairement intégré au sein d’un groupe constitué des cinq genres favoris des lecteurs, preuve de son enracinement dans l’actuel rapport au livre : si la bande dessinée précède nettement la « littérature classique française, étrangère (jusqu’au XXe siècle) » et les « livres scientifiques, techniques et professionnels » (18 %), c’est en effet pour côtoyer les « livres sur l’histoire » (35 %), les « romans autres que policiers ou d’espionnage » (35 %), les « romans policiers ou d’espionnage » (39 %) et les « livres pratiques, art de vivre et loisirs » (40 %).

La bande dessinée participe ainsi clairement de l’affirmation d’une nouvelle structuration sociale du goût, comme en témoigne l’évolution des chiffres issus de la même enquête menée en 1997 : même si les deux travaux n’emploient pas tout à fait la même méthodologie, ce qui interdit une comparaison directe, ils montrent bien que nous sommes face à un rapport à la « fiction » qui change du tout au tout, puisque les « romans autres que policiers » intéressaient alors 33 % des lecteurs interrogés et étaient suivis par les « romans policiers » (21 %) et la bande dessinée (11 %)  6. Si métamorphose il y a, celle-ci prend clairement la forme d’un intérêt accru pour des genres que l’on a longtemps pensés comme « paralittéraires », et il convient de prendre pleinement la mesure de cette nouvelle popularité. Celle-ci est en effet tout sauf subsidiaire, et résulte d’un phénomène structurel. Il semble ainsi difficile de penser sur le mode d’une « lecture complémentaire », venant accompagner d’autres pratiques du livre, des formes de création possédant un lectorat « dédié » de plus en plus large. Si 5 % et 6 % des personnes interrogées choisissaient en 1989 et 1997 la bande dessinée comme seule réponse à une question portant sur leurs « genres de livre préférés », elles sont en effet de l’ordre de 9 % en 2007  7 (contre 8 %, 9 % et actuellement 18 % dans le cas des « romans policiers et d’espionnage  8 »).

Cette nouvelle popularité sonne en tout cas le glas d’une autre acception du terme de « populaire », et il faut admettre que la bande dessinée ne relève plus pleinement de la logique de la « distinction » chère à Pierre Bourdieu. Elle n’est plus le signe d’une certaine hiérarchie et ne constitue pas l’apanage d’une classe sociale qui fournirait son principal contingent de lecteurs ou de collectionneurs. En effet, si le choix de livres relevant du neuvième art comme « genre préféré » était en 1997 le fait dans 22 % des cas de foyers dits « ouvriers », la proportion tombe en 2007 à 10 % seulement, et ce, alors qu’elle augmente de façon sensible au sein de toutes les autres professions et catégories socioprofessionnelles (passant par exemple de 7 à 10 % dans les ménages d’« artisans, commerçants et chefs d’entreprise », ou de 6 à 8 % chez les « cadres et professions intellectuelles supérieures »). Impossible donc de brosser le portrait d’un art qui serait en soi un facteur de clivage entre différents états de la société ou pratiques de la lecture, comme le fait remarquer l’éditeur et journaliste Henri Filippini en mêlant allègrement ces deux dimensions : « La BD, c’est avant tout un art populaire destiné à la détente. Ce n’est pas du tout un produit pour l’élite intellectuelle ou autre 9. »

Complexités du lectorat de bande dessinée

Les clivages sont en fait à chercher ailleurs, et d’abord en fonction du sexe ou du genre, car ce critère est réellement déterminant : si les choses s’équilibrent chez les faibles lecteurs (14 % des hommes et 13 % des femmes déclarant avoir lu entre 1 et 4 livres dans l’année), les hommes supplantent les femmes dans toutes les autres catégories, et le rapport s’infléchit très nettement avec l’intensité de la pratique culturelle (8 % contre 3 % dans le cas des « 20 livres et plus »). Cité comme « genre préféré » par 27 % d’hommes et 12 % de femmes (en moyenne des « albums » et « manga »), la bande dessinée rejoint ainsi des secteurs éditoriaux comme les « livres scientifiques, techniques ou professionnels », les « essais politiques, philosophiques et religieux » (27 % contre 12 % dans les deux cas), les « livres sur l’histoire » (41 % contre 30 %) et les « livres reportage d’actualité » (24 % contre 20 %). Nous sommes peut-être face à un phénomène qui met plus que tout autre en évidence la fragile considération dont jouit encore le neuvième art, ainsi que le suggère Gilles Ciment (actuel directeur général de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, CIBDI  10) en formulant une hypothèse digne de Pierre Bourdieu : « Il est permis de se demander si [cette situation n’est pas la marque] d’une absence de profit symbolique procuré par la lecture de bandes dessinées, de leur manque de légitimité culturelle 11. »

Il ne faut donc pas céder à l’idée d’une métamorphose de la bande dessinée en neuvième art soudain devenu rassembleur et presque œcuménique : des clivages existent hors et au sein de la bande dessinée elle-même, car celle-ci semble constituer une espèce d’environnement que l’on aurait grand tort de considérer comme un tout unifié ne présentant aucune sorte d’aspérité. Il est en effet frappant de constater que ses différents types de publication ne mobilisent pas les mêmes publics, notamment si l’on s’intéresse en premier lieu à leurs âges respectifs. La lecture de l’album de bande dessinée, c’est-à-dire d’un livre en couleur généralement relié et de grande taille (format dit « in-4 »), décroît très régulièrement avec l’âge, mais reste ainsi présente tout au long de la vie : son indication comme « genre de livres lus le plus souvent » est le fait pour 47 % des « 15-19 ans », puis pour respectivement 37 %, 38 % et 30 % des « 20-24 », « 25-34 » et « 35-44 » ans et reste même présente chez les « 65 ans et plus » (7 %). Nous sommes véritablement face à un livre « intergénérationnel », comme en attestent les réponses à une question portant sur les auteurs que les lecteurs « aiment particulièrement » : Goscinny (et Astérix) présentent des valeurs comprises entre 12 et 20 pour toutes les tranches d’âge à l’exception des « 65 ans et plus » (5 %)  12.

Le manga se situe clairement aux antipodes de cette bande dessinée fédératrice et sa lecture décroît avec l’âge de façon extrêmement brutale : cité pour 31 % par les « 15-19 ans », il ne l’est plus que pour 3 % pour les « 45-54 ans », et les chiffres ne sont ensuite quasiment plus signifiants. Mettant en évidence les limites de l’enquête menée par le ministère de la Culture (qui ne concerne que les Français âgés de 15 ans et plus), ce genre de publication est véritablement synonyme de rupture : les parents ne partagent pas forcément les lectures de leurs enfants, et toute la famille ne participe pas à la lecture d’œuvres s’adressant aux « jeunes de 7 à 77 ans » (pour reprendre le célèbre slogan  13 du Journal de Tintin). Se fait ainsi jour une métamorphose dont l’originalité est de faire coïncider production et appropriation : face à ces « jeunes » finalement synonymes du plus large des publics, la bande dessinée se réinvente une jeunesse autrement plus complexe. Tel est en effet le propre d’un mode de création pensé en fonction d’une segmentation du lectorat, que ce soit par sexe (Nana ou Elle et lui constituant des exemples de Shojo s’adressant à un public féminin, alors que Jackals ou Gunslinger girl sont des Seinen appréciés des lecteurs masculins) ou bien par âge (Shojo et Shonen visant des publics adolescents tandis que les Seinen s’adressent aux jeunes adultes).

Pour une médiation de la bande dessinée

Est ainsi clairement remise en question une forme d’uniformité. Le temps où l’expression « bande dessinée » renvoyait à un ensemble d’albums s’alignant de façon impeccable sur les rayonnages semble bel et bien révolu. Le neuvième art opère désormais hors du cadre de la « franco-belge » chère à des éditeurs « historiques » comme Dupuis, Dargaud ou Le Lombard, et prend le parti d’une diversité qui est sans doute l’une des meilleures garanties de la vitalité de son lectorat. Il est en effet difficile de ne pas faire une corrélation entre cette nouvelle popularité et une véritable révolution en matière de production éditoriale. Ces dix dernières années ont vu se développer et s’installer un autre format, le « roman graphique », entendant lui aussi rompre avec un album qui, à en croire Jean-Christophe Menu (l’un des fondateurs de la prestigieuse maison d’édition L’Association), n’aurait « dû être que l’une des multiples formes pour éditer des histoires en images », mais a fini par déterminer « ce qu’était la Bande Dessinée dans l’esprit du public 14 ». Le propre de ce « roman graphique » est ainsi de lutter contre une forme d’hégémonie en s’éloignant des caractéristiques d’un « 48 CC » fortement connoté  15 : il n’adopte ainsi aucune limite de pagination, fait le choix du brochage et du noir et blanc et se veut surtout ouvert à toutes sortes de sujets et de modes d’expression.

Avec le manga et les comics, ce « roman graphique » participe de la totale remise en cause d’une identité : la bande dessinée ne correspond plus à un seul type d’imprimé, ni même à une forme précise de fiction volontiers divertissante, et affirme à l’inverse de nouvelles parentés susceptibles de renouveler son approche du public. Jean-Christophe Menu exhorte ainsi les éditeurs à porter le neuvième art en « librairie généraliste  16 » et à dépasser la « spécialisation de la BD » en se rapprochant de secteurs éditoriaux comme la littérature (par l’inscription dans un genre comme l’autobiographie, dont L’Ascension du Haut Mal de David B. ou le Journal de Fabrice Néaud sont de dignes représentants) ou « le livre d’image en général  17 » (un ouvrage comme Poudre aux moineaux de Paul Van der Erden tient tout à la fois du livre d’art et du récit graphique). Et cette initiative participe certainement d’un mouvement bien plus large, tant la bande dessinée contemporaine semble vouloir se jouer des classifications et de l’ensemble des notions ayant vocation à ordonner sa production : la distinction entre « adulte » et « jeunesse » n’est ainsi plus forcément pertinente au regard de l’ensemble des feuilletons que regroupe une « hypersérie » comme Donjon, alors que d’autres œuvres se veulent résolument hybrides, à l’instar de Légendaires, qui inscrivent des procédés graphiques propres au manga dans le cadre d’albums cartonnés.

Métamorphose est donc synonyme de complexité : la bande dessinée contemporaine n’a plus rien d’évident et semble proposer des expériences de lecture relevant de désirs et de motivations on ne peut plus divers. C’est clairement en ce sens que le neuvième art pose problème, car il semble que cette production éditoriale réinventant des formes de divertissements en images ou s’éloignant totalement de l’amusement pour défricher de nouveaux modes d’expression se heurte à des obstacles structurels. Comme le montre Gilles Ciment, l’émergence de modes de publication variés pose directement le problème de leur explicitation : « Ce rôle de tri, de sélection, d’orientation, d’aide au choix est normalement assuré par un certain nombre de médiateurs qui semblent manquer cruellement (et uniformément) à la bande dessinée. […] Il s’agit d’une consommation qui n’est pas davantage “éclairée” dans le secteur commercial et culturel qu’elle l’est, comme on l’a vu, dans le secteur institutionnel 18. » En ce qui concerne les bibliothèques, il est difficile de ne pas abonder dans ce sens tant les faits sont éloquents : alors que Paris abrite une Bibliothèque des littératures policières (BiLiPo), une bibliothèque du cinéma (François Truffaut) ou une bibliothèque de littérature de jeunesse (L’Heure Joyeuse), elle ne compte pas une seule bibliothèque spécialisée en bande dessinée (malgré la belle collection de la bibliothèque Forney), et il semble que la bibliothèque de la CIBDI soit le seul établissement en France à véritablement jouer ce rôle  19.

Ce qui est vrai des équipements l’est également des pratiques, car sur ce point la lecture de bande dessinée pose un certain nombre de questions sur lesquelles des membres de la profession ont à cœur de se pencher. Il semble que nous soyons en fait face à un mode d’expression et de publication qui nous invite à reconsidérer tous les aspects du métier, sans exception aucune : c’est vrai de l’information nécessaire à une bonne approche du neuvième art de la part de ceux qui ont en charge sa lecture publique (David-Jonathan Benrubi signale ainsi le risque de décalage existant, à propos du manga, entre usagers et bibliothécaires)  20, d’une politique d’acquisition dont Anne Baudot (en en appelant à fonder une « politique documentaire pertinente » à propos de ces mêmes mangas)  21 semble souligner la nécessaire optimisation, mais également d’une médiation vis-à-vis de laquelle la bande dessinée semble constituer un véritable et problématique enjeu. Parmi ces trois conceptions qu’identifie Olivier Chourrot (et que nous pourrions résumer en : hédoniste, « légitimiste », instrumentale)  22, le neuvième art semble en effet bien souvent relever de la première, et est par exemple mis à l’honneur dans un article de Florence Bianchi consacré à l’accueil des publics : « Il faut garder le “froid”, les collections pertinentes, mais aussi faire des espaces “chauds”, de l’actualité, de la bande dessinée, etc. 23 » Semblable position, absolument légitime au demeurant, nous semble toutefois esquisser pour la bibliothèque un éventuel danger : réduire la bande dessinée à son potentiel de séduction, et, ce faisant, passer à côté d’une métamorphose des goûts et pratiques de lecture qui marque un indéniable renouvellement de notre culture contemporaine. •

La bande dessinée numérique

Contrairement au roman en ligne, la bande dessinée numérique connaît un succès certain sur le web, où elle se déploie depuis plus de dix ans, même si les offres commerciales n’existent que depuis deux ou trois ans. Le rapport 2011 de l’ACBD (Association des critiques et journalistes de bandes dessinées)  1 évalue le nombre total de webcomics et blogs à environ 15 000   2. S’il n’existe pas à ce jour d’études sur le lectorat de la bande dessinée numérique, on connaît les audiences de certains blogs – déclinaison qui constitue la partie la plus visible, mais pas la seule, du domaine – qui parviennent à rassembler un grand nombre de lecteurs, comme le blog de Boulet   3 (30 000 visiteurs par jour en 2009).

Le passage par le numérique modifie les conditions de lecture d’un médium appartenant jusque-là à l’environnement du livre. La bande dessinée numérique ne conserve pas la forme de la bande dessinée papier, articulée autour de la page. Certaines offres commerciales apparues ces dernières années proposent des numérisations d’albums papier où une interface de consultation navigue pour l’internaute dans la page. En revanche, du côté des bandes dessinées nativement numériques, la situation est plus nuancée : si certaines œuvres reprennent la structure d’une bande dessinée traditionnelle, d’autres mettent à profit les possibilités du web pour proposer de nouveaux modes de lecture : une lecture étendue prenant en compte le défilement vertical ou horizontal ; une lecture (plus ou moins) interactive où l’internaute est invité à intervenir sur le déroulement de l’histoire ; une lecture augmentée, intégrant des éléments sonores. Mais lire de la bande dessinée, c’est toujours interpréter une succession d’images, éventuellement accompagnées de texte.

Écrans d’ordinateur, liseuses et tablettes permettent de conserver un principe traditionnel de planche ou au moins de strip. En revanche, le développement des smartphones a poussé à l’apparition d’applications où la lecture se fait case après case. Ce changement important rapproche en partie la lecture d’une bande dessinée numérique du visionnage d’un dessin animé. Certains éditeurs en sont conscients et élaborent actuellement des projets de format hybride bande dessinée/dessin animé, notamment Aquafadas et Ankama.

L’avenir de la lecture de bande dessinée numérique est étroitement lié aux habitudes de lecture qui s’imposeront dans les prochaines années : tandis que la lecture sur écran d’ordinateur domine encore en France, pour une offre gratuite pléthorique, la lecture de bande dessinée sur liseuse est tout à fait répandue aux États-Unis. Quant aux Japonais, ils lisent depuis plusieurs années des mangas sur leur téléphone portable et ce marché du keitai manga est évalué à 350 millions d’euros par an  4. Jusqu’à une date très récente, les liseuses n’affichaient pas les couleurs. L’apparition de nouveaux modèles de liseuses et l’équipement en tablettes pourraient changer la donne.

Une version développée de cet article est disponible sur le site : http://www.phylacterium.fr

Antoine Torrens et Julien Baudry

Enssib

  1.  (retour)↑  http://www.acbd.fr
  2.  (retour)↑  http://www.acbd.fr/images/stories/ACBD_BILAN_2010.pdf
  3.  (retour)↑  http://www.bouletcorp.com
  4.  (retour)↑  http://www2.culture.gouv.fr/culture/deps/2008/pdf/idate2010.pdf

* À l’expression « bandes dessinées » (qui fait référence à un format, le strip), nous préférons l’expression « bande dessiné » (qui, comme le montre Thierry Groensteen dans son Système de la bande dessinée, renvoie à un langage et à un secteur éditorial), car tel est le problème que nous semble poser sa lecture : elle porte sur des publications mobilisant des ressources graphiques dont l’attrait et l’accès restent à penser.