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La Détérioration des collections

guide d'évaluation

Montréal : BN du Québec, 1992. - 96 p. ; 28 cm.
ISBN 2-551-12919-2Montréal : BN du Québec, 1992. - 13 p. ; 22 cm.
ISBN 2-551-12977-XMontréal : BN du Québec, 1992. - 20 p. ; 22 cm.
ISBN 2-551-12978-8

par Agnès Marcetteau-Paul

La conservation des documents graphiques est aujourd'hui assez préoccupante pour susciter réflexions, études, bilans et éventuellement plans de sauvegarde. Inscrite parmi les cinq programmes fondamentaux de l'IFLA 1, évaluée au niveau international à la demande de l'UNESCO ou de la CEE 2, elle fait également l'objet d'initiatives nationales ou locales, telles que le groupe de travail constitué par la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ), avec « le mandat d'examiner l'ensemble des questions reliées à la conservation des collections dans les bibliothèques universitaires québécoises et de proposer un plan d'action ».

Prévenir ou guérir

Trois ans plus tard, en 1989, le groupe adoptait un énoncé de principe intitulé « La conservation des collections : une préoccupation des bibliothèques universitaires québécoises » et un plan d'actions, tout en organisant à Montréal un colloque sur le thème « Prévenir ou guérir ». Six ans plus tard paraissent trois guides présentés comme des instruments de travail élaborés par le groupe pour « faciliter la mise en œuvre d'un ensemble de mesure concertées, préventives ou curatives, destinées à contrer la détérioration des collections ».

Tout en fournissant cet historique, une lecture attentive des différentes ou récurrentes pièces liminaires (remerciements, avant-propos et introduction) permet de mieux cerner le fonctionnement des membres, ainsi que la fonction assignée à chacune des publications, et l'articulation de ces trois guides, qui n'apparaissent pas d'emblée. Il conviendra donc de commencer lecture, et éventuelles mises en œuvre, par La détérioration des collections : guide d'évaluation présenté comme « Le premier d'une série d'instruments développés par le groupe de travail », et destiné à proposer une méthodologie commune, aux fins de comparaison objective du bilan de santé des différents établissements.

Le guide permet en effet la mise en œuvre immédiate de ce programme en fournissant aux bibliothèques destinataires un cadre d'analyse complet des collections et des conditions environnementales, sous forme de deux questionnaires reprenant l'ensemble des éléments habituellement retenus dans ce genre de bilans : échantillonnage aléatoire des collections ; localisation et caractérisation des documents ; type et état des reliures ou conditionnements ; état du papier testé par résistance au pli et utilisation du crayon indicateur de pH, ainsi que par analyse des détériorations accidentelles ; description des bâtiments. Aux questionnaires sont annexés explications, lexiques, illustrations et bibliographie facilitant et garantissant une utilisation correcte des questionnaires. Tel quel en conséquence, à quelques différences de terminologie près, et avec quelques adaptations éventuelles en fonction de la collection évaluée et des résultats recherchés 3, le guide pourra être utilement pratiqué par les bibliothèques françaises qui le désireraient et ne disposent pas jusqu'à présent d'instrument de travail équivalent.

Elaborer une politique

Les deux autres guides, complémentaires du premier, se fixent comme objectif d'aider à « l'élaboration » d'une politique de conservation des collections et d'un programme de sensibilisation des différents partenaires concernés. On ne peut qu'adhérer aux différents principes énoncés dans ces deux documents, et même être convaincus de l'intérêt de les rappeler et synthétiser. On ne dira jamais assez en particulier l'importance « d'une formation généralisée (qui) se poursuit jour après jour, par la mise en pratique de principes communs et admis de tous 4 ». On peut s'interroger en revanche sur les traductions concrètes que permettront ces deux guides. L'énoncé théorique des principes peut-il en effet convaincre, et même véritablement retenir l'attention d'un lecteur non averti ? Permettra-t-il en outre la mise en œuvre de politiques organisées et méthodiques, alors que la seule phrase qui aborde plus concrètement ces problèmes reste très allusive et « idéale 5» ? Permettra-t-il enfin de « donner à tous ce goût du document, tout autant découverte que respect de la forme » 6, qui constitue certainement la première et nécessaire étape d'une politique de conservation réussie.

  1.  (retour)↑  IFLA : International Federation of Library Associations.
  2.  (retour)↑  UNESCO : United Nations Educational Scientific and Cultural Organisation. Cf. Enquête IFLA / ICA sur la prévention des désastres, publiée par l'UNESCO et Alexander WILSON, « Fonds sous abri : préservation et conservation des documents de bibliothèques en Europe », Bull. Bibl. France, t. 33, n° 1-2, 1988, p. 54.
  3.  (retour)↑  En particulier en ce qui concerne les caractérisations des documents et leur plus ou moins grand degré de précision (langue et lieu de publication, périodisation...). Le guide prévoit déjà, pour les documents, un questionnaire de base et un questionnaire détaillé.
  4.  (retour)↑  Cf. Jean-Paul ODDOS, « La politique de préservation et de restauration à la Bibliothèque de France », Bull. Bibl. France, t. 36, n° 4, 1991, p. 317.
  5.  (retour)↑  Il s'agit de la note suivante (La politique de conservation des collections : guide d'élaboretion, p. 18) : « On pourrait prévoir, idéalement, 10 % du budget des collections ou 4 % du budget total de la bibliothèque pour la conservation, tel que suggéré par l'Association of Research Libraries dans Guidelines for Minimum Preservation Efforts (ARL, 1984) ».
  6.  (retour)↑  Cf. note 3.