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Chronique des bibliothèques

Bibliothèque nationale. Paris

Quelques acquisitions récentes du Département des Manuscrits. - L'année qui vient de s'écouler a été particulièrement faste pour le Cabinet des Manuscrits dont elle a vu les collections s'enrichir de façon spectaculaire. La place me manquerait pour donner ici un inventaire tant soit peu complet de nos acquisitions pour 1966 (sous ce terme, je range naturellement, selon la tradition, aussi bien les pièces qui nous ont été données, que celles acquises par nous à titre onéreux). Depuis fort longtemps nous avons coutume de publier, à peu près tous les cinq ans, un catalogue sommaire de ces « nouvelles acquisitions » dans la Bibliothèque de l'École des Chartes, et celui couvrant les années 1958-1964 vient de voir le jour; ce ne sont donc que quelques échantillons, choisis parmi les plus notables, que je pourrai présenter ici; je prie tous les donateurs dont je ne pourrai citer les noms de bien vouloir me pardonner une lacune qui se trouvera comblée dans notre prochain catalogue.

L'année 1966 était à peine entamée que le legs de Mme Henri de Régnier, devenu définitif après l'accomplissement des dernières formalités administratives, mettait le Cabinet des Manuscrits en possession de 53 volumes d'œuvres d'Henri de Régnier et d'importants souvenirs de sa vie littéraire, en grande partie inédits. Quatre mois plus tard, l'ensemble des manuscrits d'Henri Barbusse, légués par Mme Henri Barbusse, entrait, lui aussi, définitivement dans nos collections. Une récente exposition, consacrée à l'auteur du Feu, a d'ailleurs montré au public toute l'importance de cette donation. Mme Jean-Louis Vaudoyer, se conformant au vœu exprimé par son mari, nous a, quelque temps après, remis l'important ensemble des correspondances familiales et littéraires conservées par celui-ci; la communication en est toutefois différée.

On sait qu'en 1965 Mme Bonnier de La Chapelle avait donné à la Bibliothèque nationale les très riches archives de son grand-père, l'éditeur P.-J. Hetzel, en s'en réservant l'usufruit; en 1966, elle a voulu accroître encore la générosité de son geste en renonçant à cet usufruit. Cette magnifique collection est donc restée à la Bibliothèque nationale, après la fin de l'exposition qui lui a été consacrée. Sitôt que son classement et son catalogage auront été menés à bien, elle deviendra accessible à nos lecteurs. On peut d'ores et déjà affirmer que cet apport documentaire à l'histoire de la littérature et de l'édition, dans la deuxième partie du XIXe siècle, est extrêmement important.

Quelques mois plus tard, Mme H. Perrin et M. J. Marchegay nous faisaient don des papiers de Nisard, et Mlle de Gasparin des lettres à elle adressées par Elémir Bourges.

Il va de soi que bien d'autres documents nous ont été donnés ou légués. Intéressant en majorité l'histoire et la littérature contemporaine, ces dons prouveraient amplement, s'il en était besoin, que la vocation de la Bibliothèque nationale à s'intéresser non seulement aux époques reculées, mais aussi au présent le plus vivant, voire parfois le plus brûlant, est largement comprise.

La politique d'achat suivie, en matière de documents manuscrits, par le Cabinet des Manuscrits a continué à s'inspirer de ces mêmes principes éclectiques. Grâce à l'intérêt constant que leur a témoigné Monsieur l'Administrateur général de la Bibliothèque nationale, grâce à l'appui financier de la Direction des Bibliothèques, grâce aussi, dans le cas d'une acquisition exceptionnellement importante, à l'attribution de crédits spéciaux par le Gouvernement, nos collections de manuscrits se sont, en 1966, enrichies au-delà de toute espérance. Nombre de ces acquisitions ont même été d'une telle importance que la presse y a fait un large écho : je pense, en particulier, à l'extraordinaire réunion de lettres et de manuscrits de Henri Heine, appelée « collection Schocken », du nom de son précédent propriétaire. Acquise à la fin de l'année dernière, après de longues négociations, cette collection fera du Cabinet des Manuscrits un centre d'études sur Henri Heine tout à fait comparable à ceux qui existaient déjà à Düsseldorf et à Weimar.

Mais à côté de cette acquisition insigne, combien d'autres mériteraient d'être citées! Le Moyen âge est représenté, dans ce bilan d'une année, par un très curieux livre d'heures de la fin du xve siècle, préempté à la vente G. D[reyfus] et décoré d'enluminures représentant - fait rarissime! - des proverbes français. A la vente où fut dispersée la collection Michel de Bry, nous avons pu, quelques mois plus tard, acquérir deux superbes livres d'emblèmes, offerts par les Ligueurs au cardinal Enrico Caetani, lors de sa mission en France en 1590. Ces deux volumes sont des recueils de poèmes allégoriques composés par différents ligueurs à la gloire du légat de Sixte-Quint. Chaque poème est accompagné d'une peinture à mi-page qui en traduit picturalement les allégories. Le premier volume est magnifiquement relié en maroquin rouge, le second en parchemin, et tous deux sont ornés des mêmes fers dorés, qui pourraient provenir de l'atelier de Clovis Eve. Ce sont là de véritables documents - et qui présentent un intérêt considérable du point de vue historique. Ils nous livrent en effet les noms de quatre-vingts ligueurs, dont certains sont bien connus par ailleurs, et mettent l'accent sur la façon très particulière dont le légat s'acquitta de la mission que lui avait confiée le pape. Du point de vue littéraire, ils offrent un exemple très caractéristique de la poésie savante et volontiers obscure de la fin du XVIe siècle. Si les peintures qui décorent chacune des pages de ces volumes ne sont pas de toute première qualité artistique, elles ont, en revanche, un grand intérêt documentaire : les décors variés où sont situées ces allégories parfois caricaturales, les personnages représentés, les costumes contemporains dont ils sont revêtus, mériteront amplement une étude approfondie, et l'on peut être certain qu'elle sera fructueuse.

D'aspect plus modeste, mais d'importance historique non moins grande, la correspondance inédite adressée par Richelieu à Daniel de La Mothe-Houdancourt, évêque de Mende, pendant la période où ce dernier fut attaché, avec Bérulle, à la personne d'Henriette de France, la jeune épouse de Charles Ier d'Angleterre, a rejoint sur nos rayons les innombrables documents diplomatiques des XVIe et XVIIIe siècles qui s'y trouvaient déjà.

Les lettres du comte de Forbin à Mme Récamier, le manuscrit autographe du Henri III de Stendhal, celui de la Faustine de Musset, un gros recueil de lettres adressées à Béranger, diverses correspondances intéressant la vie parfois orageuse de la famille Sand sont venus, tantôt combler certaines lacunes dans des séries déjà imposantes, tantôt, au contraire, poser de simples « pierres d'attente », sur lesquelles, on peut l'espérer, s'édifieront quelque jour de plus importants édifices. A cette énumération trop incomplète, on doit aussi ajouter les notes prises par Loti durant son voyage de 1900 en Perse - notes dont il tira Vers Ispahan. Plus près de nous encore, le récit inédit, consacré à l'affaire Prince par le magistrat qui fut chargé de l'instruire, fournira quelque jour aux amateurs d'énigmes historiques, un fort curieux témoignage sur cet épisode tragique de la dernière avant-guerre.

Dans un tout autre domaine, celui de l'Orient, nos collections se sont également enrichies de façon appréciable en 1966. Tous les manuscrits réunis par le turcologue Jean Deny, qui dirigea longtemps l'École des Langues orientales, ont pu être acquis en bloc, après sa mort, pour la Section orientale du Cabinet des Manuscrits. Le plus intéressant de ces 99 volumes est un commentaire turc du Coran, copié en 1426. On pourrait encore citer, parmi nos acquisitions orientales, un manuscrit persan, un manuscrit arabe, six manuscrits turcs, et trois manuscrits rapportés du Népal, dont un tibétain.

Il faut bien arrêter ici une énumération forcément arbitraire. Pourtant les lecteurs du Bulletin seront peut-être, plus que d'autres, heureux d'apprendre que, pour un prix bien modique comparé à celui qu'ont atteint la plupart de ces acquisitions, nous avons pu faire entrer au Cabinet des Manuscrits un petit lot de pièces relatives à l'administration de la Bibliothèque de Napoléon Ier. Les problèmes bibliothéconomiques n'intéressent guère, nous le savons bien, que les bibliothécaires : pour une fois, au moins, nous aurons eu quelque raison de nous en féliciter!

En vérité, l'année 1966 a été si exceptionnellement satisfaisante pour le développement de nos collections de manuscrits qu'il y a sans doute quelque témérité à espérer, pour 1967, le maintien d'un tel rythme d'enrichissement. Fort heureusement, de nombreux exemples nous ont enseigné que la croissance des grandes collections bénéficie, en général, de ce que l'on pourrait appeler « la vitesse acquise ». C'est une raison, parmi bien d'autres, de rester, sur ce chapitre, résolument optimiste !

Marcel Thomas
Conservateur en chef du Département des Manuscrits.

Bibliothèque universitaire.

Bibliothèque littéraire jacques Doucet. Paris.

Don de la fondation Bollingen et exposition du « Valeryanum ». - Le 3 décembre 1966 a été inauguré, à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, le Valeryanum, collection de douze mille pièces environ, constituée à l'origine par Julien Monod. Non seulement la totalité de l'œuvre imprimée de Paul Valéry est réunie là, depuis, les exemplaires sur papier chandelle jusqu'aux rarissimes tirages sur papier de Chine ou vélin, mais l'amitié du poète et du collectionneur a enrichi chaque volume de lettres, d'ébauches manuscrites, de coupures de presse etc.

On doit le don de ce magnifique ensemble à la fondation Bollingen de New York qui l'a racheté, complété par l'acquisition des lettres de jeunesse de Valéry à Gustave Fourment et à Pierre Louÿs, et remis à l'université de Paris.

A l'occasion de l'ouverture au public de ce nouveau fonds, une exposition a été présentée par MM. Georges Blin et François Chapon à une assistance où l'on remarquait le secrétaire général de l'université de Paris, M. Pierre Bartoli, représentant le recteur, la famille de Paul Valéry, le président et le vice-président de la fondation Bollingen, MM. John D. Barrett et Jackson Mathews, M. Madison représentant l'ambassade des États-Unis, M. et Mme François Mauriac, M. et Mme Julien Cain, M. Jacques Guignard, M. Marcel Thomas et de nombreuses personnalités.

Les dix premières années de création littéraire, celles qui précédèrent La Soirée avec Monsieur Teste, étaient évoquées sous le vocable Pré-Teste inscrit par Valéry lui-même sur le premier de ses Cahiers. Cette période lointaine, encore obscure, permettait, malgré les difficultés de documentation qu'elle suscite, d'illustrer de façon exemplaire les ressources du Valeryanum dans tous les domaines : manuscrits, épreuves, éditions originales, périodiques, iconographie.

Outre le catalogue 1 où la générosité conjuguée de la Direction des Arts et des Lettres et de la famille de Paul Valéry a permis la publication de nombreux inédits, un fichier établi avec le concours du C.N.R.S. permet désormais aux chercheurs de suivre chaque œuvre de l'écrivain, depuis l'ébauche manuscrite jusqu'aux traductions ou éditions critiques, en passant par les épreuves, les publications successives et les variantes.

Bibliothèques municipales.

Bordeaux (Gironde).

Mise en service du second bibliobus urbain. - Un second bibliobus urbain, dont l'aménagement a été réalisé à l'aide d'une subvention de la Direction des bibliothèques et de la lecture publique, est entré en service le Ier décembre 1966 à Bordeaux.

Le véhicule est constitué par un autobus Saviem, appartenant anciennement à la Compagnie des transports en commun de Bordeaux; son aménagement intérieur a été réalisé par les services municipaux et sa capacité est d'environ 2 500 volumes destinés aux adultes.

L'entrée se fait par l'avant et la sortie par l'arrière, où est situé le bureau de prêt.

Ce bibliobus dessert, de 15 à 19 heures du Ier octobre au 30 avril, et de 8 h 30 à 12 h 30 du Ier mai au 30 septembre, cinq nouveaux points, dont quatre sont situés dans l'ancienne commune de Caudéran, rattachée à Bordeaux en 1964.

Un point de stationnement dans la partie sud du Grand-Parc complète l'action du premier bibliobus à la Cité du Grand-Parc, en attendant la mise en service de la bibliothèque en 1968.

Le plan de la page précédente illustre l'implantation des bibliothèques de prêt et des points de stationnement des deux bibliobus.

Exposition : l'Art grec du Musée de Mariemont (Belgique). - M. Valensi, conservateur du Musée d'Aquitaine, ayant obtenu, dans le cadre des manifestations du 20e anniversaire des accords culturels franco-belges, le prêt d'un choix d'œuvres d'art grec appartenant au Musée national de Mariemont, il a présenté ces objets dans la salle d'exposition de la Bibliothèque municipale.

Cent quarante et une pièces sont ainsi mises en valeur : stèles funéraires, statuettes, bronzes, vases en terre cuite etc., dont un catalogue 2 a été édité.

Cette exposition a été inaugurée le 14 janvier 1967 par M. Jacques Chaban-Delmas, maire de Bordeaux et président de l'Assemblée nationale, en présence de M. Pierre Wigny, ministre belge de la Justice et de la culture française, de Mme Faider-Feytmans, conservateur du Musée de Mariemont, de M. Quoniam, inspecteur général des musées, et de nombreuses personnalités. Elle demeurera ouverte jusqu'au 26 mars.

Brest (Nord-Finistère).

Exposition Walt Disney. - A l'occasion de la mort de Walt Disney, la Bibliothèque municipale a voulu rendre hommage au grand dessinateur, cinéaste et producteur américain en exposant des séries d'albums : Mickey, Blanche-Neige, Bambi et le dernier Mary Poppins, ainsi que des livres documentaires sur le désert, les animaux, etc.

Chartres (Eure-et-Loir).

Exposition de deux feuillets du Missel de Chartres. - Pendant les vacances de Noël, deux feuillets du Missel de Chartres, imprimé en 1482, ont été exposés à la Bibliothèque municipale. Ce missel fut imprimé par Jean Dupré « In famosissima urbe carnoti, domo canoniali sita in claustro », aux frais du chanoine Plumé. Il ne reste plus qu'un exemplaire sur parchemin de ce missel, conservé à Paris, l'exemplaire que possédait la Bibliothèque municipale ayant été détruit lors du bombardement de 1944. Sur l'un des feuillets exposés, on lit le colophon, sur l'autre une partie du canon de la messe dont le Pater. Ce missel a été étudié par l'abbé Marcel Langlois dans Le Missel de Chartres imprimé en 1482 3. Ces feuillets avaient été donnés aux Archives d'Eure-et-Loir par M. Jusselin. Ils ont pu être mis en dépôt à la Bibliothèque municipale cette année, sous réserve de la propriété départementale.

Douai (Nord).

Concours pour Jeunes. - A l'occasion de la « Semaine des quatre Jeudis » organisée du 26 au 30 décembre 1966, par la Fédération des familles de France, la Bibliothèque municipale a proposé aux jeunes Douaisiens deux concours : l'un sur Les Costumes du XVIIe siècle présentés dans la décoration de la Salle des « Heures joyeuses »; l'autre sur Les Timbres-Poste exposés dans le hall d'entrée de la bibliothèque.

Mazamet (Tarn).

Exposition Martin Luther. - Mise en place par quelques membres des communautés protestantes de Mazamet, l'exposition Martin Luther a été ouverte au public au mois de mai 1966, dans la salle de la rue Édouard Barbey, que la Bibliothèque municipale avait aimablement mise à leur disposition.

A l'origine, lorsqu'elle fut réalisée, en 1964, par le T.N.P., cette exposition était destinée à faire comprendre au public parisien le Luther d'Ostborn, pièce montée par ce même T.N.P. et jouée par la suite au Festival d'Avignon de la même année. On peut évidemment regretter de n'avoir eu que la possibilité de voir l'exposition sans la pièce de théâtre qu'elle illustrait, mais il aurait été difficile de donner celle-ci à Mazamet en dehors des tournées théâtrales régulières. Du reste l'exposition, destinée primitivement à prolonger une œuvre théâtrale, avait suffisamment de tenue pour être présentée seule au public, et l'ensemble de ses quelque soixante panneaux formait un tout homogène, comme une introduction à la vie de Luther.

Les panneaux étaient des reproductions agrandies de documents du XVIe siècle et leurs légendes permettaient au visiteur une lecture facile de ces documents, situés dans la chronologie luthérienne à l'aide d'indications de date, tandis que des estampes ou des gravures représentaient les principaux interlocuteurs du Réformateur. Les citations de Luther replongeaient le visiteur, d'une manière quelquefois assez brutale, dans l'atmosphère polémique de l'époque.

Historiquement, la Réforme du XVIe siècle était bien située à partir des grands courants précurseurs des XIVe et xve siècles en Bohême et en Angleterre. L'évocation de l'enfance de Luther, de ses parents et de ses années d'étude détruisait un certain nombre de fausses légendes, celle, par exemple de la découverte de la Bible par le jeune moine augustin à Erfurt. La chronologie de l'exposition montrait clairement, en effet, que Luther enfant avait déjà lié connaissance avec la Bible dès l'école des Frères. Détruite fut aussi la légende des adversaires du Réformateur qui voudraient que Luther n'ait rompu avec Rome que pour pouvoir épouser Catherine de Bora. Là encore, l'exposition montrait bien que la triste affaire des Indulgences était bien antérieure au mariage de Luther.

Une présentation en images, aussi riche soit-elle, ne pouvait s'attacher à décrire le cheminement de Luther à travers les grands écrits du Réformateur. On pouvait regretter que l'exposition eût montré davantage sa vie que son œuvre, que rien ou presque n'ait été dit de la pensée théologique de Luther (de ses grands écrits réformateurs, par exemple), alors qu'une si large place était faite à la « Guerre des paysans » : on ne peut en tous cas que louer les réalisateurs de l'exposition pour leur souci d'objectivité. Chaque fois qu'une parole de Luther était citée -et Luther n'a pas été toujours tendre - la parole était aussi donnée à l'un de ses adversaires.

L'exposition Martin Luther qui n'a pas connu à Carcassonne le succès qu'elle méritait, a circulé encore à Toulouse et à Castres.

Metz (Moselle).

Ouverture d'une annexe de prêt dans le quartier de Metz-Bellecroix. - Le 28 décembre 1966, une cinquième bibliothèque annexe de prêt s'est ouverte cette fois dans le quartier de Metz-Bellecroix, ensemble périphérique de H.L.M. peuplé d'environ 6 ooo habitants.

Elle est provisoirement installée dans la salle de réunion d'un Centre culturel et social dont, seule, une partie est construite. Un local indépendant et permettant l'installation d'un coin pour enfants et d'un coin de lecture sur place est prévu pour une deuxième tranche de travaux. Le prêt et l'animation de la bibliothèque sont assurés en collaboration par une sous-bibliothécaire municipale et par certaines des responsables du Centre.

Le fonds initial est constitué de 1 500 livres, dont 350 pour enfants. Les séances de prêt ont lieu, à titre d'essai, les mercredi de 15 à 19 heures et vendredi de 16 à 19 heures. Un troisième jour d'ouverture hebdomadaire est prévu.

L'inauguration officielle, présidée par M. Mondon, député-maire de Metz, a eu lieu le 22 janvier 1967.

Exposition de livres pour enfants de 4 à 14 ans. - Les bibliothécaires de « La Joie par les livres » (59, av. du Maine, Paris 14e) et les animateurs du « Centre de culture ouvrière » (5I, rue Jacques Kablé, 94-Nogent-sur-Marne) ont organisé une exposition circulante qui comprend un ensemble de panneaux documentaires et un choix d'une soixantaine de livres récents pour enfants de 4 à 14 ans. Ils ont également édité un catalogue de 255 livres analysés ou cités... 4, destiné à être distribué aux visiteurs.

Cette exposition (dont le Bulletin a signalé, dans son dernier numéro, le passage à la Bibliothèque municipale de Caen) a été accueillie, au mois de décembre, et pendant quatre jours chacune, par deux des bibliothèques annexes de prêt de Metz, qui disposaient de la place suffisante.

Nantes (Loire-Atlantique).

Exposition : 320 estampes choisies, 1500-1960. - De décembre 1966 à janvier 1967, la Bibliothèque municipale de Nantes présentait une exposition d'estampes qui se devait de donner une juste idée de la variété et de la richesse de ses collections. La bibliothèque possède plus de 35 000 estampes que vient de classer M. Luc Benoist, conservateur honoraire des Musées de France. Le choix auquel il a procédé a révélé 320 gravures au public, une par artiste en général, avec des exceptions pour les personnalités les plus célèbres. On pouvait en effet admirer des estampes originales de Lucas de Leyde, Bruegel, Callot, Rembrandt, Meyrion..., car, de Dürer à Decaris, l'exposition couvrait plus de cinq siècles. Le catalogue 5 donne pour chaque graveur quelques indications, brèves mais précises et significatives, sur sa vie et sur ce qui fait son originalité.

La toute nouvelle Association des amis de la bibliothèque, sous les auspices de laquelle était placée l'exposition, vient également de permettre l'acquisition du Livre d'heures à l'usage de Nantes, manuscrit enluminé du début du xve siècle, en mettant à la disposition de la municipalité la moitié du prix qui en était demandé à l'Hôtel Drouot.

Neuilly-sur-Seine (Hauts de Seine).

Le 60e anniversaire des vols de Santos-Dumont. - Pour commémorer le 60e anniversaire du premier vol homologué, effectué par Santos-Dumont, à Bagatelle, le 12 novembre 1906, une exposition a été organisée, du 19 novembre au 3 décembre 1966, à la Bibliothèque municipale. De nombreuses photographies, des souvenirs personnels, des tableaux, des caricatures, des journaux, des cartes postales, un moteur « Antoinette » avec sa curieuse hélice en forme de pagaie de périssoire, une nacelle en osier dans laquelle le pilote se tenait debout, avaient pu être réunis grâce à la collaboration du Musée de l'Air, du musée de Saint-Cloud, de collectionneurs privés, de parents et d'amis de Santos-Dumont et de son mécanicien, André Gasteau.

En outre, le mercredi 23 novembre, a eu lieu une réunion commémorative, en présence de M. Achille Péretti, vice-président de l'Assemblée nationale, député-maire de Neuilly, et du colonel Castello Branco, attaché de l'Air brésilien. Le lieutenant-colonel Edmond Petit retraça ce que furent les vols de Bagatelle et M. Édouard Bourdariat évoqua la figure pittoresque de Santos-Dumont.

Signatures des Prix littéraires. - Comme chaque année, en collaboration avec quatre des plus importants libraires de Neuilly, une séance de signature des lauréats des prix littéraires 1966 (Prix Goncourt, Renaudot, Fémina, Interallié, Médicis, Grand Prix du Roman de l'Académie française, Grand Prix de la Critique) a eu lieu, le 15 décembre 1966. M. Pierre Coulomb, bibliothécaire, signa également son livre Neuilly qui venait d'être publié.

Le « Plaisir de lire » vu par les enfants. - Afin de préparer une campagne publicitaire pour la bibliothèque des Jeunes, une exposition de projets d'affiches sur le thème « Plaisir de lire », a été ouverte aux élèves des établissements scolaires neuilléens, du 10 au 17 janvier 1967. Le concours, organisé parallèlement, a été gagné par une équipe d'élèves de 6e du Lycée Pasteur.

Rouen (Seine-Maritime).

Autour de la tapisserie de Bayeux. - La Bibliothèque municipale de Rouen a présenté en « avant-première », du 21 décembre 1966 au 7 janvier 1967, une exposition organisée en commun par l'Association pour l'action culturelle en Haute-Normandie et le Centre régional de documentation pédagogique. Cette exposition, qui circule dans les établissements scolaires de l'académie de Rouen, se compose de reproductions de documents, d'objets et de monuments, destinées à faire saisir l'intérêt archéologique et documentaire de la tapisserie de Bayeux dont une reproduction sert de fil conducteur. Le choix du sujet est lié à la commémoration de la Conquête de l'Angleterre en 1066. Les photos ont été choisies, fournies et commentées par les bibliothécaires, archivistes et conservateurs des musées de Haute-Normandie; la réalisation matérielle de l'exposition était due au Centre de documentation pédagogique.

Saint-Dié (Vosges).

Activités culturelles sous l'égide de la bibliothèque. - Saint-Dié offre l'exemple d'une animation culturelle des plus actives menées à partir de la Bibliothèque municipale. Pour prolonger son propre rayonnement (elle prête en effet plus de 10 000 volumes par mois environ et Saint-Dié compte 3 500 lecteurs - jeunes et adultes - pour 25 000 habitants), la bibliothèque municipale prend part à la quasi-totalité des manifestations culturelles de la ville.

Le local de la bibliothèque destiné à devenir discothèque abrite les « heures d'initiation musicale » des jeunes. Celles-ci sont confiées au futur animateur de cette discothèque et proposent l'accès à la théorie de la musique à l'aide d'un choix de disques illustrant son histoire, tandis que deux groupes de flûtes à bec repètent chaque semaine grâce à une aide bénévole. Le club « confrontations », qui rassemble des adultes et des élèves des classes terminales, a la bibliothèque pour siège social; le bibliothécaire en est le président et l'animateur : il prépare les thèmes des exposés et permet aux conférenciers de réunir leur documentation. On compte lors de chaque séance environ 300 à 450 participants. Parmi les thèmes choisis pour être débattus en 1967, relevons : « médecins et guérisseurs », « urbanisme et logement », « le syndicalisme », « le tiercé, » etc., c'est-à-dire des questions essentiellement à l'ordre du jour. Un « Club des jeunes » animé par le responsable de la section « jeunesse » de la bibliothèque satisfait les intérêts les plus variés : photographie, travaux manuels, aéromodélisme, marionnettes, enquêtes... Sont également prévues des projections cinématographiques et des veillées de lecture.

Ces nouvelles antennes sur la vie culturelle n'ont pas fait perdre à la bibliothèque le rôle traditionnel qu'elle assume en tant qu'institution scientifique, celui de support de la société savante locale, la Société philomatique vosgienne qui se réunit régulièrement à la bibliothèque et qui y a déposé ses archives et ses collections de périodiques. Le bibliothécaire de la ville en est vice-président et dirige la publication du bulletin annuel.

Enfin la Bibliothèque municipale assure le secrétariat du « Centre culturel communal » qui a pour but de coordonner l'activité des différentes associations culturelles de la ville, de les patronner et de les aider matériellement. Il se compose de commissions de travail pour le théâtre, la musique, le folklore, les beaux-arts et organise des spectacles culturels avec l'aide des sociétés adhérentes. Il bénéficie, pour mener à bien ses diverses tâches, d'une subvention de la ville. Ainsi la bibliothèque est-elle le centre de l'action culturelle municipale.

Exposition Livres d'étrennes. - Du 10 au 24 décembre 1966 s'est tenue, dans la salle d'exposition de la Bibliothèque municipale, l'exposition 500 livres d'étrennes pour jeunes et adolescents préparée par l'Association « Lire ».

L'exposition a été inaugurée le 10 décembre en présence du maire de Saint-Dié, de l'inspecteur primaire et des directeurs de divers établissements d'enseignement. Chaque visiteur a reçu le matériel édité par « Lire » : catalogue, fichets, pense-livres. Plusieurs centaines de personnes sont venues feuilleter les livres et prendre des notes. La garde de l'exposition était assurée par les jeunes lecteurs de la bibliothèque de la jeunesse et les membres du club des jeunes amis de la bibliothèque.

Bibliothèques centrales de prêt.

Cher.

Publication. - La Bibliothèque centrale de prêt du Cher vient d'éditer le catalogue 6 de ses acquisitions d'octobre 1965 à octobre 1966. Il constitue le premier supplément au catalogue édité en octobre 1965 7 qui couvrait le fonds « documentaires, biographies, théâtre » de la bibliothèque.

Haute-Garonne.

Publication. - La Bibliothèque Centrale de Prêt de la Haute-Garonne vient de faire paraître le catalogue 8 de ses acquisitions pour l'année 1965, à l'exception des livres pour jeunes. Les ouvrages y sont classés en deux catégories : I° romans (français, étrangers, policiers) par ordre alphabétique des auteurs; 2° littérature non romanesque (voyages, récits historiques, arts, biographies - par ordre alphabétique des personnages étudiés, - sciences, agriculture, etc.) Un index alphabétique des sujets traités dans les ouvrages de la série « Documentaires » termine, avec une « table des matières », ce catalogue.

Haut-Rhin.

Publication. - La Bibliothèque centrale de prêt du Haut-Rhin vient d'éditer le catalogue 9 systématique de ses acquisitions pour l'année scolaire 1965-66. Les ouvrages y sont répartis en trois grandes classes. Après le nom d'auteur et le titre est donnée, pour chaque ouvrage, une brève analyse avec l'indication de la catégorie de lecteurs à laquelle il convient. A la fin du catalogue, un index alphabétique des auteurs et un index alphabétique des titres recensent les ouvrages analysés.

Illustration
Réseau de bibliobus à Bordeaux

  1.  (retour)↑  Bibliothèque littéraire Jacques Doucet. Paris. - Paul Valéry. Pré-Teste. Manuscrits, inédits, éditions originales, dessins, aquarelles. 3-23 décembre 1966. [Présent. par Georges Blin..., préf. par Jackson Mathews... et François Chapon... Catalogue réd. par François Chapon.] - Paris, Université de Paris, 1966. - 27 cm, 76 p., portr., fac-sim.
  2.  (retour)↑  L'Art grec du Musée de Mariemont, Belgique. Catalogue par Pierre Levêque... et Guy Donnay... - Bordeaux, s.l., 1967. - 21 cm, 212 p., 141 pl.
  3.  (retour)↑  In : Mémoires de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, t. XIV (1905-1914).
  4.  (retour)↑  255 livres analysés ou cités pour garçons et filles de 4 à 14 ans. -Paris, La Joie par les livres [1966]. - 21 X 13,5 cm, (20) p. (Supplément à IN-FORDOC, Cahiers de formation ouvrière, n° 180).
  5.  (retour)↑  Bibliothèque municipale, Nantes. - 320 estampes choisies. 1500-1960. [Catalogue réd. par Luc Benoist.] - Nantes, Bibliothèque municipale, 1966. - 19 cm, 83 p., [4] pl.
  6.  (retour)↑  Bibliothèque centrale de prêt du Cher. - Documentaires, biographies, théâtre. Nouvelles acquisitions (octobre 1965 - octobre 1966). - Bourges, Bibliothèque centrale de prêt du Cher, 1966 - 27 cm, (II -) 19 p., multigr.
  7.  (retour)↑  Voir : B. Bibl. France, IIe année, n° 4, avril 1966, p. 170.
  8.  (retour)↑  Bibliothèque centrale de prêt de la Haute-Garonne. - Catalogue des acquisitions 1965. - Toulouse, Bibliothèque Centrale de Prêt, 1966. - 27 cm, II-62 p. multigr.
  9.  (retour)↑  Bibliothèque centrale de prêt du Haut-Rhin. - Voici quelques livres choisis et analysés pour vous en 1965. - Colmar, Bibliothèque centrale de prêt, s. d. - 27 cm, 99 p., multigr., fig.