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L’action éducative et culturelle, un défi pour les archives et les bibliothèques

Bpi – 24 et 25 mai 2015

Elodie Roth-Micoud

Les 24 et 25 mai derniers se sont tenues deux journées d’étude autour du thème de l’éducation artistique et culturelle, organisées conjointement par le Service du Livre et de la Lecture, le service interministériel des archives de France, les Archives Nationales, la Bibliothèque Publique d’Information, le ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. La BPI accueillait au Centre Pompidou la première journée, placée sous le signe de la diversité des publics et des temps scolaires et de l’offre culturelle et des programmes.

Dans un contexte de refondation de l’école, Bérengère Clément-Manicom, déléguée académique aux arts et à la culture à l’Académie de Lille, a souligné que l’éducation n’est désormais plus le seul fait de l’éducation nationale mais implique des partenaires locaux qui soient également des initiateurs. Les nouveaux programmes mis en place en septembre 2016 introduisent la notion de plaisir dans la pédagogie de projets et doivent amener les élèves à travailler ensemble, à s’impliquer. Ainsi le cadre scolaire n’est plus le lieu de la formation de l’élève, mais celui du citoyen et de l’individu, citoyen pour lequel les grands objectifs de formation visés tout au long du Parcours en Education Artistique et Culturelle se résument en trois axes : fréquenter (rencontres), pratiquer (pratiques) et s’approprier (connaissances).

Nicolas Georges, directeur chargé du Livre et de la lecture, a indiqué que ce contexte de refondation de l’école et d’aménagement des rythmes scolaires nécessite d’induire plus de collaboration entre les services sans omettre de pointer du doigt la problématique de l’articulation entre temps scolaire, périscolaire et extrascolaire. Les bibliothèques ont selon lui pour point faible de méconnaitre les programmes étatiques, ce qui ne leur permet pas ni de formaliser leurs actions ni de leur donner la visibilité qu’elles méritent bien souvent. Pour l’éducation artistique et culturelle, le contrat territoire-lecture doit devenir le cadre méthodologique et financier contenant des objectifs clairs et une évaluation prévue. De plus, la mise en place d’un socle commun de connaissances en arts et culture pour tous les élèves est basé sur un référentiel commun au ministère de la culture et à l’éducation nationale, qui doit être compris comme un outil au service de tous les acteurs pour tous les projets engagés.

Après ces considérations d’ordre général, les différents intervenants du monde des bibliothèques comme du monde des archives, ont relaté des expériences aussi riches que diverses mettant en relation des enfants ou des adolescents dans le cadre scolaire avec les ressources de leurs services. Tous ont pointé du doigt le fait que le territoire sur lequel ils exercent est très souvent un territoire concurrentiel sur le plan culturel. Les services culturels sont désormais tenus de déployer des stratégies pour mobiliser les enseignants par le biais de lettres d’information, de communication ciblée sur Internet. Ils s’appuient sur la gratuité de leurs offres mais doivent savoir les adapter aux programmes scolaires et aux publics ciblés. Ainsi il faut savoir communiquer sur ses atouts (par exemple une visite des archives départementales pour des enfants en âge maternel peut apporter une ouverture au monde différente de la sempiternelle visite à la ferme) et travailler en co-construction pour, par exemple, mêler différentes visites sur un même projet. Une démarche artistique et historique pluridisciplinaire conduite avec différents partenaires (bibliothèque municipale, archives, conservatoire…) peut conduire à la mise en place d’un service de médiation commun à plusieurs services. Dans cette posture de l’offre il faut cependant laisser une place à la demande et peut-être s’interroger sur les moyens d’associer les enseignants à la construction de ladite offre. Chacun des intervenants a souligné la nécessaire implication des enseignants dans la réussite des projets menés en partenariat.

La journée s’est terminée par deux présentations. Tout d’abord celle d’un site de la BNF construit en partenariat avec les archives nationales : la laïcité en questions . Ce site s’adresse aux enseignants et présente des ressources de la BNF mises en perspective avec pour objectif d’aborder ce sujet épineux sans être dans l’émotion mais dans la réflexion. Ensuite c’est le portail éduthèque, émanant du ministère de l’Education nationale et également à destination des enseignants, qui a été mis en lumière. Il rassemble des ressources pédagogiques, culturelles et scientifiques, et vise à la construction de parcours afin de faciliter les apprentissages des élèves.