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Journée Koha 2018

BULAC, 18 janvier 2018

Anne-Claire Bernaudin

Comme chaque début d’année, la BULAC a accueilli, le 18 janvier 2018, la journée Koha organisée par l’association Kohala (association des utilisateurs du SIGB Koha en France). Cette journée est l’occasion de réunir utilisateurs de Koha, bibliothèques intéressées par l’outil et entreprises offrant des prestations autour de Koha.

Retours d’expérience

La journée annuelle Koha est toujours l’occasion de présenter cet outil aux bibliothèques qui souhaitent le découvrir : un atelier leur est réservé, au cours duquel un utilisateur expérimenté (cette année, il s’agissait d’Aurélie Bérut, de l’Enssib) présente succinctement le logiciel, et répond aux questions souvent fort nombreuses des néophytes. C’est un temps d’échanges intéressant tant sur Koha que sur les pratiques des différents établissements.

En parallèle de cette session découverte, trois retours d’expérience ont eu lieu dans le grand amphithéâtre de la BULAC. Sonia Bouis, de l’université Lyon 3, a présenté l’état actuel du déploiement de l’ERMS open source Coral dans son SCD. Les objectifs du SCD de Lyon 3, en mettant en œuvre ce projet, étaient d’améliorer le suivi budgétaire et technique des ressources électroniques. Sonia Bouis a présenté la démarche projet mise en œuvre dans l’année écoulée : installation d’une instance de test, injection d’un premier jeu de données, analyse des services rendus par l’outil et formalisation des besoins en développement. Un seul vrai bémol : l’injection des données depuis les outils actuels (plusieurs tableurs Excel) s’est révélée plus compliquée que prévu. La démonstration qui a clos la présentation a permis de mieux comprendre la logique de fonctionnement de Coral, l’organisation modulaire de cet outil et ses apports fonctionnels, dans l’archivage des données portant sur les ressources électroniques comme dans l’organisation de workflows.

Cette première intervention a été suivie d’une présentation du webservice Mir@bel-Koha par Aurélie Fichot, de Sciences Po Grenoble. Maintenu par un réseau de 48 établissements, le réseau Mir@bel propose une riche base de connaissances recensant les revues en SHS, majoritairement en langue française. Pour chaque titre, les informations bibliographiques sont tenues à jour de manière très régulière, ainsi que les états de collection des bibliothèques du réseau et les disponibilités sur les différentes plateformes d’éditeurs. L’interface utilisateur du portail Mir@bel montre ainsi tous les liens pertinents pour l’accès en ligne à une revue, chaque URL étant complétée par les informations présentant d’éventuelles restrictions d’accès et les collections concernées.

Le webservice Mir@bel-Koha permet de récupérer automatiquement ces informations dans l’OPAC des établissements utilisateurs de Koha, ce qui est un enrichissement important de la notice en comparaison de ce qui peut être proposé via une simple zone 856.

Une question du public sur une apparente concurrence entre le travail de signalement des ressources en ligne fait par le réseau Mir@bel et celui mené par le réseau Sudoc a relancé un débat qui n’est pas nouveau. Il n’est qu’à espérer que les deux réseaux puissent à terme joindre leurs efforts !

Faire avancer Koha

En fin de matinée, la présidente de Kohala a brièvement présenté deux groupes de travail qui sont en train de voir le jour au sein de l’association.

Le premier groupe travaillera sur la traduction de Koha en français. Le logiciel est développé en anglais : chacune des deux versions qui sortent chaque année fournit donc son lot de chaînes de caractères à traduire. La traduction est un constant work in progress, que la communauté francophone (Français et Québecois en particulier) essaye d’organiser et de se partager.

Le second groupe de travail concerne les impacts de la transition bibliographique sur Koha : un premier travail important a été réalisé pour la communauté par Corinne Hayet, de la société Progilone, mais il reste beaucoup à faire.

Le hackfest Koha sera sans doute l’occasion pour ces deux groupes d’avancer sur leurs chantiers respectifs.

Identifiants pérennes et Koha

L’après-midi a commencé par une session plénière concernant les identifiants pérennes, avec la participation d’Aurélie Bérut, Frédérique Couffignal, Gina Mars et François Pichenot. Confrontées au besoin d’utiliser ce genre d’identifiants dans leur contexte, plusieurs bibliothèques utilisatrices de Koha se sont penchées sur cette question : comment gérer des identifiants pérennes avec Koha ? La première partie de l’exposé a porté sur une approche théorique de la notion d’identifiant pérenne, dont ce vade-mecum de la BnF pourra donner une idée 1. Dans la seconde partie, plusieurs cas pratiques ont été abordés pour répondre à la question initiale. On peut notamment évoquer le cas de la Médiathèque de Roubaix, qui a généré des identifiants ARK pour ses collections, avec l’objectif de coupler les identifiants internes de Koha avec ces identifiants pérennes.

La journée s’est terminée avec la revue des nouveautés de la version 17.11 de Koha, assurée par Paul Poulain de la société BibLibre. À noter en particulier : l’utilisation du moteur d’indexation ElasticSearch dans Zebra n’est pas encore possible, mais le travail avance bien, avec pour objectif une disponibilité dans la version 18.05 au printemps. De même, les travaux sur l’interfaçage de Coral et Koha se poursuivent. Ces deux chantiers sont facilités entre autres par un soutien financier de BibLibre et de ByWater Solutions, prestataire de services américain spécialiste de Koha.

À noter, les autres rendez-vous autour de Koha : le hackfest à Marseille du 12 au 16 mars 2018 (organisé par BibLibre) et le Symposium Koha du 25 au 27 juin à Paris 8 (organisé par Kohala).

Bref, Koha et les logiciels libres en bibliothèque, c’est l’affaire de toute une communauté qui ne reste pas les bras croisés !