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Préface

Benoît Epron

Ce nouveau numéro de la Revue de l’Enssib est consacré, comme tous nos numéros pairs, à une journée d’étude, un évènement qu’il nous semble important d’installer à la fois dans nos agendas et dans notre environnement documentaire. Au-delà de la portée symbolique de la publication des interventions, le fait de garder une trace, d’inscrire dans une temporalité qui dépasse l’éphémère de ces quelques jours, est également une façon pour nous de participer à la construction d’une documentarisation partagée de nos réflexions, analyses et compréhensions de notre environnement. C’est cette logique d’alimentation d’un ensemble de ressources communes et partagées qui a guidé le choix de la Revue de l’Enssib de consacrer un numéro par an à ce type de publication.

Il s’agit ici de publier les actes de la dernière édition de la Biennale du numérique qui s’est déroulée à l’Enssib les 23 et 24 novembre 2015. Cette biennale est un évènement scientifique et professionnel qui veut questionner les problématiques émergentes portant sur l’impact du numérique, concernant à la fois les professionnels du livre, les usages de la lecture, le devenir de l’édition numérique, les innovations en matière de production et de diffusion des contenus, ou encore les évolutions de l’accès à l’information.

Après deux premières éditions consacrées respectivement à la médiation et aux usages, cette dernière édition était consacrée aux transformations des métiers et des formes d’organisation du travail générées par l’arrivée du numérique dans l’univers de la « chaîne du livre ». Les transformations numériques font de cette thématique un sujet éminemment interprofessionnel tant cette évolution questionne l’ensemble des identités, des compétences ou des métiers du livre et du document. Uberisés, désintermédiés, réinventés ou retrouvés, ce sont tous les métiers liés au livre, et plus globalement au savoir, qui doivent s’interroger sur leur place et leur rôle. En dépassant la défense de prés carrés ou les conservatismes, il faut, pour l’ensemble des acteurs, identifier, travailler, réaffirmer et valoriser ce qui constitue le cœur des identités professionnelles.

Fidèles à l’ambition de cet évènement, nous avons voulu proposer la rencontre de chercheurs avec les différents professionnels aux prises avec ces bouleversements. Qu’ils soient éditeurs, bibliothécaires, documentalistes, libraires ou auteurs, tous doivent aujourd’hui remettre en perspective leur métier, leur place dans les écosystèmes documentaires ou leur modèle économique. Les différents regards apportés au cours de cette Biennale auront donné l’occasion à l’ensemble des participants de croiser leurs analyses pour mieux appréhender ces nouvelles perspectives. La diversité des points de vue, professionnels et universitaires, ainsi que la qualité des interventions nous confortent dans le rôle que l’Enssib peut jouer, au travers de la Biennale, et aujourd’hui de ce numéro de la Revue, pour permettre à ces réflexions de se déployer de la façon la plus ouverte et partagée possible.