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Éditorial

Reine Bürki

Qu’elles soient actives, innovantes, nouvelles, inversées, en transformation ou en transition, les questions pédagogiques sont à l’honneur…Une actualité que ne démentira pas la vivacité des nombreux projets intégrant l’évolution des modes d’apprentissage et de transmission du savoir en bibliothèque, et que ce dossier se propose d’explorer.

Accompagner – voire faciliter – les transformations pédagogiques à l’œuvre dans l’enseignement supérieur comme dans la société constitue un réel enjeu stratégique pour les bibliothèques : démonstration de leur évidente utilité, mais plus encore, de leur capacité à impulser le changement au sein même des communautés qu’elles desservent.

Formation des usagers, espaces innovants, collaborations transversales… la valeur ajoutée de la bibliothèque réside dans sa capacité d’institution-impulsion. Tour à tour agitateur pédagogique et laboratoire, elle s’inscrit dans le paysage académique et culturel comme une institution agile, disposée à l’expérimentation et aux renouvellements des formats de transmission et d’accès au savoir, partenaire tout désigné des collaborations pédagogiques : approches participatives, pédagogies actives, ludification, co-construction…

La bibliothèque s’impose également en tant que lieu physique et facilitateur (de connexions, de sociabilités, d’apprentissage par les pairs), mettant à la disposition de ses publics des ressources et des espaces flexibles, adaptables et adaptés. Car dans un contexte de dématérialisation numérique des contenus, apprendre demeure un processus ancré dans le temps et l’espace, comme le suggère la multiplication de lieux favorisant l’interaction et le « faire » (Learning Lab, Fab Lab, Maker Space, salles de coworking…).

Parler ici d’innovation n’est pas simple artifice de langage. Car pour une communauté professionnelle prompte à monter en compétences et à consolider ses champs ­d’expertise, l’innovation pédagogique passe aussi par un changement de posture, de la prescription à la facilitation : autre relation aux contenus d’une part, et aux usagers d’autre part. La question de la professionnalisation du bibliothécaire-formateur (-médiateur, -facilitateur) est sous-jacente à l’évolution des modes d’apprentissage et de transmission, que ce soit dans son rôle aux côtés (ou au sein !) des équipes pédagogiques pour la formation au « métier d’étudiant », comme dans l’accompagnement à la maîtrise de l’information de citoyens éclairés.

Des regards étrangers nous invitent à compléter notre réflexion hexagonale sur la fonction pédagogique du jeu (Angleterre), la formation documentaire à distance ­(Belgique), la promotion des compétences informationnelles (Québec) ou la modélisation des learning commons (États-Unis).

Et, signe certain d’une prédisposition des bibliothèques à former sans ennuyer, vous croiserez au fil de ce dossier conçu dans un esprit ludique (et sérieux) : un chat, des zombies, Georges Perec, des chaises à roulettes, un quiz pour bibliothécaire-formateur et les 10 leçons de pédagogie active de maître Yoda…