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La Revue de la BNU

Enjeux et défis de l’édition en bibliothèque aujourd’hui

Christophe Didier

« Après déjà cent quarante années d’existence, la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg se dote aujourd’hui enfin d’une revue. Il nous semble important qu’un établissement à l’envergure patrimoniale si marquée, et dont les murs ont abrité des générations d’étudiants, de chercheurs et de curieux, puisse profiter d’un instrument de rayonnement susceptible de présenter autrement les bibliothèques. » Ainsi s’ouvre l’éditorial du premier numéro de La Revue de la BNU, créée en 2010. Il témoigne, à un moment qui était aussi celui du plus grand chantier de rénovation qu’ait connu l’établissement depuis les années cinquante, d’une volonté d’ouverture aussi bien que de valorisation de la bibliothèque, à la fois comme lieu de culture et comme lieu de savoir  1.

Pourquoi une revue ?

Lorsqu’on crée une revue, on se pose forcément la question de son positionnement, de sa ligne éditoriale ; en l’occurrence, il importait de se demander ce qui allait distinguer La Revue de la BNU d’autres organes nés dans les bibliothèques, et bien souvent centrés sur l’étude et la valorisation des fonds anciens et précieux, ou encore sur l’histoire du livre en général  2. En d’autres termes, allait-on créer une « revue de bibliothèque », une « revue du livre ancien » supplémentaire ? La tentation était grande, dans la mesure où la BNU dispose de fonds exceptionnels (lesquels justifient en partie son statut 3) et parfois encore assez méconnus hors de la région. Toutefois, alors que la bibliothèque entamait en cette année 2010 le chantier de rénovation déjà cité, qui touchait, au-delà du bâtiment lui-même, une évolution profonde de ses services (avec, notamment, une accentuation de ses missions de valorisation et de médiation scientifiques et culturelles 4), il nous semblait que la revue à créer devait suivre une voie similaire, et plutôt qu’un simple organe de bibliothèque, s’affirmer comme une revue culturelle au plein sens du terme.

Ainsi est née la ligne originale de la revue, qui affirme son but de mettre en valeur l’exceptionnel patrimoine documentaire de la bibliothèque, mais aussi d’être un point de rencontre scientifique et culturel sur des sujets qui excèdent largement le seul monde du livre. En d’autres termes, nous voulons montrer que les fonds de bibliothèque constituent un prétexte naturel qui permet d’embrasser des problématiques culturelles plus larges – ce que résume la formule figurant sur les bulletins d’abonnement : « La Revue de la BNU, ou comment faire parler autrement les bibliothèques. » C’est le postulat, affirmé dans l’éditorial du premier numéro déjà cité, que pour une bibliothèque, parler de ses collections n’a finalement de sens qu’en ce que cela nous oblige à sortir de nos murs, dans un dialogue avec tous ceux (particuliers comme institutions) qui font la culture d’aujourd’hui et posent ainsi les bases du patrimoine de demain. « Si les collections de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg sont appelées à rester le filigrane de tous les numéros, c’est comme une invitation au voyage vers d’autres lieux, d’autres horizons linguistiques et culturels, d’autres thématiques. » Cette affirmation inaugurale de 2010 est toujours valable aujourd’hui.

Ce faisant, La Revue de la BNU s’affirme aussi, au-delà de son rôle comme revue d’un établissement donné, comme porteuse d’un certain militantisme éditorial qui témoigne de l’adaptation des bibliothèques à une société où la médiatisation des savoirs (de leur production comme de leur conservation) est vue de plus en plus comme une composante essentielle de leur activité  5.

Une revue papier ?

À notre époque de perpétuelle accélération, la création d’un organe qui valorise – aussi – les fonds des bibliothèques se heurte à une situation paradoxale : dans bien des établissements, la valorisation des collections, telle qu’on l’entend aujourd’hui (c’est-à-dire en les incluant à la fois dans les projets scientifiques de chercheurs académiques et dans des opérations à destination d’un plus grand public), a longtemps été à la traîne, pour des raisons diverses (fonds peu ou pas signalés, catalogues non rétroconvertis, manque de personnel ad hoc…), et ces mêmes établissements n’ont pas toujours eu l’organe qui aurait été nécessaire pour attirer l’attention sur leurs richesses cachées, en l’occurrence une revue  6. Aujourd’hui où les notions de patrimoine, de valorisation, de médiation culturelle, voire de muséification ont le vent en poupe en bibliothèque, la tentation est grande de vouloir rattraper le temps perdu. La BNU, dont les fonds sont certes signalés et rétroconvertis, voire numérisés, se trouvait néanmoins partiellement dans ce cas de figure car leur importance et leur diversité génèrent presque fatalement des zones d’ombre qu’une revue peut fortement remettre en lumière.

Nécessité d’une revue, donc, mais à l’ère du numérique, a-t-on encore besoin de l’imprimé ? Nous n’entrerons pas ici dans les aspects généraux d’un débat qui est loin d’être clos, et nous nous cantonnerons à l’exemple qui est l’objet de cet article, la revue de bibliothèque. La BNU a fait le choix d’une revue à la fois imprimée et disponible en ligne. Au fur et à mesure qu’un numéro paraît, le numéro précédent est accessible en « mode feuilletage » sur le site de la bibliothèque, qui propose ainsi une archive complète de tous les numéros parus  7. Parallèlement, La Revue de la BNU a été admise sur la plateforme Revues.org, où elle devrait pouvoir commencer à rentrer ses articles à partir de cette année. Mais il nous semblait que l’imprimé était aussi d’une absolue nécessité, pour des raisons qui ont autant trait au lectorat recherché (orienté vers ce qu’on appelle les « sciences humaines ») qu’au mode de lecture que supposent les articles publiés.

La Revue de la BNU cherche à toucher au-delà de la profession et des spécialistes, mais reste une publication exigeante intellectuellement, dont la lecture suppose de prendre son temps et d’envisager l’article comme un tout dont la compréhension intégrale permet de délivrer le sens – à l’inverse d’un certain « zapping numérique » devenu pratique courante. Elle envisage aussi les choses au-delà de l’actualité immédiate, et s’intéresse plutôt à des thématiques qui, si elles ont souvent des ramifications actuelles, nécessitent une réflexion basée sur l’examen du long terme  8. N’oublions pas non plus que son ambition est d’embrasser des problématiques plus larges que la seule valorisation de fonds de bibliothèques, et qu’à cet égard, les contributeurs sont plus souvent invités à faire le point sur une question qu’à présenter des études de cas –quoique ces dernières puissent avoir aussi une valeur générale, ou contribuer utilement aux débats suscités. Que la réflexion et une lecture attentive et prolongée soient toujours liées au support papier est une idée qui, après plusieurs décennies d’irruption numérique, continue de faire l’objet de débats et d’études  9. Que d’autre part la diffusion médiatique du savoir puisse prendre plusieurs formes, conjuguant immédiateté de la réflexion ou du débat et assimilation sur un plus long terme, c’est ce que nous montre, par exemple (et pour rester dans la sphère académique et culturelle) la radio France Culture qui offre écoute immédiate, écoute différée (« podcasts ») et approfondissement par le biais d’une… revue imprimée, Papiers. La BNU est donc partie du principe qu’une revue imprimée contribuait aux buts qu’elle s’était assignés et participait, par le rayonnement qu’elle était susceptible d’avoir, à la valorisation de sa politique scientifique et culturelle.

Une autre raison, enfin, a milité pour une revue non seulement imprimée, mais aussi que l’on souhaitait de belle facture : la place importante accordée, dès le début, aux illustrations. Le patrimoine écrit, comme toute espèce de patrimoine, doit aussi se donner à voir, et les notions évoquées plus haut de valorisation et de muséification ne nous semblaient pas compatibles avec une publication qui ne ferait pas de l’aspect visuel un point essentiel de sa ligne éditoriale. À l’heure où se multiplient les bibliothèques numériques qui sont autant de réservoirs visuels, à l’heure aussi où les menaces qui pèsent sur l’imprimé suscitent une nouvelle prise de conscience de ses qualités esthétiques  10, à l’heure enfin où la problématique des rapports entre bibliothèques et musées est de plus en plus questionnée, rendre au visuel la place qui est la sienne participe de cette volonté de susciter la réflexion sur un sujet – sous toutes ses formes. Aussi, dans La Revue de la BNU, l’image peut-elle être belle autant que possible, elle n’est en revanche jamais gratuite et toujours corollaire du propos. En d’autres termes, elle doit associer qualités esthétiques et impact didactique. Il y a là aussi, ne nous le cachons pas, un aspect un peu militant, visant à magnifier le livre même dans ses expressions les plus modestes : réhabiliter de temps à autre la qualité esthétique d’une page de titre n’est certes pas le but premier de La Revue de la BNU ; il n’en constitue pas moins un de ses « avantages collatéraux ».

La revue, un point de rencontre

Si une publication périodique est, par définition, un point de rencontre entre l’éditeur et ses lecteurs, dans le cas d’une grande bibliothèque à la fois académique et patrimoniale, la revue est aussi l’occasion de créer un point de rencontre scientifique et culturel autour de ses collections et plus généralement, autour de son action. Comme il a été dit aussi, le but était, au-delà des problématiques propres à la bibliothèque, de faire dialoguer ceux qui font la culture d’aujourd’hui – artistes, écrivains, historiens, responsables d’institutions culturelles ou chercheurs – et posent ainsi les bases du patrimoine de demain. Ce point a été capital dans la décision de fonder une revue ambitieuse, y compris dans son aspect et dans la pagination de ses numéros  11. La Revue de la BNU accompagnait le grand chantier de rénovation de la bibliothèque déjà cité, qui devait se traduire par une plus grande ouverture de l’établissement, y compris sur le plan de la recherche des partenaires adéquats pour valoriser efficacement ses richesses.

Dans ce même mouvement a été créé, en 2012, un conseil scientifique de la bibliothèque (qui ne disposait pas jusqu’alors d’une telle instance), dont les missions, quoique évidemment plus générales, allaient aussi dans le sens d’un élargissement des partenariats. La Revue de la BNU a donc été pensée à l’aune de cette politique volontariste de la bibliothèque, et se veut à l’image des missions scientifiques de cette dernière, comme un point de rencontre entre travail des bibliothécaires et travail des chercheurs, entre recherche locale et dialogues qu’elle entretient nécessairement aux niveaux national et international, entre professionnels des bibliothèques, des archives, des musées et de bien d’autres institutions scientifiques et culturelles  12.

Les graphiques proposés ci-dessous donneront une idée du vaste spectre de contributeurs sollicités pour les premiers numéros, indiquant une tendance qui ne s’est jamais démentie, notamment pour ce qui concerne la participation de contributeurs internationaux. Ils sont à rapprocher des thèmes traités, où une participation strictement française ne répondrait que très imparfaitement à l’enjeu de faire le point sur des sujets qui, par définition, font dialoguer la bibliothèque avec le monde (au moins avec l’Europe…) : Égypte, égyptologie et égyptomanie d’hier et d’aujourd’hui, wagnériens et wagnérisme, monachisme, ésotérisme ou encore mémoire des lieux et lieux de mémoire, pour ne prendre que ces quelques exemples. La Revue de la BNU reflète donc, en quelque sorte, la position scientifique et culturelle de la bibliothèque : l’horizon international que lui dictent son histoire et la nature même de ses fonds (la revue est aussi un moyen efficace de faire vivre les partenariats que la BNU entretient avec d’autres bibliothèques en Europe  13), l’ouverture au monde de la recherche à laquelle l’invite son statut universitaire, l’ouverture à des publics plus larges que lui imposent son statut national et sa position de plus importante bibliothèque patrimoniale de la région Grand Est.

Illustration
Les auteurs de La Revue de la BNU (numéros 1 à 12) : origines géographiques, fonctions, institutions • Étude réalisée par Juliette Pinçon, élève conservatrice à l’Enssib (mars 2016)

Organiser un contenu

Les différentes rubriques qui organisent un numéro « habituel  14 » de la revue répondent bien évidemment aux attendus théoriques qui ont été exposés plus haut : dossiers toujours suscités par les fonds ou l’histoire de la BNU, mais traitant de thématiques aussi diverses que possible ; rubrique « L’objet », toujours centrée sur les collections de la bibliothèque et cherchant à montrer la variété typologique de ce que celle-ci est amenée à conserver, au-delà des seuls manuscrits et imprimés ; rubrique « L’inédit », valorisant là encore la notion de matériau ouvert à la recherche – ou à la simple découverte – et qui devrait accueillir plus systématiquement, à partir de 2019, la publication de textes littéraires d’auteurs européens contemporains  15 ; rubrique « Portfolio », espace plus libre concrétisant la volonté, évoquée plus haut, de faire la part belle à la culture visuelle ; rubrique « Nouvelles acquisitions patrimoniales » enfin, plus classique pour une bibliothèque. Si l’organisation intellectuelle des contenus relève du comité scientifique et du mandat qu’il donne au rédacteur en chef, le graphisme de la revue est confié, depuis le début, à un professionnel extérieur avec le but avoué d’allier élégance d’un magazine contemporain, clarté et efficacité de la présentation et exigence intellectuelle.

Par ailleurs, le contenu de la revue est généralement autonome par rapport aux autres activités de valorisation de la bibliothèque, en particulier par rapport aux expositions  16. Le but n’est pas de redoubler les sources d’information ou d’analyse, mais bien d’enrichir une offre éditoriale où chaque canal possède sa spécificité et ses thématiques propres. La Revue de la BNU est ainsi indépendante des autres activités culturelles de la bibliothèque et permet à l’établissement de répondre à des sollicitations que le programme scientifique et culturel autre ne permet pas forcément de couvrir : commémoration des soixante ans du traité de Rome qui a fait l’objet d’un des numéros de 2017, ou encore numéro spécial de 2018 qui a permis d’intégrer la bibliothèque dans le cycle des commémorations liées au 550e anniversaire de la mort de Gutenberg, pour prendre les exemples les plus récents.

L’édition scientifique et les bibliothèques

La revue est, enfin, un point de rencontre autour des discussions que se pose la Bibliothèque nationale et universitaire à propos de sa politique éditoriale. Produisant régulièrement des catalogues d’expositions, éditant ou coéditant des monographies  17, des brochures et un certain nombre de produits dérivés, la BNU se pose aussi des questions d’éditeur, entre qualité des produits, attractivité et adéquation de l’offre et retour sur investissement.

Le projet d’installer au cœur de la bibliothèque une librairie (projet certes encore au stade de la réflexion) entend à la fois asseoir et promouvoir la place de la bibliothèque comme éditeur de contenus, à côté de son offre numérique pour laquelle elle dispose d’ores et déjà d’un outil, la bibliothèque numérique www.numistral.fr, que l’établissement souhaiterait faire évoluer en un véritable outil au service des humanités numériques. Il s’agit pour ce dernier point d’un sujet à part entière que nous n’aborderons pas ici, mais qui n’obère nullement la question d’une offre éditoriale « physique » à laquelle tout établissement réfléchissant à la valorisation de ses produits est forcément confronté. En l’occurrence, la BNU, qui travaille aussi à mieux structurer son offre en déposant une véritable marque d’éditeur et en établissant sa ligne graphique propre, dispose avec La Revue de la BNU d’un produit-test qui engage cette fois-ci non plus sa politique scientifique, mais sa politique de communication. La revue, qui diffuse une image dans laquelle va se retrouver une partie du public (local et extérieur) de la bibliothèque, mais qu’une autre ignorera sans doute (la BNU est ouverte à tout lecteur âgé de 16 ans et plus), devra aussi trouver sa place au sein des « produits dérivés scientifiques » que l’établissement entend continuer à proposer. Ce n’est pas là son moindre défi… Mais nul doute qu’un organe de ce type ne puisse conforter son rôle comme instrument de réflexion sur la place que la valorisation des questions suscitées par le travail des bibliothèques peut trouver au sein du débat public. Le numéro 3 de La Revue de la BNU, consacré à la thématique de l’exposition, en est un bon exemple, puisqu’il s’agissait de s’intéresser non seulement aux modes d’exposition (le « comment », dans les musées comme dans les bibliothèques ou les archives), mais aussi à leurs raisons d’être (pourquoi exposer ?) et au lien que les établissements entretiennent avec le matériau qu’ils valorisent : une réflexion a posteriori, un état des lieux, et un questionnement que permet de façon idéale une publication ad hoc. La revue, comme instrument réflexif sur les pratiques de valorisation, permet d’installer la bibliothèque non plus comme simple éditeur de contenus, mais comme éditeur tout court.

Éditer, pour une bibliothèque, c’est mettre l’accent sur le travail de recherche et de valorisation qui s’effectue sur les collections ; c’est donc mettre en lumière, plus généralement, une partie importante de ses activités, à côté de l’accueil et de la mise à disposition de documents. Si ce rôle est bien connu et admis pour les grands établissements nationaux ou immédiatement identifiés comme patrimoniaux (Herzog August Bibliothek Wolfenbüttel, Bodleian Library, Biblioteca Marciana, Bibliothèque Mazarine…), d’autres peuvent avoir plus de peine à affirmer cette vocation, pourtant consubstantielle aux collections qu’elles abritent. La publication d’une revue qui entend être un pont entre la recherche scientifique en bibliothèque et le « grand public cultivé » n’est sans doute qu’une des réponses à donner à la question. Elle reste, pensons-nous, une réponse appropriée  18.

La Revue de la BNU

Revue fondée en 2010

Publication semestrielle (mai et novembre)

Éditeur : BNU

Graphisme : brokism + médiapop Imprimeur : Bialec Imprimerie SA

Diffuseur : Fondation Maison des sciences de l’homme

ISSN : 2109-2761

Pagination : autour de 120 p.

Tirage : 600 exemplaires

Accessible en ligne (mode feuilletage) : http://www.bnu.fr

Bientôt disponible aussi sur revues.org

n° 1 • Bibliothèques et identité visuelle

n° 2 • Égypte-Europe, allers-retours

n° 3 • Exposer

n° 4 • Ésotérisme et littérature

n° 5 • Mémoire des lieux, lieux de mémoire

n° 6 • (Re)présenter les savoirs

n° 7 • Wagnériens et wagnérisme

n° 8 • Savoirs du Nord

n° 9 • Trésors de l’écrit : un abécédaire

n° 10 • Des sciences et des bibliothèques

n° 11 • Bibliothèques vivantes

n° 12 • Dons et legs

n° 13 • Documents codés, documents indéchiffrables

n° 14 • Des femmes et des livres

n° 15 • Bibliothèques monastiques

n° 16 • Arrêts sur vingt-sept images de l’Europe (1957-2017 : le traité de Rome a 60 ans)

n° 17 • Usagers des bibliothèques, usages des bibliothèques

Hors-série : Gutenberg 1468-2018

    1.  (retour)↑  Sur l’histoire de la BNU et de ses collections, voir Bibliothèques Strasbourg : origines-XXIe siècle, sous la direction de Frédéric Barbier, Éditions des Cendres – Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, 2015 ; Métamorphoses : un bâtiment, des collections, sous la dir. de Christophe Didier et Madeleine Zeller, Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, 2015.
    2.  (retour)↑  Citons par exemple, parmi les titres publiés à l’époque, Les carnets de Medamothi, lesquels succédaient aux Cahiers Élie Fleur publiés par les médiathèques de la ville de Metz, ou encore Gryphe, la revue de la Bibliothèque municipale de Lyon. À l’étranger, Bibliotheksmagazin, revue publiée par les bibliothèques d’État de Berlin et de Munich.
    3.  (retour)↑  Voir à ce sujet Julien Gueslin, « Que faire d’une bibliothèque allemande ? La longue gestation de la BNU après 1918 », in La Revue de la BNU, n° 14, 2016.
    4.  (retour)↑  Rappelons que l’un des attendus du chantier était de proposer, entre autres, la mise en place d’une cafétéria, d’un auditorium et d’une salle d’exposition, allant de pair avec un élargissement des horaires (incluant une ouverture le dimanche) et du lectorat, la carte de prêt ayant été étendue à toute la France.
    5.  (retour)↑  Ces composantes et caractéristiques de La Revue de la BNU ont été pointées dans les deux premières recensions apparues dans la presse professionnelle : Yves Desrichard, « La Revue de la BNU », in BBF, 2012, n° 2, p. 94-95, et Philippe Levreaud, « La BNU à La Revue », in Bibliothèque(s), n° 62, juin 2012, p. 22.
    6.  (retour)↑  On pourra nous objecter les exemples cités en note 2, mais à côté, combien de bibliothèques (en France, par exemple, combien de bibliothèques municipales classées) qui n’ont jamais disposé d’un tel outil ?
    7.  (retour)↑  Notons qu’un certain nombre de bibliothèques ou d’associations de bibliothèques signalent ce lien d’accès qui devient ainsi un référencement de plus dans la recherche, à côté du signalement de l’édition imprimée. Voir par exemple le site du Karlsruher Virtueller Katalog (KVK), et le signalement fait par les groupements régionaux de bibliothèques en Allemagne.
    8.  (retour)↑  Voir la liste du sommaire des dossiers dans l’encadré en fin d’article.
    9.  (retour)↑  Il serait vain de vouloir faire ici un panorama de tout ce qui a pu être dit et écrit sur le sujet. On pourra citer, entre autres exemples récents, les travaux d’Anne Mangen (université de Stavanger, Norvège) sur l’étude de la comparaison lecture sur papier / lecture sur écran, et plus généralement sur l’évolution de la lecture à l’ère numérique ; l’ouvrage de Françoise Benhamou, Le livre à l’heure numérique (Seuil, 2014), dont le BBF a rendu compte en son temps (dans le n° 5 de 2015) ; le dossier « Le livre, le numérique » dans la revue Le Débat en mai-août 2012 ; dans La Revue de la BNU elle-même, l’article de Marc Jahjah paru dans le numéro hors-série Gutenberg 1468-2018 (« Culture imprimée et culture numérique : au-delà de Gutenberg, les enjeux du “texte livresque” »).
    10.  (retour)↑  Voir le catalogue Métamorphoses : un bâtiment, des collections, déjà cité, qui s’attachait, entre autres, à mettre en valeur cette thématique et les répercussions qu’elle pouvait avoir sur l’édition contemporaine.
    11.  (retour)↑  La Revue de la BNU a un format de 21 x 27 cm, pour un nombre de pages qui n’est pas fixe, mais tourne autour de 120 par numéro.
    12.  (retour)↑  Son comité scientifique a d’ailleurs été constitué pour rendre compte de cette diversité.
    13.  (retour)↑  Les partenaires de la BNU (en Allemagne, en Europe de l’Est, dans les pays baltes…) sont non seulement sollicités pour des contributions, mais constituent aussi une « tête de pont » efficace pour intéresser des réseaux auxquels la BNU seule aurait eu plus difficilement accès. Le numéro du printemps 2019 (sur l’Art nouveau à Riga et à Strasbourg) devrait quant à lui faire l’objet d’une double édition, en français et en letton, matérialisant ainsi de façon particulièrement spectaculaire le partenariat entre la BNU et la Bibliothèque nationale de Lettonie.
    14.  (retour)↑  La plupart des numéros sont construits de la même façon ; toutefois, le comité scientifique a parfois souhaité rompre avec ce qui aurait pu apparaître comme une certaine monotonie des livraisons en introduisant des numéros à l’organisation radicalement différente (n° 9, n° 16). L’année 2018 a aussi été celle du premier hors-série dans la jeune histoire de la revue (numéro suscité et réalisé en partenariat avec le master « Métiers de l’édition » de l’université de Strasbourg).
    15.  (retour)↑  Possibilité offerte par le partenariat qui unit la BNU à des équipes de recherche et au Service de l’action culturelle de l’université de Strasbourg, qui organisent chaque année des résidences avec des écrivains européens. Les productions réalisées à cette occasion auront vocation à être publiées dans La Revue de la BNU.
    16.  (retour)↑  Avec de très rares exceptions, comme celles des nos 4 et 7. Mais même dans ces derniers cas, on a eu soin d’aborder les thématiques de façon tout autre qu’elles ne l’étaient dans les expositions respectives (« Richard Wagner : aus gallischer Sicht – vu de France » et « L’Europe des esprits », cette dernière étant une exposition des musées de Strasbourg à laquelle la BNU avait été associée).
    17.  (retour)↑  Par exemple : Orages de papier et Friedrich Hölderlin : présences du poète (avec Somogy), Bibliothèques Strasbourg : origines-XXIe siècle (avec les Éditions des Cendres), Ens infinitum (avec les Presses universitaires de Strasbourg).
    18.  (retour)↑  Rappelons ici l’existence, tous les ans à Paris, en novembre, du Salon de la revue qui témoigne d’une belle énergie (plus que d’une résistance) de la revue papier sous toutes ses formes (à large diffusion, érudite, confidentielle, régionale, artistique, institutionnelle, témoin de la contre-culture et des cultures alternatives, etc.), pour tous les publics et à tous les prix. Il atteste de la vivacité du support papier comme bel objet, mais aussi et surtout comme instrument de valorisation de la production intellectuelle, au-delà de la recherche universitaire stricto sensu. La Revue de la BNU y partage, depuis 2017, un stand avec les Presses universitaires de Strasbourg.