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Facebook m’a tuer

NIL, 2011, 288 p., 23 cm
ISBN 978-2841114450 : 18 €

La lecture de Facebook m’a tuer est, sans doute, à déconseiller aux (jeunes ?) bibliothécaires qui considèrent l’usage des « réseaux sociaux » comme l’ultime frontière permettant d’établir, en lieu et place des IRL (voir plus bas), une communication avec nos usagers et, pourquoi pas, avec nos non-usagers. S’efforçant de reproduire le succès mérité de L’open space m’a tuer, les auteurs font en effet de cet outil (ce n’est qu’un outil) ou plutôt de ses utilisateurs une description qu’on s’accordera à trouver parfois drôle, mais aussi parfois caricaturale, expéditive, provocatrice et pas toujours étayée. En gros, les utilisateurs de Facebook, et autres produits du même genre – le livre ne se limite pas à ce réseau, et s’intéresse notamment à des applications plus coquines – sont de jeunes écervelés, victimes du syndrome du poisson rouge, qui travaillent trop et mal et, d’une certaine manière, « vivent » aussi trop et mal. Leur narcissisme assumé, revendiqué – désespéré – masque souvent une absence de « projet de vie » (comme on disait dans ma génération), absence qui ne s’avère que trop cruellement dès qu’ils s’aventurent « in real life » (IRL), c’est-à-dire, on l’a compris, dans la réalité. De ce tableau brossé un peu rapidement, on retire paradoxalement l’idée que tous les outils, si imparfaits soient-ils, qui nous permettent de garder le contact avec nos usagers sont bienvenus et que, encore une fois, ce sont les objectifs et les méthodes qui comptent, plus que les moyens.

Yves Desrichard