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Scriptes

L’âge d’or du lettrage d’inspiration manuscrite

Paris, Thames & Hudson, 2011, 351 p., 30 cm
ISBN 978-2878113693 : 32 €

Il convient de prévenir d’emblée les âmes sensibles, collectionneurs compulsifs de liseuses, de tablettes et autres accessoires électroniques de lecture, que cet ouvrage n’est pas pour eux, mais plutôt pour les nostalgiques de la typographie à l’ancienne. Ce livre propose en effet, et en images essentiellement, l’histoire des écritures scriptes, « enfant naturel » du « caractère romain » et de « l’écriture manuscrite », en somme des caractères d’imprimerie imitant l’écriture manuscrite – en bref et pour faire simple, la transcription typographique de l’écriture manuscrite, dans un temps où l’on écrivait encore – temps où, pour le coup, seuls les pervers et les gauchers (qui constituent deux espèces différentes) utilisaient l’écriture scripte pour se faire mieux comprendre de leurs lecteurs. Les typographies présentées oscillent entre « élégance et excentricité », caractéristiques qu’on attribuera essentiellement aux polices anglo-saxonnes, même si l’ouvrage fait la part belle aux contributions françaises et italiennes, mais aussi allemandes et nord-américaines (ce qui semblera pour ces dernières à la limite de la faute de goût). Ces polices fleurent bon les cahiers d’écolier, les publicités pour le Banania, pour le beurre centrifuge, Line Renaud (mais oui) et le quinquina. Les centaines de magnifiques reproductions proposées, pour un prix somme tout modique, font de l’ouvrage un must résolument vintage, en attendant (sans trop d’illusions) que les susdites liseuses puissent nous proposer en « plug-in » des typographies aussi inventives, aussi poétiques, aussi luxuriantes.

Yves Desrichard