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Chris Oliver

Introducing RDA : A Guide to the Basics

London, Facet Publishing, 2010, 117 p., 28 cm
ISBN 978-1-85604-732-6 : £ 29,95

par Thierry Clavel

Après la République démocratique allemande…

RDA, en français « Ressources : description et accès », est le tout nouveau code  1 de catalogage anglo-américain qui succède à la 2e édition des Anglo-American Cataloguing Rules (AACR) eux-mêmes fondés sur l’ISBD  2.

Introducing RDA : A Guide to the Basics est le premier livre publié sur ce sujet.

L’auteure, Chris Oliver, a été catalogueuse pendant vingt ans. Elle est actuellement coordinatrice du catalogue à l’université McGill à Montréal. Membre du « Joint Steering Committee For Development of RDA » (JSC), présidente du Comité canadien de catalogage, elle a activement participé à la création de ce code.

Dès les premières lignes, on comprend que le code RDA s’inspire et met en œuvre les modèles Functional Requirements for Bibliographic Records (FRBR) et Functional Requirements for Authority Data (FRAD). Un chapitre entier leur est consacré. Très bien fait, il peut suffire au non-initié pour appréhender ces deux modèles.

L’information bibliographique orientée usagers

Chris Oliver synthétise habilement le copieux chapitre 0 du code RDA pour en faire ressortir sa substance : une approche de l’information bibliographique qui se veut orientée vers les besoins de l’usager des catalogues de bibliothèque, un code fait pour l’environnement numérique et le web, avec l’ambition d’être utilisé par d’autres communautés : archives et musées notamment.

Tout au long de ce guide, il est fait abondamment référence au texte du code RDA pour justifier ici sa vocation internationale, là son intégration au contexte normatif mondial : nouveaux principes de catalogage de l’Ifla  3, ISBD, Marc 21 sont régulièrement cités, mais aussi Dublin Core et Onix avec lesquels des passerelles sont réalisées et intégrées au code. Pas un mot cependant d’Unimarc. Mais qui s’est jamais soucié d’Unimarc dans le monde anglo-saxon ?

L’angoisse du catalogueur…

Soucieuse de faciliter la compréhension du lecteur, Chris Oliver montre par l’exemple les similitudes et différences entre FRBR, RDA et AACR. Elle propose ainsi une version simplifiée du modèle FRAD et un exemple de notice bibliographique en Marc avec, en regard, les entités et relations FRBR correspondantes.

Après un rapide historique du projet dans le contexte des AACR, l’auteure présente la structure du code et ses principales innovations. Le fidèle lecteur des normes françaises de catalogage, toutes organisées autour des huit zones du célèbre pavé ISBD, y découvrira avec angoisse que la structure du code, composée de 10 sections dédiées aux attributs et aux relations des entités FRBR et FRAD est totalement différente de ce qu’il connaît.

À l’aide d’extraits et de copies d’écran du RDA Toolkit 4, Chris Oliver présente notamment les objectifs fonctionnels, tous centrés sur l’usager, et s’attarde longuement sur quelques différences majeures avec les AACR ou l’ISBD. Sept pages sont ainsi consacrées aux éléments « Content Type », « Media Type » et « Carrier Type » qui remplacent avantageusement l’indication générale du type de document dont « [Texte imprimé] » ou « [Images animées] » sont des exemples connus en France.

… et les objectifs ambitieux du code RDA

Pour Chris Oliver, ce code RDA est un jeu de métadonnées (Metadata Element Set) fait d’éléments, d’attributs et de relations qui, à l’image du Dublin Core, distingue les éléments de base, les « Core Elements », que l’on pourrait qualifier de « notice minimale », et les éléments additionnels que le catalogueur peut choisir si nécessaire. Elle met en avant la souplesse du code RDA qui, par exemple, n’attribue pas de caractère obligatoire ou optionnel aux éléments, ou encore vante l’importance des relations entre éléments.

Une bonne partie du livre est consacrée à l’implémentation de RDA, louant, un peu trop peut-être, les mérites du RDA Toolkit et de ses fonctionnalités, toutes destinées à aider le pauvre catalogueur à s’y retrouver : diagrammes pour les entités et leurs relations, tables de correspondance avec Marc 21 ou MODS  5 et « workflows » personnalisables, afin, par exemple, de décrire un type de document particulier.

On peut toutefois regretter que les trois scénarios d’implémentation  6 prévus par le JSC ne soient pas du tout abordés ici.

Dans sa conclusion, Chris Oliver rappelle les objectifs ambitieux de RDA : répondre aux besoins des usagers, maîtriser les coûts, être flexible et assurer la continuité des catalogues. En cela, les avantages qu’elle accorde à RDA sont nombreux, tant pour les usagers que pour les bibliothèques. Les possibilités de liens entre entités, l’ouverture vers d’autres schémas de métadonnées comme Onix, constituent, c’est certain, une amélioration sensible pour l’usager.

Chris Oliver ne trouve que des avantages à RDA – le contraire serait étonnant –, et elle nous affirme que RDA va simplifier la tâche des catalogueurs. Nous pouvons raisonnablement en douter.

Un guide pratique

Introducing RDA n’est donc pas une réflexion ou une critique de RDA ou FRBR. Écrit par une convaincue, c’est un guide pratique destiné à faciliter l’apprentissage de RDA et de son outil en ligne, le RDA Toolkit, qui explique simplement et, disons-le, plutôt bien, les choses. Avec pédagogie, Chris Oliver a atteint l’objectif qu’elle a fixé à ce livre : décrire les caractéristiques de base de RDA pour en faciliter l’implémentation et l’utilisation.

À l’heure où la France songe très sérieusement à adopter le code RDA en remplacement des normes Afnor de catalogage, ce livre est une bonne première lecture sur le sujet. Il y en aura certainement d’autres.

  1.  (retour)↑   Notons au passage que, pour désigner RDA, les puristes francophones ne parlent pas de « norme » de catalogage, terme réservé aux organismes officiels de normalisation comme Afnor ou ISO, mais de « code », au sens de « code de la route » ou « code du travail ».
  2.  (retour)↑   International Standard Bibliographic Description.
  3.  (retour)↑   International Federation of Library Associations and Institutions.
  4.  (retour)↑  « RDA Toolkit » est une base de données en ligne, gérée par l’American Library Association, la Canadian Library Association, et Cilip (Chartered Institute of Library and Information Professionals), accessible sur abonnement depuis juillet 2010. Il s’agit pour l’instant du seul mode d’accès au code RDA, aucune version imprimée n’ayant été publiée à ce jour. http://rdatoolkit.org
  5.  (retour)↑   Metadata Object Description Schema, schéma de métadonnées inspiré de Marc 21 et maintenu par la Bibliothèque du Congrès.
  6.  (retour)↑   Trois scénarios d’implémentation de RDA dans les catalogues ont été prévus par le JSC. http://www.rda-jsc.org/docs/5editor2.pdf