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Arts et métiers du livre

La Bibliothèque de Riom, écrin de la création contemporaine
N° 279 – Juillet/août 2010
ISSN 0758413X : 8,50 €

Arts et métiers du livre a consacré son numéro de juillet-août 2010 à la bibliophilie contemporaine, avec un dossier relatif à la Bibliothèque communautaire de Riom (Puy de Dôme). Nous avons déjà eu, ici même (http://bbf.enssib.fr), l’occasion de dire tout le bien que nous pensons des 3R (Riom, Reliures, Rencontres).

Il est toutefois bon de rappeler l’histoire de ces rencontres, nées de la volonté de la bibliothécaire de s’appuyer sur le fonds ancien de la bibliothèque pour s’orienter résolument vers la création contemporaine, en commandant des reliures ; elle a tout naturellement constitué un fonds de poésie (Cheyne éditeur, dont on a fêté les 30 ans au Sénat, en juillet dernier, n’est qu’à deux heures et demie de voiture, en passant par Dunières et Tence), et a acquis un certain nombre d’ouvrages d’Yves Peyré. Ce dernier, à l’occasion d’un long entretien publié dans cette même revue, rend compte de l’importance de la rencontre entre la bibliothécaire et ses propres textes ; le rôle de complice et parfois de passeur qu’il a pu tenir pour obtenir de ses ami(e)s relieurs des commandes que nul n’aurait pu atteindre : c’est ainsi qu’on peut voir des œuvres de Carmencho Arregui, Sün Evrard, dans cette ville de 18 000 âmes, orner, accompagner Le lointain foyer du jour, avec une gravure de Tal Coat, ou Matière d’une transparence, typographié par François Da Ros. C’est un bien beau dossier que ce dossier, qui prouve que la forte présence de bibliothécaires convaincues, munies de leur seule force de conviction, d’élus éclairés (nous pensons tout particulièrement à Jean Ehrard, ancien maire, spécialiste du XVIIIe siècle) peut entraîner de belles aventures. Le fonds de reliure contemporaine aujourd’hui disponible et visible à la bibliothèque de Riom est sans doute unique : éclectisme, curiosité, exigence intellectuelle ont guidé les choix. On y retrouve, outre les artistes ci-dessus cités, Annie Boige, Annie Bascoul pour qui nous confessons un certain faible, dont on a pu voir récemment des œuvres au musée des Tissus de Lyon, ainsi qu’un texte de Pascal Riou, « en témoignage », confié à plusieurs relieurs : Anne Bossenbroeck Bouchard, Florent Rousseau, Jacky Vignon… Le fait que la Drac Auvergne ait accompagné ce travail à la croisée du contemporain et du patrimoine ne nous est pas totalement indifférent.

Thierry Ermakoff