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Annexe 2 : évaluer la recherche à la BnF

Olivier Jacquot

Dans le contrat de performance, les activités de recherche  1 ne sont traduites que par deux indicateurs : l’évolution du nombre de chercheurs invités et associés et celle du nombre de bourses attribuées à des chercheurs. Mais d’autres indicateurs, déjà existants ou à développer, viennent rendre compte de manière plus large des résultats de cette activité en dehors du contrat :

  • le nombre annuel de programmes de recherche menés à terme ;
  • le nombre annuel de publications scientifiques ;
  • le nombre de projets évalués par an par des comités spécifiques ;
  • le nombre de conventions de recherche signées avec des partenaires ;
  • le montant des financements extérieurs des programmes de recherche ;
  • l’attractivité pour les doctorants.

Pour renseigner certains de ces indicateurs, des procédures d’évaluation sont mises en œuvre, qui permettent ainsi d’appréhender de manière plus qualitative les résultats et d’éclairer les valeurs. Les méthodes d’évaluation mises en place à la BnF relèvent du pragmatisme plutôt que d’une stricte application de la méthode de mesure des activités scientifiques telle que proposée par le Manuel d’Oslo ou le Manuel de Frascati de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) 2.

Dans le cadre du Plan triennal de la recherche de la BnF, une évaluation des projets de recherche est faite en amont de leur financement puis après leur réalisation : elle résulte d’une décision du Conseil scientifique de 2003, complétée par une décision du Comité de la recherche en 2005 de mettre en place une procédure systématique d’évaluation des programmes de recherche, sur la base de rapports annuels ayant une dimension plus qualitative que financière.

En amont, les procédures courantes des instances de financement de la recherche sont appliquées : lancement d’un « appel à projets » avec un formulaire de soumission puis dépouillement et évaluation des projets au filtre d’une grille comprenant une série de critères permettant d’apprécier l’éligibilité, la scientificité, la faisabilité, le rayonnement ou les retombées du projet proposé.

En cours de réalisation et à la fin des projets, des commissions d’évaluation sont créées. Elles sont composées, pour chacun des programmes, du directeur de département de la BnF concerné, du responsable du programme, du directeur des collections et de la délégation à la stratégie et à la recherche, ainsi que d’une personnalité extérieure à la BnF, dont la présence, en tant qu’expert et pair dans la discipline ou la thématique du projet, est une garantie de la qualité du processus d’évaluation. L’évaluation annuelle conduite par ces commissions va porter sur les résultats obtenus (catalogues de collections, répertoires bibliographiques, inventaires, guides de recherche, travaux de laboratoires scientifiques, recherche appliquée, etc.). Les investissements réalisés sont également mesurés (les intrants ou inputs) en plus des extrants (outputs), tels que les publications résultant des programmes de recherche, mais ils servent davantage à évaluer l’efficience de la recherche menée que sa qualité, plus difficilement mesurable.

L’évaluation de la recherche conduite à la BnF est à considérer comme un outil de valorisation, un instrument de connaissance et de rayonnement. En appréhendant mieux les résultats de la recherche, leur volume et ampleur, meilleure pourra être la diffusion des résultats auprès de la communauté des chercheurs.