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Paysages des campus : urbanisme, architecture et patrimoine

Sous la direction de Philippe Poirrier
Dijon, éditions universitaires de Dijon, 2009, 187 p., 23 cm
ISBN 978-2-915611-28-1 : 20 €

Les textes qui composent cet ouvrage consacré à l’architecture des campus ont été rassemblés par Philippe Poirrier, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne, à l’occasion du 50e anniversaire du campus Montmuzard. Une première partie porte sur des universités étrangères, britanniques, américaines et suisses, ainsi que sur l’histoire architecturale de différents campus français, dont ceux des villes nouvelles. La seconde partie traite du campus de Montmuzard à Dijon. Les auteurs – architectes, universitaires et conservateurs de bibliothèques – ont presque tous été plus ou moins directement impliqués dans des projets d’aménagement ou de construction de sites universitaires.

L’ensemble forme un tout un peu hétéroclite, avec des textes de qualité et d’autres de moindre intérêt.

On soulignera l’attention portée par plusieurs contributeurs à l’insertion des campus dans un projet culturel et le souci de certains d’entre eux de mettre en valeur la dimension culturelle de l’Université. Cette préoccupation est assez peu répandue en France et ce sont donc les articles qui abordent cet aspect qui nous ont semblé les plus intéressants.

Il faut dire que l’université de Bourgogne semble concernée par cette question puisque, dès l’origine, elle a été conseillée par un peintre écrivain qui travaillait avec une équipe d’architectes bâlois (voir le texte de Claude Patriat, « L’université mise en forme, l’essai du campus Montmuzard »), et que l’histoire de son « 1 % art plastique », qui a pris la forme d’œuvres monumentales réparties sur le campus, a apparemment été particulièrement mouvementée (voir l’entretien de Philippe Poirrier avec Serge Lemoine, architecte, « Le “1 % art plastique” sur le campus de Dijon »). Cet intérêt pour la culture perdure malgré toutes les difficultés rencontrées (projet d’aménagement de départ très vite dévoyé, œuvres du 1 % mal conservées), en témoigne la résidence sur le campus, tout au long d’une année universitaire, d’une compagnie de danse contemporaine qui s’est approprié les espaces extérieurs (voir le texte de Stéphane Lemoine et Fabrice Guillot, « Danse sur les murs du campus, de l’invisible au visible »).

Parmi les articles présentant des universités étrangères, on attirera l’attention, d’une part sur le texte de Jean Patrick Duchesne qui évoque le campus de Liège et son musée en plein air ouvert à la population, et d’autre part sur l’encadré rédigé par Philippe Poirrier qui explique en quoi le campus se situe au cœur du système culturel américain. Enfin, nous évoquerons l’expérience atypique de l’université d’Avignon qui s’est interrogée, dans le cadre d’un projet à la fois pédagogique, culturel et promotionnel, sur la notion de film de campus.

Pour terminer, précisons que les bibliothèques n’ont pas été oubliées : elles sont représentées par un article d’Anne-Marie Chaintreau (« Bibliothèques universitaires, des ambitions et des attentes »), déjà publié en 2007 dans le BBF, complété par cinq encadrés qui présentent les bâtiments des bibliothèques universitaires d’Orléans, de Besançon, d’Angers, du Mans et de Saint-Quentin-en-Yvelines.

Laurence Tarin