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CALIS Sud

L’accès libre comme tremplin pour la culture de l’information en Afrique francophone

Joëlle Angeloz

Carole Bessero

À l’heure de la société de l’information  1, le savoir peut s’acquérir partout à tout moment et les enjeux des compétences informationnelles deviennent prépondérants. CALIS (Computer-Assisted Learning for Information Searching)  2 est une formation documentaire à la recherche et à l’utilisation de l’information scientifique dans un cadre universitaire. Dispensé sous forme d’un didacticiel en ligne, CALIS peut être adapté à toute discipline et intégré à une plateforme d’enseignement à distance.

Le mouvement de l’accès libre  3 ainsi que l’avènement des archives ouvertes constituent des initiatives intéressantes pour les pays du Sud. Si les bibliothèques universitaires d’Afrique manquent cruellement de livres  4, elles peuvent désormais accéder à des ressources primordiales pour les chercheurs et les étudiants. L’identification et la localisation de ces sources d’information restent toutefois problématiques. L’adaptation du didacticiel CALIS au contexte africain vise tout à la fois l’acquisition de compétences informationnelles pour les universitaires et la valorisation de ces contenus. CALIS peut alors être considéré comme un véritable passeport pour la culture de l’information  5.

Histoire et contexte

CALIS a été développé dans le cadre du Campus virtuel suisse  6, programme national suisse de soutien à l’introduction des TIC (technologies de l’information et de la communication)  7 dans l’enseignement supérieur. Ce CALIS d’origine, développé par la HEG-id (Haute École de gestion, filière Information documentaire de Genève)  8 et différents partenaires  9, recensait des ressources en économie et en dentisterie. Conçu comme une méthodologie de recherche documentaire, sa structure souple a permis des adaptations successives à différentes disciplines (figure 1).

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Figure 1. Du CALIS original au CALIS Sud

Dès 2005, une première déclinaison de CALIS fut réalisée par la bibliothèque des sciences économiques et sociales (BSES) pour l’élargir aux matières enseignées au sein de sa faculté. Il fut intégré l’année suivante dans le programme de formation documentaire dispensé par la bibliothèque  10. CALIS SES  11 est aujourd’hui obligatoire pour tout étudiant qui suit un baccalauréat universitaire (Bachelor) en sciences économiques et sociales à l’université de Genève.

Suite à cette expérience, CALIS est devenu, en 2009, un projet institutionnel porté par l’université de Genève. Plusieurs bibliothèques facultaires ont commencé l’adaptation de CALIS à leurs domaines d’enseignement.

Parallèlement, en 2004, la version d’origine avait été intégrée au programme CoseLearn (Coopération suisse en matière de e-learning), dont l’objectif était la formation d’experts en e-learning en Afrique francophone  12. Cette première collaboration entre la HEG-id et les pays du Sud a conduit la BSES à développer, depuis 2008, une version baptisée CALIS Sud, destinée aux universités d’Afrique francophone.

La spécificité de CALIS Sud est de recenser des ressources :

  • généralistes ;
  • en économie ;
  • relatives à l’Afrique francophone ;
  • libres d’accès ;
  • conformes aux cinq catégories définies dans CALIS : catalogues, bibliographies, ressources factuelles, moteurs de recherche, répertoires de liens.

Issu de CALIS SES, CALIS Sud en a hérité la structure (figure 2).

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Figure 2. Structure et composition des leçons de CALIS Sud

Le cœur de CALIS est constitué des ressources appelées « Essentiels ». Le concept des Essentiels est de faire connaître ces sources d’information indispensables et de les présenter par domaine d’étude afin de faciliter la recherche documentaire. Les Essentiels font l’objet de descriptions détaillées valorisant leur contenu : domaines couverts, types de publications, dates de couverture, etc.

S’appuyant sur ces Essentiels, le scénario pédagogique de CALIS suit un apprentissage progressif menant de l’acquisition de notions théoriques illustrées par des démonstrations à l’auto-évaluation des acquis par des exercices. Pour intégrer cette formation dans un enseignement e-learning et ajouter une dimension interactive par le biais de forums, la BSES a installé CALIS sur la plateforme d’enseignement Moodle  13.

Le principe de réalité comme fil conducteur

Définition de trois axes de travail

Pour nous familiariser avec le contexte dans lequel s’inscrivait le projet, nous avons commencé par dresser un état des lieux de la formation à distance en Afrique francophone. Il s’est avéré difficile d’en dégager une synthèse, étant confrontées tantôt à des approches généralistes  14, tantôt à de volumineuses études de cas au détriment d’une vision d’ensemble. Une étude sortait du lot et proposait le terme de « saupoudrage  15 » pour caractériser la situation de la formation à distance en Afrique sub-saharienne. Ce concept met en évidence l’inadéquation entre des solutions importées d’Europe et les besoins africains, ainsi que l’absence d’une volonté politique forte. Il permet d’expliquer que de nombreux projets tombent rapidement en déshérence.

Les difficultés recensées au fil de nos lectures signalaient les écueils à éviter. En les regroupant en trois pôles, définissant autant d’enjeux pour CALIS Sud, il semblait plus facile de dégager des solutions (voir tableau).

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Tableau

Nous avons axé nos efforts sur le développement du didacticiel, nous concentrant sur les besoins informationnels et la recherche d’une technologie appropriée. En effet, les ressources étant le matériau transversal de la formation, il fallait commencer par identifier les Essentiels pour CALIS Sud afin de pouvoir illustrer la théorie avec des exemples, élaborer des démonstrations et créer des exercices. Dans le même temps, nous avons été confrontées à des choix informatiques, pour lesquels nous avons au fur et à mesure procédé aux ajustements nécessaires, sachant que notre objectif à long terme a toujours été de passer le relais à nos collègues africains afin de faciliter une prise en main locale.

Au plus proche des besoins

Pour cerner les besoins informationnels des usagers, nous avons réuni six personnes ayant étudié les sciences économiques en Afrique francophone afin de constituer un « focus group ». Cinq pays étaient représentés : Bénin, Cameroun, Côte-d’Ivoire, Mali et Sénégal. Les réalités évoquées, tant au niveau du cursus que des conditions d’accès à l’information, sont similaires. Cette rencontre nous a confortées à la fois dans la thématique  16 choisie et dans le fait que la plus grande difficulté rencontrée est l’accès à l’information.

Entre une collection papier obsolète et la quasi-absence de ressources électroniques, les étudiants se trouvent cantonnés aux supports de cours de leurs professeurs. Cela n’est pas pour autant invalidant pour leurs études, car le cursus est plutôt théorique et ils nous ont affirmé avoir peu de travaux personnels à rendre. Lorsque c’est le cas, le système D prévaut. L’information est alors recherchée soit auprès des personnes ressources (professeurs, connaissances, professionnels, etc.), soit auprès de centres externes à l’université ou encore en consultant les travaux de recherche d’anciens étudiants. Ce constat rejoint celui de Dominique Cartellier et Nadine Delcarmine  17 qui mentionnent tout à la fois l’obsolescence des collections, le manque d’abonnements aux ressources électroniques ainsi que l’usage intensif des mémoires. Les auteurs soulignent l’urgence d’exploiter les sources libres d’accès.

D’un point de vue technique, nous souhaitions que les bibliothécaires du Sud puissent modifier facilement et à moindre coût CALIS Sud selon leurs besoins, et que les utilisateurs bénéficient d’un confort de consultation. Or, la technologie utilisée dans CALIS SES était un obstacle. En effet, les Essentiels sont présentés sous forme d’animations Flash  18, la théorie et les ressources sont illustrées par des démonstrations réalisées avec le logiciel ViewletBuilder  19 et s’accompagnent d’exercices d’appropriation créés avec Hot Potatoes  20 et Didapages  21.

Nous avons alors défini trois critères pour l’adoption d’une technologie appropriée : des logiciels gratuits, demandant peu de compétences informatiques et nécessitant peu de bande passante. Malheureusement, ces exigences n’ont pu être que partiellement satisfaites, car nous n’avons pas toujours trouvé d’équivalents et avons donc composé avec différents logiciels. Nous avons remplacé les fichiers Flash des Essentiels par des pages HTML et les démonstrations ViewletBuilder par des présentations PowerPoint  22. Quant aux exercices, nous avons pu garder les programmes d’origine puisqu’ils sont gratuits et demandent peu de connaissances technologiques. Cette solution devrait permettre, à terme, de favoriser la prise en main et la pérennisation du produit.

Par ailleurs, il est apparu nécessaire de mieux cerner le contexte professionnel de nos collègues africains afin de confirmer ou d’infirmer nos choix. Nous avons alors collaboré avec l’université libre de Bruxelles et la bibliothèque d’économie et de gestion qui reçoivent chaque année douze bibliothécaires des pays du Sud pour un stage à l’usage des TIC dans les bibliothèques universitaires  23. Nous leur avons soumis deux sondages, l’un en août 2008, l’autre en mai 2009. Onze pays africains étaient représentés : Algérie, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte-d’Ivoire, Madagascar, Sénégal, Niger, République de Guinée, République démocratique du Congo et Rwanda.

Les réponses reçues nous ont permis de comprendre les grandes disparités de situations entre l’Afrique et la Suisse, et entre pays africains. Le contexte des bibliothèques universitaires africaines se caractérise par :

  • un parc informatique limité ;
  • des connexions réseau peu fiables ;
  • une méconnaissance des ressources électroniques existantes ;
  • une absence de travail en réseau et donc de collaboration entre bibliothèques.

Tous ces éléments rendent l’utilisation des ressources électroniques incertaine, mais n’empêchent pas des initiatives dans différents pays. Certaines bibliothèques disposant de catalogues en ligne et d’accès à quelques ressources électroniques organisent des formations de base destinées aux usagers. Les bibliothécaires mentionnent également des projets existants ou en cours de développement. Une grande soif de ressources ressort des réponses. Ce qui nous confirme que CALIS Sud peut non seulement être un outil de formation de leurs usagers, mais aussi être utile à nos collègues en leur qualité de professionnels de l’information.

Une logique qui s’inverse

Nous avons vite constaté que la nature des Essentiels posait problème lorsqu’il s’est agi d’illustrer les notions théoriques par le biais de démonstrations et d’exercices. En effet, bien que CALIS Sud serve à enseigner une méthodologie, il est difficile de faire l’impasse sur la nature des ressources libres d’accès. Si, dans CALIS SES, les sources d’information débordent pour ainsi dire de documents  24 dans CALIS Sud, elles restent trop souvent silencieuses. La logique de recherche se déplace : si, dans CALIS SES, nous apprenons à nos étudiants à diminuer le bruit dans les résultats grâce aux différentes limitations à disposition, dans CALIS Sud, la démarche enseignée va dans le sens de l’élargissement des requêtes. Ce phénomène est principalement dû aux contenus (peu de documents pertinents pour l’Afrique), mais également aux interfaces qui sont nettement moins performantes que celles des bases de données payantes.

Cette problématique se répercute au niveau des exercices et des démonstrations, où la question dominante a été de savoir s’ils devaient nécessairement mener, non seulement à des résultats, mais également à des documents  25. Nous avons parfois dû orienter nos questions de recherches sur des domaines plus théoriques de l’économie. S’il était difficile, par exemple, de trouver des documents sur la filière économique de la pêche en Casamance, il était en revanche possible d’obtenir des résultats avec une recherche portant sur les fondateurs de la microéconomie. Pour les démonstrations qui font spécifiquement référence aux services offerts par les bibliothèques, comme « Se procurer un livre », nous avons détaillé les différentes options qui pouvaient se présenter à un usager africain (figure 3).

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Figure 3. Diapositive de synthèse de la démonstration « Se procurer un livre »

Telle institution n’aura aujourd’hui qu’un fichier manuel à disposition, mais pourra peut-être demain accéder à internet, donc aux moteurs de recherche et aux ressources de CALIS Sud, et les bibliothécaires pourront, dans tous les cas, prodiguer leurs conseils. Les démonstrations préparent donc déjà les chercheurs à un avenir bibliothéconomique plus riche.

CALIS enseignant non seulement une méthodologie de recherche, mais également une démarche de l’utilisation de l’information, il nous paraissait primordial que démonstrations et exercices portent sur des contenus réels, qu’ils soient adaptés au contexte des Essentiels recensés dans CALIS Sud, et qu’ils proposent des solutions spécifiques à l’Afrique francophone.

Des ressources à classer

La structure de CALIS a soulevé de nombreuses questions lorsqu’il s’est agi de classer les Essentiels dans les catégories existantes. Trois cas de figure se sont présentés :

  • Cas 1 – Dans quelle catégorie faut-il classer une ressource ? Par exemple, les archives ouvertes de type institutionnel sont assimilables à des bases de données de textes complets. Les archives thématiques sont en fait des bases de métadonnées proches de bibliographies recensant des références. Mais que dire d’un outil comme OAIster  26 métamoteur qui opère une recherche fédérée dans de nombreuses archives ouvertes ? Fallait-il le classer sous « bibliographies » ou sous « moteurs de recherche » ?
  • Cas 2 – Comment pallier l’absence de ressources pour une catégorie existante ? Par exemple, la sous-catégorie « presse », qui relève de bibliographies de types spécifiques de documents, semblait impossible à remplir. En effet, dans CALIS, on trouve, dans cette sous-catégorie, des bases de données telles que LexisNexis  27 ou Pressens  28 Malheureusement, nous n’avons recensé rien de tel dans les ressources libres d’accès. Fallait-il élargir le contenu de la sous-catégorie pour y recenser d’autres sources contenant le même type d’information ou renoncer à cette catégorie ?
  • Cas 3 – Que faire avec les ressources hors catégories ? Par exemple, le site du Fonds monétaire international n’entre dans aucune des catégories de CALIS. Il est pourtant riche en publications, statistiques, littérature grise, etc. Une description détaillée peut donc s’avérer précieuse pour deux raisons : faire connaître son contenu et faire gagner du temps de connexion en fournissant une URL pour y accéder directement. Fallait-il s’abstenir de recenser ces sites ou fallait-il créer de nouvelles catégories plus appropriées ?

Dans les délais impartis pour le projet, il n’était pas envisageable de développer une nouvelle typologie. Nous avons donc décidé de coller au plus près des catégories existantes de CALIS, et nous avons défini des lignes de conduite pour chacun des trois cas décrits ci-dessus :

  • Cas 1 – Classer certaines ressources dans deux catégories différentes afin que les utilisateurs les retrouvent en fonction de leurs besoins.
  • Cas 2 – Élargir le contenu de certaines sous-catégories pour y intégrer des sites de types différents, lorsque ceux-ci sont indispensables aux recherches.
  • Cas 3 – Répartir les ressources dans les catégories existantes en fonction du contenu mis en avant dans leur description.

Or, la structure de CALIS ne permet pas de regrouper tous les Essentiels pour offrir un seul point d’accès. Résoudre ce problème nous tenait à cœur afin d’éviter que les étudiants de CALIS Sud soient obligés d’aller rechercher les ressources dans les leçons du didacticiel.

Au-delà des « Essentiels » : la « Boîte à ressources »

Il devint vite évident qu’au-delà des Essentiels, CALIS Sud pouvait offrir un réservoir de ressources sous la forme d’un répertoire de liens. Un tel annuaire semblait également être une belle opportunité d’échange et de mutualisation, qu’étudiants et bibliothécaires pourraient commenter, taguer, compléter et enrichir avec leurs propres matériaux.

Dans un premier temps, deux solutions techniques ont été envisagées pour la mise en place de ce répertoire. D’une part, utiliser un logiciel de gestion de liens tel que celui utilisé par la bibliothèque des sciences humaines et sociales  29 ; d’autre part, développer une base de données ad hoc en PHP/MySQL. L’une et l’autre solutions demandaient cependant un fort investissement en temps et des compétences informatiques pointues. Nous nous sommes ensuite tournées vers le web 2.0, qui paraissait une option intéressante en raison de la simplicité de sa prise en main aussi bien par les bibliothécaires que par les utilisateurs. Nous avons donc réfléchi à la possibilité d’externaliser les ressources sur une plateforme de « social bookmarking ».

L’utilisation du web 2.0  30 doit toutefois être abordée avec prudence. D’une part, parce que nous sommes face à un « digital divide 31 » entre utilisateurs assez important de nos jours : la difficulté pour l’apprenant est augmentée, du fait que l’on mélange l’apprentissage d’un outil avec celui d’un contenu. D’autre part, l’usage du web 2.0 demande des bandes passantes confortables, ce qui est loin d’être le cas partout en Afrique : la technologie serait alors un frein à l’apprentissage.

C’est pourquoi nous avons finalement opté pour une solution pragmatique et utilisé le « glossaire  32 » de la plateforme Moodle. Conçu à la base pour créer des définitions, nous avons détourné son usage pour répertorier nos ressources, les classer et les décrire sous le nom de « Boîte à ressources (BAR) ». Moodle offre la possibilité aux étudiants de créer une entrée dans le glossaire et de l’annoter (figure 4).

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Figure 4. Notice extraite de la Boîte à ressources

Cette option répondait ainsi à notre objectif d’interactivité, mais également à l’attente des bibliothécaires africains, dont certains avaient émis le souhait d’être informés de la mise à disposition de cette collection d’outils. L’un d’entre eux nous écrivait dans le sondage : « Je vous prie de m’informer si l’annuaire électronique est gratuit et de vouloir m’aider à le mettre à la disposition de mes usagers. »

Si les étudiants participent et collaborent activement à la BAR, celle-ci s’enrichira d’entrées constituant ainsi un réservoir de ressources concernant l’Afrique francophone. Il conviendra alors d’étudier avec les partenaires impliqués l’opportunité d’externaliser la BAR sur Delicious  33 (ou tout outil similaire de « social bookmarking »). À terme, CALIS Sud jouerait ainsi un rôle important de partage et de mise à disposition des ressources.

Horizons et perspectives

CALIS Sud a été l’occasion de recenser les points d’accès menant à des documents libres d’accès. Au final, il s’avère que Google est extrêmement performant lorsqu’on a une référence bibliographique donnée. Par contre, les moteurs ne peuvent faire office de point d’entrée thématique, ni servir d’approche par sujet. Sur ce terrain, CALIS Sud vient à point nommé pour toute une génération non seulement d’étudiants, mais également de bibliothécaires africains désireux d’exploiter ces ressources gratuites. Soucieuses d’être au plus près de leur contexte, nous avons suivi ce que nous avons appelé un « principe de réalité », qui devrait être un facteur clé de succès. Ce principe impliquait de s’ajuster à la réalité afin de trouver un équilibre entre les besoins, les ressources à disposition et CALIS.

Trois ouvertures se dessinent au terme de ce travail d’adaptation. Tout d’abord du côté de notre équipe, puisque ce travail a agi comme un révélateur de nouvelles pistes à suivre, tant au niveau de l’interactivité que de notre façon de concevoir les démonstrations. Cette transposition à un nouveau contexte a suscité de nombreuses interrogations méthodologiques et, en retour, enrichi la version destinée à nos étudiants SES. La voie du web 2.0 pourrait être empruntée par CALIS SES pour interagir plus activement avec nos étudiants.

En second lieu, CALIS Sud s’avère être un outil intéressant pour les bibliothécaires africains. Non seulement pour découvrir de nouvelles ressources, mais également pour acquérir de nouvelles compétences qui valoriseront leur savoir. Il semble de plus en plus évident que nos collègues suivront la formation CALIS Sud pour s’approprier le produit avant de l’intégrer et de le faire évoluer dans leurs contextes spécifiques.

Enfin, nous espérons que les étudiants africains puissent, non seulement avoir accès à de nombreuses ressources susceptibles d’enrichir leur formation, mais également être amenés à découvrir des plateformes gratuites leur permettant de publier et partager leur production scientifique. À long terme, la culture de l’information acquise grâce à CALIS Sud pourrait alors être à l’origine d’une véritable circularité de la connaissance (figure 5).

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Figure 5. Circularité de la connaissance

Pour CALIS Sud, la prochaine étape sera le développement d’un réseau de partenaires favorisant tant les échanges Nord-Sud que Sud-Sud, dans l’optique d’assurer la diffusion et la pérennisation du produit.

Novembre 2009