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Guide pratique : la bibliothèque à l’heure du web 2.0

Paris, Archimag, 2008, 53 p., 30 cm
ISSN 1242-1367, no 33 : 46 €

par Katell Gueguen

Un peu comme au cinéma, les têtes d’affiche de ce numéro suffiraient à elles seules à se dire « il faut aller voir ça ». Y figurent en effet des noms qui sonnent familièrement à nos oreilles bibliothéconomiques, parmi lesquels ceux de Jean-Philippe Accart, Emmanuelle Bermès, Daniel Bourrion, Michel Fauchié, Xavier Galaup, Marc Maisonneuve, Silvère Mercier et Michel Piquet  1.

Ce que l’on savait déjà : internet et le développement de l’accès en ligne à l’information et aux documents ces dernières années nous a conduits à repenser nos pratiques. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille nous préparer à la disparition des bibliothèques physiques. Comme le souligne ce guide, il ne s’agit pas « d’opposer bibliothèque matérielle et bibliothèque virtuelle, mais de souligner une complémentarité », les deux dimensions étant en interaction.

Mais là où on est un peu plus démuni, une fois ce constat opéré, c’est sur ce qu’il y a à changer, ce que l’on peut désormais proposer et comment s’y prendre : comment aujourd’hui concevoir l’accès aux documents et plus largement à l’information ? Quelles possibilités ouvrent les nouvelles technologies ? Et qu’y a-t-il derrière le « web 2.0 » et ses outils dits « sociaux » qui concernerait directement les bibliothèques ?

Ce guide pratique d’Archimag s’ouvre par un état de l’art où sont passées en revue quelques évolutions majeures ouvertes par le web 2.0, notamment les nouvelles possibilités pour « tisser des liens renforcés et étendus entre la bibliothèque et l’utilisateur ». Ce qui veut dire non seulement qu’on accueille bien le public en ligne comme on le faisait en présentiel, mais que l’on s’ouvre par ailleurs à l’intervention directe des usagers et à une approche de l’information qui n’est plus figée – la bibliothèque en ligne ne devant pas être conçue comme un simple site vitrine de l’institution. Du site web au véritable portail, plusieurs auteurs reviennent sur les nouveaux services et contenus qu’il est possible de proposer afin, notamment, de rendre la culture plus interactive… avec un mot d’ordre : expérimenter !

Obéissant à son objectif pragmatique, ce guide vous donne ensuite les clés pour concevoir et mettre en œuvre des pratiques « web 2.0 », en insistant sur l’importance de l’accompagnement au changement, et ce aussi bien pour le personnel que pour les usagers.

Qui plus est, le bibliothécaire ne doit pas simplement accompagner le changement, mais véritablement le susciter et l’encourager au moment de la conception des nouvelles fonctionnalités proposées. « L’esprit de la bibliothèque » sera d’autant plus chamboulé, comme le fait remarquer un des auteurs, qu’« il faut laisser une part à la liberté et au hasard, à l’inconnu et à l’erreur, ce qui n’est pas forcément dans la culture des bibliothécaires. La prise de risque devient un élément structurant et assumé du projet ».

Si la technique ne fait pas tout, loin de là, dans le déploiement de ces nouveaux outils sociaux, il est indispensable d’avoir des points de repère dans l’offre des logiciels. Et qui mieux que Marc Maisonneuve  2 pouvait offrir une analyse critique et un panorama des solutions – avec un tableau comparatif des « progiciels métier disponibles sur le marché en 2008 et leur couverture fonctionnelle » ?

Axé sur « l’accès, le service et l’utilisation des technologies », l’approche du web 2.0 proposée par ce guide pratique Archimag se conclut par des retours d’expérience très encourageants.