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Cécil Guitart

Tutoyer le savoir

une économie solidaire de la société de l’information et de la connaissance

préface de Michel Serres.
Grenoble : La Pensée sauvage, 2007. – 206 p. ; 22 cm.
ISBN 978-2-85919-229-7 : 20 €

par Catherine Desbuquois

Introduit par une belle préface de Michel Serres qui écrit « Tout homme sait quelque chose, chacun peut donc enseigner », l’ouvrage de Cécil Guitart est une description critique de la place du savoir dans notre société, de ses modalités de transmission, des difficultés d’y accéder, en même temps qu’une ouverture sur un autre système social, politique, économique.

Les maîtres à penser de l’auteur se rencontrent plutôt du côté de l’éducation populaire (Benigno Cacérès, Joffre Dumazedier…) que des chantres de la nouvelle économie et du libéralisme.

Généreux, utopique (?), Cécil Guitart rêve d’un monde où la dignité humaine ne se mesure pas en euros, où l’éducation pour tous a un sens, où la culture (re)devient un lien social, née de lieux et d’actions où s’expriment les richesses individuelles dans une tolérance partagée bien comprise.

Ambitieux et passionné donc, l’ouvrage présente toutefois les défauts de ses qualités : abordant des sujets aussi complexes que la politique culturelle étatique, le libéralisme économique ou la révolution d’internet, l’exposé est quelquefois panoramique et brouillon dans l’expression. À vouloir embrasser des théories et des philosophies contradictoires, l’ouvrage galope au travers de l’Histoire au risque de noyer le sujet.

Au bout du compte, il demeure des expériences intéressantes – mais font-elles vraiment école ? – comme le SEL (système d’échange local), les actions d’ATD Quart Monde, ou l’Université de tous les savoirs, et une conviction militante. Ouvrage hybride nourri d’une vie dédiée à la médiation culturelle, de belles rencontres et de nombreuses lectures, Tutoyer le savoir constitue une invitation (ou une injonction) à changer la vie. Vaste programme…