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Les collections de presse dans les bibliothèques françaises

Nathalie Bâcle

Ces troisièmes Journées du Patrimoine écrit 2007, organisées par la Direction du livre et de la lecture en partenariat avec Rennes Métropole et la Bibliothèque nationale de France, ont réuni aux Champs libres à Rennes, les 13 et 14 septembre, plus d’une centaine de personnes.

Le thème choisi répondait aux besoins de confronter les points de vue scientifiques et techniques sur ces collections redevenues par la numérisation d’une grande actualité.

Pour une meilleure signalisation des collections de presse

Une première partie a permis de faire le point sur les outils de localisation et de signalisation des collections de presse et leur articulation.

Des plans régionaux de conservation partagée des périodiques, à différents niveaux d’évolution, existent dans 13 régions 1. Leur principal objectif est de répartir, de façon concertée la conservation et l’élimination de périodiques vivants, d’information générale et politique, entre différents établissements d’une même région. Ils sont généralement pilotés par les structures régionales du livre en partenariat, plus ou moins développé, avec les centres régionaux Sudoc-PS (Système universitaire de la documentation - Publications en série). Mais ils sont peu connus, il conviendrait donc que leur audience soit élargie.

Lors d’une récente réunion des centres régionaux avec l’Abes, il a été convenu que l’appartenance d’un titre à un plan de conservation pourra être mentionnée de façon explicite dans le Sudoc-PS, lors de l’affichage public. Il faut maintenant renforcer le partenariat entre les centres et les porteurs des plans de conservation.

La Bipfig, Bibliographie de la presse française politique et d’information générale, recense la presse de chaque département de 1865 à 1944 initialement et, pour les nouveaux volumes, des origines à 1944. Actuellement, il y a 58 volumes parus et 6 sont en préparation. Mais sur les 24 110 titres présents, un peu moins de 50 % ne sont localisés qu’à la BnF, seulement 10 % sont présents dans le Sudoc-PS et 324 n’ont pas de localisation.

Pour améliorer l’accès à cette richesse peu exploitée, la BnF prévoit notamment de proposer une version électronique, d’attribuer des ISSN, et d’organiser la saisie des localisations et des états de collections dans le Sudoc-PS.

Si ces propositions se concrétisent, le Sudoc-PS pourra être le principal outil de signalement des collections de presse. Par contre, ses centres régionaux auront peut-être besoin d’être renforcés.

La numérisation de la presse nationale et régionale

Depuis quatre ou cinq ans, de plus en plus de projets de numérisation de collections de presse sont lancés à un niveau local, départemental ou régional. Les interventions de la deuxième partie ont montré que la dynamique créée par le projet de la BnF et le soutien financier que peut apporter le plan national de numérisation ne sont pas étrangers à ce développement.

Tout en menant son plan de numérisation de 27 quotidiens nationaux 2, la BnF développe des partenariats :

  • avec des titres de presse régionaux comme Ouest-France, La Dépêche du Midi, qui vont permettre à terme la consultation en ligne des éditions rétrospectives de ces journaux. Une expérimentation sur le dépôt et la conservation des fichiers numériques (des articles et des chemins de fer) de ces quotidiens sera menée parallèlement ;
  • avec des structures régionales telles que le Centre régional de lettres de Basse-Normandie et la Cobb, agence de coopération des bibliothèques et centres de documentation en Bretagne, sur le projet Ouest-France. Elles vont numériser, avec le soutien du plan national de numérisation, les éditions secondaires de Ouest-Éclair (l’ancêtre de Ouest-France). Ainsi, les 42 éditions quotidiennes de ce titre seront accessibles en ligne.

Ces exemples montrent tout l’intérêt de s’associer pour mettre en œuvre ces projets souvent lourds et coûteux, comme l’a démontré le témoignage des archives départementales des Yvelines et de la bibliothèque municipale de Versailles qui se sont regroupées pour numériser 27 titres de la Seine-et-Oise et de Versailles.

Une présentation des différentes fonctionnalités proposées sur Gallica ou BN-Opale Plus pour rechercher et visualiser un périodique numérisé a été faite. Pour consulter un fascicule numérisé, on peut y accéder naturellement par le titre, mais aussi par la date, grâce à un calendrier, qui propose une recherche par année, mois et jours. Certains titres de presse étant difficilement lisibles, un outil de zoom est proposé. Il permet aussi de sélectionner une portion de page et de l’importer dans une autre application. L’accès au plein texte est possible mais uniquement en mode lecture pour le moment. Très prochainement, le lecteur devrait bénéficier d’un espace personnel de travail.

Quelles répercussions pour les chercheurs ?

Patrick Eveno, rédacteur en chef de la revue Le Temps des médias, a indiqué que cette numérisation rétrospective de la presse en mode image et en mode texte va faciliter l’appropriation, la contextualisation et la confrontation des contenus.

Avec le mode texte, les journalistes vont pouvoir vérifier plus aisément des faits, des citations… et renouveler les objets des études. Des recherches qui traitent des entreprises de presse et du contenu de leur presse, peu développées actuellement, pourront être menées. Par exemple, pour Le Figaro qui n’a pas d’archives et pour lequel on pourra retrouver des informations au sein du journal.

Avec le mode image qui restitue intégralement la mise en page du journal, il sera plus facile d’étudier l’évolution des maquettes, la typographie, la présentation des unes…

Pour aider les chercheurs, la BnF est en train de finaliser la rédaction du guide des sources de l’histoire de la presse. Il concernera la presse d’information générale et politique, la presse partisane et syndicale, des origines à nos jours, publiée en France métropolitaine et dans les anciens protectorats français.