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Biblioteche oggi

mensile di informazione aggiornamento dibattito, année 2006

Milan : Editrice Bibliografica. – 27 cm.
ISSN 0392-8586
Abonnement (10 numéros par an) : 85 € (122 € pour l’étranger)

par Philippe Marcerou

www.bibliotecheoggi.it

Comme les années précédentes, en 2006, la revue italienne de bibliothéconomie Biblioteche oggi a accordé une place importante à la documentation numérique, au management de la connaissance et aux services aux publics. À l’inverse, l’acquisition et le traitement des collections – tout particulièrement les collections sur support papier – ont cessé d’être au centre des problématiques.

Management, organisation

Les objectifs et, par voie de conséquence, l’organisation des bibliothèques italiennes évoluent progressivement. Dans une vaste synthèse, Giuseppe Vitiello pose les caractéristiques de la bibliothéconomie italienne contemporaine (« La bibliothéconomie italienne, unique et plurielle : en marge de la publication de Bibliothèques et sociétés de Paolo Traniello », octobre 2006). Il montre, en prenant appui sur les travaux de Paolo Traniello, que les bibliothécaires italiens sont aujourd’hui animés de plusieurs intentions concurrentes, complémentaires et concomitantes et qu’ils doivent tenir compte des évolutions sociétales, normatives, technologiques et institutionnelles. Il compare la situation de la bibliothéconomie italienne à celle de la bibliothéconomie allemande, française ou américaine pour montrer que c’est l’ensemble des bibliothéconomies occidentales qui doit s’inscrire dans un environnement complexe. Selon Brunella Longo (« Le solstice de l’innovation en bibliothèque », octobre 2006), les bibliothèques sont aujourd’hui à la croisée de plusieurs chemins et connaissent des difficultés parce qu’elles sont prises entre un attachement au papier et un souhait d’aller vers le numérique : ceci fait dire à Carlo Revelli que c’est « L’image de la bibliothèque » (octobre 2006) qui est en jeu.

Les changements qu’ont connus les bibliothèques italiennes au cours des dernières années et la variété des objectifs qui leur sont à présent assignés par leurs autorités de tutelle expliquent que « La gestion des ressources humaines dans les bibliothèques publiques » (Nerio Agostini, septembre 2006) occupe une place importante. Traditionnellement riches en fonds documentaires et pauvres en personnel, les bibliothèques italiennes semblent progressivement combler ce retard et se lancer dans des démarches d’évaluation de la qualité et de la productivité : l’auteur montre que la bibliothéconomie reposant sur une série d’aptitudes et de techniques constituant un métier, la formation initiale et continue est essentielle pour optimiser la gestion des ressources humaines.

Notons enfin que, dans « Coopérer ? Dans quel but ? », Carlo Revelli (avril 2006) s’interroge sur le résultat des politiques nationales de coopération et de coordination entre bibliothèques, tant en Italie que dans d’autres pays.

Livre ancien, collections, catalogage

Les questions liées aux fonds anciens des bibliothèques sont peu présentes cette année dans Biblioteche oggi. On remarque cependant l’annonce de l’achèvement du recensement des manuscrits médiévaux de Lombardie (Giliola Barbero, juin 2006). Le numéro de décembre 2006 revient sur « Les inondations de Florence : 40 ans après ». En décembre 1966, la crue de l’Arno ayant endommagé un nombre considérable de documents de la Bibliothèque nationale, celle-ci s’était, indirectement, transformée en laboratoire : à bien des égards, les mesures prises alors dans l’urgence ont fondé la réflexion sur la conservation préventive et curative en Italie, certaines techniques et procédures alors utilisées – voire inventées – ayant permis de sauver des documents quand d’autres se révélaient plutôt néfastes.

On remarque cette année un très petit nombre d’articles sur les acquisitions documentaires et les collections sous forme papier. Au contraire, la documentation électronique est abondamment traitée. On peut signaler tout particulièrement deux articles sur les e-books: « Les e-books entrent à la bibliothèque » (Barbara Fiorentini, décembre 2006) et « Les e-books en bibliothèques universitaires » (Stefania Manni, Susanna Zattarin, décembre 2006). Tommaso Giordano (« Les collections n’habitent-elles plus ici ? », mars 2006) traite de la dématérialisation des collections ; il montre qu’il faut y voir une continuité avec à la fois les plans de conservation partagée et les programmes de construction de structures centrales chargées de conserver les documents sous forme papier qui ont été créées dans la plupart des pays occidentaux dans les années 1980 et 1990. La diversité des moyens de copie entraîne une double réflexion sur les modifications apportées au droit de copie (Michele Lucianer, « Photocopie, numérisation et droits d’auteurs », décembre 2006) et sur les techniques d’édition électronique (« Le workflow des ressources électroniques distantes », Maria Cassella et Paola Gargiulo, juillet-août 2006).

En 2006, les questions d’indexation et de catalogage n’ont pas fait partie des thématiques prioritaires de Biblioteche oggi. Tout au plus compte-t-on deux articles sur ces sujets : un, général, « Des classifications, et pas seulement la Dewey » (Carlo Revelli, juin 2006), et un autre, spécifique, « Un thésaurus bilingue pour la biomédecine » (Maurella Della Seta, novembre 2006).

Internet, accès, services

Carlo Revelli montre que, partout en Occident, émergent « Des bibliothèques nouvelles à l’ère de l’électronique » (novembre 2006) : il cite en exemple la création récente de bibliothèques où l’électronique a une place importante (Bibliothèque nationale de France, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, etc.), ce qui a profondément marqué leur organisation et singulièrement modifié le rapport entre les bibliothécaires et les publics. Dans « La bibliothèque universitaire tout électronique », Norman D. Stevens et Rossana Morriello (octobre 2006) prévoient que, dans certaines disciplines universitaires, une bibliothèque entièrement électronique sera bientôt envisageable, y compris pour les premiers niveaux universitaires.

On retrouve cette année dans Biblioteche oggi de nombreux articles traitant des services aux publics. Les bibliothèques doivent globalement rechercher l’amélioration de la qualité des services, ce qui suppose d’analyser finement les demandes des usagers. On postule, tantôt qu’ils sont inclus dans le mouvement général du « Lifelong e-learning » (compte rendu de colloque par Paola Capitani, avril 2006), tantôt qu’une assistance leur est nécessaire (« Le portail internet culturel expliqué aux usagers », Fabio Metitieri, décembre 2006). Annamaria Roverselli affirme que « C’est à l’usager d’évaluer les services » (novembre 2006). Les bibliothèques doivent spécialiser, voire personnaliser les services : accueil des personnes âgées et des handicapés en bibliothèque (Carlo Revelli, mars 2006), création de services personnalisés conçus comme des outils globaux de modernisation (« Les services personnalisés en bibliothèque et l’augmentation de la qualité perçue par l’usager », Giovanni Da Domenico, juin 2006). Plus sceptique sur cette tendance axée sur une réponse à une demande, Roberto Ventura s’interroge sur le rapport entre « Satisfaction de l’usager et personnalisation des services » (juillet-août 2006).

Bibliothèques

Le numéro de Biblioteche oggi de mars 2006 est, pour moitié, consacré aux constructions récentes de bibliothèques en Italie. Ce numéro traite essentiellement des réalisations municipales, mais il est complété par « Architecture des bibliothèques et universités » (compte rendu de colloque, septembre 2006).

« Bibliothèques de Rome et bibliothèques européennes : comparaison de données » (Filippo Lobina, avril 2006) donne un état précis du réseau des bibliothèques romaines et compare les statistiques avec celles des bibliothèques d’autres grandes villes européennes. « Bibliothèques spécialisées et réseaux locaux » (Giorgio Bertola, Tommaso Garosci, juin 2006) pose la question de la coopération, souvent problématique, entre des bibliothèques spécialisées d’ampleur nationale et des bibliothèques inscrites dans un territoire nécessairement limité. Enfin, citons l’article d’Amadeo Benedetti qui décrit la « Bibliothèque et documentation théâtrale de Burcardo » (novembre 2006).

L’observatoire international des bibliothèques est une rubrique ancienne, riche et documentée, animée par Carlo Revelli. Signalons notamment une étude sur « Le système de lecture publique de Catalogne » (Glória Pérez-Salmerón, juin 2006), un regard sur « La Bibliothèque nationale de Corée du Nord » (Serena Marchionni, juillet-août 2006) et une analyse sur les statistiques au Portugal, au Brésil et en Italie (Marina Zappa, juillet-août 2006).

Livres pour enfants (Sfoglialibro)

Le supplément consacré aux livres pour enfants de Biblioteche oggi, Sfoglialibro, s’adresse à la fois aux auteurs, aux éditeurs et aux bibliothécaires.

Dans le numéro de juillet 2006, on trouve un article sur « Une bibliothèque pour les enfants du monde : l’International Children’s Digital Library » (Valeria Baudo), un autre sur des « Grands écrivains pour des petits lecteurs : quand les auteurs pour adultes se mesurent aux enfants » (Fulvio Panzeri), un autre encore intitulé « En voyage avec Pinocchio : un projet interculturel entre bibliothèque et école » (Loredana Benvenuti) et enfin « Le manuscrit expliqué aux enfants : une proposition pour l’école et les bibliothèques » (Adriana Paolini).

« Si j’étais le directeur : aux Pays-Bas, la bibliothèque du futur est mise en projet avec les enfants » : dans le numéro de septembre 2006, Ingrid Bon montre comment, à Amsterdam, les enfants ont été associés à la création de la section jeunesse de la bibliothèque et en quoi les attentes qu’ils avaient exprimées se sont traduites dans le projet architectural et bibliothéconomique. On trouve aussi dans ce numéro les articles suivants : « Voyage dans l’histoire du livre : confrontation d’expériences dans un congrès à Padoue » (Marta Pacagnella), « Une leçon particulière : raconter l’histoire du livre devant une pizza et un Coca-Cola ? » (Maria Gioia Tavoni), « Xanadu : une bibliothèque idéale pour les adolescents » (Nicola Galli Laforest) et « La position de subordination de l’Italie dans le marché des traductions de livres pour enfants » (Elena Massi).

Enfin, dans le numéro de décembre 2006, notons « Si la lecture est une fin en soi : plaisir de lire, obligation scolaire et impératifs de consommation » (Paola Zannoner), « Histoires, images, relations : la découverte de la lecture dans les premières années de la vie : idées et projets » (Stafania Beghi), « Grandir avec les mots : force et magie des histoires dans les ateliers de lecture à haute voix » (Giorgia Grandoni) et « Pottermania : le débat sur le phénomène Harry Potter : d’Harold Bloom au pape Benoît XVI » (Anna Bonacina).