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Réunion des directeurs des bibliothèques des établissements d’enseignement supérieur

Annie Le Saux

La réunion annuelle des directeurs des bibliothèques des grands établissements est l’occasion de mettre à jour nos informations sur l’évolution des actions menées ou soutenues par la Sous-direction des bibliothèques et de l’information scientifique et la Direction générale des ressources humaines 1.

Bilan et orientations

Michel Marian, en introduction à ces journées des 22 et 23 janvier, a rappelé les innovations intervenues en 2006, qui prennent en compte les nouveaux besoins et les nouveaux usages des étudiants et des enseignants, que ce soit en matière d’espaces, d’ouverture des bibliothèques 2, de mobilité internationale des étudiants, ou encore de partenariats à développer – avec les enseignants, les services d’information et d’orientation, et aussi des organismes privés.

C’est dans le domaine de la recherche que les mutations ont été les plus sensibles. La place des universités françaises dans le classement de Shangai a accéléré le mouvement de regroupement de leurs compétences et de leur production scientifique. Avec les centres de recherche et d’autres établissements d’enseignement supérieur, les universités s’organisent progressivement en pôles de recherche et d’enseignement supérieur (Pres), afin d’augmenter leur compétitivité au niveau européen et international. Neuf Pres, dont la forme juridique est un EPCS (établissement public de caractère scientifique), étaient reconnus par le ministère de l’Enseignement supérieur en 2006. On peut cependant regretter que, en dépit du rôle important que jouent les ressources documentaires dans la recherche, la place du volet documentaire n’y soit encore que peu affirmée – seuls trois Pres en font mention. Le rattrapage – que préconisait, il y a une vingtaine d’années, le Rapport Miquel – dans le domaine des acquisitions est toujours d’actualité. Les résultats d’une enquête menée par la SDBIS auprès des BU sur les ressources électroniques montrent, sans que ce soit une surprise, que le budget qui leur est consacré par les bibliothèques s’est considérablement développé depuis 2001 – au détriment des acquisitions de périodiques papier, mais pas de celles de livres – (Gaëlla Bru), mais cela ne suffit pas à enrayer le retard certain que les BU françaises accusent par rapport à leurs homologues européennes.

Le bilan des actions menées par la SDBIS en 2006 a montré que la part des contrats d’établissements continue à augmenter par rapport à la dotation normée et devrait constituer, en 2007, 50 % des crédits attribués par la Sous-direction (Alain Colas). Le rôle des Cadist (centres d’acquisition et de diffusion de l’information scientifique et technique) dans la carte documentaire nationale devrait être conforté par la création de nouveaux pôles thématiques et leurs crédits sont désormais calculés dans les contrats quadriennaux (Véronique Schultz). Une nouvelle norme a été publiée fin 2006, le LOMFR NF Z76-040, sur l’indexation des ressources pédagogiques, le LOM (Learning Object Metadata) étant un modèle de métadonnées chargées de décrire, identifier, échanger et partager les ressources pédagogiques. Un guide d’utilisation en ligne est prévu par la SDBIS (Danièle Duclos-Faure).

En 2007, la Sous-direction entend développer sa politique selon cinq axes : adaptation des formations aux métiers ; présence accrue à l’international, chapitre que Frédéric Blin a repris en mentionnant entre autres l’enquête sur les activités des bibliothèques en direction de l’international et le nouveau programme de financement de missions à l’étranger… ; maîtrise des dépenses et responsabilités (recherche de partenariats, notamment avec le CNRS, les laboratoires…) ; meilleure lecture de la performance (indicateurs d’activités et d’efficacité) ; et, enfin, ce qui est sans doute plus aléatoire, paris sur de futures évolutions.

Les archives ouvertes

Les archives ouvertes, sujet fort débattu dans le monde de la recherche, constituent 15 % de la production scientifique 3. Sous l’impulsion de la Commission européenne, qui « recommande l’accès libre et rapide aux résultats de la recherche publique », le projet Driver (Digital Repository Infrastructure Vision for European Research) 4 a pour objectif d’interconnecter toutes les archives ouvertes. En France, le modèle émergent est celui d’une archive nationale de dépôt de la recherche, multidisciplinaire et interétablissements. Un protocole 5 a été signé en 2006 pour deux ans, chargé de développer une plateforme partagée de dépôt, qui devrait prendre en compte la plate-forme Hal, créée par le CNRS 6 -(Danièle Duclos-Faure). Couperin participe activement au développement des archives ouvertes et incite les établissements d’enseignement supérieur à s’y impliquer 7. Ce consortium, dont les statuts doivent évoluer – pourront y adhérer les établissements exerçant des missions de service public d’enseignement supérieur et/ou de recherche –, développe des actions à l’échelle nationale, telle l’étude des usages de la documentation électronique par les différentes communautés scientifiques et à l’échelle européenne, comme une coopération renforcée avec d’autres consortiums (Pierre Carbone, coordonnateur de Couperin).

Deux grands services, l’Abes et l’IGB, assurent des missions transversales. L’Abes a pour rôle de se positionner comme centre d’expertise et de conseil, d’être à l’écoute des établissements, et d’offrir une meilleure visibilité externe 8 (Raymond Bérard). Le champ d’intervention de l’inspection générale des bibliothèques, qui concerne les bibliothèques des universités et des grands établissements, et plus de 3 000 bibliothèques publiques, englobe aussi bien l’évaluation et le contrôle, que la participation à la réflexion prospective sur les bibliothèques et leurs métiers 9 (Daniel Renoult, doyen de l’IGB).

Les personnels : gestion et formation

Dans le cadre du schéma stratégique de gestion des ressources humaines, dans lequel la DGRH du Ministère est engagée avec la Fonction publique, les mesures de déconcentration vont être poursuivies. Concernant le protocole des accords Jacob, signés le 25 janvier 2006, les personnels de catégorie C voient fusionner les 2 corps en un seul comportant 4 grades et un recrutement à 2 niveaux différents 10 ; à l’étude, la fusion des corps d’attachés d’administration centrale et des attachés d’administration scolaire et universitaire.

Furent aussi évoqués les recrutements, les mobilités et la controversée évaluation-notation. Enfin, une clarification du partage des responsabilités entre le rectorat, le Ministère et l’université dans la gestion des personnels, ainsi qu’une harmonisation des opérations de gestion des différentes filières sont attendues.

En ce qui concerne la formation, l’Enssib, à la suite de constats et d’auditions de directeurs de BU et d’élèves ou anciens élèves conservateurs, a décidé de proposer de nouveaux services répondant à deux objectifs directeurs : une exigence de qualité et un rapprochement avec le monde professionnel. Donner un socle de connaissances de base techniques, économiques, juridiques, donner plus de place aux séquences professionnelles (durée du stage professionnalisant allongée à 20 semaines…) et évaluer la formation constituent les grandes lignes des changements attendus dans le domaine de la formation. Dans celui de la formation continue, des stages longs de spécialisation seront de plus en plus proposés (fonds patrimoniaux, bibliothèques jeunesse…) (Anne-Marie Bertrand, Enssib).

Lors d’une table ronde, des bibliothécaires, un enseignant et un représentant des étudiants ont débattu de la formation des usagers, de celle du personnel à l’accueil, des enquêtes régulières auprès du public, de la signalétique et des services documentaires… Problématiques que Fabrice Papy a traduites dans le langage des sciences de l’information et de la documentation par : « Rendre visible et appréhendable par le plus grand nombre la complexité de la macrostructure réticulaire que sont les bibliothèques. »

  1.  (retour)↑  Plusieurs des interventions sont consultables sur le site de la SDBIS : www.sup.adc.education.fr/bib (Nouveautés).
  2.  (retour)↑  L’ouverture, si elle augmente annuellement, plafonne cependant encore à 57 h par semaine.
  3.  (retour)↑  Cf. le répertoire mondial des institutions de recherche et de leur politique en matière d’archives ouvertes : www.sherpa.ac.uk/juliet
  4.  (retour)↑  Voir le site : www.pleiade.nl/wiki
  5.  (retour)↑  Le protocole français comprend un comité stratégique (Costra) et un comité opérationnel (Cost). Les travaux des différents groupes de travail du protocole français sont visibles sur le site : www.revues.org/cost
  6.  (retour)↑  Début 2007, 37 276 documents ont été déposés sur la plateforme Hal, provenant d’organismes de recherche et d’universités dont Rennes-II, Grenoble-I, Saint-Étienne.
  7.  (retour)↑  Couperin, membre du comité stratégique (Costra) des archives ouvertes, a lancé une liste de diffusion les concernant : couperin-ao@cru.fr
  8.  (retour)↑  L’accord non exclusif, pouvant être dénoncé par préavis de 2 mois, que l’Abes a signé avec Google Scholar concernant l’indexation du Sudoc, va dans ce sens.
  9.  (retour)↑  Parmi les missions thématiques menées par l’IGB : en 2006, évaluation des plans départementaux de la lecture ; politique documentaire en sciences de l’ingénieur ; bilan d’application du décret de 1985 (Françoise Lemelle) ; étude sur le monitorat étudiant (Georges Perrin) ; en 2007, évaluation du coût des bibliothèques municipales (Danielle Oppetit) ; patrimoine…
  10.  (retour)↑  Le nouveau statut des magasiniers est paru au JO du 3 mai 2007, décret no 2007-655 du 30 avril 2007.