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Actions et réseaux en région

3e Journée d’étude du comité français du Bouclier bleu (CFBB)

Christine Rome

Organisée par le Centre interrégional de conservation et restauration du patrimoine (CICRP) et la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur (projet européen NOE : Network of Excellence) avec la participation des archives municipales de Marseille, la rencontre du vendredi 24 novembre 2006 portait sur les réseaux et la problématique de la protection du patrimoine face aux risques majeurs et aux catastrophes naturelles.

Marie-Thérèse Varlamoff, vice-présidente du CFBB, rappelle tout d’abord les documents fondateurs que sont la convention de La Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflits armés et ses protocoles d’accompagnement. Elle cite aussi les dysfonctionnements qui ont été mis en évidence à La Haye en septembre, à savoir le manque de communication, de visibilité, de moyens humains et financiers. Elle nous livre ensuite les objectifs majeurs qui ont été définis : sensibilisation des militaires, formation, constitution d’équipes d’intervention d’urgence, développement de réseaux à l’échelon local, régional et national. Elle expose enfin la réorganisation du Bouclier bleu en trois entités – l’ICBS (comité international du Bouclier bleu), l’ANCBS (Association des comités nationaux du Bouclier bleu) et les comités nationaux – et décline leurs attributions respectives.

Midi-Pyrénées

C’est l’organisation de la 2e Journée d’étude du CFBB qui a permis la prise de conscience au niveau de la région Midi-Pyrénées des risques et des problèmes d’urgence, d’après Jocelyne Deschaux, déléguée de la section Grand Sud-Ouest du CFBB, qui attribue à l’adhésion institutionnelle de la ville de Toulouse le début d’actions communes. Elle a en effet permis de mettre en œuvre un programme commun des établissements conservant du patrimoine, dont les objectifs étaient triples :

  • faire le bilan de l’existant pour les interventions d’urgence ;
  • établir une liste des besoins en la matière pour la constitution d’une réserve de matériel ;
  • faire le bilan de l’existant en matière de locaux de repli.

La section Grand Sud-Ouest, créée en juin 2006, comprend à ce jour 36 personnes (représentant 23 établissements et 14 collectivités).

Franche-Comté

Typhaine Le Foll, présidente de la section fédérée de Franche-Comté de l’AGCCPF (Association générale des conservateurs des collections publiques de France), décrit l’intérêt de développer un cycle de réflexions et d’actions sur le thème de la gestion des risques majeurs dans les musées et les sites patrimoniaux. Une première rencontre autour d’exposés d’expériences vécues a permis de rappeler la vigilance constante que nécessite la gestion d’un bâtiment abritant des collections et recevant du public. Une deuxième journée a consisté à présenter les restaurateurs-consultants avec lesquels le développement de ce projet est envisagé. La progression méthodologique de travail en équipe qui a été proposée se résume en trois objectifs à atteindre :

  • sensibilisation des agents des musées aux techniques d’évaluation et d’auto-évaluation, développement d’une culture des risques et de leur évaluation ;
  • planification d’urgence pour les risques mineurs ou les petits sinistres ;
  • prévention des risques et sinistres majeurs.

Roch Payet définit le rôle des conservateurs-restaurateurs. Une journée de préparation sur le site choisi permet au restaurateur consultant de relever les facteurs de risque accessibles à son observation directe et d’interroger les équipes sur leur perception de ces risques. Lors d’une seconde journée, chacun consigne à travers une grille d’analyse commune les risques les plus significatifs et le niveau de sensibilisation des équipes. Cette première phase sert à vérifier la faisabilité d’une évaluation des risques principaux ainsi que l’efficacité de la méthode didactique.

Paca et régions partenaires

Jean-Marc Sotty, directeur général adjoint de la prévention et de la protection à Marseille, traite dans un premier temps de la prévention et de la gestion des risques majeurs dans une grande ville. Après avoir défini le risque selon la formule « risque = aléa (survenance d’un événement) x vulnérabilité des enjeux (personnes, biens, environnement, économie) », il le rapproche d’une échelle de risque allant de la vie normale à la catastrophe. Il démontre alors que les actions possibles sont triples et consistent en la réduction de l’aléa, de l’enjeu et/ou de la vulnérabilité. Après avoir abordé les risques potentiels, il insiste, à travers l’exemple marseillais, sur l’importance de la connaissance de l’aléa sur le territoire et sur celle de la caractérisation du risque. Il aborde ensuite le plan communal de sauvegarde et rappelle qu’il est obligatoire, dans certains cas, qu’il requiert une définition des risques et la mise en place d’une structure en réseau pour y répondre. Pour finir, il propose sept axes de réflexion pragmatiques visant à l’élaboration d’un plan particulier de préservation du patrimoine par établissement.

Dans le cadre des opérations cadres régionales (OCR), l’Union européenne délègue aux régions partenaires la détermination de leurs priorités, des objectifs et des moyens à mettre en œuvre. L’OCR NOE concerne cinq régions partenaires : Paca (France), Molise et Sicile (Italie), Attique (Grèce) et Nord Portugal. La région Paca est chef de file et le Centre de conservation du livre (CLL) est son assistance technique. L’action de NOE dans les régions partenaires consiste à : dynamiser les réseaux locaux, encourager les coopérations pluridisciplinaires, sensibiliser les élus et les autorités régionales, mettre en place des dispositifs de décision et de conservation préventive, former, organiser des réunions transrégionales au niveau des décideurs locaux (villes et régions). NOE comporte douze sous-projets qui cartographient et évaluent les différents risques. Après avoir cité les nombreuses opérations menées en région Paca dans le cadre de NOE, Stéphane Ipert, directeur du CCL (Arles) conclut en soulevant les failles et les forces de ce projet.

Roland May, chef du service de conservation préventive au CICRP (Marseille), livre les résultats d’une enquête menée auprès des ateliers et centres de conservation et de restauration du patrimoine. Il souligne la nécessité de renforcer les liens avec le monde industriel et avec les institutions locales, celle de créer un réseau, d’abriter les œuvres en cas de sinistre et soulève le problème des limites de telles structures, de leur légitimité et celui du financement des actions.

L’après-midi, deux tables rondes ont permis d’aborder la question des moyens techniques et humains ainsi que celle des réseaux locaux.