entête
entête

Sciences en bibliothèque

Collections et mise en valeur

Sylvie Fournioux

La journée d’étude du groupe régional Centre de l’Association des bibliothécaires de France organisée le 4 décembre 2006 à Tours, abordait la mise en valeur des collections de sciences autour de trois axes principaux :

  • une présentation des collections existantes tant pour les enfants que pour les adultes : l’expérience de la Cité des sciences et de l’industrie ;
  • des possibilités de partenariats possibles en région avec la présentation de l’association Centre Sciences ;
  • les particularités de la bibliothèque du Muséum d’histoire naturelle de Paris.

Vulgarisation scientifique : simplification et traduction ?

Deux représentantes de la médiathèque de la Cité des sciences et de l’industrie 1, Marie-Pierre Tallec (pôle -Sciences exactes), et Dominique Fourment (pôle Enfance), sont respectivement intervenues sur les collections pour adultes et pour enfants.

Plus que la présentation de la production existante et des éditeurs présents sur le marché, l’intérêt de leur intervention a été de poser clairement la question : « Où se situe-t-on lorsque l’on parle de sciences en bibliothèque ? »

Un exposé très clair de l’histoire des sciences et de leur diffusion a permis d’aborder des problématiques qui nous occupent encore aujourd’hui. Si en 1852 vulgariser la science signifie « répandre dans le public », quelques années plus tard, en 1867, il s’agit plutôt d’adapter les connaissances pour les rendre accessibles au public. Cette notion depuis longtemps en débat semble très contemporaine.

Aujourd’hui, vulgariser signifie-t-il « simplifier » ? Certainement, si l’on considère la forme de l’ouvrage. Mais le livre peut présenter des difficultés qui mènent la pensée dans un réel cheminement vers la connaissance. La vulgarisation scientifique serait également plus une interprétation qu’une traduction des résultats scientifiques, d’où une véritable écriture du document de vulgarisation qui modifie l’offre. On distingue donc les ouvrages d’apprentissage des ouvrages de culture.

Sciences et techniques : une part pauvre en bibliothèque

Les sciences et les techniques occupent souvent peu de place dans les collections des bibliothèques. Marie-Pierre Tallec articule ce constat autour du manque d’intérêt des bibliothécaires pour ces domaines, relie ce dernier au fait que peu d’entre eux ont une formation scientifique. Elle souligne par ailleurs la part de budget souvent modeste consacrée aux acquisitions et s’interroge sur la diversité de nos lecteurs.

L’expérience de la Cité des sciences et de l’industrie montre qu’il existe un lectorat potentiel pour la science, composé de scientifiques (qui ont d’autres intérêts que leur propre domaine de recherche), d’un public cultivé, d’un grand public sensibilisé et d’amateurs curieux d’explorer de nouvelles disciplines.

Notre travail de bibliothécaire consiste donc à développer nos missions de lecture publique en tenant compte de ce public varié et de ses attentes : sensibiliser autour des thèmes de la santé et de la prévention ; divertir et diffuser une culture ; mettre en valeur les fonds ; socialiser par des débats et des rencontres avec des scientifiques ; participer à l’éducation et à la formation.

D’ailleurs, nombreuses sont aujourd’hui les bibliothèques qui développent des pôles « Information et actualité » intégrant les questions liées à la santé et à la prévention.

Offre ou collection ?

Nous ne sommes plus dans une logique encyclopédique qui consiste à accumuler des ouvrages pour constituer une collection mais dans une démarche qui nous mène à élaborer un fonds en fonction d’un environnement, d’un public tout en tenant compte de la complémentarité des supports existants. Tâche complexe mais passionnante qui doit prendre en compte l’évolution de l’édition scientifique et la modification de l’offre éditoriale des trente dernières années.

Aux bibliothécaires donc, de mêler dans leurs fonds l’édition de haute vulgarisation rédigée par les scientifiques eux-mêmes, les journaux spécialisés, les revues, les ouvrages associant société et sciences ainsi que ceux liés à l’actualité. Par ailleurs, il est possible d’aborder un sujet par le biais de vecteurs comme les biographies, les entretiens. Enfin, ne pas négliger les aspects pratiques en faisant toute leur place aux encyclopédies, ouvrages de références, brochures de sensibilisation et accès aux sites internet.

Mise en valeur et partenariat

Faire vivre les fonds documentaires scientifiques pose souvent question et le partenariat avec des professionnels est essentiel. La présentation de Centre Sciences 2 par Anita Coulon en est la démonstration. Centre régional de promotion de la culture scientifique, technique et industrielle, Centre Sciences a pour mission de faire partager les sciences et les techniques à tous les habitants de la région Centre. Ses missions sont de :

  • faire partager les connaissances qui se créent dans les laboratoires des organismes de recherche, des universités et des industries de la région ;
  • faire connaître les actions des partenaires associatifs et culturels ;
  • mettre la science en débat ;
  • encourager et coordonner des actions de culture scientifique, technique et industrielle ;
  • sensibiliser le jeune public aux sciences.

L’association met donc à disposition de ses adhérents des moyens conséquents tels que la création d’expositions, la coordination et l’animation de manifestations scientifiques, la mise en place de conférences-débats, le conseil et l’assistance pour tout projet de culture scientifique, l’édition de Covalences, une revue trimestrielle.

Pour conclure la journée, la présentation de Christine Bonnefon, de la bibliothèque du Muséum d’histoire naturelle de Paris 3, a mis l’accent sur les collections historiques de cette bibliothèque spécialisée, qui s’adresse avant tout à un public de chercheurs, d’étudiants, d’experts.