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The English Zone

Autoformation dans une bibliothèque universitaire de pharmacie

Pierre Ponsot

Marjorie Sweetko

Comment permettre à des étudiants ayant peu – ou pas – de cours d’anglais de garder un contact avec cette langue, voire d’accroître leur motivation et de préparer des examens comme le TOEIC (Test of English for International Communication) * ? Devant des difficultés d’emploi du temps (disposant d’un demi-poste pour l’enseignement de l’anglais), la faculté de pharmacie de Marseille (2 250 étudiants, université de la Méditerranée – Aix-Marseille-II) a trouvé une solution, qui a consisté à créer The English Zone à la bibliothèque universitaire.

La salle de formation

Dans une petite salle agréable et lumineuse, ouverte en libre accès aux étudiants comme au personnel de l’université, tous les jours de 8 h à 19 h, c’est-à-dire aux heures d’ouverture de la BU, chacun peut travailler à son rythme sur de nombreux sites internet, sélectionnés et répertoriés par le professeur d’anglais selon quatre axes :

– des sites proposant une remise à niveau/par des exercices de grammaire, vocabulaire, prononciation ou compréhension orale, dont certains orientés santé, avec autocorrection ;

– des sites en anglais proposant de la lecture ou de l’écoute, avec script, sur des sujets concernant la santé publique ou l’industrie pharmaceutique : télévisions, radios, organismes réglementaires et gouvernementaux ;

– des sites proposant une aide à la lecture ou à la rédaction d’articles scientifiques ;

– et des sites ayant trait à l’officine dans le monde anglophone : pharmacies en ligne, associations de pharmaciens, conseils pour le public.

Sur les pages d’accueil, l’intérêt de chaque site est décrit, avec son mode d’emploi, indication du genre d’outil disponible (lecture/exercices/audio/vidéo) et évaluation du niveau de difficulté. Les explications sont en anglais, mais une rubrique « Help » offre, pour les plus timorés, quelques tuyaux en français. De plus, une adresse électronique permet de poser une question directement au professeur d’anglais.

Ce programme est développé en étroite collaboration avec le personnel de la BU qui, depuis bientôt trois ans, assure le bon fonctionnement du dispositif, sans surveillance directe d’un personnel linguiste. Pour accéder à la salle, il suffit de s’adresser à la banque de prêt, et de demander un casque audio.

Outre les sites internet, l’autoformation peut se faire sur des bases plus classiques, en consultant des ouvrages – manuels, cédéroms, livres de référence – acquis conjointement par la BU et par le « service d’anglais », tout comme les casques audio et les prises « jacks » (qui permettent à deux personnes d’écouter simultanément sur un ordinateur) et disponibles à la banque de prêt. La liste de ces ouvrages est affichée dans la salle principale de la BU, ainsi qu’à l’intérieur de The English Zone. En complément, le service commun de la documentation propose sur son site un certain nombre de livres électroniques en rapport avec l’anglais.  Ainsi, les étudiants peuvent notamment entre-prendre la préparation d’examens externes d’anglais, comme le TOEIC, guidés par des explications affichées à la banque de prêt et dans la salle de formation.

Méthodes d’apprentissage

1 Les documents disponibles à la banque de prêt :

Documents imprimés

– Manuels de remise à niveau, avec corrections

– Manuels de grammaire avec exercices et corrections

– Manuels de vocabulaire, avec exercices et corrections

– Manuels de préparation au TOEIC, avec exercices et corrections

– Livres de référence : dictionnaires bilingues, grammaires

Documents informatiques

– Cédéroms de remise à niveau, avec exercices et corrections

– Cédéroms de préparation au TOEIC, avec exercices et corrections

2 Les deux premières pages de liens vers des sites internet

Page 1 : exercices et vocabulaire, grammaire, prononciation et compréhension orale.

Objectif : permettre une remise à niveau grammaticale motivante, une extension du vocabulaire de la vie courante, d’aborder certaines règles de base de prononciation, de renforcer la compréhension orale dans des conditions très structurées de soutien, avec exercices, textes et corrections.

Il s’agit de sites sélectionnés pour le sérieux des exercices (toujours avec corrections et souvent ludiques) et pour leur navigabilité. Ils sont appropriés aux jeunes adultes. Certains proposent des tests de niveau (aide à la motivation) ou des explications. Il y a également des dictionnaires en ligne, monolingues et bilingues.

Page 2 : écoute ou lecture en anglais sur des sujets de santé publique/ pharmaceutique

Objectif : pratiquer l’écoute et la lecture en « autonomie », accroître le vocabulaire spécialisé.

Il s’agit de sites :

– de télévisions et radios retransmettant en « streaming » des sujets de santé/médecine, généralement avec script, parfois interactif ;

– d’organismes gouvernementaux de santé dans le monde anglophone, faisant des présentations audio/vidéo avec texte et animations sur des problèmes de santé publique, parfois avec glossaires de termes médicaux/pharmaceutiques ;

– d’organismes industriels ou réglementaires pharmaceutiques, offrant des informations sur la carrière, les structures, les procédures ou les médications en développement ;

– de revues axées santé ou industrie pharmaceutique.

    Tout repose, depuis 2003, sur une communication suivie entre la BU et le professeur d’anglais, ainsi que sur une mise à jour régulière des sites et des affichages. Le webmestre de la faculté a su construire une interface permettant au professeur d’indexer des sites facilement et de manière autonome. Mais le fonctionnement quotidien de The English Zone est assuré par le seul personnel de la bibliothèque, qui a, depuis le début, montré un vif intérêt pour ce projet. Toute l’équipe a participé à une « formation de base » sur le dispositif, lui permettant de l’expliquer et de répondre aux questions des usagers.

    Certes, l’autoformation en langues est une idée encore nouvelle pour beaucoup. Pour encourager les étudiants à s’en servir, des affiches signalent partout dans la faculté la présence de ce dispositif. En dehors des cours d’anglais, le professeur présente également ce service à diverses formations, avec une démonstration pratique. Dans le cadre des cours d’anglais, les étudiants peuvent utiliser The English Zone pour faire des recherches ou des exercices de compréhension orale, s’appuyant sur les sites internet : ils peuvent, par exemple, rendre compte d’un documentaire télévisé ou préparer une présentation orale à partir de « cours » interactifs sur la santé.

    Les étudiants ont souvent du mal à croire qu’un tel service leur soit accessible en libre accès à toute heure d’ouverture de la bibliothèque !

    Qu’en disent-ils ?

    Afin de mieux connaître les utilisateurs de la salle The English Zone, la bibliothèque a réalisé une enquête durant deux mois qui a permis de -dégager quelques pratiques géné-rales.

    Majoritairement, les étudiants font usage du casque audio. Ensuite, ils travaillent à partir des sites référencés et, enfin, dans une proportion -moindre, ils utilisent la documentation mise à leur disposition, tout en précisant que les ressources -proposées correspondent à leur attente.

    L’affichage est le moyen le plus efficace pour informer de l’existence de ce service, vient ensuite l’annonce faite en cours par le professeur. Le temps moyen passé dans cette salle excède l’heure pour une fréquentation moyenne bihebdomadaire à la BU.

    Concernant les niveaux d’études, le public se répartit ainsi par ordre décroissant de fréquentation : les étudiants en 4e et 5e année ; les étudiants de la lre à la 3e année ; les thésards (6e année) ; les personnels de l’université.

    Pédagogiquement, c’est d’abord pour une remise à niveau que les étudiants travaillent dans l’espace The English Zone. Les cours, la préparation à un examen externe et, en dernier lieu, la préparation à un concours sont les raisons pour lesquelles les utilisateurs viennent perfectionner leur anglais.

    Février 2007

    1.  (retour)↑  http://www.fr.toeic.eu/