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La biblioteca universitaria

análisis en su entorno híbrido

ed. Luisa Orera Orera. Madrid : Editorial Sintésis, 2005. – 477 p.  ; 21 cm. – (Biblioteconomía y documentación ; 27).
ISBN 84-9756-349-2 : 29,57 €

par Anne-Marie Duffau

Cet ouvrage collectif réunit les contributions de 11 auteurs, tous directeurs de bibliothèque ou professeurs de bibliothéconomie et sciences de l’information dans de grandes universités espagnoles, à l’exception de Teresa Malo de Molina y Martin Montalvo, en poste à la direction technique de la Bibliothèque nationale. L’éditeur scientifique, Luisa Orera Orera, est professeur de bibliothéconomie à l’université de Saragosse.

L’objectif est clairement annoncé dans un titre sans ambiguïté ni fioriture : il s’agit de décrire la bibliothèque universitaire (BU), son rôle, ses défis, sa problématique dans la société de l’information telle qu’elle se présente en 2005.

Un ouvrage bien documenté

L’ouvrage – copieux mais non indigeste car chaque chapitre peut se lire séparément – consacre une part importante au processus de changement, à l’heure où le document électronique envahit un domaine jusque-là réservé à l’imprimé. Cette coexistence qui, pour le moment, s’équilibre et peut-être basculera vers le tout virtuel, explique le terme de collection hybride employé de nos jours pour qualifier les fonds actifs des bibliothèques.

Regrouper tous les aspects bibliothéconomiques autour d’un type de bibliothèque est un parti pris intéressant qui, s’il s’adresse à de futurs bibliothécaires, sera un ouvrage de référence incontournable pour quelques années, même si les standards évoluent vite en ce moment…

Pour ma part, j’ai lu avec plus d’intérêt les chapitres concernant l’évaluation et la gestion de la qualité, que ce soit dans le fonctionnement général ou dans le développement et l’actualisation des collections. Les chapitres sur l’importance du site web, Internet/intranet, l’informatisation, les SIGB (systèmes intégrés de gestion de bibliothèque), la formation des usagers,  m’ont paru assez inégaux, soit trop théoriques, soit au contraire très techniques et didactiques.

Hormis ces observations, je conseillerais la lecture de cet ouvrage, car il est sérieux, bien documenté, au fait des grandes tendances du moment en matière de bibliothéconomie et de documentation. En outre, par ses nombreuses références à la situation des BU espagnoles, il constitue pour les bibliothécaires étrangers une source très utile d’information sur la situation des BU en Espagne.

Une image dynamique des BU espagnoles

Le réseau ReBiUn *, qui fédère 65 BU sur les 72 qui existent en Espagne et contient dans sa base bibliographique 32 millions de notices (28 dans le Sudoc), est particulièrement intéressant ; il existe depuis 1996 et son rôle va bien au-delà de la constitution du catalogue collectif, notamment dans son activité de normalisation à l’exemple de l’association américaine ACRL, Association of College and Research Libraries.

Le lecteur en retire une image dynamique des BU espagnoles, très impliquées dans les projets européens mais aussi très engagées dans leur université comme lieu d’apprentissage et de recherche ; on apprend, par exemple, que depuis 2003, les BU sont de plus en plus nombreuses à concourir dans le cadre du plan national d’évaluation des universités auprès de l’Aneca (Agencia Nacional de Evaluación de la Calidad y Acreditación), organisme national pour l’évaluation de la qualité, pour obtenir la certification qui leur facilite l’octroi de subventions…

En conclusion, un ouvrage indispensable pour tout étudiant en sciences de l’information, mais très utile aussi pour qui veut savoir où en sont les BU en 2005 chez nos voisins espagnols.