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Wikipédia

Une encyclopédie libre, gratuite et écrite coopérativement

Alain Caraco

Wikipédia 1 est une encyclopédie libre, gratuite et écrite coopérativement. À première vue, ce projet paraît utopiste, voire critiquable. Comment une somme de connaissances organisée et de qualité pourrait-elle être gratuite ? Et qui valide le contenu d’une encyclopédie écrite coopérativement ? Pourtant, à regarder de plus près, Wikipédia pourrait intéresser rapidement les bibliothécaires francophones.

Collection encyclopédique elle-même, la bibliothèque publique est depuis toujours un lieu de consultation des encyclopédies. Le cours de bibliographie que j’ai suivi à l’ENSB (École nationale supérieure de bibliothécaires), dans les années 1980, m’avait fait arriver à la conclusion qu’une recherche bibliographique commençait presque toujours dans une encyclopédie, afin de cerner le sujet et de trouver des pistes de recherche approfondie.

Le marché des encyclopédies

Jusqu’au milieu des années 1990, le problème se posait de façon relativement simple. Une encyclopédie était une collection assez onéreuse, composée de cinq à trente volumes, qu’on renouvelait tous les cinq à dix ans, en fonction du budget dont on disposait. Deux éditeurs se partageaient l’essentiel du marché. L’Encyclopædia Universalis était considérée comme la référence. Elle était organisée autour d’un corpus, composé d’articles longs, de niveau universitaire, d’un thésaurus, qui était l’entrée alphabétique principale et de suppléments annuels. Larousse proposait des encyclopédies d’un abord plus facile, accessibles aux élèves de l’enseignement secondaire. Le modèle choisi était celui d’un grand nombre d’articles relativement courts, formant une suite alphabétique unique. Il existait également des encyclopédies à classement systématique, comme celle de Bordas.

Les choses ont commencé à se compliquer avec l’arrivée des encyclopédies électroniques, d’abord sur cédérom, puis sur Internet. Je ne développerai pas ici les difficultés de l’époque du cédérom et du DVD-Rom, dont le fonctionnement en réseau était aussi coûteux que peu fiable, ceci principalement à cause de leur manque de normalisation informatique. À l’échelle de l’histoire des bibliothèques, cette période est finalement assez courte : moins de dix ans.

Que trouve-t-on actuellement sur le marché ? Universalis forme à elle seule une catégorie d’encyclopédies. En proposant un contenu très complet, de niveau universitaire et en commercialisant des offres en ligne pour les bibliothèques, notamment dans le cadre du consortium Carel 2, Universalis a sans aucun doute sa place dans les bibliothèques. Son abord reste cependant difficile et il est donc nécessaire d’avoir au moins une encyclopédie à destination du grand public et des élèves de l’enseignement secondaire.

Quelle est aujourd’hui l’offre d’encyclopédies grand public pour les bibliothèques, à savoir une encyclopédie en français, d’un bon niveau général, facile d’accès et indépendante du système d’exploitation de l’ordinateur client ?

Encarta 3 propose un excellent contenu grand public. Il est intéressant de noter que cette encyclopédie, la première à avoir été largement commercialisée en France sous forme électronique, à partir de 1995, l’a été par un éditeur de logiciels, Microsoft, et non par un éditeur d’encyclopédies. Microsoft ne semble guère s’intéresser au marché des bibliothèques, pour lequel il ne propose pas d’offre. Sa version en ligne n’est accessible que dans le cadre d’une offre globale, nettement destinée aux particuliers, incluant un service de messagerie et un navigateur web propriétaires.

Hachette 4 est arrivée après Encarta sur le marché français de l’encyclopédie grand public. Son offre, moins riche que celle d’Encarta, s’est cependant améliorée au fil des années et des abonnements sont proposés aux bibliothèques, notamment par le biais de Carel.

Larousse 5, enfin, qui était en position dominante du temps des encyclopédies sur papier, est le dernier éditeur venu dans le monde des encyclopédies en ligne. Son offre, destinée aux bibliothèques, également disponible par l’intermédiaire de Carel, est encore loin d’atteindre les richesses de ses concurrentes.

Seule l’Encyclopédie Hachette s’approche donc du besoin des bibliothèques françaises. Il existe cependant depuis peu une offre alternative, non commerciale, libre, gratuite et écrite coopérativement : Wikipédia.

Droit d’auteur et contenus libres

Apparu bien avant l’Internet payant, l’Internet gratuit est un des phénomènes majeurs du réseau. Il concerne de nombreux contenus de tout niveau, dont des contenus scientifiques et techniques diffusés gratuitement par des professionnels et des chercheurs. Son modèle économique est celui du don, de l’échange et de la coopération.

Certains contributeurs de l’Internet gratuit s’investissent pendant leur temps libre, comme ils le feraient dans une association. D’autres y participent dans le cadre de leur travail, salarié ou indépendant, car ils savent que leur apport à la communauté est le prix à payer pour bénéficier gratuitement des ressources mises à leur disposition par la communauté. D’autres, enfin, relèvent des deux cas à la fois. Dans le contexte de l’extension continue du droit d’auteur à laquelle nous assistons actuellement, nombreux sont ceux qui militent pour une renonciation volontaire au droit d’auteur, au profit du droit au savoir. Dans tous les cas, cette activité est une forme de socialisation et d’accomplissement de soi. Linus Torwalds, le créateur de Linux, considère cette activité comme une sorte de sport collectif intellectuel à distance !

Ce sont les logiciels libres 6, dont le plus célèbre est le système d’exploitation Linux, qui ont commencé à structurer le modèle économique et juridique des autres contenus libres. De plus en plus nombreux, les logiciels libres fonctionnent maintenant aussi sous Windows, comme OpenOffice.org 7, suite bureautique qui concurrence Microsoft Office ou Mozilla 8, navigateur web et logiciel de messagerie, alternatives sérieuses à Internet Explorer et Outlook. La majeure partie des serveurs web fonctionne grâce à un logiciel libre dénommé Apache.

Un logiciel libre offre quatre libertés :

– la liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages ;

– la liberté d’étudier le fonctionnement du programme, et de l’adapter à ses besoins ;

– la liberté de redistribuer des copies, donc d’aider son voisin ;

– la liberté d’améliorer le programme et de publier ses améliorations, pour en faire profiter toute la communauté.

Ces libertés sont décrites dans une licence libre, la plus célèbre étant la Licence publique générale GNU 9. Très rapidement, les logiciels libres ont eu besoin de manuels pour les utilisateurs et les développeurs. De là est née la licence de documentation libre GNU, dite GFDL 10. C’est sous cette licence qu’est publiée Wikipédia.

Le Wiki Wiki Web

L’autre caractéristique surprenante de Wikipédia est sa gestion sous forme de wiki 11. Un wiki est un site web dynamique dont tout visiteur peut modifier les pages à volonté. Le nom wiki provient de l’hawaïen « WikiWiki » qui signifie vite. Ward Cunningham, le créateur de wiki, a choisi ce nom pour former un diminutif à partir de « WikiWikiWeb ».

Concrètement, n’importe quel visiteur peut modifier la page qu’il est en train de lire. Les modifications sont ensuite enregistrées et toutes les versions historiques pourront être accessibles, comme dans un logiciel de gestion de versions. Ainsi, un premier contributeur va rédiger un article, un second va le compléter, puis un visiteur va corriger une erreur qu’il aura remarquée en naviguant sur le site. Ce mode de publication est particulièrement déroutant pour la majorité des utilisateurs d’encyclopédies, habitués à une distinction nette des rôles d’auteur, d’éditeur et de lecteur. Dans Wikipédia, chacun peut passer d’un rôle à l’autre à chaque instant. Il est possible de contribuer à Wikipédia de façon anonyme, mais une grande partie des travaux est effectuée par des utilisateurs enregistrés, qu’on appelle les wikipédiens.

La première réaction est l’incrédulité 12. Comment un système où tout le monde peut jouer tous les rôles peut-il fonctionner ? La première réponse est empirique : force est de constater que Wikipédia fonctionne depuis 2001, et de mieux en mieux chaque année. Des règles sont adoptées au fur et à mesure des besoins. Tous les contributeurs sont invités à les respecter et à les faire respecter. Les administrateurs, élus par les contributeurs, disposent de quelques pouvoirs supplémentaires.

Naturellement, comme tout système, Wikipédia ne fonctionne pas parfaitement. Il y a parfois des actes de vandalisme. L’expérience montre qu’ils durent rarement longtemps et que l’article est généralement remis en état dans l’heure par un lecteur qui passait par hasard. Imaginons un instant ce que serait la vraie vie si, en empruntant un train de banlieue aux sièges lacérés et aux parois taguées, on pouvait tout réparer en trois clics ! Il y a aussi des tentatives de propagande politique ou religieuse, qui peuvent durer plusieurs jours, avec des guerres d’édition. Les partisans de la neutralité de point de vue, qui sont les plus nombreux, finissent toujours par gagner… jusqu’à la prochaine attaque !

Tout bibliothécaire se posera aussi la question de la validation des contenus, rôle habituellement dévolu à l’éditeur. Dans Wikipédia, la validation est collective, lente et itérative. La qualité des contenus s’améliore avec le nombre des contributeurs. Chacun d’entre nous a déjà constaté au moins une erreur dans une encyclopédie, sur un sujet qu’il connaissait bien : dans Wikipédia, chacun peut corriger immédiatement cette erreur, ce qui n’est pas le cas dans l’édition traditionnelle.

Finalement, le wiki est un modèle surprenant dans l’édition, mais déjà connu et utilisé dans une large partie de la vie sociale : la démocratie, le marché ou la circulation routière, par exemple.

Le projet Wikipédia

L’idée de créer Wikipédia, en 2001, revient à James Wales, dit Jimbo. L’encyclopédie a d’abord été hébergée sur les serveurs de la société Bomis, en Floride, dont James Wales est propriétaire. Depuis l’été 2003, une fondation à but non lucratif, de droit américain, Wikimedia, possède les serveurs. Elle est financée par les dons de tous ceux qui le souhaitent. Il est important de noter que, les articles étant publiés sous licence libre, Wikimedia possède l’infrastructure technique, mais pas les contenus, que personne ne possède et que tous peuvent utiliser. L’objectif avoué de Jimbo est de faire mieux que la Britannica, de faire de Wikimedia une organisation non gouvernementale d’une ampleur comparable à la Croix-Rouge !

Lancée à l’origine en anglais, Wikipédia existait dans une dizaine de langues fin 2001 et dans une cinquantaine de langues en 2004. Il s’agit naturellement des langues nationales des grands pays, mais aussi de langues régionales comme le breton, de langues internationales comme l’espéranto et même du latin !

Wikipédia connaît une croissance exponentielle (cf. graphique 1 et 2).

On ne sera guère surpris de l’importance des Wikipédias en anglais, allemand, français, espagnol, italien, portugais, japonais ou chinois, qui sont de grandes langues de communication internationale. On notera la faible présence de l’arabe et du russe, très en dessous de la barre des 10 000 articles. En revanche, on remarquera que des langues moins parlées dans le monde, comme le néerlandais, le suédois, le danois ou le polonais utilisent Wikipédia comme vecteur de visibilité sur le web. Enfin, le mode de fonctionnement de Wikipédia, en réseau de contributeurs, correspond tout à fait à celui de l’espéranto.

Les statistiques 13 de croissance de Wikipédia en français donnent une bonne idée de la vitesse de développement du projet (cf. graphiques 3 et 4).

Un projet encyclopédique original

Non seulement Wikipédia existe en plusieurs langues, mais surtout, il y a des liens entre les articles des différentes langues. De ce fait, elle s’enrichit des traductions d’une langue vers une autre. Si un lecteur trouve l’article en français consacré à Londres trop squelettique, ce qui est le cas au moment où je rédige cet article, il peut cliquer sur le lien vers le même article en anglais, mieux documenté. Et, s’il en a l’envie, traduire en français tout ou partie de l’article en anglais, pour le compléter. De même, s’il trouve des erreurs sur l’article « Toulouse » en espagnol ou en allemand, il peut les corriger directement.

La neutralité de point de vue est une des règles de base de Wikipédia, édictée par Jimbo : « La neutralité de point de vue est absolue et non négociable. » Ce n’est pas un point de vue moyen, scientifique, traditionnel, religieux, marxiste, français, américain ou tiers-mondiste, mais la somme de tous ces points de vue, exposée le plus clairement possible. Cette approche n’est pas sans rappeler la neutralité active, qui prévaut dans la composition des collections encyclopédiques d’une bibliothèque. Elle est garantie par la diversité des contributeurs, qui parviennent, parfois laborieusement, à une rédaction acceptable quelle que soit l’opinion qu’on puisse avoir sur un sujet.

Les listes sont une des caractéristiques de Wikipédia : listes de pays, classification périodique des éléments, animaux, végétaux, jeux olympiques, souverains, dates, etc. Et une page, impossible à tenir à jour, a pour ambition de dresser la liste des listes ! Par cet aspect, l’information factuelle de Wikipédia s’apparente à celle du Quid, avec cependant une plus grande facilité de recherche. Une des raisons du grand développement des listes vient probablement du fait qu’elles prêtent moins à controverse que des articles portant un jugement. Cependant, les articles sur les religions sont nombreux et assez fournis, peut-être justement parce qu’il s’agit de sujets qui prêtent facilement à polémique.

La recherche dans Wikipédia

On peut consulter directement un article dont on connaît le titre exact. Dans Wikipédia, les titres contiennent le moins de formes rejetées possibles, ce qui est particulièrement déroutant pour un bibliothécaire. Un système de renvois conduit directement à l’article recherché avec un nom approximatif. Ainsi, en entrant « de gaulle », on sera redirigé automatiquement vers « Charles de Gaulle ». Les pages d’homonymie permettent de choisir entre plusieurs articles qui pourraient avoir le même titre. Par exemple, une recherche sur « livre » invitera le lecteur à choisir entre « Livre (document) », « Livre (unité de masse) » et « Livre (unité monétaire) ». Un moteur permet aussi de chercher par tous les mots de tous les articles.

Depuis l’été 2004, un système de catégories a été mis en place. Il est en train de se construire de façon empirique, sans plan prédéfini. Un article peut appartenir à plusieurs catégories. À la différence d’une classification traditionnelle, le système permet à une catégorie d’être elle-même incluse dans plusieurs catégories. La catégorie « Résistance », par exemple, appartient à la fois à « Seconde Guerre mondiale » et à « Histoire de France ». Les catégories ont encore besoin de se perfectionner et la contribution de nombreux bibliothécaires serait certainement très utile pour ce faire. À terme, les catégories offriront un cadre complet de recherche systématique.

Outre les recherches par mots et systématique, Wikipédia offre d’autres modes de navigation. Les articles contiennent de nombreux liens entre eux. On peut également demander à suivre certains articles, afin d’être prévenu des modifications qui y sont apportées, ou à voir affichée la liste des modifications récentes. Certains utilisateurs arrivent également sur Wikipédia par l’intermédiaire d’un moteur de recherche, comme Google. Et, pour ceux qui veulent être surpris, il existe un lien pour obtenir une page au hasard !

Wikipédia est très réactive à l’actualité. L’annonce du décès d’une personnalité donne généralement lieu, dans la journée, à la création d’un article ou à la modification de celui qui lui était consacré.

Wikipédia et les wikipédiens

Il n’existe aucune statistique officielle sur les wikipédiens. Cependant, en allant visiter la page personnelle de chaque contributeur et la liste de ses contributions, on peut en déduire, sans trop se tromper, que le wikipédien type est un homme, âgé de 20 à 40 ans, ayant fait des études supérieures scientifiques, souvent en informatique. De brillantes exceptions, qu’il s’agisse de femmes, de sexagénaires ou de professeurs de lettres classiques, s’éloignent du portrait robot. Un wikipédien qui finit par y consacrer tout son temps libre est qualifié de wikipédiholique !

L’homogénéité des premiers contributeurs fait que Wikipédia est d’une grande richesse sur l’informatique, les sciences naturelles, le mouvement alter-mondialiste ou la science-fiction. L’histoire, la géographie, la linguistique et les religions gagnent régulièrement du terrain, au fur et à mesure de l’arrivée de nouveaux contributeurs. Les arts et la littérature restent encore peu couverts, du moins en français.

Une expérience, dite « piranha », a été lancée en 2002 par un wikipédien. Il s’agissait de créer un article « Pomme », réduit à sa plus simple expression : « La pomme est un fruit. » Un an après, l’article avait été considérablement enrichi par de nombreux contributeurs.

Un défi lancé aux bibliothécaires

Wikipédia est-elle l’encyclopédie qu’attendaient les bibliothèques publiques françaises ? J’aurais tendance à répondre oui et non à la fois. Non dans son état actuel : trop de domaines sont insuffisamment couverts, trop d’articles sont encore à l’état d’une ébauche rédigée hâtivement. Mais, très certainement, oui dans un état futur. Et ce futur est probablement très proche. Il suffit de voir, d’une part, le niveau de complétude et la qualité des articles de la Wikipédia en anglais et, d’autre part, le rythme de croissance du projet, pour imaginer comment sera la Wikipédia en français d’ici quelques années, voire quelques mois.

La Wikipédia en ligne ne peut être qu’en travaux permanents. C’est une sorte de chaudron bouillonnant, où l’on produit la matière première, toujours instable. Des éditions stabilisées, monolingues ou multilingues, sur cédérom, sur papier ou en ligne pourraient en être dérivées. Elles pourraient même être vendues par des éditeurs commerciaux, avec de la valeur ajoutée, notamment en matière de présentation ou d’illustration. Ce modèle économique existe déjà pour les logiciels libres : on peut télécharger Linux auprès de la communauté des développeurs, ou bien acheter une version commerciale, avec un mode d’emploi et une assistance téléphonique.

Deux catégories d’utilisateurs ont tout intérêt à ce que Wikipédia ait une croissance rapide et harmonieuse : les enseignants et les bibliothécaires. Leur niveau de culture fait qu’ils pourraient aussi devenir des rédacteurs privilégiés. Imaginons à quoi pourra ressembler l’édition française dans un an, si chaque bibliothécaire rédige ou améliore chacun un article sur sa ville, son département, sa région, sa destination de vacances favorite ; son écrivain, son musicien, son peintre, son photographe, son architecte, son metteur en scène, son réalisateur favori ; son philosophe, son historien, son sociologue, son économiste, son courant intellectuel ou spirituel favori ; ou encore un sujet pris dans ce qu’il lui reste des souvenirs de sa formation générale. Que chacun essaie et je me propose de faire le bilan dans un an !

Août 2004

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Graphiques 1 et 2. Les principales Wikipédias : articles et visites / contributeurs (données de juillet 2004)

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Graphiques 3 et 4. Wikipédia en français : articles et visites / contributeurs