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Les bibliothèques hongroises en 2004

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f Péter Dippold f

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La Hongrie a une longue tradition de lecture, de bibliothèques et de bibliothéconomie. Les évolutions socio-économiques, amplifiées par le changement de régime en 1989, l’expansion rapide des équipements informatiques, des télécommunications et d’Internet au milieu des années 1990 ont radicalement modifié la situation des bibliothèques hongroises. La première réforme du système a concerné le cadre juridique.

La réglementation juridique

La loi sur les bibliothèques, fondée sur un consensus professionnel quasi unanime, a été ratifiée par le Parlement hongrois en 1997 : il s’agit de la loi CXL sur les biens culturels, les musées, les bibliothèques et l’éducation publique, qui stipule en particulier que le réseau des bibliothèques est un élément fondamental du fonctionnement de l’État démocratique et de la société de l’information.

L’innovation la plus importante de la loi hongroise réside dans l’introduction de la notion de « bibliothèque publique ». Pour bénéficier de cette dénomination, les bibliothèques doivent remplir un certain nombre de conditions : elles doivent donner l’accès à tous les citoyens, être gérées par des professionnels des bibliothèques, réserver leurs espaces exclusivement à des services de bibliothèque, ouvrir régulièrement et avoir des horaires compatibles pour la majorité des usagers, offrir des prestations gratuites sur place, et fournir des données statistiques au ministère. Les bibliothèques publiques peuvent alors prét IEre aux subventions de l’administration centrale qui viennent s’ajouter à leur budget local de fonctionnement. En outre, la loi a réglementé le droit des usagers et les conditions d’utilisation des bibliothèques. Elle a ainsi permis de restructurer en profondeur le fonctionnement du réseau.

Simultanément, la loi a créé l’Institut des bibliothèques – fonctionnant au sein de la Bibliothèque nationale Széchényi –, dont les missions sont multiples : depuis la coordination des activités professionnelles et des prestations fournies par les bibliothèques, la formation continue des bibliothécaires, la recherche et la veille pour développer les réseaux de bibliothèques, jusqu’à la préparation des règlements, la réalisation et l’analyse des statistiques.

La troisième innovation de la loi consiste à mettre en place un système de partage documentaire national regroupant 56 bibliothèques : il s’agit du Système national de prêt (Országos Dokumentumellátó R IEszer : ODR), qui assure, sur l’ensemble du territoire hongrois, la localisation des documents et le prêt entre bibliothèques. Il fait intervenir des bibliothèques prêteuses et des bibliothèques emprunteuses. Les premières sont essentiellement des bibliothèques départementales ou budapestoises, des bibliothèques universitaires ou spécialisées, ainsi que la Bibliothèque nationale : toutes ces collections couvrent une grande partie des documents accessibles aujourd’hui dans le pays. Les bibliothèques prêteuses perçoivent une subvention du ministère du Patrimoine culturel pour financer le développement de leurs fonds. Les bibliothèques emprunteuses, quant à elles, sont soit des bibliothèques publiques soit des bibliothèques privées dont les lecteurs déposent une demande de prêt entre bibliothèques. Le Système national de prêt offre ainsi la possibilité à chaque utilisateur inscrit dans une bibliothèque d’accéder aux ressources documentaires de l’ensemble du réseau.

Quatrième progrès défini par la loi : la formation continue des professionnels. Dans les institutions culturelles en général, et les bibliothèques en particulier, les fonctionnaires titulaires d’un diplôme d’études secondaires ou supérieures et travaillant à plein temps ont l’obligation de suivre tous les sept ans une formation financée par l’État. Dans le cadre de cette formation, les bibliothécaires ont la possibilité de suivre des cours accrédités par le ministère du Patrimoine culturel, d’apprendre des langues étrangères, d’acquérir des connaissances informatiques, d’obtenir des bourses ou de suivre des études post-universitaires.

Enfin, la loi régit le fonctionnement de la Bibliothèque nationale Széchényi, l’approvisionnement des bibliothèques scientifiques, spécialisées et publiques ; elle définit et encadre le contrôle des bibliothèques.

Les programmes de développement du ministère du Patrimoine culturel

Le ministère du Patrimoine culturel a également fait du développement de l’informatique et des réseaux dans les bibliothèques l’une de ses priorités. Ainsi, un « plan stratégique du développement télématique dans les bibliothèques » a été mis en place en 1997. Aujourd’hui, les bibliothèques qui participent au Système national de prêt évoqué plus haut disposent de postes informatiques, de systèmes intégrés de gestion documentaire, de réseaux intranet et de connexions à Internet. Elles ont informatisé la plus grande partie de leurs catalogues. Les conditions du catalogage partagé sont réunies, tant sur le plan technique que professionnel. Les bibliothèques créent, développent et mettent en commun leurs bases de données.

Le programme stratégique 2003-2007 élaboré par le Département des bibliothèques du ministère définit les nouveaux objectifs prioritaires : le développement de la qualité des services rendus par les bibliothèques, la modernisation du système de formation des bibliothécaires, l’approvisionnement documentaire équitablement réparti dans toutes les régions du pays, l’accès à Internet dans les bibliothèques communales, et le renouvellement – en collaboration avec le ministère de l’Informatique et des Télécommunications – des systèmes informatiques obsolètes de nombreuses bibliothèques départementales.

Les différents types de bibliothèques en Hongrie

Comme on l’a vu un peu plus haut, toute bibliothèque a vocation à être déclarée publique si elle satisfait aux critères dictés par la loi de 1997. En revanche, au sein du réseau des bibliothèques, la typologie traditionnelle des bibliothèques continue à exister.

La Bibliothèque nationale

La Bibliothèque nationale hongroise Széchényi a fêté le bicentenaire de sa fondation en 2002. Sa mission première consiste à collecter, stocker et conserver de manière exhaustive les documents publiés en Hongrie et d’acquérir les documents publiés à l’étranger (œuvres et objets de la culture universelle). La répartition des six exemplaires déposés au titre du dépôt légal échoit à la Bibliothèque Széchényi, qui en garde deux pour ses propres fonds. Sur la base des ouvrages déposés, elle fournit les chiffres à l’Office central des statistiques. Récemment, la collecte et la recherche des documents électroniques sont entrées dans les attributions de la bibliothèque et l’importance de cette mission va croissant. En 1999, la Bibliothèque électronique hongroise – jusqu’alors soutenue par une association – est devenue partie intégrante de la Bibliothèque nationale.

La bibliographie nationale est réalisée par la Bibliothèque nationale : les documents collectés via le dépôt légal y sont signalés. Elle est publiée tous les six mois sur cédérom et les cinq dernières livraisons peuvent être téléchargées en format PDF à partir du site web de la bibliothèque 1. En 2003, la version imprimée a été supprimée.

Depuis 1997-1998, la Bibliothèque nationale Széchényi utilise le système intégré de gestion de bibliothèque Amicus, et, depuis 2000, elle a entrepris la réalisation d’un catalogue unique recensant les différents types de documents de ses collections. En 2003, la conversion rétrospective des catalogues sur fiches a été lancée.

Enfin, la Bibliothèque nationale est chargée de la