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Pierre Riboulet

Écrits et propos

Paris : Éditions du Linteau, 2003. – 240 p. ; 21 cm. ISBN 2-910342-34-4 : 23 €

par Anne-Marie Bertrand

C’est quelques semaines après la disparition de Pierre Riboulet que sont publiés ces Écrits et propos qui rassemblent une douzaine de textes précédemment publiés ici ou là. On y retrouvera la force des convictions de cet architecte hors norme (qui choisit les municipalités pour qui concourir ou refuse de bâtir des logements trop petits), bataillant contre « la marée de l’insignifiance et de la vulgarité » et dénonçant un « marché sans morale ».

Deux textes concernent des bibliothèques : l’un, tiré des Annales de la recherche urbaine, sur la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges ; l’autre, publié par l’université Paris VIII à l’occasion de l’inauguration de sa bibliothèque. On retrouve dans ces deux textes les préoccupations de Pierre Riboulet, qui salue « le beau nom de bibliothèque » (par opposition à « médiathèque ») : le travail sur l’articulation intérieur/extérieur, l’attention portée à la lumière (« la lumière blonde » de Paris VIII), la « promenade architecturale », sa passion pour le livre, « toujours là, proche, amical, tentateur, mystérieux », l’ancrage dans l’histoire, le souci de la connaissance et du travail intellectuel et, surtout, l’exigence. « La bibliothèque doit retrouver les qualités de clarté, de dignité, de finesse et d’élégance, comme au XVIIIe siècle français où la langue, la musique et l’architecture n’ont jamais été aussi belles. La lecture, l’écriture, la littérature sont de cette nature. Le bâtiment doit se placer à cette hauteur d’exigence. »

Il conclut : « La bibliothèque ne saurait être un lieu ordinaire. » Celles qu’il a construites ne le sont certes pas.