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La bibliothèque d'État de littérature étrangère pan-russe à Moscou

Svetlana Vasil’jevna Pouchkova

En 2002, la Bibliothèque d’État de littérature étrangère pan-russe (VGBIL, cf. photo 1

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Photo 1 : Le bâtiment de la bibliothèque au bord de la Jaousa. © VGBIL

) 1, l’une des plus importantes bibliothèques publiques et scientifiques de Russie, a fêté son 80e anniversaire. Cette bibliothèque doit la place particulière qu’elle occupe au sein des bibliothèques russes à l’unicité de ses collections et à la diversité de ses activités. L’histoire de « L’étrangère », comme beaucoup la surnomment, remonte à une petite bibliothèque de guère plus de 100 ouvrages : celle de l’Institut de néophilologie, dont l’existence n’a été que de courte durée. Après la fermeture de cet institut, la bibliothèque devint, en 1921, un établissement indépendant et prit l’appellation de Bibliothèque de néophilologie. En avril 1922, elle ouvrit ses portes à ses premiers lecteurs, essentiellement des étudiants en philologie, des enseignants et des traducteurs. En 1924, la bibliothèque fut rebaptisée Bibliothèque d’État de littérature étrangère (GBIL).

Dès ses premiers pas, la bibliothèque s’est donnée pour principale mission de participer à l’étude des cultures et des langues des pays étrangers, et, pour cela, elle chercha à faire connaître les œuvres les plus représentatives de la littérature étrangère. Ayant pour objectif de former et de recruter de nouveaux lecteurs, l’une de ses premières tâches fut d’enseigner les langues étrangères. Cet enseignement se fit tout d’abord par petits groupes, qui prirent ensuite la forme de véritables cours. Ces cours d’allemand, de français et d’anglais s’intitulèrent, en 1926, Cours supérieurs de langues étrangères et furent à l’origine de la création, en 1930, du premier Institut de langues étrangères de l’URSS, l’Institut moscovite des nouvelles langues, devenu ensuite l’Institut pédagogique d’État des langues étrangères Maurice Thorez de Moscou, lui-même renommé, en 1990, Université d’État de linguistique de Moscou.

La politique documentaire

Un décret du gouvernement marqua, en 1948, un tournant dans la vie de la bibliothèque, en étendant son statut à toute l’Union des républiques socialistes soviétiques. Elle devint alors, pour toute l’URSS, une bibliothèque centrale au profil quasiment encyclopédique (hormis les ouvrages étrangers concernant les domaines de la technique, de l’agriculture, de l’art militaire et de la médecine). À partir de ce moment-là, outre des ouvrages de sciences humaines et sociales, la bibliothèque se mit à acquérir des ouvrages de sciences pures : de mathématiques, physique, chimie, biologie, géologie, mécanique théorique et d’astronomie. Ses nouvelles fonctions s’étendirent à des activités scientifiques, bibliographiques et méthodologiques et elle devint un centre méthodologique en littérature étrangère pour toutes les bibliothèques du pays.

L’élaboration, en 1975, d’une nouvelle politique de développement des collections, provoqua de profonds changements dans la politique d’acquisition. Cette date marqua, en effet, la fin des acquisitions dans le domaine des sciences pures, alors qu’en revanche, priorité fut donnée aux sciences humaines, à la littérature, à l’art et aux ouvrages de référence des pays étrangers. Ce recentrage des spécialités de la bibliothèque était, d’une certaine façon, indispensable : d’une part, du fait de la difficulté à faire de la place, dans la bibliothèque, à tout ce flot d’ouvrages ; d’autre part, parce que cela permettait de mobiliser plus de moyens pour compléter les collections en littérature, en sciences sociales, en linguistique, en histoire de la littérature et en art, et aussi pour enrichir le fonds des ouvrages de référence en sciences humaines.

Les collections

À l’heure actuelle, la Bibliothèque de littérature étrangère, spécialisée en sciences humaines au sens large, dispose de collections uniques en littérature étrangère. Au 1er janvier 2003, elle possède près de 4,4 millions d’exemplaires – livres et périodiques – en plus de 140 langues.

Ce fonds d’ouvrages étrangers est tout d’abord constitué d’une riche collection de littérature classique et contemporaine en langue originale, essentiellement en anglais, français, allemand et espagnol. Les livres – environ 1,9 million d’exemplaires – comprennent aussi de nombreuses éditions en langue étrangère de critiques littéraires et de linguistique, dont des méthodes d’enseignement des langues, des ouvrages d’art et de critique d’art et des travaux de recherche en histoire et en géographie. Les collections d’ouvrages de philosophie, de sociologie, d’esthétique, de droit et de religion, d’histoire du livre, de bibliothéconomie et d’informatique sont systématiquement enrichies. Des éditions nationales, en russe et en langues étrangères, consacrées à la littérature, à l’art, à l’histoire des langues et aux problèmes socioculturels des pays étrangers (hormis ceux qui faisaient auparavant partie de l’URSS), complètent le fonds des ouvrages édités à l’étranger. Les acquisitions des traductions en russe des ouvrages littéraires et scientifiques entrant dans les spécialités de la bibliothèque sont les plus exhaustives possible.

Pour ses acquisitions, la bibliothèque ayant toujours donné la préférence aux ouvrages écrits dans les langues les plus répandues, avant tout en anglais, en allemand et en français, les ouvrages les plus nombreux de la bibliothèque sont logiquement dans ces langues. Ce qui n’empêche que les livres en polonais, espagnol, italien, bulgare, suédois, japonais et dans beaucoup d’autres langues se comptent par dizaines de milliers. La bibliothèque renferme aussi des collections minutieusement recueillies de livres écrits dans les langues scandinaves, slaves du Sud et de l’Ouest, en hongrois, roumain, grec, portugais, dans de nombreuses langues des peuples d’Asie et d’Afrique et en espéranto.

La bibliothèque possède plus de 2,5 millions de périodiques (en nombre de numéros pour les revues, en collections annuelles pour les journaux). À l’heure actuelle, la bibliothèque reçoit plus de 1 500 titres de collections courantes de périodiques, parmi lesquels près de 1 100 titres de journaux, revues, et publications en séries provenant de l’étranger.

À la bibliothèque, conformément aux tendances actuelles, on note un accroissement constant du nombre de publications sur des supports non traditionnels, comme les microformes (on microfilme surtout les journaux) et les supports électroniques. La bibliothèque possède, par exemple, un fonds unique de la World Biographical Archive sur microfiches, avec des index par pays, éditée par K.G. Saur. Les bibliographies nationales des pays étrangers sont régulièrement acquises sur cédéroms. L’abonnement de la bibliothèque à des bases de données de périodiques – d’Ebsco Publishing, par exemple – se fait en coopération avec d’autres bibliothèques russes.

En 1974, on a séparé du fonds général de la bibliothèque le fonds des livres rares, qui s’élève aujourd’hui à plus de 41 000 éditions rares. Le département de recherche des livres rares conserve notamment 8 701 exemplaires de livres anciens, dont 22 incunables et 527 paléotypes 2.

En plus de la consultation sur place, les lecteurs de la bibliothèque peuvent emprunter à domicile les ouvrages du fonds de prêt, où se trouvent les livres faisant l’objet d’une forte demande. Ce sont surtout des œuvres de littérature étrangère en langue originale ou dans leur traduction en russe, des classiques de la littérature russe, ainsi que des œuvres d’écrivains russes contemporains traduits en langue étrangère, des manuels, des méthodes d’apprentissage et des ouvrages de référence pour les personnes étudiant des langues étrangères ; les lecteurs peuvent aussi emprunter des manuels de langue russe pour étrangers, des guides sur la Russie et d’autres pays du monde.

Lors de restrictions des crédits alloués aux acquisitions, les échanges deviennent une source d’approvisionnement non négligeable. Environ 1 000 organismes (bibliothèques, universités, maisons d’édition, librairies) de 92 pays pratiquent, avec la Bibliothèque de littérature étrangère, des échanges internationaux.

Les dons sont une autre source importante d’enrichissement des fonds. Ce sont justement des dons qui ont servi de point de départ à la création, à la bibliothèque, du fonds des ouvrages en russe édités à l’étranger. Par son volume et son contenu, ce fonds est un des plus importants en Russie. Il est né en 1990, à la suite d’une exposition-vente à la bibliothèque de la production imprimée de cette plus ancienne maison d’édition russe à l’étranger qu’est Ymca-Press (Paris). Le directeur de cette maison d’édition, le professeur Nikita Struve, a fait don à la bibliothèque des livres et périodiques présents à l’exposition, qui ont donc été à l’origine de la précieuse collection d’ouvrages russes édités à l’étranger. Plus tard, des dons des Éditions Vie avec Dieu (à Bruxelles, Belgique) et Ardis (Ann-Arbor, Michigan, États-Unis) sont venus la compléter. Parmi d’autres dons précieux, citons la bibliothèque de Nicolas Zernov, professeur d’université à Oxford, qui fut léguée par sa veuve, selon les dernières volontés du savant, à la Bibliothèque de littérature étrangère en 1993.

Les acquisitions de certains centres spécialisés qui font partie de la Bibliothèque de littérature étrangère sont subventionnées par des programmes d’aide affectée au développement de ces centres. Le Centre d’information juridique (cf. photo 2

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Photo 2 : Le centre d’information juridique de la BLE. © VGBIL

), par exemple, a pu ouvrir en 1999 et le Centre des cultures orientales en 2002 grâce au soutien financier de l’Institut La Société ouverte pour la Russie (fondation George Soros). Ces aides fléchées ont pour principal but de constituer des collections de littérature juridique, ainsi que sur l’Orient, de créer des bases de données thématiques et d’offrir un accès aux sources d’information électroniques concernant le droit et l’orientalisme.

Les usagers de la bibliothèque

La Bibliothèque de littérature étrangère offre ses services à toutes les catégories de lecteurs, y compris aux enfants et aux adolescents, de 5 à 16 ans, qui ont accès à la salle pour enfants. Depuis 2001, la bibliothèque a inscrit 80 000 lecteurs, et elle compte plus de 1 000 entrées par jour. Les étudiants des établissements d’enseignement supérieur en sciences humaines et sociales forment une part importante des usagers (plus de 50 %). Les autres utilisateurs sont surtout des professeurs de langues étrangères des écoles supérieures et secondaires, des linguistes, des pédagogues, des historiens, des critiques d’art, des bibliothécaires et des juristes. Plus de la moitié des lecteurs de la bibliothèque sont des jeunes de 20 à 30 ans.

Selon les données d’une enquête menée en 2000 auprès des usagers de la bibliothèque, les principales raisons de son utilisation sont : la préparation de devoirs scolaires, la réalisation de recherches, la lecture de loisirs. Beaucoup de lecteurs connaissent les langues étrangères, à un degré bien sûr plus ou moins élevé : les langues le plus souvent mentionnées sont l’anglais, le français et l’allemand. La Bibliothèque de littérature étrangère voit sa renommée et son influence s’étendre non seulement auprès des Moscovites et des habitants de la région de Moscou, qui constituent la majorité de ses lecteurs, mais aussi auprès des spécialistes habitant d’autres villes en Russie et également des pays étrangers.

Des services différenciés

La Bibliothèque de littérature étrangère poursuit et développe les traditions mises en place par M. I. Roudomino, dont le but essentiel était « d’introduire la culture mondiale dans la conscience des hommes ». Structurée en salles de lecture, départements et centres spécialisés, la bibliothèque offre à ses usagers des services différenciés. Quelques-uns d’entre eux, dont la salle de littérature pour enfants, celle de littérature américaine, celle de littérature religieuse et des éditions russes éditées à l’étranger, et celle de linguistique, furent créés au début des années 1990.

La salle de littérature consacrée à l’art fut à l’origine de la création, en 1990, d’un département de Littérature d’art. Janvier 1992 vit naître un Centre culturel, incluant quelques départements de la bibliothèque. Son rôle est d’élaborer, de coordonner et d’animer les nombreux programmes culturels.

En juin 1993, fut ouvert le Centre américain, qui devint une structure de la bibliothèque, et qui offre un accès libre à un large éventail de sources d’information sur les États-Unis. Ce centre utilise pour cela les technologies les plus modernes.

En 1995, furent créés un Centre de bibliothéconomie internationale, à partir du service de bibliothéconomie étrangère, et un Centre d’études linguistiques, équipé d’un matériel de pointe permettant d’étudier les langues étrangères en groupe ou individuellement. À la fin de cette même année, la salle de bibliographie servit de point de départ à la création d’un Centre d’information, dans lequel fut ouverte une classe Internet (cf. photo 3

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Photo 3 : La classe Internet située dans le centre d’information de al BLE. © VGBIL

), qui enseigne aux utilisateurs à naviguer sur le réseau international. Dans ce Centre d’information, les usagers ont à leur disposition un très riche fonds d’ouvrages de référence, constitué au fil de nombreuses années, parmi lesquels des dizaines d’encyclopédies de divers pays, des centaines de bibliographies nationales, des dictionnaires et des ouvrages de référence de toutes sortes, des atlas, des bases de données sur supports optiques et de nombreux autres documents. En juillet 2000, y fut ouvert un centre d’information sur l’Unesco.

Les activités scientifiques, culturelles, éducatives et éditoriales

En quatre-vingts années d’existence, la bibliothèque non seulement est devenue l’un des principaux lieux de conservation de littérature étrangère au monde, mais est aussi reconnue comme un important centre international de culture, d’enseignement et de recherche. Les principaux axes de recherche de la BLE concernent : la culture et les liens culturels entre les peuples ; la bibliothéconomie étrangère ; la bibliographie et l’histoire du livre ; la conservation et la restauration des collections ; l’informatisation des bibliothèques.

En tant que centre méthodologique pour tout ce qui concerne la littérature en langue étrangère, la Bibliothèque sert d’intermédiaire et de coordinateur pour la diffusion des livres étrangers dans les bibliothèques russes, auxquelles elle apporte également son concours et son aide dans le cadre d’activités internationales.

En plus de ces fonctions traditionnelles, la BLE s’intéresse beaucoup à l’avancée de la culture étrangère et au développement de la bibliothéconomie jusqu’au fin fond de la Russie, à l’élévation du niveau de qualification professionnelle non seulement des bibliothécaires, mais aussi d’autres professionnels de la culture. La bibliothèque est passée maître dans l’organisation de manifestations culturelles, dans la tenue de séminaires, d’expositions et de conférences, dont beaucoup ont obtenu une audience internationale.

Outre les expositions traditionnelles concernant les bibliothèques, le Centre d’exposition de la BLE crée et organise des expositions de type archivistique et muséal. Ces expositions nécessitent un important travail de recherche dans les archives, les bibliothèques et les musées du pays, à la suite duquel des catalogues scientifiques sont édités. Comme exemple de ce genre d’expositions : « L’anglophilie et le trône : les Britanniques et les Russes sous Catherine la Grande », « Les Allemands en Russie, les Russes en Allemagne au siècle des Lumières », « Censure des ouvrages étrangers sous l’Empire russe et en Union Soviétique ».

Dans la Galerie d’art de la BLE, sont présentées des œuvres de peintres russes et étrangers, de spécialistes de l’art décoratif et des arts appliqués, et de photographes d’art. Le Centre d’exposition réalise des panneaux d’expositions itinérantes, afin que ces expositions puissent être présentées dans d’autres villes en Russie et à l’étranger. Ces panneaux sont faciles à transporter n’importe où sur la planète, et pratiques à monter dans n’importe quelle salle d’exposition, qu’elle soit ancienne ou moderne.

Depuis 1996, fonctionne, à la BLE, un Centre de formation continue pour les bibliothécaires. Ce centre fera quelques années après partie du Centre d’études intitulé « École Roudomino ». Son principal but est d’assurer une formation permanente aux personnels et directeurs de bibliothèques et de services culturels, et aux enseignants en bibliothéconomie des établissements d’enseignement supérieur du pays. « L’école » organise des stages, des séminaires, des écoles d’été ; elle édite des manuels et des bulletins d’information sur la formation professionnelle continue.

La BLE mène une activité éditoriale variée, dans laquelle les éditions « Roudomino », créées à la fin de 1990, jouent un rôle important. Elle édite des bibliographies qui concernent aussi bien l’œuvre d’écrivains étrangers (la série « Écrivains étrangers » compte plus de 100 titres), que la littérature nationale. Elle édite aussi des travaux scientifiques et des ouvrages de référence, des catalogues d’exposition et des actes de conférence, des calendriers où figurent les dates marquantes de la littérature étrangère.

La BLE édite encore toute une série de périodiques : le Bulletin collectif des nouvelles entrées d’ouvrages étrangers : Sciences humaines et sociales, le recueil Bibliothèques à l’étranger, le bulletin international Butins de guerre (édition russe de Spoils of War), etc. À partir du riche fonds de la bibliothèque, les éditions « Roudomino » publient également des traductions d’ouvrages d’auteurs étrangers, parmi lesquels des livres pour enfants, des mémoires, des ouvrages à contenu religieux et philosophique.

L’automatisation et les nouvelles technologies de l’information

La BLE effectue un travail important dans les domaines de l’automatisation du catalogage, de l’implantation et du développement des nouvelles technologies de l’information et de nouveaux services, et de la constitution de bases de données locales spécialisées. Les catalogues de la bibliothèque sont progressivement numérisés. En plus des catalogues sur fiches, des catalogues électroniques sont à la disposition des lecteurs : y figurent les nouveaux ouvrages entrés à la bibliothèque depuis avril 1997, les périodiques et les publications en série, ainsi que le fonds réservé au prêt, depuis 1996. Le travail de conversion rétrospective du catalogue alphabétique général sur fiches se poursuit, et la scannérisation du catalogue rétrospectif d’ouvrages en anglais, français, allemand et russe est déjà achevée.

Le Centre de fourniture des documents – incluant la section de prêt – répond aux demandes des utilisateurs éloignés en leur faisant parvenir, sous forme électronique et en version intégrale, les documents de la bibliothèque. Le personnel et les usagers de la Bibliothèque ont accès à Internet. Sur le site web de la BLE, ouvert depuis septembre 1996, outre la page d’accueil de la bibliothèque, donnant des informations sur la structure, les ressources, les services et les publications électroniques de la bibliothèque, on trouve aussi des renseignements en russe sur les programmes de l’Ifla et sur son congrès annuel et des liens sur les pages d’accueil des bibliothèques russes participant au programme fédéral Libnet (« Création d’un réseau informatique de bibliothèques de toute la Russie »), etc.

Les activités internationales

La BLE a toujours été très attentive à développer et à renforcer des liens avec des pays du monde entier, ainsi qu’à participer activement aux activités des associations internationales. À partir de 1971 et jusqu’en 1992 en ce qui concerne l’Union soviétique, et, depuis, pour la Russie et quelques pays de la CEI, la BLE est devenue un centre d’information et de médiation concernant l’Ifla.

Le Centre de bibliothéconomie internationale est chargé de collecter, de conserver et de proposer à la consultation les documents et les actes des conférences annuelles de l’Ifla ; une des priorités du centre est d’informer les bibliothécaires russes sur les activités de l’Ifla. Conformément à la décision du bureau exécutif de l’Ifla, la BLE a ouvert, en 1997, un Centre régional de l’Ifla concernant la préservation et la conservation dans les pays de l’Europe de l’Est et de la CEI, qui a pour mission de diffuser l’information sur les questions de préservation des collections, l’organisation de programmes d’enseignement sur ce sujet et la coordination des travaux sur la conservation préventive dans tous les types de bibliothèques.

De nombreux programmes et projets concernant les bibliothèques se développent en étroite collaboration avec des organismes internationaux, des bibliothèques et des centres culturels étrangers, comme l’Ifla, l’Unesco, la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis, le Centre national d’art et de culture Georges Pompidou à Paris, le Centre culturel allemand Goethe, le Centre Mortenson pour les programmes internationaux intéressant les bibliothèques (à l’université d’Illinois à Urbana-Champaign aux États-Unis), etc.

Selon les accords de coopération passés avec les pays concernés, les lecteurs de la BLE peuvent utiliser la bibliothèque du Centre culturel français, le Centre d’information du British Council et le Service d’information de l’ambassade du Japon, qui se trouvent dans les murs de la bibliothèque. Le troisième étage du bâtiment principal de la bibliothèque abrite le stand du service mondial de la BBC, ouvert en permanence, et où les visiteurs peuvent s’initier à des cours d’anglais, ou emprunter à domicile, pour une somme raisonnable, des cassettes d’étude audio ou vidéo.

Des savants, hommes de culture, bibliothécaires, éditeurs, hommes publics et personnalités religieuses célèbres, russes et étrangers, font partie du conseil international d’administration de la BLE.

En ce début du troisième millénaire, la BLE s’efforce de devenir une tribune culturelle internationale, un lieu de rencontres et d’échanges, vivant et libre, pour les représentants de différents pays, peuples, cultures, langues et confessions. Le nouveau projet international de la BLE, le programme « Tolérance et dialogue interculturel », a pour objectif la création, à la Bibliothèque de littérature étrangère, d’un Institut de la tolérance.

Juin 2003

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Gestion de la BLE

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Centre de littérature religieuse et des éditions russes éditées à l’étranger. © VGBIL

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La bibliothèque du Centre culturel français. © VGBIL

  1.  (retour)↑  La Bibliothèque d’État de littérature étrangère pan-russe (VGBIL) est plus connue en France sous le nom de Bibliothèque de littérature étrangère (BLE). Nous allons, dans la suite du texte, garder cette appellation (Ndt).
  2.  (retour)↑  Livres imprimés de 1501 à 1550.