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Archives, libraries and museums convergence = Archives, bibliothèques et musées

the 24 th Library Systems Seminar, Paris, [Cité des sciences et de l’industrie], 12-14 April 2000

actes réunis et publiés par Maria Witt et Majid Ihadjadene ; programme scientifique sous la dir. de Paula Goossens ; avant-propos de Pietro Corsi ; tableaux de Jacques Poirier. Paris : Cité des sciences et de l’industrie, 2001. – XXVI-454 p. : ill. ; 24 cm. ISBN 2-86842-146-6 – Ouvrage gratuit.

par Agnès Marcetteau-Paul

« L’Elag (European Library Automation Group) est né du groupe de travail Intermarc […] constitué au début des années 1970 afin de doter les bibliothèques européennes d’un format d’échange bibliographique. » Groupe de discussion réunissant quelque 450 professionnels de l’informatisation des bibliothèques dans 27 pays européens, il organise un séminaire annuel qui permet à ses membres d’échanger autour d’un thème phare décliné à travers des exposés et des ateliers, et de s’informer sur leurs projets respectifs d’informatisation ou de ré-informatisation. Accueillie par la médiathèque de la Cité des sciences et de l’industrie à Paris, la session 2000 portait sur les convergences possibles entre archives, bibliothèques et musées 1. Tant en raison de la permanence d’une telle préoccupation que parce que le chemin parcouru depuis les débuts de l’automatisation permet d’envisager l’interopérabilité des systèmes.

Afin de cheminer « vers un modèle conceptuel commun pour les archives, les bibliothèques et les musées », les participants explorèrent complémentairement :

– les solutions techniques offertes par les technologies de l’information ;

– les questions ontologiques qui restent posées.

Solutions techniques

En développant et démultipliant leurs fonctionnalités depuis une quarantaine d’années, les technologies de l’information ont créé une véritable culture numérique et de réseau. Archives, bibliothèques et musées y ont trouvé un « incroyable potentiel » dont les mots-clés sont : l’accès en ligne, la puissance des moteurs de recherche et la numérisation. Réalisations, expérimentations et projets témoignent à l’envi de possibilités offertes en matière de gestion des flux de travail et des documents, d’accès global aux contenus, de convivialité des portails et des architectures clients serveurs, de vitesse des échanges, ou de liens et hyperliens.

Mais si ces évolutions technologiques ont « considérablement favorisé la coopération, la convergence entre les institutions appelées ALM […] les affaires humaines sont à la base de tout », et bien des difficultés restent à surmonter pour que les différentes institutions disposent d’une « recherche intelligente commune ».

Questions ontologiques

Il s’agit en effet de trouver un langage commun. Pour ce faire archives, bibliothèques et musées doivent avoir trois préoccupations : la complémentarité de leurs fonctions et collections, constitutive d’un patrimoine culturel revisité et accessible ; la prise en compte des demandes des usagers ; la compatibilité des systèmes et métadonnées utilisés.

Le dialogue à établir passe évidemment par un approfondissement des travaux de normalisation et une mise à niveau des différentes institutions. Comme on le sait, c’est ce travail effectué depuis le début des années 1970 qui a permis aux catalogues de bibliothèques de devenir de véritables systèmes d’information intégrant de manière hiérarchisée des informations numériques de différents types : données, textes, images fixes et animées, sons. Dans les archives, soucieuses d’utiliser au mieux les potentialités d’Internet, se développe depuis les années 1990 l’usage du format d’échange EAD (Encoded Archival Description). Les musées quant à eux « ont été relativement rapides à tirer parti » des nouvelles technologies, mais sont confrontés à « l’incompatibilité sémantique et structurelle entre les systèmes existants ». Afin d’y remédier, le Comité international pour la documentation du Conseil international des musées (Icom-Cidoc) s’attache depuis 1994 à élaborer un « modèle conceptuel de référence (CRM) ».

Par ailleurs le degré de recoupement des différentes grilles descriptives reste jusqu’à présent très limité, puisqu’en comparant les systèmes en usage on ne dégage véritablement « qu’un critère de recherche commun pour les systèmes ALM : nom de personne ». En conséquence s’« il est possible de définir un profil Z39.50 pour tout le secteur ALM [… celui-ci] ne serait pas d’une grande utilité pour de nombreux utilisateurs ».

Rien ne pourra se faire sans que les différents acteurs acceptent d’élargir et de renouveler leurs horizons conceptuels, de redéfinir et de confronter leurs pratiques afin de constituer des outils véritablement conviviaux, et d’offrir à l’utilisateur « un résultat complet homogène et récupérable » conforme à ses attentes : « An environment to bring together collections, services and people. » En plaçant l’utilisateur et ses attentes au cœur de la chaîne de l’information, il s’agira de dégager des formats cohérents et homogènes de description et des systèmes performants de métadonnées.

L’objectif final reste lointain, et le travail à effectuer considérable. Mais la démarche proposée par Elag aux archives, bibliothèques et musées constitue bien une réponse d’actualité à une préoccupation permanente des institutions documentaires et patrimoniales et des professionnels de l’information : la nécessité d’une approche pluridisciplinaire capable d’allier la spécificité des métiers et l’unicité de la démarche culturelle. D’autre part si, comme les éditeurs des actes le rappellent dans la préface, ceux-ci ne peuvent constituer qu’un jalon dans « le développement très rapide des technologies » 2, ils constituent un intéressant instrument de travail : en réunissant et confrontant différentes démarches, en s’inscrivant dans une dimension pleinement européenne 3, en fournissant une riche bibliographie.

  1.  (retour)↑  Souvent dénommés ici ALM (archives, libraries and museums), la langue de travail d’ELAG étant l’anglais.
  2.  (retour)↑  Que les nombreux sites Internet signalés permettront d’actualiser.
  3.  (retour)↑  On se reportera en particulier aux rapports des 37 institutions originaires de 19 pays, qui constituent la troisième partie de l’ouvrage.