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Bibliothèques et recherches sur la lecture

Un échange fructueux : 1955-2001

Nicole Robine

Au sein du développement des recherches en sociologie de la lecture, les bibliothèques constituent un terrain privilégié. Elles sont au cœur de la bataille pour la démocratisation de l’enseignement secondaire et de la culture, elles sont considérées et utilisées comme un enjeu politique. Portées par un courant idéologique né au début du XIXe siècle, elles cherchent à occuper une position nodale dans l’école et dans la cité 1.

En abritant, en accompagnant, ou en utilisant des travaux de sociologie de la lecture, les responsables des bibliothèques ont progressivement voué leurs espaces de lecture, leurs équipements et leurs collections au(x) lecteur(s).

L’invention du lecteur, du plus lettré au plus humble, constitue probablement la principale découverte de la sociologie de la lecture dans la deuxième moitié du XXe siècle. Les théories de la lecture, depuis Jean-Paul Sartre jusqu’à Michel Picard, en passant par Lucien Goldmann, Hans Robert Jauss et Wolfgang Iser, font du lecteur lettré l’élément central du texte littéraire 2. Au contraire, les nombreuses recherches empiriques qui se sont succédé depuis cinquante ans, confrontent le lecteur ordinaire, familier ou éloigné des livres, assidu ou non d’une bibliothèque, avec ses pratiques personnelles, ses usages ou ses évitements de lecture, avec son art d’utiliser au quotidien l’imprimé, ses substituts et leurs outils d’accès 3.

Les multiples facettes de la recherche empirique en bibliothèque ne prennent sens que si elles sont replacées dans le contexte des intérêts et des préoccupations des recherches plus générales en sociologie de la lecture. Les bibliothèques et leurs lecteurs peuvent en être l’objet direct ou un élément dans le cadre d’une recherche plus vaste. Accueillant des publics multiples et ondoyants parmi lesquels tous les âges, toutes les classes sociales et toutes les motivations se rencontrent, offrant des collections patrimoniales aussi bien que des informations pratiques, présentes dans l’école, les entreprises, les villes, les villages, et sur les routes, les bibliothèques proposent aux chercheurs des domaines inépuisables de recherches allant du simple constat jusqu’à l’explication, de l’expérimentation jusqu’à l’évaluation.

Les relations entre les chercheurs en sociologie de la lecture (qui sont quelquefois aussi des bibliothécaires) et la recherche sur la lecture en bibliothèques s’élaborent en trois temps. Ces temps correspondent à des périodes culturelles, à des étapes sociales, à des courants d’idées pouvant être approximativement délimités et datés par la publication de travaux empiriques. Ils sont scandés par des décisions officielles orientant les politiques culturelles et les politiques d’éducation. Ces périodes se chevauchent. Si l’impulsion générale relève d’une volonté de démocratiser, d’élargir et de faciliter l’accès à la lecture, la recherche et l’action en bibliothèques prennent des tournures différentes selon les périodes.

La dénonciation des inégalités et des interdits précède la connaissance des pratiques des lecteurs et des exclus de la lecture. Il s’agit ensuite d’évaluer le rôle de la médiation culturelle.

Première période • Dénoncer les inégalités et aplanir les obstacles à la lecture, 1955-1973

Dresser un constat de la situation permet la dénonciation des inégalités sociales et des interdits. La connaissance des obstacles à la lecture implique la recherche et la mise en œuvre de moyens pour y remédier.

Constater l’état de la lecture dans son contexte

Les grandes enquêtes sur la lecture menées auprès d’échantillons représentatifs de l’ensemble de la population française présentent des résultats attendus, mais elles ont le mérite de les quantifier. Que ce soit la première enquête de l’Institut français d’opinion publique (IFOP) pour la revue Réalités, les enquêtes commanditées par le Syndicat national des éditeurs en 1960 et 1967, ou l’étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) sur Les comportements de loisirs des Français 4, publiée en 1970, toutes confirment le lien entre le niveau d’études, le niveau de revenu, l’habitat urbain et le fait d’être lecteur de livres. La faible diffusion du livre apparaît nettement. En 1960, la majorité des Français perçoivent les institutions et les initiatives culturelles telles que les bibliothèques, les prix littéraires ou les clubs de livres comme bénéfiques, mais destinées aux autres. Notion ambiguë, le livre tient plus de place dans l’irréel des valeurs toutes faites transmises par le discours scolaire et par les élites de la culture que dans la réalité des comportements et des pratiques.

Au début de cette période, l’obligation scolaire s’arrête à 14 ans. Seulement 25 % des enfants entrent en sixième et peuvent poursuivre une scolarité secondaire. En 1967, La Voix de l’édition publie les résultats d’une enquête auprès de 6 400 enseignants. Les deux tiers mentionnent la présence d’une bibliothèque de classe, c’est-à-dire d’un placard contenant des livres, et le dixième celle d’une bibliothèque d’établissement 5.

Quelle que soit l’époque, tous les rapports soulignent le retard et les carences de toutes les bibliothèques françaises et les comparent avec le modèle anglo-saxon 6. Beaucoup de bibliothèques municipales (BM) ressemblent à des entrepôts de livres, et seul l’employé de bibliothèque, juché sur une échelle, a accès aux rayons où s’alignent des livres noirs. Le libre accès et son corollaire, la classification Dewey, s’organisent à partir des années cinquante jusqu’aux années soixante-dix.

En 1962, Jean Coignet 7 analyse le fonctionnement et l’offre de lecture des deux villes pilotes de l’époque. La municipalité de Bordeaux, grâce à l’action de Louis Desgraves, applique une politique d’implantation d’annexes de prêt dans les quartiers de la ville. À Tours, René Fillet choisit une politique de desserte scolaire. À Tours, le nombre de prêts, de l’ordre de 61 000 en 1957, s’élève en 1960 à 424 000 après le transfert dans un bâtiment nouveau. En 1964, les BM desservent 3,4 % de la population urbaine. Des commerces de location de livres, souvent complémentaires de librairies, assurent le prêt dans les grandes villes. Ils disparaissent quand les annexes de BM prennent le relais. La situation est pire dans les bibliothèques centrales de prêt (BCP), dont beaucoup de départements attendent d’être dotés. Près de la moitié du personnel des BM, notamment dans les annexes de prêt, n’a aucune formation professionnelle. Pourtant, le volume de Mélanges offert à Jean Bleton, inspecteur des bibliothèques, témoigne des efforts que la réorganisation de la lecture a représentés 8. Dans de nombreuses bibliothèques, qu’elles soient d’entreprises, paroissiales ou de lecture publique, sévissent de forts interdits moraux et politiques.

Avec André Malraux, le premier des ministres chargés des Affaires culturelles, de 1959 à 1969, « l’action par la culture devient une affaire d’État et la revendication démocratique triomphe » 9. La culture prend place pour la première fois dans le IVe Plan (1962-1965). Même si les orientations dessinées par les Plans ne trouvent leurs réalisations que bien plus tard, ceux-ci jouent un rôle directeur pour la culture jusque vers 1975. Les maisons de la culture, érigées à partir de 1961, puis les centres d’action culturelle doivent irriguer la culture de haut niveau dans les publics les moins favorisés. Malheureusement, ils profitent surtout aux plus favorisés.

Conduire une recherche-action

Face à ces constats désastreux se dressent les militants de la culture. Ils sont souvent en accord avec l’esprit nouveau qu’insuffle la politique culturelle de Malraux. Qu’ils soient chercheurs en sociologie de la lecture, et/ou animateurs de mouvements pour la culture populaire, et/ou bibliothécaires, tous engagent (ou contribuent à) une recherche-action pour développer la lecture de qualité dans les classes défavorisées. Leurs enquêtes servent l’action militante. Elles renforcent leur engagement pragmatique et alimentent la réflexion sociologique sur les aspects politiques et les enjeux de la lecture.

C’est en partie dans les bibliothèques ou pour leur développement et leur aménagement que tout un ensemble des recherches différentes et convergentes va s’exercer. La majorité d’entre elles sont conduites par des personnalités devenues emblématiques.

En 1956, une longue enquête prouve que l’enfant des zones rurales, dépourvu de contacts avec la culture, s’intéresse à la lecture dès que livres et matériels d’animation lui sont proposés. Le premier filtre culturel est bien géographique 10. Dès 1957, les enquêtes de Jean Hassenforder concernent les goûts et les attitudes des lecteurs dans les bibliothèques publiques. Chercheur à l’Institut pédagogique national, il réunit tout un partenariat de bibliothécaires, de documentalistes et d’enseignants de lycées, de collèges, de centres d’apprentissage. Il publie leurs enquêtes dans les revues Éducation et bibliothèques et Le courrier de la recherche pédagogique. Ensemble, ils agissent pour la mise en place de bibliothèques dans le secteur scolaire, et ils fondent la section des petites et moyennes bibliothèques au sein de l’Association des bibliothécaires français. Jean Hassenforder considère la bibliothèque comme le pivot de l’instruction et de l’éducation permanente. L’association de bibliothécaires « Lecture et bibliothèques » à Cambrai publie sa thèse d’État sur La bibliothèque institution éducative 11. Dans une vaste synthèse d’enquêtes sur la lecture des jeunes, il relie les intérêts scolaires aux intérêts au cours du temps libre, et dénonce le manque de bibliothèques scolaires et municipales pour les jeunes 12. Il participe aux travaux de l’équipe du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de Joffre Dumazedier, cofondateur avec Benigno Cacérès du mouvement d’éducation populaire « Peuple et culture ». Tous considèrent que la connaissance des mentalités, des aspirations et des besoins réels des classes populaires est indispensable pour l’éducation permanente. L’enquête réalisée à Annecy entre 1956 et 1975 montre que bibliothèques, librairies et points de vente du livre n’offrent pas toujours les produits et les services correspondants aux besoins des classes sociales défavorisées. Les obstacles à la lecture sont culturels et sociaux 13.

Réalisée à l’initiative du conservateur des bibliothèques de Lyon, Henri-Jean Martin, une minutieuse enquête révèle que les obstacles à l’inscription en bibliothèque proviennent d’une mauvaise information et du refus des contraintes d’emprunt. Les résultats de l’enquête permettent d’améliorer les services rendus par les bibliothèques de Lyon 14.

Comment mettre la littérature et le livre au service des classes populaires ? interroge Robert Escarpit, professeur à l’université de Bordeaux. Dans Sociologie de la littérature 15, il prend en compte tous les types de textes et pas seulement la grande littérature, toutes les catégories de lecteurs et pas seulement le lecteur lettré. Sa réflexion s’engage sur la littérature hors du texte. Et la recherche-action concerne les bibliothèques d’entreprises de la région bordelaise. Dans le but de faire entendre la voix du lecteur populaire, il organise à trois reprises un prix littéraire décerné par un public d’ouvriers et d’employés assidus des bibliothèques d’entreprises. Parmi ses nombreux autres travaux, l’enquête sur Le livre et le conscrit 16 réalisée dans le centre de sélection militaire de Limoges, dévoile des niveaux de faible lecture, jusqu’alors insoupçonnés, dans des catégories de populations culturellement déshéritées et réputées incultes. Les motivations et les goûts de lecture se distribuent selon les classes sociales. Le recueil Le littéraire et le social insiste sur la lecture comme processus de communication 17.

Un ouvrage officiel français, publié à l’occasion de l’année internationale du livre, proclamée par l’Unesco en 1972, souligne l’apport de la recherche empirique pour la connaissance des publics et la genèse des attitudes vis-à-vis du livre 18.

Rompant avec l’esprit de conservation, les bibliothécaires vont à la rencontre du lecteur, munis des techniques d’animation inventées par les organismes d’éducation populaire. Dans les années soixante, ils utilisent les fiches de lecture diffusées par l’association « Peuple et culture ». Ils organisent des « veillées lecture » selon la technique du Comité laïque de lecture publique, affilié à la Ligue de l’enseignement. Jean Nazet, inspecteur de l’Éducation nationale, crée « le livre vivant ». Les bibliothécaires s’appuient sur des associations et des cercles de lecteurs. Une querelle s’engage sur les qualifications nécessaires pour assurer l’animation en bibliothèque. De 1960 à 1970-1975, toute la France du livre a les yeux rivés sur la bibliothèque de Saint-Dié dans les Vosges, dont le conservateur Albert Ronsin pratique une efficace animation d’éclat. À la fin des années 1970, l’animation semble presque la panacée pour mener les récalcitrants à la lecture. Le concept ne cesse de s’élargir. À la demande du Service des études et recherches du ministère de la Culture, Bernadette Seibel, sociologue, conduit des travaux d’évaluation sur l’animation dans les BCP et dans les BM 19.

Le développement économique, la hausse des niveaux de vie, la mécanisation, la croissance des médias qui amplifient le discours des militantset des sociologues de l’éducation, accompagnent (ou contribuent à) la promulgation de l’ordonnance de 1959 sur l’obligation scolaire portée à 16 ans, et, à partir de 1963, la possibilité encore théorique de l’accès pour tous à l’enseignement secondaire. Plusieurs recherches remarquent que le livre de loisir et le livre scolaire ne se rejoignent presque jamais. En 1973, le pourcentage des Français inscrits dans une bibliothèque atteint 13,7 %.

Tous les militants pensent que les enfants et les adolescents liront quand la littérature de jeunesse leur sera gratuitement proposée, et quand l’instruction secondaire, dont bénéficient les classes dominantes, leur sera économiquement accessible. Le livre au format de poche, créé en 1953, cristallise bien des espérances.

Deuxième période • Connaître les pratiques des lecteurs et comprendre les pratiques des exclus de la lecture, 1974-1997

Après mai 1968, les luttes idéologiques s’affrontent dans le domaine conjugué de l’éducation et de la culture. Elles sont d’autant plus vives que la foi dans la démocratisation culturelle devient un mythe effondré. Il paraît indispensable de confronter les chiffres de fréquentation des moyens de la culture (et de la lecture) avec la réalité et les modalités des pratiques dans la vie quotidienne des Français.

En 1977, l’application de la réforme Haby oblige tous les enfants à entrer dans l’enseignement secondaire. Une majorité ne possède pas de livres chez elle et n’a jamais vu ses parents lire, hormis des magazines. L’échec scolaire, inventé dans les années soixante pour les élèves de l’école primaire, atteint les nouveaux élèves du premier cycle des collèges.

Il devient indispensable de décrire et d’analyser les pratiques sociales des familiers des livres et des groupes éloignés de la culture livresque. Il s’agit de savoir si les services et missions des bibliothèques sont adaptés à l’ensemble des groupes sociaux et aux évolutions scolaires en cours.

Décrire et analyser les pratiques

La notion de pratique apparaît au moment où les industries culturelles envahissent l’avant-scène sociale. Construite dans le temps, la pratique est répétitive. Elle contribue à l’élaboration d’un habitus.

Le Service des études et recherches, devenu le Département des études et de la prospective du ministère de la Culture, publie quatre enquêtes intitulées Les pratiques culturelles des Français, en 1974, 1982, 1990 et 1998. Elles sont conduites selon la même méthodologie, afin de voir émerger la progression attendue de la démocratisation culturelle et lectorale. La répartition des lecteurs par nombre de livres lus au cours d’une année constitue la référence centrale. La lecture, pratique individuelle, relève le plus souvent d’une pratique de groupe. La famille ou la classe sociale d’aspiration exerce plus d’influence que le niveau personnel d’instruction. Malgré l’importance des investissements matériels et humains, et après une embellie en 1982, la lecture intensive baisse. Mais le nombre de Français lecteurs d’au moins un livre dans l’année croît.

En 1989, l’enquête de l’INSEE sur Les pratiques de loisirs fait apparaître le poids des habitudes sociales. Elle dénonce aussi la baisse de la lecture, en particulier chez les jeunes, malgré les stratégies culturelles du ministère de l’Éducation nationale (avec la multiplication des bibliothèques centres documentaires dans les écoles primaires, et des centres de documentation et d’information dans les collèges et lycées) et du ministère de la Culture. Entre 1971 et 1985, le nombre de BM double, et, vers 1985, chaque département possède une bibliothèque circulante. Le livre a conservé son caractère de pratique légitime et cultivée et, en même temps, s’est dévalorisé en se banalisant.

Ces enquêtes extensives ne permettent pas d’expliquer l’origine de la régulation des pratiques et des très faibles pratiques. Le ministère de la Culture commandite alors des enquêtes qualitatives auprès de publics réputés faibles lecteurs ou exclus de la lecture.

En 1984, année où la découverte de l’illettrisme traumatise les Français 20, les résultats de l’enquête sur Les jeunes travailleurs et la lecture 21 confirment le faible rôle joué par les bibliothèques, les librairies et l’école. Ils insistent sur le caractère privé de la lecture en milieu culturel défavorisé et sur l’importance de l’affectivité. L’enquête sur Les lectures précaires 22 montre que les prétendus non-lecteurs lisent. Leurs pratiques se différencient des pratiques cultivées, et les modèles de la culture légitime les dominent.

Ces enquêtes contribuent à démocratiser la notion de culture, et la notion de lecture est rénovée sur le même modèle. Lire n’est plus seulement lire de grands auteurs, mais passer du temps avec toutes sortes d’imprimés. Les bibliothécaires s’interrogent sur la façon d’accueillir et de mieux satisfaire des publics faibles lecteurs, tout en conservant leurs usagers habituels le plus souvent issus des classes moyennes.

Évaluer les services des bibliothèques

D’autres enquêtes confirment la distance entre les bibliothèques et les publics qu’elles désirent gagner. Ces travaux inspirent des aménagements et une nouvelle façon d’offrir les livres et de nouveaux services.

La presse et des services audiovisuels apparaissent dans les années soixante-dix dans les bibliothèques. Ce sont des appâts. Leur usage est censé conduire aux livres. Les désirs énoncés par les différentes classes sociales sont contradictoires. Mais les représentations de la BM chez ceux qui ne l’ont jamais fréquentée correspondent à l’image qu’en ont gardée ceux qui l’ont abandonnée 23. L’aide culturelle aux plus démunis ne passe pas par les bibliothèques, malgré les efforts des bibliothécaires. Le capital culturel détermine à la fois les choix de lectures, leur mode d’accès au sein de la bibliothèque, et les représentations de la bibliothèque. Les classes sociales se distinguent dans l’usage de l’audiovisuel 24 comme dans la fonction différenciée jouée par le service de prêt de livres.

Le Service des études et de la recherche de la Bibliothèque publique d’information (BPI, inaugurée en 1977) conduit des recherches d’évaluation des usages et des services. L’accumulation de documents en libre accès, et la classification décimale universelle (CDU) génèrent l’embarras du choix et l’angoisse du choix. Ruses et marquages personnels permettent de baliser l’espace afin de restreindre le choix 25. Les jeunes travailleurs, en 1984, manifestent la même crainte. La difficulté de choisir détruit l’envie de lire. Les logiques d’usage de la bibliothèque ne correspondent pas aux logiques conceptuelles des bibliothécaires. La classification Dewey est remise en cause et Brigitte Richter, conservateur, organise la médiathèque du Mans selon une classification par centres d’intérêt. Les résultats des enquêtes en milieux défavorisés, ou à la BPI suscitent une foule d’améliorations concernant les délais de prêt, les retards, l’accueil, la conception des fichiers, la signalétique, la traduction en clair de la CDU ou de la Dewey, etc.

À partir des modes de réception des textes, l’enquête de Jacques Leenhardt fait apparaître des systèmes de valeurs et des systèmes de lecture selon les groupes sociaux 26. Une conception unique de la bibliothèque ne peut plaire à tous.

Politiciens de la culture, chercheurs et professionnels découvrent qu’il existe tout un éventail de pratiques et de relations à la lecture. Leurs interrogations déterminent un retour à l’action culturelle. Une nouvelle politique s’est engagée en 1981.

Troisième période • Évaluer le rôle de la médiation culturelle, 1985-2001

Avec l’informatisation de la société, les sciences de l’information et de la communication envahissent le champ scientifique. La majorité des jeunes poursuivent une scolarité jusqu’à dix-neuf ans. La présence des livres se multiplie dans toute la France. La bibliothèque fait place à la médiathèque, et les bibliothèques du tiers réseau 27 deviennent très nombreuses. En 1981, 14,3 % des Français (âgés de 15 ans et plus) fréquentent une bibliothèque, ils sont 21 % en 1997. En plus des publics traditionnels, il s’agit d’accueillir 28 les nouveaux adolescents, les nouveaux étudiants, des demandeurs d’emplois de tous âges et de toutes conditions, des retraités, etc. Bibliothécaires et documentalistes, dont le recrutement se modifie, reçoivent une solide formation technique à la bibliothéconomie et aux nouvelles technologies.

La notion de médiation culturelle se trouve au centre de la problématique socioculturelle de la lecture 29. Elle est arbitrage entre des résistances et des conflits. Elle se situe à la fois au niveau de l’usage des outils de la recherche d’information, et au niveau du conseil et de la prescription de lectures, fournis par les agents de la médiation.

Décrire les usages des outils de la médiation culturelle

Les recherches approfondissent les travaux réalisés à la BPI au cours de la période précédente. De courageuses enquêtes effectuées pour la plupart par des bibliothécaires révèlent que la mise en scène de l’offre des livres et des outils (fichiers informatisés ou non, classifications, signalétique) ne rencontre pas toujours les pratiques de recherches et de choix des imprimés par les usagers 30. À la demande du Service des études et de la recherche de la BPI, le communicologue Eliseo Véron 31 étudie l’usage des espaces en libre accès dans les BM. L’observation des comportements devant les rayonnages remet en question le dogme de la « bonne classification ». La meilleure est celle dont chacun a l’habitude. Véron remarque l’exacte correspondance entre le discours du conservateur et l’agencement des espaces de lecture.

Les travaux conduits dans les bibliothèques universitaires 32 soulignent qu’une formation secondaire ou universitaire n’induit pas nécessairement l’usage des outils bibliothéconomiques.

Discerner l’offre de lecture est une opération hautement qualifiée. Les outils documentaires contribuent à construire une familiarité avec les livres. Inversement, c’est parce qu’il y a appropriation, habitus culturel, que le lecteur se sert des outils. Le rapport à l’espace offrant des livres, et aux outils de recherche, et leur mode d’utilisation changent avec la motivation ou le besoin du document recherché 33.

Soucieux de rapprocher livres et documents des publics, les bibliothécaires s’efforcent de simplifier le parcours intellectuel et matériel qui conduit à l’acte de lecture. Dans les années 1970, il s’agit d’apprendre aux usagers à se servir de la bibliothèque. Dans les années 1980, les bibliothécaires veulent mieux adapter la présentation des fonds en libre accès et les outils aux usagers. Depuis 1995, l’informatisation des catalogues, la mise à disposition des cédéroms et d’Internet avec les documents numériques puis l’e-book conduisent à un retour à l’éducation des usagers 34.

Ainsi les enquêtes quantitatives et qualitatives éclairent le rapport en réseau de l’offre, de la médiation et de la demande. Évaluer les effets de l’offre, et comprendre les modes d’appropriation qui résultent des effets de l’offre permettent de penser l’offre et d’éviter de mener une politique de la demande qui serait désastreuse.

Évaluer le rôle des agents de la médiation

Depuis les années cinquante, tous les rapports d’enquête, quel que soit leur terrain, expriment le besoin de dialogue des lecteurs, usagers réguliers ou sporadiques des bibliothèques. L’échec scolaire et sa conséquence, l’illettrisme, donnent davantage de pertinence à cette question depuis la décennie quatre-vingt. Il ne s’agit plus de savoir où vont les livres ni qui les lit, mais qui a prescrit le livre.

Les enquêtes soulignent la très faible perception par les jeunes du rôle des médiateurs – qu’ils soient bibliothécaires, documentalistes, enseignants, parents. Les jeunes lecteurs déclarent en majorité qu’ils choisissent leurs livres tout seuls. Ils préfèrent se renseigner auprès des copains et utiliser les circuits des sociabilités 35, même si l’influence des professeurs est prépondérante. Les adultes méconnaissent l’action des élus et du ministère de la Culture dans la diffusion des biens culturels 36. Ils disent s’informer par le « bouche à oreille » plus que par les médias pour choisir leurs lectures.

Si le rôle des médiateurs est mal perçu, leur emprise ne cesse de croître grâce à une mobilisation sans précédent de tous les acteurs 37. Une didactisation des pratiques de lecture, y compris des lectures de loisirs, l’accompagne.

En 1989, chez les adolescents de 12 ans, l’école et sa bibliothèque jouent un rôle de négociateur entre la famille et le livre. Elles atténuent les handicaps culturels des enfants de milieux défavorisés. Mais l’ambiance livresque de la famille augmente les chances de lire de l’enfant, quel que soit le niveau culturel et économique des parents. En 1993, l’enquête menée aussi par François de Singly, auprès de jeunes de 15 à 28 ans, dénonce la séparation devenue artificielle entre le livre scolaire et le livre de loisir. Le sociologue redoute la scolarisation de toutes les lectures. La BM est le lieu où se réconcilient les deux types de lectures 38, même si une partie des lecteurs l’abandonne au bout d’un an 39. Sans les bibliothèques, la chute de la lecture serait encore plus accentuée.

La fragilité de l’engagement dans la lecture est encore soulignée par l’enquête conduite pendant quatre ans auprès des mêmes élèves entre la classe de quatrième et la terminale 40. Les jeunes de 15 à 32 ans, usagers des BM, réclament des médiateurs du livre pour les guider dans la bibliothèque comme dans les textes. Complément essentiel du lycée, la BM constitue un espoir de surmonter ses handicaps culturels 41. La création de postes de médiateurs du livre confirme que la demande de médiation est comprise. Elle suscite des travaux d’évaluation de cette médiation 42.

Toutes ces démarches visent l’appropriation du livre par le lecteur. Mais l’appropriation s’opère à partir d’une initiative personnelle et dans un investissement affectif. Plus les médiations et les médiateurs sont divers, mieux l’individu peut exercer sa liberté de lecteur 43.

Conclusion

Ce survol panoramique d’un demi-siècle d’échanges et de partenariat entre les bibliothèques de toutes obédiences et la recherche en sociologie de la lecture révèle un entrelacs au maillage serré. La recherche induit l’action dans les bibliothèques et l’action suscite de nouvelles recherches empiriques. Innovations, améliorations de services, ciblage des publics, ajustements impliquent des évaluations. Les enquêtes sont une praxis en vue d’un résultat. Elles aident à dégager les priorités d’action dans les domaines conjugués des acquisitions, de la présentation et de la communication. Elles confortent l’expérience professionnelle des bibliothécaires.

Les travaux empiriques peuvent inspirer, soutenir ou confirmer l’action des bibliothèques en direction de leurs publics. Mais la décision appartient aux professionnels des bibliothèques, en accord avec les élus ou avec les services ministériels qu’ils ont sensibilisés aux problèmes. Les trois périodes de recherche correspondent à trois étapes dans la prise de conscience politique des missions des bibliothèques, mais aussi à trois temps d’investissements financiers.

Le succès des nouvelles médiathèques, les chiffres de fréquentation toujours en hausse dans la population française attestent du chemin parcouru en cinquante ans 44. L’analyse des représentations liées aux bibliothèques en général prouve le changement des mentalités à leur égard.

  1.  (retour)↑  Jean Hassenforder, La bibliothèque institution éducative, Cambrai, Association Lecture et bibliothèques, 1972 ; Anne-Marie Bertrand, Les villes et leurs bibliothèques, légitimer et décider, Paris, Éd. du Cercle de la librairie, 1999, coll. « Bibliothèques ».
  2.  (retour)↑  Jean-Paul Sartre, Qu’est-ce que la littérature ?, Paris, Gallimard, 1948 ; Lucien Goldmann et al., Littérature et société, problèmes de méthodologie en sociologie de la littérature, Bruxelles, Université libre, Éd. de l’Institut de sociologie, 1967 ; Hans Robert Jauss, Pour une esthétique de la réception, Paris, Gallimard, 1978 ; Wolfgang Iser, L’acte de lecture, théorie de l’effet esthétique, Bruxelles, Pierre Mardaga Éd., 1985 ; Michel Picard, La lecture comme jeu, essai sur la littérature, Paris, Éd. de Minuit, 1986.
  3.  (retour)↑  Nicole Robine, La lecture des livres en France d’après les enquêtes, 1955-1990, Thèse d’État, Bordeaux 3, 1997, 3 vol.
  4.  (retour)↑  Institut français d’opinion publique, « Ce que lisent les Français », Réalités, n° 114, juillet 1955, p. 54-59 ; Institut de recherches économiques et sociales, Études sur la lecture et le livre en France, Paris, Syndicat national des éditeurs, 1960 ; Institut français d’opinion publique, La clientèle du livre, Paris, Syndicat national des éditeurs, 1967.
  5.  (retour)↑  « Le livre et l’écolier », La voix de l’édition, de la presse et de l’audiovision, mars-avril 1967, n° 77, p. 2.
  6.  (retour)↑  Ce modèle n’est pas nouveau. Cf. Jean Hassenforder, Développement comparé des bibliothèques publiques en France, en Grande-Bretagne et aux États-Unis dans la seconde moitié du XIXe siècle (1850-1914), Paris, Éd. du Cercle de la librairie, 1967.
  7.  (retour)↑  Jean Coignet, Études d’équipements culturels, t. II, Les bibliothèques, Paris, SEDES, [1962], p. 20.
  8.  (retour)↑  Mélanges Bleton, Construction et aménagement des bibliothèques, Paris, Éd. du Cercle de la librairie, 1986.
  9.  (retour)↑  Évelyne Ritaine, Les stratèges de la culture, Paris, Fondation nationale des sciences politiques, 1983, p. 65.
  10.  (retour)↑  M.-Th. Maurette, Hélène Gratiot-Alphandéry (dir.), et al., Loisirs et formation culturelle de l’enfant rural, Paris, Presses universitaires de France, 1956.
  11.  (retour)↑  Jean Hassenforder, op. cit., 1972. L’association regroupe des bibliothécaires militants, tels qu’Odile Altmayer, Michel Bouvy, Geneviève Patte, Noë Richter…
  12.  (retour)↑  Jean Hassenforder, « Loisirs et éducation, les intérêts des jeunes de quinze et seize ans dans les loisirs et l’enseignement », Le courrier de la recherche pédagogique, n° 30, mai 1967.
  13.  (retour)↑  Joffre Dumazedier, Aline Ripert, Le loisir et la ville, t. I, Loisir et culture, Paris, Éd. du Seuil, 1966 ; Joffre Dumazedier, Nicole Samuel, Le loisir et la ville, t. II, Société éducative et pouvoir culturel, Paris, Éd. du Seuil, 1976.
  14.  (retour)↑  Livres et lecteurs à Lyon. Six enquêtes psychosociologiques en 1965-1967, Lyon, Imprimerie nouvelle lyonnaise, 1968.
  15.  (retour)↑  Robert Escarpit, Sociologie de la littérature, Paris, Presses universitaires de France, 1958.
  16.  (retour)↑  Robert Escarpit, Nicole Robine, A. Guillemot, Le livre et le conscrit, Paris, Éd. du Cercle de la librairie, 1966.
  17.  (retour)↑  Robert Escarpit (dir.), Le littéraire et le social, Paris, Flammarion, 1970.
  18.  (retour)↑  Julien Cain, Robert Escarpit, Henri-Jean Martin (dir.), Le livre français, hier, aujourd’hui, demain, un bilan, Paris, Imprimerie nationale, 1973.
  19.  (retour)↑  Bernadette Seibel, L’animation dans les bibliothèques centrales de prêt, Paris, Ministère de la Culture, 1978 et Bibliothèques municipales et animation, Paris, Dalloz, 1983.
  20.  (retour)↑  Bernard Lahire, L’invention de l’« illettrisme », rhétorique publique, éthique et stigmates, Paris, Éd. de la Découverte, 1999.
  21.  (retour)↑  Nicole Robine et al., Les jeunes travailleurs et la lecture, Paris, La Documentation française, 1984.
  22.  (retour)↑  Joëlle Bahloul, Lectures précaires, étude sociologique sur les faibles lecteurs, Paris, Bibliothèque publique d’information, 1988.
  23.  (retour)↑  L’expérience et l’image des bibliothèques municipales, Paris, Ministère de la Culture, 1979 ; « L’empreinte de la bibliothèque » dans M. Naffrechoux, P. Parmentier, F. Porto-Vasquez, Trois études sur la lecture, Paris, GIDES, 1981 ; Anne-Marie Bertrand et Jean-François Hersent actualisent la même enquête. Ils en publient les premiers résultats, « Les usagers et les bibliothèques municipales », BBF, 1996, t. 41, n° 6 ; Collectif, Les bibliothèques municipales et leurs publics, pratiques ordinaires de la culture, Paris, Bibliothèque publique d’information, 2001.
  24.  (retour)↑  Jean-Claude Passeron, Michel Grumbach (dir.), L’œil à la page, enquête sur l’introduction d’une documentation audiovisuelle dans huit bibliothèques publiques, Paris, Bibliothèque publique d’information, 1985.
  25.  (retour)↑  Jean-François Barbier-Bouvet, Martine Poulain, Publics à l’œuvre, pratiques culturelles à la BPI du Centre Pompidou, Paris, BPI, 1986 ; Christophe Evans, La BPI à l’usage, 1978-1995, analyse comparée des profils et des pratiques des usagers de la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou, Paris, BPI, 1998 et Christophe Evans et al., Les habitués, le microcosme d’une grande bibliothèque, Paris, BPI, 2000.
  26.  (retour)↑  Jacques Leenhardt, Pierre Jozsa, Martine Burgos, Lire la lecture, essai de sociologie de la lecture (1982), Paris, L’Harmattan, 1999.
  27.  (retour)↑  Claudie Tabet, La bibliothèque « hors les murs », Paris, Éd. du Cercle de la librairie, 1996, coll. « Bibliothèques ».
  28.  (retour)↑  Martine Poulain, « Les publics des bibliothèques », p. 227-249, dans Martine Poulain et al., Lire en France aujourd’hui, Paris, Éd. du Cercle de la librairie, 1993, coll. « Bibliothèques ».
  29.  (retour)↑  Jean-Marie Privat, Yves Reuter (dir.), Lectures et médiations culturelles, Presses universitaires de Lyon, 1991.
  30.  (retour)↑  Anne Dujol, Le clair et l’obscur, perception et usages de la classification par le public de la BPI, Paris, BPI, 1985 ; Joëlle Le Marec, Dialogue ou labyrinthe, la consultation des catalogues informatisés par les usagers, Paris, BPI, 1989. Pour les bibliothèques universitaires ou municipales, cf. BBF, 1989, t. 34, n° 6.
  31.  (retour)↑  Eliseo Véron, Espaces du livre, perception et usage de la classification et du classement en bibliothèque, Paris, BPI, 1989 et « Des livres libres : usage des espaces en libre accès », BBF, 1988, t. 33, p. 430-443.
  32.  (retour)↑  Emmanuel Fraisse (dir.), Les étudiants et la lecture, Paris, PUF, 1993 ; Mohamed Dendani, Pascal Reysset, « Les usages sociaux de la bibliothèque universitaire, le cas des lettres et sciences humaines à l’université de Provence », BBF, 2001, t. 46, n° 1, p. 13-23.
  33.  (retour)↑  Nicole Robine, « Relais et barrières, la perception de l’aménagement de l’espace par les usagers dans les lieux de prêt et de vente des livres », p. 115-125, dans Jean-Marie Privat, Yves Reuter, op. cit.
  34.  (retour)↑  Alban Daumas, « Comment préparer les lecteurs à mieux utiliser les bibliothèques », BBF, 1974, t. 19, n° 4, p. 213-228 ; Nicole Robine, « Le chercheur dans la bibliothèque de recherche », BBF, 1977, t. 22, n° 7, p. 413-448 ; voir d’autres enquêtes dans le BBF, 1999, t. 44, n° 1.
  35.  (retour)↑  Christiane Etévé, Jean Hassenforder, Odile Lambert, « Rôle du collège dans le développement des lectures de l’enfant à l’adolescent », Inter-CDI, nov.-déc. 1987, n° 90, p. 15-24 et Christiane Etévé, Odile Lambert-Chesnot, « Les collégiens et leurs lectures », L’école des Lettres, mai 1989, n° 11, p. 91-106 ; Martine Burgos, Christophe Evans, Esteban Buch, Sociabilités du livre et communautés de lecteurs, trois études sur la sociabilité du livre, Paris, BPI, 1996.
  36.  (retour)↑  Cf. le sondage : « La place de la culture dans la vie des Français », Le Monde de la musique, avril 2001, n° 253, p. 6-12.
  37.  (retour)↑  Jean Foucambert et l’Association française pour la lecture rendent compte de multiples actions dans la revue Les actes de lecture.
  38.  (retour)↑  François de Singly, Lire à 12 ans, une enquête sur les lectures des adolescents, Paris, Éd. Nathan, Observatoire France-Loisirs de la lecture, 1989 ; François de Singly, « Les jeunes et la lecture », Les dossiers Éducation et Formations, 1993, n° 24 et 25.
  39.  (retour)↑  Claude Poissenot, Les adolescents et la bibliothèque, Paris, BPI, 1997.
  40.  (retour)↑  Christian Baudelot, Marie Cartier, Christine Detrez, Et pourtant ils lisent…, Paris, Éd. du Seuil, 1999.
  41.  (retour)↑  Michèle Petit, et al., De la bibliothèque au droit de cité, parcours de jeunes, Paris, BPI, 1996. Ces jeunes, issus des banlieues défavorisées, sont en majorité d’origine étrangère.
  42.  (retour)↑  Guido De Ridder, « Médiateurs du livre, animateurs ou missionnaires », p. 253-274, dans Bernadette Seibel (dir.), Lire, faire lire, des usages de l’écrit aux politiques de lecture, Paris, Le Monde Éd., 1995 ; Annie Jogand, « Médiateurs du livre, état des lieux », BBF, 1998, t. 43, n° 5, p.18-21.
  43.  (retour)↑  L’engagement militant peut agir comme médiateur de lectures, cf. Gérard Mauger, Claude F. Poliak, Bernard Pudal, Histoires de lecteurs, Paris, Éd. Nathan, 1999.
  44.  (retour)↑  François Rouet, La grande mutation des bibliothèques municipales, Paris, Ministère de la Culture, 1998 et Développement culturel, octobre 1998, n° 126.