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Les Bibliothèques publiques en Belgique

points de comparaison avec le Québec

sous la direction de Réjean Savard. Montréal : École de bibliothéconomie et des sciences de l’information, 2000. – 136 p. + annexes ; 28 cm. ISBN 2-920537-16-4

par Dominique Arot

Cette étude est l’aboutissement d’un voyage d’études accompli en Belgique par sept étudiants de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’université de Montréal (EBSI) sous la direction de leur professeur, Réjean Savard, bien connu des lecteurs du BBF. À l’intérieur de la Belgique, ce sont les bibliothèques de la Communauté française qui ont particulièrement retenu l’attention des étudiants.

Trois parties

Ce rapport est organisé en trois parties : structure organisationnelle et typologie, fonctionnement interne et organisation des services, aménagement, services technique et informatique. La première partie permet tout particulièrement de mieux connaître le cadre législatif et réglementaire qui régit l’activité des bibliothèques belges francophones ; à l’inverse, les bibliothécaires québécois (comme leurs amis français !) appellent de leurs vœux une loi. La deuxième partie, en analysant le fonctionnement des services et leur offre aux publics, met en lumière un plus grand nombre de convergences dans les approches belges et québécoises. La troisième partie, plus directement bibliothéconomique, décrit les pratiques de catalogage et d’indexation des bibliothèques de la patrie d’Otlet et Lafontaine. Rien d’étonnant à retrouver dans ce chapitre les éléments d’une confrontation entre Classification décimale universelle et classification Dewey, inspirées par des traditions bibliothéconomiques différentes.

Bibliothéconomie comparative

Au-delà de l’aspect purement descriptif de l’activité de ces quelques bibliothèques belges, c’est l’entreprise de bibliothéconomie comparative qui retient l’attention, avec une acuité d’autant plus grande que ces deux communautés francophones – belges et québécoises – coexistent dans leur pays avec d’autres communautés linguistiques, flamandes et germanophones dans le cas de la Belgique, anglophones dans le cas du Québec. Autre trait commun, les réseaux de bibliothèques francophones semblent moins bien dotés et moins performants que ceux des communautés voisines. Les responsables de l’enquête risquent quelques explications déjà avancées par d’autres auteurs dans des travaux précédents : la relation au livre, différente selon qu’il s’agit des Églises catholiques ou protestantes, et, plus prosaïquement, et de manière sans doute plus déterminante, le poids d’une conjoncture économique moins favorable.

On excusera d’autant plus facilement quelques naïvetés ou maladresses, propres à l’inexpérience d’étudiants, que se trouvent réunis fort opportunément dans ce volume des textes de référence et des tableaux comparatifs inédits, et de précieuses notes bibliographiques, le tout dans une présentation simple, mais d’une grande lisibilité.