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Impressions, une petite histoire des techniques graphiques.

Lyon : Musée de l'Imprimerie, 1999. - 1 cédérom pour Mac et Pc. 300 F/45,73 euros.

par Mireille Vial

Avec le cédérom Impressions, le musée de l'Imprimerie de Lyon met à la portée de tout un chacun un panorama historique particulièrement attractif de l'impression sous toutes ses formes. Le propre d'un cédérom étant justement de présenter de façon agréable, sinon ludique, des sujets quelquefois ardus, on peut dire que cette « petite histoire des techniques graphiques » répond bien à cet objectif.

Les auteurs ont distingué quatre périodes historiques, déterminées par les évolutions techniques ou par des faits de société : les premiers siècles, de 1450 à la fin du XVIIIe siècle; la révolution industrielle, du début du XIXe siècle à 1880; la diffusion de masse, de 1880 à 1945; la révolution numérique, de 1945 à demain.

C'est donc la chronologie qui guide d'abord le « lecteur ». Effectivement les portes qui ferment le générique s'ouvrent sur une salle de style un peu futuriste qui forme le pivot du cédérom. C'est de ce point que l'on accède aux quatre périodes. Dans chacun de ces chapitres nous retrouvons les mêmes rubriques : les techniques, l'esthétique, les produits, le contexte. Seule la dernière période a un contenu légèrement différent.

Le foisonnement de photos et la variété des documents présentés attestent de la richesse du sujet bien sûr, mais aussi de celle du musée. Les textes sont concis et très clairs. Des processus quelquefois très complexes sont décortiqués et expliqués, schémas et extrait vidéo à l'appui (époque 1 : la fabrication de la lettre, ou époque 4 : l'impression numérique, par exemple). Les spécialistes ont su s'adapter ici à un large public.

Grâce au « chronoscaphe », on peut passer de la typographie « Elzévir » au Figaro à la linotypie (rubrique « Esthétique »), ou bien encore d'un assignat de 1789 à la couverture de Marie-Claire de 1936 et à la boîte de sardine en métal imprimé. Donc un condensé de qualité et où l'on trouve tout ce que l'on a toujours voulu savoir sur le sujet. Chacun peut découvrir à son rythme et selon ses inclinations de larges pans de l'aventure de l'imprimé.

Du point de vue esthétique, les écrans, assez dépouillés et bien lisibles, sont déclinés dans la couleur attribuée à chaque période. La variété de présentation des documents n'est jamais déroutante. La typographie est agréable (cela s'imposait…), même si les textes paraissent quelquefois un peu écrasés. Les textes enregistrés résument le sujet au survol de la souris, et permettent ainsi de savoir avant d'aller plus loin ce que l'on va découvrir.

Il est toutefois dommage de ne pas avoir accès à des plans plus rapprochés sur au moins certaines photos. Leur petite taille et le manque de netteté peuvent nuire à leur lisibilité. Ainsi certaines pages de titre sont un peu trop étroitement « massicotées ». L'écran-sommaire, en rupture avec l'esthétique générale, est surprenant au premier abord, d'autant plus qu'il faut obligatoirement passer par deux écrans pour changer de période. Mais une fois dans le vif du sujet, on peut tout simplement utiliser le « chronoscaphe » : ce gros bouton style « guerre des étoiles » permet de sauter d'une période à l'autre en restant dans le même sujet. C'est à peu près la seule interactivité du cédérom. Dans une même époque, la navigation est très facile par retours successifs sur des boutons très explicites, ou en cliquant sur les photos elles-mêmes. Le « feuilletage » des photos n'est véritablement possible que dans les parties « Produits » et « Esthétique ». Ailleurs il est moins précis.

Ce cédérom qui annonce clairement sa raison d'être – « une petite histoire » – peut trouver sa place dans un fonds ouvert au plus large public qui pourra ainsi mieux appréhender le domaine si vaste et si important pour notre société de l'imprimé. Par la qualité des documents (malgré la moins bonne qualité de quelques reproductions) et le professionnalisme des textes, il peut aussi servir de premier recours pour une recherche plus spécialisée. On aurait peut-être aimé y voir une bibliographie même sommaire en complément (idée fixe de bibliothécaire ?).

On espère après cette visite virtuelle que le public ira visiter in vivo ce musée qui manifestement en vaut la peine.