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Bibliothéconomie et sciences de l'information en Suède

Catharina Stenberg

Lars Höglund

La bibliothéconomie et les sciences de l’information sont désormais en passe de constituer une discipline universitaire à part entière dans les pays scandinaves. Les programmes d’études conçus à l’intention des bibliothécaires ont participé de façon importante à cette évolution, de même que les activités de recherche et le nouveau programme de thèse organisé dans les universités.

Cet article se propose de décrire la situation actuelle et les orientations qui se dessinent depuis vingt à trente ans, afin de mieux situer les possibilités aujourd’hui ouvertes aux chercheurs. Seront également évoquées des décisions récentes qui ont permis à l’organisation de la recherche de se développer. Seront enfin décrites en quelques mots les activités poursuivies dans ce cadre, en particulier les études portant sur la lecture et l’histoire des bibliothèques, l’utilisation de l’information, la recherche documentaire et l’exploitation des documents.

Historique

Il y a environ un quart de siècle que l’École nationale de bibliothéconomie et de sciences de l’information de Suède (Institutionen Bibliotekshögskolan) est installée à Borås, ville qui compte environ 100 000 habitants. L’ancien Premier ministre, Ingvar Carlsson s’honorait, dit-on, d’avoir doté sa ville natale de cette institution.

La quasi-totalité des bibliothécaires suédois ont donc été formés à Borås. Le cursus suivi était très différent du système français. Le titre de « bibliothécaire » (bibliotekarie) leur était en effet décerné au bout de deux ans d’études par la seule école de Borås, et il n’existait pas, par exemple, de formation spécialisée pour devenir conservateur des bibliothèques. Tous les étudiants ayant terminé avec succès leurs études recevaient un diplôme de bibliotekarie.

Leur progression dans la carrière dépendait ensuite de la bibliothèque où ils étaient affectés. Mais qu’ils envisagent de travailler dans une bibliothèque universitaire ou dans une bibliothèque publique, c’est à Borås qu’ils effectuaient leurs études.

En Suède, où les bibliothèques publiques sont une vieille tradition – elles sont apparues avec les mouvements d’éducation populaire qui s’efforçaient de mettre le livre à la portée de tous –, il n’est pas très étonnant qu’aujourd’hui comme hier une majorité d’étudiants en bibliothéconomie choisissent la filière de la lecture publique. Les autres optent pour une formation leur permettant de travailler, soit dans une bibliothèque universitaire, soit dans une bibliothèque d’entreprise.

Cette organisation des études de bibliothéconomie a été, voici quelques années, remaniée en profondeur par une audacieuse ouverture sur la recherche et la création à l’université de Göteborg d’un département de recherche en bibliothéconomie et sciences de l’information qui coopère étroitement avec l’université de Borås. De nouveaux programmes d’études ont également été introduits dans d’autres universités, même si l’école de bibliothécaires de Borås reste la plus importante en matière de formation professionnelle et continue d’accueillir la majeure partie des étudiants.

La recherche en bibliothéconomie est longtemps restée « éclatée » entre plusieurs disciplines universitaires. A partir des années 60, toutefois, le gouvernement débloqua des crédits pour encourager dans ce domaine la poursuite de travaux ayant essentiellement trait à la documentation scientifique et technique. Les sciences de l’information prirent leur essor avec l’introduction des bibliographies informatisées et la mise sur pied de services de documentation, mais dans un premier temps, l’effet sur le système universitaire proprement dit fut des plus limités. A cette époque, on comptait sur les doigts d’une main les groupes de recherche travaillant de façon permanente dans le cadre universitaire, et ce n’est que bien des années plus tard que les résultats de leurs travaux ont engagé le gouvernement à proposer la création d’une chaire d’enseignement, ouverte à l’université de Göteborg, non loin de Borås.

L’existence de l’École nationale de bibliothéconomie et les tendances alors observées sur le plan international conduisirent à définir le contenu de cet enseignement de façon très large : la bibliothéconomie et les sciences de l’information sont nées des questionnements liés au transfert des informations et des données culturelles inhérentes à tout document, quel qu’il soit. Leur objet est d’étudier le processus qui, rapporté aux objectifs et au contenu, correspond à la fourniture et à la diffusion de l’information et de la culture, aussi bien dans les différentes disciplines des sciences sociales et humaines qu’en technologie.

En faisant sienne cette définition, la chaire de bibliothéconomie et de sciences de l’information de Göteborg s’assigne en pratique un champ d’études très large. L’ambition ainsi affirmée procède également d’une politique de rapprochement avec les quatre séminaires spécialisés proposés aux étudiants en maîtrise de l’université de Borås. Il faut enfin souligner que l’enjeu est d’importance puisque ce cursus est à l’heure actuelle le seul à préparer des doctorants, non seulement en Suède mais en Scandinavie, dans la mesure où la Norvège et le Danemark ne disposent pas encore d’un programme d’études comparable.

L’ancien diplôme de bibliothécaire décerné par l’École de bibliothéconomie et de sciences de l’information de Borås a été supprimé et remplacé il y a environ cinq ans par une préparation à la maîtrise. Des cursus similaires ont également été mis en place dans les universités d’Umeå, de Lund et d’Uppsala. Ils s’étendent en principe sur quatre ans : deux consacrés à la bibliothéconomie et aux sciences de l’information, deux autres au moins comprenant des cours dans d’autres matières. Les étudiants choisissent leurs mémoires de maîtrise dans l’un des quatre séminaires portant sur différents aspects de la discipline.

Vingt-cinq étudiants sélectionnés parmi de nombreux candidats sont à l’heure actuelle inscrits en thèse. Quelques doctorats ont déjà été soutenus et ce programme d’études, organisé en collaboration avec les autres pays nordiques, rencontre un succès croissant.

L’intégration de la recherche à l’enseignement supérieur n’est toutefois qu’en partie réalisée, dans la mesure où les cours de troisième cycle sont organisés à l’université de Göteborg et les cours de maîtrise dans celle de Borås. Aussi a-t-il été décidé de confier à cette dernière la partie proprement universitaire de l’enseignement de Göteborg. Ce plan, approuvé tout récemment, devrait déboucher sur une organisation compétitive de la recherche à l’école de Borås. Il doit s’accompagner de la création de quatre nouvelles chaires d’enseignement spécialisées dans un domaine particulier de la bibliothéconomie et des sciences de l’information.

Suivant en cela les recommandations du programme national sur l’égalité des sexes, le gouvernement suédois a en outre pris la décision de réserver à une femme l’une des chaires de l’École de bibliothéconomie et de sciences de l’information afin de remédier à la surreprésentation masculine dans les postes de professeur titulaire. Ces changements, qui vont dans le bon sens, sont exceptionnellement prometteurs.

Les recherches suédoises en bibliothéconomie

Les recherches sur le livre et la lecture remontent au moins au début du siècle et sont donc bien antérieures à l’ouverture du département de recherche en bibliothéconomie et sciences de l’information de l’université de Göteborg. Elles se sont considérablement multipliées à partir de 1964, entre autres et surtout du fait de la création, à l’initiative du professeur Lars Furuland, d’une section de sociologie de la littérature à l’université d’Uppsala (2).

Plusieurs thèses ont été publiées depuis sur le phénomène de la lecture, sur les écrivains, les éditeurs, la critique et… les bibliothèques, afin d’étudier par exemple l’importance de ces dernières au sein du monde du livre.

Pour l’équipe de sociologues de la littérature d’Uppsala, les recherches sur la lecture publique sont essentiellement interdisciplinaires et doivent être poursuivies en liaison avec l’université ainsi – et c’est important – qu’en contact étroit avec le travail et la formation des bibliothécaires. Depuis maintenant des années, cette équipe coopère donc avec l’École de bibliothéconomie et de sciences de l’information de Borås.

Les thèses soutenues dans ce domaine à l’université d’Uppsala portent le plus souvent sur d’anciennes bibliothèques paroissiales ou des bibliothèques ouvrières. D’autres abordent cependant des thèmes différents, comme la thèse de Margareta Björkman qui décrit notamment le succès rencontré au début du XIXe siècle par les romans récréatifs français auprès des lecteurs francophones fréquentant la catégorie de bibliothèques à laquelle elle s’intéresse (1).

Vers la fin des années 60, afin d’offrir à tous les Suédois un accès plus équitable à l’écrit, le gouvernement suédois a par ailleurs encouragé, via le ministère de l’Éducation, des recherches en sociologie de la littérature menées en dehors de l’université autour d’enquêtes ambitieuses sur la diffusion du livre à tous les échelons de la société. Les questions liées aux bibliothèques prirent alors une importance particulière.

Au début de la décennie 80, le gouvernement lança une enquête d’envergure sur les bibliothèques publiques. Elle donna notamment lieu à une étude approfondie sur les habitudes des lecteurs adultes vis-à-vis du prêt des ouvrages de fiction dans vingt-quatre bibliothèques publiques, et la façon dont ces dernières procèdent au choix des titres, ce dans une perspective privilégiant les critères de qualité littéraire (10).

Les bibliothèques pour la jeunesse et l’attitude des enfants à l’égard de la fiction firent l’objet d’une recherche entamée à la fin des années 80 par une équipe de chercheurs de l’université de Göteborg placée sous la direction de Kristian Wåhlin, le premier directeur du département de bibliothéconomie et de sciences de l’information qui venait d’être créé dans cette institution (12). Ce projet, qui s’attachait à comprendre la popularité de certains livres, permit de formuler des hypothèses sur la lecture enfantine et la réception de la fiction par le jeune public. Les chercheurs purent établir que les livres lus par les 266 enfants de leur échantillon venaient de trois sources différentes : la bibliothèque familiale, la bibliothèque d’amis proches et la bibliothèque municipale.

Histoire des bibliothèques et enseignement pour adultes

Une équipe de chercheurs rattachée à l’université de Linköping travaille sur l’enseignement pour adultes et a inclus dans son programme de nombreuses études sur les bibliothèques. Parmi les thèmes étudiés, on trouve notamment la redéfinition de la mission des bibliothèques universitaires, le rôle des bibliothécaires dans la formation continue, ou bien les bibliothèques, les femmes et la formation continue.

Aujourd’hui maître de conférences, Maj Klasson a rédigé sa thèse (6) dans cette équipe de recherche en pédagogie de l’université de Linköping ; après avoir occupé un poste de bibliothécaire, elle fait aujourd’hui partie du personnel scientifique de Borås et Göteborg.

L’histoire des bibliothèques suédoises attire elle aussi de nombreux chercheurs. Magnus Torstensson, maître de conférences à l’École de bibliothéconomie et de sciences de l’information de Borås, a soutenu sa thèse sur le développement des bibliothèques publiques suédoises de 1890 à 1920 (11) en s’y intéressant sur les plans local, régional et national. Une perspective comparatiste est adoptée à l’égard des bibliothèques publiques d’un certain nombre de villes comme Borås, Gävle, Göteborg et Halmstad.

On a là quelques exemples de la recherche bibliothéconomique telle qu’elle se mène en Suède sous l’angle des sciences humaines, et liée à la sociologie de la lecture et de la littérature.

Bibliothéconomie, recherche d’informations et recherche documentaire

Il sera ici question d’approches quelque peu différentes, mais tout aussi importantes, qui concernent plus directement la recherche d’informations et la recherche documentaire. Après avoir souligné les évolutions qu’elles ont connues au cours des trente dernières années, seront mentionnés certains des projets d’ores et déjà engagés par le département de bibliothéconomie et de sciences de l’information de l’université de Göteborg.

Plusieurs études sur la communication scientifique ont été lancées dans le courant des années 70. L’équipe de recherche « Inforsk » de l’université d’Umeå s’est ainsi intéressée aux besoins documentaires de différentes catégories professionnelles et à l’usage qu’elles font de l’information. Travaillant avec les méthodes de la sociologie et de la communication de masse, ces chercheurs ont analysé l’utilisation de l’information chez les ingénieurs, dans l’entreprise au sens large et dans les milieux universitaires. Ils ont également étudié les réseaux de communication informels et les interactions entre les canaux de communication officieux et officiels. Le rapport sur la « Communication scientifique » rédigé par deux d’entre eux (4) rend compte de la plupart des enquêtes dont s’est chargée cette équipe.

Son programme de recherches portait par ailleurs sur la performance des centres documentaires, des bibliothèques et des services de documentation, en l’évaluant du point de vue de l’utilisateur. Les bibliothèques universitaires y ont été intégrées dans un deuxième temps.

L’équipe, qui s’est aujourd’hui spécialisée dans les méthodes bibliométriques, essaie notamment de déterminer comment la science peut être décrite et analysée à partir des publications scientifiques et des modèles qui ont cours en matière de citation (14). Si ces travaux relèvent de la sociologie, d’autres volets du programme dépendent directement de la chaire relativement récente que le professeur Lars Höglund dirige à l’université de Göteborg.

Le programme des thèses soutenues dans ce département couvre différents sujets qui ont trait aux auteurs, aux bibliothèques et aux utilisateurs de supports d’information traditionnels ou modernes. Certains doctorants utilisent des méthodes qualitatives pour étudier la typologie des comportements liés à la recherche documentaire. Parmi les groupes ainsi observés, figurent par exemple les lycéens (7), ou les doctorants eux-mêmes (9). D’autres travaux analysent l’idéologie de la bibliothèque en tant qu’institution (3), ou la conduite et l’évaluation des programmes de réforme des bibliothèques (13).

L’évolution des bibliothèques publiques

L’un de nos programmes de recherche porte sur les bibliothèques publiques et la façon dont elles évoluent pour s’adapter aux changements sociaux, aux restrictions budgétaires et aux innovations introduites par la technologie informatique. Il s’agit là d’un projet à long terme qui suivra sur plusieurs années l’évolution de vingt bibliothèques préalablement sélectionnées. Sa dimension historique n’exclut pas, bien au contraire, un examen attentif des problèmes qui se posent aujourd’hui aux bibliothèques, aux bibliothécaires et aux utilisateurs. Ce projet vise entre autres à pallier l’absence de descriptions contemporaines de l’organisation des bibliothèques publiques. De plus, même si tout le monde s’accorde à penser que les bibliothèques publiques sont censées défendre un certain nombre de valeurs, à ce jour peu de travaux montrent comment elles s’acquittent de ce rôle en pratique et quels sont les obstacles susceptibles de les en empêcher.

Il semble ainsi que les bibliothèques publiques auraient pour fonction de soutenir la formation continue, la lecture enfantine, la démocratie (en mettant gratuitement les informations à la disposition de tout un chacun), l’enseignement officiellement dispensé, la culture et les livres de qualité. On peut en outre estimer que leur mission consiste aussi à contribuer au développement de la ville ou de la région dans laquelle elles sont insérées, à faciliter l’intégration des immigrés et des étrangers au sein de la communauté, à répondre aux besoins éducatifs et culturels d’une partie de plus en plus importante de la population. Ce programme devra également aborder des questions d’ordre politique en s’interrogeant sur les priorités traditionnellement établies et en examinant les différents rôles possibles de la bibliothèque de demain. Une de ses priorités essentielles est bien sûr de montrer comment les bibliothèques ont commencé à changer, puis de dégager les influences qui conditionneront leur avenir. Cerner cet objectif à long terme exige de poursuivre des recherches sur plusieurs années.

Le fonctionnement des services documentaires

Quant aux bibliothèques spécialisées, elles font depuis quelque temps l’objet d’études de fond. Au cours des vingt dernières années, une demi-douzaine de thèses ont été présentées en sociologie, en pédagogie et, pour certaines, également en bibliothéconomie et sciences de l’information. L’une d’entre elles traite de l’informatisation des catalogues de bibliothèque entamée à l’échelle du pays entre 1970 et 1980 (8). D’autres apportent des éclaircissements sur la fréquentation des bibliothèques universitaires, la nécessité de former les utilisateurs et les changements apparus dans le comportement de ces derniers.

La reconduite, à dix ans d’intervalle, d’une étude quantitative menée en 1983 sur la consultation au sein d’une bibliothèque, montre ainsi que, dans le laps de temps qui correspond à l’informatisation et à la réorganisation de l’établissement, les utilisateurs n’ont que peu modifié leurs schémas de comportement, au moins en ce qui concerne l’utilisation des sources. En revanche, la manière dont ils se procurent l’information a changé un peu plus nettement, ce qui tient principalement à l’augmentation des crédits accordés aux projets de recherche dans la mesure où ces financements, en facilitant l’achat direct de documents, dispensent dans une certaine mesure de consulter les collections de bibliothèque (15).

On compte à l’heure actuelle plusieurs projets consacrés aux services de documentation des sociétés privées. Bien que la plupart des chercheurs s’intéressent avant tout au secteur productif fondé sur une spécialisation du savoir, leurs travaux portent aussi sur les sociétés de service et les petites entreprises. Si l’exploitation de l’information est manifestement du domaine des spécialistes des sciences de l’information, elle est aussi de plus en plus présente au sein même de l’entreprise. Une des études menées dans le département de bibliothéconomie et de sciences de l’information de Göteborg s’efforce précisément de clarifier les rapports entre culture d’entreprise, exploitation de l’information et performance. Elle a toutefois été confiée à trois doctorants qui poursuivent des travaux dans ce domaine.

L’organisation des connaissances et la recherche documentaire représentent un autre secteur important, à l’origine d’activités de recherche et de travaux en cours. Une première thèse fut soutenue sur ce sujet en 1977 (Lindqvist). Dernièrement, les universités de Göteborg et de Borås ont regroupé les équipes qui travaillaient sur ce domaine dans le Centre de recherche sur la technologie de l’information, qui publie une nouvelle revue et organise un séminaire. Cet encouragement à la recherche n’est pas un cas isolé dans les pays nordiques. En 1996, plusieurs articles sur l’organisation des connaissances ont été publiés dans un numéro spécial de la publication Bibliothéconomie suédoise (Swedish Library Research). Mais, vu l’ampleur de la tâche, nous manquons cruellement d’universitaires et de chercheurs disposant des qualifications nécessaires en recherche documentaire et en organisation des connaissances.

Il faut également mentionner le lancement d’un centre de recherche spécifiquement consacré à la politique culturelle, vaste concept qui bien sûr englobe les bibliothèques au même titre que les autres institutions culturelles. Ce centre, qui est rattaché au nouveau département de recherche constitué grâce à la fusion des ressources de Borås et de Göteborg, doit fonctionner en réseau avec d’autres disciplines et d’autres universités. Il a d’ores et déjà impulsé un certain nombre de projets. Sa création s’accompagne de la publication d’une revue et d’un bulletin.

L’expansion des recherches

Cette nouvelle discipline ouvre des pistes intéressantes à la recherche. Elle va susciter des études sur l’informatique, la sociologie et d’autres matières qui, à l’avenir, toucheront de près à notre domaine. Le nouveau programme de thèses du département de bibliothéconomie et de sciences de l’information offre à cet égard aux étudiants des possibilités de recherche qui n’existaient pas auparavant. Bien que ces conditions soient très encourageantes, il est essentiel que nous disposions dans un futur proche de résultats de recherche susceptibles d’être non seulement communiqués à d’autres disciplines, mais aussi diffusés dans les milieux non universitaires.

Les recherches et les thèses engagées en bibliothéconomie et en sciences de l’information connaissent aujourd’hui une phase d’expansion et de consolidation dans les pays nordiques. Les questions qui se posent, et que nous n’avons qu’évoquées dans ces pages, sont essentielles malgré leur côté encore expérimental. Le nombre de problèmes à ce jour irrésolus est immense.

Cette nouvelle discipline universitaire qui demande à s’affirmer et à se développer amène à réexaminer les cadres théoriques et les méthodes d’analyse. Selon les points de vue, il faudrait privilégier un cadre théorique défini, par exemple, en fonction des perspectives de la recherche documentaire, ou s’appuyer plutôt sur un cadre institutionnel inspiré par une perspective historique ou humaniste. Nous pensons pour notre part qu’il est indispensable d’intégrer plusieurs perspectives et de considérer que ce domaine admet des approches différentes, même si toutes visent à mieux comprendre la fonction des bibliothèques et des services de documentation, ainsi que la transmission des informations et de la culture au sens large.

Décembre 1997