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Le Succès des bibliothèques publiques

des exigences à préciser

Jean-Claude Utard

Les interrogations sur les missions des bibliothèques publiques ne datent pas de ce jour, bien que la presse professionnelle insiste aujourd’hui bien plus qu’hier sur la diversité des missions, l’hétérogénéité des publics et des demandes et sur la difficulté à faire vivre ensemble usagers, pratiques et objectifs si différents.

D’où une interrogation parfois angoissée sur la nature et les compétences du métier de bibliothécaire et sur les politiques des établissements. Or, et au risque de surprendre, ces questions se posent grâce aux succès obtenus et aux limites et défis nouveaux qu’ils recèlent et apportent.

Le succès d’un modèle ?

Les bibliothèques de lecture publique sont au cœur de la modernité, car elles correspondent aux trois modèles de cette dernière.

Un modèle de communication

Les bibliothèques sont aujourd’hui dégagées de l’image classique et poussiéreuse liée à la seule conservation, et à tous les choix qu’une telle conception pouvait entraîner (la salle d’étude à l’étage noble et celle de prêt dans le hall glacial, ou cachée derrière l’escalier). De ce point de vue, et même s’il reste toujours quelques établissements à rénover, sur le plan des principes, le modèle de la communication a gagné sous ses trois aspects les plus significatifs :

– proposition d’espaces non hiérarchisés et non immédiatement discriminants, où l’accueil du plus large public est admis, et que seule la fonction (réserve, salle de consultation de tel type de document) différencie. Il n’y a plus de distinction entre le noble et le pérenne d’une part et le séculier d’autre part. Je ne donnerai qu’un seul exemple de ce modèle conquérant : le fait que même la Bibliothèque nationale de France s’y rallie avec son haut de jardin... dont l’ouverture est d’autant plus méritoire qu’elle s’est faite en grande partie contre l’avis du public habituel... 1 ;

– la généralisation du libre accès : les salles d’étude et les bibliothèques spécialisées l’adoptant par transfert de la partie la plus consultée de leurs magasins. Aujourd’hui, l’usager est reconnu comme libre de ses mouvements et de ses choix et la norme est celle de son autonomie, avec tout ce que cela nécessite de signalétique, d’aménagement des espaces et d’OPAC..., la médiation du bibliothécaire entre le document et le lecteur n’étant surtout pas à imposer 2 ;

– l’intégration de tous les types de documents. Plus aucun obstacle, plus aucun refus doctrinal ne sont mis à la présence en bibliothèque des documents audiovisuels, des terminaux d’ordinateurs (que ce soit pour interroger bases de données ou Internet), des cédéroms, etc. Sur le plan des principes, le mutimédia est dorénavant acquis, tant dans l’esprit des collectivités et administrations de tutelle que dans celui des bibliothécaires... même si, sur le plan des moyens budgétaires, nous en sommes encore loin.

Un modèle de consultation

Mettre des documents de nature diverse en libre accès, c’est admettre que l’usager vient en ne sachant pas nécessairement au départ ce qu’il veut, qu’il n’a pas obligatoirement une recherche ou un besoin précis, ou qu’il peut même s’en détourner. C’est encourager ce que toutes les enquêtes sociologiques mettent en évidence quant à l’appréhension des collections : les usagers furètent, grappillent, adoptent des repères visuels, passent d’un document à un autre, et même, pire, des rayons livres au secteur audiovisuel...

Cet usage banalisé du document, cette manière souple de passer d’un sujet à un autre, de ne rien lire du début à la fin, et même ce non-usage des collections – car on vient aussi dans les bibliothèques pour ne rien emprunter, pour y sortir sa propre documentation et y faire ses devoirs, pour s’y retrouver – sont parfaitement comparables au modèle nouveau de la lecture proposé par Daniel Pennac 3.

Ce modèle a d’ailleurs été plébiscité par les bibliothécaires et les libraires, nombre de ceux-ci allant jusqu’à en afficher les « commandements ». Il tourne autour de quelques libertés hautement affirmées : celle de lire comme celle de ne pas lire, celle de ne point terminer une lecture commencée, celle de sauter des passages et de tourner des pages, etc. Il va à l’encontre du modèle que la lecture lettrée certifiait il n’y a pas si longtemps.

Ajoutons que ce marivaudage en bibliothèque... vaut largement l’hypertexte... et que l’emprunt ou la simple consultation vont de pair avec l’abandon progressif du besoin de possession de document, ou tout au moins de la bibliothèque personnelle de travail ou de culture. Celle-ci n’est plus désormais un signe d’appartenance à un milieu cultivé et cette attitude désinvolte par rapport au livre semble se généraliser dans les catégories étudiantes autrefois lettrées 4.

Un modèle d’ouverture

Si nombre de collègues se plaignent de la difficile cohabitation de publics hétérogènes, c’est bien parce que ceux-ci se retrouvent aujourd’hui en bibliothèques publiques. Celles-ci sont devenues, en France, avec le super ou l’hypermarché... et l’hôpital, le seul lieu où se côtoient tous les âges, toutes les classes ou professions, toutes les origines, même si l’harmonie idéale en est parfois un peu perturbée.

En ce sens, et même s’il faut se prémunir contre toute réappropriation par une catégorie, ou s’il ne faut pas croire qu’un public de masse est forcément originaire de toutes conditions sociales, la crainte des sociologues des années 70 que la seule offre culturelle n’entraîne pas automatiquement une démocratisation de celle-ci est sérieusement à nuancer...

Nombre des nouveaux lecteurs et usagers ne sont pas les habitués de naguère, d’où le désarroi de certains collègues face à une non-reconnaissance du caractère culturel de la bibliothèque : il y a les usagers qui se croient au club vidéo du coin et réclament le « rayon porno », ceux qui y trouvent essentiellement un lieu de sociabilité ou de liberté ou qui le détournent de ses usages (le grand retour du scolaire avec des classes d’élèves y préparant leurs devoirs et allant jusqu’à y réclamer du soutien...), sans parler des multiples demandes sociales nouvelles (dans la lutte contre les exclusions, les handicaps, l’illettrisme, etc.) 5.

De ce succès découlent des défis nouveaux, qui sont parfois vus comme des limites, ou tout au moins des rançons.

Le constat des limites

Ces limites sont évidemment dépendantes des moyens financiers accordés, souvent insuffisants au regard des nombreuses missions attribuées aux bibliothèques. Cependant, ces moyens en eux-mêmes sont à justifier : on ne peut donc évacuer une réflexion sur l’état présent, sur les obstacles ou limites rencontrés, surtout lorsque ceux-ci ne sont pas du seul ordre matériel et qu’ils renvoient également à des attitudes et habitudes du public, ou des bibliothécaires eux-mêmes.

Quatre principales limites peuvent être distinguées.

Le poids du quantitatif

Si les bibliothèques sont de plus en plus envahies, à toute heure de la journée, et menacées de sur-fréquentation, certaines catégories de personnes ne sont-elles pas encore laissées de côté ? L’accès libre et l’anonymat bénéficient à une importante population, mais qu’en est-il de ceux qui auraient besoin d’un accueil plus chaleureux et différencié, comme ceux qui connaissent une situation de plus ou moins grande exclusion et en particulier d’exclusion de la culture ?

Le public des grandes médiathèques centrales de plusieurs milliers de mètres carrés, pour massif qu’il soit, demeure encore un public assez sélectionné. Alors que celui des annexes et petites bibliothèques de quartier est plus populaire, moins familier de la culture et du livre, plus éloigné des normes culturelles.

L’exclusion aujourd’hui peut prendre des formes subtiles : il ne s’agit plus de laisser des publics à la porte ; il suffit de les laisser à eux-mêmes, sans conseils ni pédagogie, pour mieux constater ensuite qu’ils ne savent pas se servir de l’offre proposée ou qu’ils ne savent pas adopter les normes et codes d’usage.

Ce non-accueil de certains publics peut d’autant plus exister que les équipes des grands établissements sont facilement submergées. Elles ont du mal à dépasser la gestion des flux et des prêts. Elles ont peu de temps, souvent, pour se consacrer à la qualité, qu’elle soit véritable relation de renseignement et de conseil ou travail en profondeur avec de petits groupes (soutien scolaire, groupes de lectures adolescents ou adultes, accueil de personnes en réinsertion sociale, en réapprentissage de la lecture-écriture, etc.), qui réclament un fort investissement sur un long terme.

Rien là d’inévitable, mais une dérive potentielle d’autant plus forte qu’elle est encouragée par le fait que le « public vient », qu’on n’a pas le temps de « faire dans la dentelle » quand on présente la nappe à tous... et que ce peut donc être « non rentable » de ne s’occuper que de quelques groupes ou individus. Cette tendance est accentuée par les administrations de tutelle, qui souvent ne reconnaissent que le chiffre et se fient plus aux statistiques de prêt qu’aux qualités de renseignement et de relation que s’attribuent les bibliothécaires.

La tentation d’une offre moyenne

Les bibliothèques sont de plus en plus multimédias. Et l’image de modernité ainsi connotée est certes séduisante.

Mais n’est-ce pas souvent un leurre qui les fait de plus en plus ressembler à ces grandes surfaces culturelles, où la surveillance de piles remplace le choix et le conseil, et où la culture proprement dite disparaît derrière le « tout culturel » ? Où le bibliothécaire se retrouve dans une pure relation marchande, bloqué derrière sa banque de prêt à débiter du code à barres. Où, tout occupé à cette tâche, il en oublie sa force de proposition, de sélection et de médiation, sa capacité à présenter des choix, à faire vivre le fonds, à présenter et animer une véritable politique d’acquisition au service de la culture.

Car ce qui est mis en avant est, de plus en plus, le séduisant et le factice, la nouveauté seule (puisque nous sommes jugés sur elle, paraît-il), l’adaptation aux goûts déjà repérés du public, ce à l’encontre d’une véritable politique documentaire qui serait d’ailleurs complémentaire de l’offre marchande. L’obsession du prêt et de son chiffre y pousse d’autant plus que la découverte du taux de rotation des documents et du désherbage (en soi de bonnes choses, mais qui sont des notions à relativiser) conduit à oublier qu’il est aussi de nos missions d’encourager l’édition de qualité (de livres comme de disques...), celle qui prend des risques en s’intéressant aux documents à rotation lente, aux auteurs jugés difficiles. Nous avons d’autre part une mission patrimoniale, entendue non comme conservation pour l’éternité des documents, mais comme engagement sur des auteurs et des documents de la durée et non du jour et de l’instant.

La dérive évoquée plus haut est caractéristique de nombreux établissements et s’accommode d’ailleurs fort bien d’un certain mépris pour le populaire : on achète moyen, excluant ce qui est « en bas » et jugé « hors culturel », et ce qui est « en haut » car trop universitaire, trop pointu, ne rencontrant pas assez de demande (poésie et théâtre, par exemple...). Le résultat donne une culture passable et terne, sans originalité, dupliquée partout et fatalement influencée par les médias et les préjugés du jour.

Le retour des partenaires obligés

Les nouvelles missions et les nouveaux publics nécessitent de travailler avec des partenaires et des professions, dont les bibliothèques se sont souvent émancipées (en particulier l’école), sur des objectifs ou en des termes qui ne sont plus seulement les leurs.

Cela est évident pour nombre de missions sociales, qui conduisent à collaborer avec des associations, qu’elles servent de relais pour porter des livres là où la bibliothèque ne va pas, ou qu’elles se chargent d’amener ces publics dits « difficiles » ou « empêchés », de les encadrer, de leur donner des cours, etc. ; à charge pour les bibliothèques de prêter leurs locaux, leurs collections et d’offrir un accueil particulier et différencié.

Trop souvent encore, ces partenariats reposent sur le militantisme convaincu de quelques individus, plus que sur l’adhésion d’équipes entières, fortes du soutien de leurs institutions, ou sur des projets où les rôles de chacun sont clairement identifiés. Certaines formes de travail avec les associations sont, par exemple, guidées par le seul souci de la prévention, l’équipe se déchargeant du problème des éventuels éléments perturbateurs, ou prétexte au miracle attendu du « médiateur du livre » ou du « grand frère ».

Et que dire des craintes de nombreux bibliothécaires de se fondre dans le grand moule des travailleurs sociaux ou socioculturels ? Comment par exemple garder une spécificité de médiateur de la lecture plaisir et répondre à une demande scolaire de plus en plus pressante ?

D’où le besoin réitéré des bibliothécaires, voire de leurs institutions, de réaffirmer leurs distinctions. Donnons un exemple, facilement généralisable, à propos de l’accès des bibliothèques aux personnes handicapées : « Il est important que la bibliothèque ne reproduise pas l’établissement spécialisé, dont la mission est le soin, l’éducation, la formation... au moyen d’un personnel recruté dans ce sens. Les professionnels des bibliothèques doivent se démarquer de ce registre, en plaçant au premier plan la découverte du livre, l’accès aux connaissances, le plaisir de découvrir des auteurs, de participer à des animations... » 6.

La nostalgie du « bon public »

Toutes ces transformations, parfois voulues et assumées, souvent également subies, se manifestent dans la difficulté ressentie par nombre de bibliothécaires à concilier la pression de la masse et le désir d’entretenir des relations privilégiées avec un petit public de fidèles dignes, avec lesquels on pourrait enfin parler des bons livres, bons disques ou bons films. D’où le portrait du lecteur idéal, décalque du bon élève respectueux et maîtrisant les codes implicites de la bibliothèque, opposé au nouveau public souvent perçu comme fort décevant 7. Devant un public qui ne correspond ni au modèle du bon lecteur, ni à celui du « néophyte perdu » qui mériterait sa compassion et son aide, le bibliothécaire développe une réaction très ambivalente, qui lui fait parfois adopter une attitude défensive. Cela s’observe, par exemple, dans la perpétuation d’outils (langages documentaires abscons, classifications et signalétiques obscures...), destinés à maintenir l’usager sous influence et à garder plus ou moins délibérément un pouvoir sur le lecteur. Cette profession, qui parle tant de la fonction de renseignement, continue à ignorer ou dévaloriser celle d’accueil.

Il convient néanmoins de dépasser cette affirmation d’une réussite nuancée des « médiathèques victimes de leurs succès » et de poser quelques questions fondamentales sur l’avenir des bibliothèques publiques 8.

Les grands débats

A la lecture d’articles récents ou à l’écoute des journées de rencontre et de formation, trois thèmes apparaissent comme fédérateurs des attentes et des angoisses de la profession.

Une politique incitatrice

Bien évidemment, la première question rencontrée tourne autour de l’attente d’une politique : il est souvent regretté que, devant la multiplication des missions des bibliothèques, missions souvent imposées de fait, ou initiées spontanément par la profession au contact du terrain, il n’y ait pas de réponse politique des administrations et des collectivités de tutelle. La baisse assez généralisée des budgets douche sévèrement les espoirs des bibliothécaires et révèle un fossé entre les politiques, qui ont l’impression d’avoir beaucoup fait, ne serait-ce qu’en construisant des bâtiments, et les professionnels des bibliothèques, qui croyaient qu’à travers ceux-ci ils avaient acquis une visibilité et une reconnaissance de leur travail.

D’où la réapparition du vieux projet abandonné dans les années 80 : celui d’une loi sur les bibliothèques. Projet qui va bien au-delà de la défense ou de la réaffirmation d’une déontologie mise à mal par les frénésies épuratrices de quelques municipalités. Il s’agit, par croyance dans les bienfaits supposés d’une loi, d’affirmer quelques concepts et de leur donner un socle de légitimité (la bibliothèque citoyenne, la bibliothèque facteur de lutte contre l’exclusion, facteur d’intégration sociale, etc.), dans la crainte de les voir remis en cause par la municipalité ou le département.

Un partage des tâches

La multiplication des missions et des tâches, pour légitime qu’elle soit, ne peut cependant s’appliquer que dans le cadre d’un réseau de bibliothèques. Pour toutes ces nouvelles missions qui vont à la recherche de lecteurs hors des murs de la bibliothèque, il est indispensable de s’appuyer sur un réseau de partenaires institutionnels et associatifs 9.

Ce travail en réseau va, aujourd’hui, bien au-delà d’une coopération bibliothéconomique et entraîne deux obligations. La première est de déterminer une politique d’établissement. Si malaise il y a dans nombre d’équipes, si bibliothèques et bibliothécaires ne sont pas bien perçus, n’est-ce pas aussi parce que beaucoup d’établissements n’ont aucun but et aucun objectif clairement définis ? Et, du coup, ne mobilisent ni un personnel, ni une population d’usagers.

Or, un établissement ne pouvant tout faire dans son seul espace, il convient qu’il se dote, dans la grande diversité des fonctions et missions possibles, d’un projet, qui puisse être connu et débattu par son public et son autorité de tutelle, qui s’insère évidemment dans un contexte géographique et qui prenne en compte les autres acteurs de ce terrain. La liste de ceux-ci peut être longue et il convient de ne pas oublier, dans le grand élan social, que les bibliothèques gardent des missions culturelles et que libraires et éditeurs sont également des partenaires.

La seconde obligation est que tout partenariat amène à faire des choix, à les afficher et les défendre. Cela présente des risques, évoqués plus haut, mais c’est aussi une occasion extraordinaire de définir la spécificité des bibliothécaires. Car il ne s’agit pas de dissoudre l’identité des bibliothécaires dans un vague corps d’animateurs socioculturels, ce qui se passe finalement dans l’établissement où on prétend tout faire par soi-même. Au contraire, tous partenariat et coopération valables contraignent à mieux définir rôles et obligations réciproques et donc contribuent à rétablir une identité.

Une identité réaffirmée

La question de l’identité n’est pas la moindre et revient en filigrane dans nombre de débats ou d’enquêtes. Parfois censurée dans les propos publics, elle est explicite dans nombre de discussions privées ou dégagées des relations hiérarchiques.

Or, si les bibliothécaires ont obligation à intervenir dans le registre social, pédagogique ou informatif, ils ont vocation à le faire par le biais de la culture. Notre spécificité existe : le fait de choisir et de proposer des contenus. Cela implique l’engagement personnel et d’équipe, car la culture est toujours un choix, un « je » qui s’exprime et doit se transformer en « nous ». D’où la nécessité d’un projet collectif d’établissement, qui définisse des critères de sélection de documents explicités, communiqués et défendus. D’où également la nécessité de maîtriser les techniques de sélection, de présentation et d’animation des documents et des collections.

La notion de plaisir est également à conserver, surtout à un moment où la plupart des institutions, éducation en tête, la réhabilitent. Les bibliothèques publiques doivent maintenir l’idée qu’elles ont partie liée avec le plaisir, plaisir de lire, d’écouter, de voir, de découvrir et que le bibliothécaire peut justement être, par ses choix et sa capacité à les soutenir, un passeur ; même si ces choix doivent se décliner sous de multiples formes et pour de nombreux publics.

Toutes ces inquiétudes et interrogations sont finalement saines et heureuses. Qu’il n’y ait pas de modèle unique de bibliothèque publique, qu’il soit nécessaire de déterminer et choisir des objectifs, d’adopter des politiques d’établissement ou de réseaux et de défendre celles-ci, d’en débattre avec des interlocuteurs, de négocier enfin avec des partenaires, cela prouve simplement que les bibliothèques publiques sont entrées dans l’ère de la démocratie.

Avril 1997

  1.  (retour)↑  Christian Baudelot, Claire Verry, « Profession : lecteur ? Résultats d’une enquête sur les lecteurs de la Bibliothèque nationale », Bulletin des bibliothèques de France, 1994, n° 4, p. 14.
  2.  (retour)↑  Cf. les modèles proposés de l’accueil du public dans Le Métier de bibliothécaire, Paris, Éd. du Cercle de la librairie, éditions de 1992 et 1996.
  3.  (retour)↑  Daniel Pennac, Comme un roman, Paris, Gallimard, 1992.
  4.  (retour)↑  Voir par exemple : Françoise Kleltz, « La lecture des étudiants en sciences humaines et sociales à l’Université », Cahiers de l’économie du livre, 1992, n° 7, p. 5-57.
  5.  (retour)↑  Cf. les interrogations et tableaux de différentes journées d’études, dont la plus récente a fait l’objet d’une publication complète : « Le rôle social des bibliothécaires en milieu urbain : actes de la journée d’étude du 5 février 1996 », Supplément au Bulletin d’informations de l’Association des bibliothécaires français, 1997.
  6.  (retour)↑  Bibliothèques publiques et personnes handicapées, Paris, Direction du livre et de la lecture : Fédération française de coopération entre les bibliothèques, 1996, 2e édition, p. 72.
  7.  (retour)↑  Anne-Marie Bertrand, Bibliothécaires face au public, Paris, Bibliothèque publique d’information-Centre Georges-Pompidou, 1995, (Collection Études et recherche), voir entre autres les pages 117-132.
  8.  (retour)↑  De ce point de vue, et même si les contextes sont radicalement différents, on peut noter que de nombreuses interrogations similaires existent chez nos collègues anglo-saxons. Voir par exemple le plaidoyer pour un renouveau des notions de service public et de culture dans : Bob Usherwood, Rediscovering Public Library Management, London, Library Association Publishing, 1996.
  9.  (retour)↑  Voir : Anne-Marie Bertrand, Les Bibliothèques municipales : acteurs et enjeux, Paris, Éd. du Cercle de la librairie, 1994. Claudie Tabet, La Bibliothèque « hors les murs », Paris, Éd. du Cercle de la librairie, 1996.