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Internet

un exemple de ses fonctions et applications à la bibliothèque universitaire de Floride Atlantique

Anne-Marie Quatrehomme

Rita Pellen

Depuis sa conception dans les années 60 aux États-Unis et plus particulièrement depuis cinq ans, Internet a connu une progression spectaculaire du nombre des réseaux connectés, du nombre de ses utilisateurs et du nombre des transactions effectuées.

Il est vrai que les Américains ont beaucoup réfléchi, beaucoup débattu pour promouvoir cet outil. Ils ont mis en place toute une législation 1, et ont su développer une importante structure logistique 2. Depuis plus de deux ans, l’Association des bibliothèques américaines (American Library Association, ALA) a lancé une grande campagne « ALA Goal 2000 ». Elle œuvre très efficacement pour que, d’ici l’an 2000, chaque citoyen américain puisse avoir accès à l’information en ligne dans les écoles, les bibliothèques municipales et universitaires. Le thème de son congrès 1996 à New York, « Equity on the Information Superhighway », témoigne aussi de ce dynamisme.

Par ailleurs, l’abondante littérature publiée au sujet d’Internet durant ces cinq dernières années atteste aussi de cet intérêt. Pour celui qui veut s’initier, les ouvrages de Ed Krol (1) et Roy Tennant (2) sont considérés comme des références aux États-Unis.

En ce qui concerne plus spécifiquement Internet et les bibliothèques américaines, il faut mentionner les nombreuses et intéressantes expériences publiées par l’ALA sous forme d’articles ou de monographies (3). Ont été édités également des ouvrages très concrets et très pratiques concernant l’accès aux ressources par discipline tels que Internet Resources : a Subject Guide (7), ou bien Key Guide to Electronic Resources : Health Sciences (8).

En dépit de son titre Librarians on the Internet : Impact on Reference Services (9), cet ouvrage ne s’adresse pas seulement aux services de références. R. Kinder rassemble un grand nombre d’expériences sur le réseau, de même que Allen C. Benson dans The Complete Internet Companion for Librarians (10). Alors que tous ces ouvrages s’appuient essentiellement sur des projets mis en place dans les bibliothèques universitaires, Charles R. McClure (11) fait le compte rendu d’expériences menées en bibliothèques spécialisées et en lecture publique. Il publie aussi les résultats d’une enquête menée en bibliothèques publiques Public Libraries and the Internet : Study Results, Policy Issues and Recommandations (12). Mais les publications sont si nombreuses aux États-Unis que cette liste n’est en aucun cas exhaustive.

Cependant, pour la grande majorité des bibliothécaires français, Internet ne constitue qu’une nébuleuse, voire un gadget, dont l’enjeu reste à déterminer. Le propos de cet article est donc de faire le point sur l’utilisation d’Internet à la S. E. Wimberly Library de l’université de Floride Atlantique. Il n’est pas d’expliquer les différentes manipulations ou de décrire les différents outils utilisés pour accéder à Internet, mais, de montrer, après avoir présenté la bibliothèque, quelques applications concrètes d’Internet dans cette structure.

La S. E. Wimberly Library

Fondée en 1961 dans la ville de Boca Raton, l’université de Floride Atlantique (Florida Atlantic University, FAU), qui accueille actuellement 18 000 étudiants, est l’une des dix universités publiques installées en Floride. La S. E. Wimberly Library a ouvert ses portes en 1964 et dispose de quatre annexes dans un rayon de 100 km, où travaillent 22 bibliothécaires, 48 magasiniers et secrétaires, 2 administrateurs et 46 vacataires. Elle possède environ 650 000 volumes, 1 500 000 microformes, 4 000 titres de périodiques vivants et 80 CD-Rom pour soutenir l’enseignement et la recherche de l’université. La bibliothèque est aussi dépositaire des publications officielles du Gouvernement fédéral et de l’État de Floride.

La Wimberly Library a automatisé son prêt dès 1970 et, depuis 1985, toute sa documentation est signalée sur le catalogue en ligne LUIS (Library User Information Service). L’originalité de cet OPAC tient au fait qu’il permet d’accéder aux catalogues des dix bibliothèques universitaires publiques de Floride, et à une dizaine de bases de données telles ERIC, Business Index, Medline et que, depuis octobre 1994, il constitue la porte d’entrée à Internet : à partir d’un seul point d’accès, la page d’accueil de la bibliothèque, les usagers, depuis la bibliothèque ou depuis leur bureau, ont accès à différentes sources d’information dont le World Wide Web.

Tout cet ensemble fonctionne sous le logiciel NOTIS, installé sur un ordinateur IBM ES/9000-831 localisé à Gainesville (à 500 km au nord de Boca Raton). Par ailleurs, la bibliothèque participe au réseau OCLC (Online Computer Library Center) pour le catalogage de ses monographies et périodiques. Elle est aussi membre du réseau de coopération régionale SEFLIN (SouthEast Florida Library and Information Network).

Mise en place d’Internet

A la fin des années 80, les bibliothécaires américains ont pressenti l’importance des réseaux au travers de leurs lectures et par leurs contacts et poussé les représentants de la FAU à obtenir les connexions nécessaires à Internet. En octobre 1990, la bibliothèque accède à Internet à partir du réseau de l’université.

Dans un premier temps, le personnel de la bibliothèque doit apprendre à maîtriser ce nouvel outil, et fait l’acquisition d’une documentation de base importante. Le personnel suit des stages de formation concernant les protocoles e-mail, messagerie électronique pour envoyer et recevoir du courrier via Internet, Telnet (qui établit la connexion entre ordinateurs quel que soit leur éloignement) et FTP (File Transfer Protocol, qui permet le transfert de fichiers).

A la suite du développement du serveur Gopher par l’université du Minnesota en 1991, l’université de Floride Atlantique installe le sien. Les bibliothécaires participent à des stages pratiques, notamment sur Veronica, instrument facilitant la recherche des sites Gopher. Pendant cette période de quatre ans, Internet n’est utilisé que par les bibliothécaires, en travail interne et principalement pour la messagerie.

En juin 1994, l’université implante son serveur World Wide Web et, en octobre de la même année, les bibliothécaires du service informatique créent la page d’accueil (home page). C’est vraiment à partir de cette date qu’Internet connaît un essor très important et qu’il devient accessible gratuitement et librement aux lecteurs de la FAU, à partir des quelque 25 postes d’interrogation installés dans l’ensemble du bâtiment. La page d’accueil fonctionne comme la porte d’entrée aux services en ligne et chaque lien établi permet l’accès à d’autres informations. La bibliothèque a d’abord accédé au Web par les instruments de navigation NCSA Mosaic, puis par Lynx. Actuellement, pour des raisons de puissance d’ordinateurs, les lecteurs accèdent au Web par Lynx, mais, au service des références, et sur le bureau de chaque bibliothécaire, c’est l’outil de navigation Netscape’s Navigator 2.0 qui est installé.

Au fur et à mesure de leur apparition, les bibliothécaires se sont familiarisés avec tous les moteurs de recherche tels Yahoo, Lycos, Cello, Webcrawler, OpenText... C’est donc dans ce contexte technologique en perpétuel mouvement que la Wimberly Library mesure petit à petit les potentialités offertes par Internet et intègre chaque jour un peu plus cet outil à ses activités quotidiennes.

Fonctions d’Internet et applications

A l’heure actuelle, Internet n’est pas seulement un immense réservoir d’informations où les bibliothécaires et les lecteurs s’abreuvent, il est aussi et d’abord un formidable instrument de dialogue.

Entre deux personnes

La première application, dans la BU qui utilise les réseaux (les « tuyaux ») d’Internet, est le courrier électronique (l’e-mail). Installé en 1990 à Wimberly, il est aujourd’hui le protocole Internet le plus utilisé. Chaque membre du personnel, quelle que soit sa catégorie, a son propre compte et peut ainsi recevoir et expédier du courrier à l’intérieur comme à l’extérieur de la bibliothèque.

En règle générale, le personnel interroge son courrier électronique deux fois par jour. Cette messagerie permet à la direction d’envoyer des messages ou des directives à son personnel et principalement à ses adjoints (pour demander de préparer un dossier, pour fixer ou préciser une date de réunion...).

L’e-mail a donc réduit la circulation de documents sous forme papier, et surtout il a considérablement réduit le nombre de communications téléphoniques, apportant un certain confort et une efficacité accrue dans le travail. Le destinataire du message n’est pas interrompu au cours de son travail et répondra en fonction de son emploi du temps et de ses disponibilités.

Le courrier électronique permet aux bibliothécaires de communiquer entre eux dans un même service, ou avec d’autres services. Si, par exemple, le responsable du service acquisitions a reçu par Internet une information intéressante provenant d’un éditeur, cette information est immédiatement reversée sur la messagerie de chaque personne du service via une liste de diffusion. Cette manipulation est quasi instantanée et chacun reçoit l’information dans son intégralité, sans aucun délai et sans être dérangé. Le responsable n’aura utilisé que quelques commandes informatiques qui lui auront évité de photocopier le document en de nombreux exemplaires qu’il aurait fallu distribuer ensuite.

Les bibliothécaires peuvent aussi dialoguer avec les lecteurs sur le campus et hors campus. Ce lien est surtout utilisé par les enseignants et les bibliothécaires spécialistes pour échanger des informations ou poser des questions. Grâce à cet outil, les bibliothécaires peuvent répondre aux demandes de façon réfléchie et plus approfondie sans avoir le lecteur en attente au téléphone.

L’e-mail est aussi très largement utilisé par les bibliothécaires qui siègent dans les instances de l’Association des bibliothèques américaines ou dans des instances locales. Ce type de courrier évite bien des déplacements et bien des communications longue distance lors de la préparation de journées d’étude, congrès, stages... De plus, la transmission d’un fichier attaché à un message étant possible, deux bibliothécaires travaillant sur un même dossier, mais très éloignés l’un de l’autre, peuvent se communiquer le texte, le corriger, y apporter des compléments dans un mouvement de navette de ce texte simple et rapide via le réseau.

Les forums de discussion

La deuxième application d’Internet à la Wimberly Library, dérivée du courrier électronique, est la participation des bibliothécaires aux différents forums de discussion (listservs). Ce sont des groupes de discussion électronique, dont les membres ont un centre d’intérêt commun. Il en existe des milliers sur Internet, dans tous les domaines, sur tous les sujets.

Ces listservs sont à distinguer des newsgroups, où le courrier échangé n’est pas déposé dans la boîte aux lettres et auxquels peu de spécialistes participent : c’est la raison pour laquelle les bibliothécaires de la FAU ne lisent pas ou peu les newsgroups.

En revanche, les bibliothécaires américains de Wimberly sont abonnés à deux, voire trois forums de discussion. En bibliothéconomie, l’interrogation du Web (avec pour terme de recherche library-oriented lists) permet d’obtenir le nom exact des groupes de discussion, ainsi que leur adresse d’abonnement (la souscription étant gratuite mais nécessaire). En retour, le souscripteur reçoit confirmation de son abonnement, un message de bienvenue, ainsi qu’un certain nombre d’informations concernant le ou les concepteur(s) de la liste, leurs champs d’action, les commandes utiles pour expédier du courrier à la liste, se désabonner ou suspendre temporairement sa souscription 3. Certaines listes sont commerciales, d’autres techniques ou théoriques 4.

Ces groupes de discussion, qui n’existaient pas avant l’arrivée d’Internet, constituent maintenant un réel apport. Leur principal intérêt est de pouvoir expédier des informations rapidement et à grande échelle. C’est ainsi que, lorsqu’un bibliothécaire du prêt entre bibliothèques ne peut localiser un ouvrage ou un titre de périodique, il dactylographie une fois son message de demande d’aide de localisation sur son ordinateur ; ce message est expédié immédiatement aux 1 600 souscripteurs américains et étrangers de la liste ILL-L ou STUMPERS-L. En quelques heures, voire en une seule, il obtiendra certainement une réponse à son message. De plus, la liste ILL-L diffuse aussi les demandes et propositions d’emploi dans les services de prêt entre bibliothèques et en facilite donc la recherche.

La participation à ces listes permet aussi aux bibliothécaires de développer leurs compétences techniques et d’obtenir des conseils de spécialistes. La bibliothèque de l’université de Floride Atlantique ayant décidé de construire un nouveau bâtiment, l’un des directeurs-adjoints s’est abonné à la liste LIBPLN-L (University Library Planning), afin de trouver conseils, avis d’experts, rapports d’expériences, réussies ou non, en matière de construction de bibliothèques.

Le bibliothécaire du centre audiovisuel participe à VIDEO-L pour obtenir des renseignements concernant le développement des collections audiovisuelles très utilisées à la FAU pour l’enseignement. Il peut aussi lire les différentes annonces faites par les éditeurs dans ce domaine sur la liste VIDEONEWS, sorte de Livres Hebdo en ligne, qui permet d’éditer un bon de commande.

Même si ces forums de discussion sont assez volatiles (ils apparaissent, disparaissent et renaissent au gré de la volonté de leurs initiateurs), ils sont de plus en plus importants aux États-Unis, au point même que Gloriana St. Clair (13) s’en inquiète dans l’éditorial de la revue américaine College and Research Libraries de juillet 1995. Elle émet l’hypothèse que ce dialogue technique et théorique entre collègues permet certes de poursuivre des discussions commencées lors de congrès ou rencontres, mais qu’à terme, il pourrait affecter la littérature publiée. Sans bibliographie, sans revue de la littérature, « ce format ne constitue qu’un pauvre substitut de la recherche bibliothéconomique traditionnelle ».

Le prêt entre bibliothèques

La Wimberly Library utilise aussi le canal d’Internet pour le prêt entre bibliothèques (PEB). Elle reçoit directement les demandes de ses lecteurs, expédie des articles de périodiques à des services PEB emprunteurs, et reçoit des articles demandés à l’extérieur pour ses lecteurs.

Depuis fin 1994, les lecteurs régulièrement inscrits peuvent utiliser le réseau Internet pour soumettre leurs demandes. Il leur suffit de se connecter à la page d’accueil de la bibliothèque (http://www.fau.edu:80/library ) et, après avoir sélectionné « Interlibrary Loan Department », d’aller dans « Interlibrary Loan Book Request Form » pour un ouvrage, ou dans « Interlibrary Loan Article Request Form » pour un article. Les bibliothécaires du PEB relèveront et traiteront ces demandes.

Depuis 1993, la bibliothèque emprunte les connexions rapides d’Internet pour expédier et recevoir une grande partie des articles de périodiques. Parmi les trois systèmes de transmission de documents développés aux États-Unis au début des années 90 (14), elle a choisi ARIEL. Plus de 55 000 institutions privées ou publiques du monde entier participent à ce réseau, dont certaines BU anglaises, allemandes, l’ensemble du réseau des BU israéliennes, quelques établissements du réseau de prêt entre bibliothèques néerlandais PICA 5...

Ce procédé est très simple, très rapide, toutes les manipulations d’empaquetage, d’étiquetage sont supprimées, ainsi que les délais et les frais postaux. La qualité des documents reçus est supérieure au fax et à la photocopie. Le lecteur peut être satisfait dans les 24 h et le système ne nécessite que très peu de formation du personnel. La Wimberly Library a choisi la version expédition-réception, mais le Research Libraries Group commercialise aussi la version réception seule, où l’établissement abonné ne peut que recevoir des documents pour ses propres lecteurs.

Internet comme source d’information

La Wimberly Library fait partie des 1 400 bibliothèques américaines dépositaires des publications fédérales. La conversion électronique de certaines publications officielles de l’État fédéral et la suppression de l’édition papier correspondante ont obligé les bibliothécaires à se connecter d’office à Internet.

En 1993, le Government Printing Office (GPO), responsable de ce programme fédéral, décide l’introduction du GPO Access Internet Site. Sont ainsi offerts, uniquement en ligne via Internet, un certain nombre de documents fédéraux, mis à jour quotidiennement (texte intégral de Federal Register, Congressional Record, US Code, Public Laws, Economic Indicators 1995-1996). Les bibliothèques dépositaires sont donc obligées de se connecter au Web, afin de permettre l’accès direct des lecteurs au site Web GPO (http://www.access.gpo.gov/su docs). Cet organisme a publié en 1995 les Recommended Minimum Technical Guidelines for Federal Depository Libraries. D’ici 1998, les bibliothèques devront se mettre en conformité avec les recommandations fédérales et se préparer à l’inspection officielle sous peine de perdre leur titre de bibliothèques dépositaires.

En dépit de cette obligation fédérale qui bouscule l’organisation de ce service, les bibliothécaires reconnaissent que, malgré les imperfections du réseau, leur travail d’accès à l’information est facilité par Internet. Lorsqu’un enseignant demande, le jour même où il présente une communication, les derniers chiffres de la balance commerciale entre les États-Unis et certains pays européens et qu’il obtient gratuitement une centaine de pages sur ce sujet, la bibliothèque s’en trouve valorisée. Cependant, une ombre plane sur cet accès gratuit, le GPO souhaiterait faire payer les bibliothèques au nombre d’interrogations. Pour l’instant, la question n’a pas été tranchée, et l’accès est encore gratuit.

Le deuxième service de la bibliothèque, où la connaissance des ressources sur Internet est devenue aussi essentielle que la connaissance d’un catalogue en ligne, est le service des références. Trouver la bonne information dans un réseau mondial aussi peu structuré et aussi volatile qu’Internet est une transaction bien plus difficile qu’une recherche documentaire informatisée. Pour les bibliothécaires du service des renseignements, la question est de déterminer la meilleure stratégie de recherche lorsqu’un lecteur pose une question : dans quelle situation faut-il utiliser Internet ? Il n’existe pas de règle générale, car un certain nombre de paramètres sont à prendre en considération, dont le premier est le type de question posée.

Si le lecteur recherche des renseignements sur un auteur ou un titre absent de l’OPAC, Internet permet d’accéder très facilement à des catalogues en ligne aux États-Unis ou dans le monde entier, et le lecteur obtient très rapidement satisfaction.

La Wimberly Library ayant passé un contrat avec OCLC, les lecteurs de la FAU peuvent interroger gratuitement, par Internet FirstSearch, un ensemble de bases de données comprenant entre autres WorldCat (le catalogue en ligne d’OCLC qui contient plus de 34 millions de livres, périodiques, thèses, films, cartes, logiciels informatiques...), ArticleFirst (permettant l’accès à plus de 4,6 millions d’articles), ContentsFirst (qui liste les sommaires de 13 000 périodiques), ProceedingsFirst et PapersFirst (recensant les communications faites lors de congrès).

En revanche, quand un lecteur s’adresse au service des références pour y effectuer une recherche bibliographique sur un sujet particulier, et à moins de connaître un site Internet pertinent, le bibliothécaire commencera d’abord par orienter le lecteur vers les ressources propres de la BU. L’OPAC sera balayé, ainsi que les CD-Rom et les bases de données. Ensuite, le bibliothécaire interrogera Internet pour parfaire la recherche. Pour ce faire, il utilisera principalement le Web et les nombreuses adresses publiées par discipline (15). En effet, il n’existe pas de catalogue centralisé sur Internet et la recherche peut s’avérer fort longue, voire vaine, certains domaines étant sous-représentés. A chaque interrogation, les bibliothécaires conservent les adresses des sites intéressants et acquièrent ainsi une certaine expertise, sans toutefois être certains de retrouver l’information lors d’une seconde interrogation. La tâche du bibliothécaire reste donc ardue, choisir le serveur qui va apporter immédiatement réponse au lecteur représente un grand défi. Souvent, le nombre important de demandes ralentit les serveurs et les temps de réponse s’allongent. La situation est encore plus frustrante lorsqu’une recherche aboutit sur les messages « accès restreint » ou « connexion impossible ».

Cette instabilité d’Internet constitue à l’heure actuelle un des problèmes majeurs pour les bibliothécaires ; elle affecte aussi bien les instruments d’accès aux informations que les informations elles-mêmes. Le bibliothécaire ne doit donc pas se spécialiser dans tel ou tel instrument (Gopher, tombé en désuétude, en est le meilleur exemple), mais doit être aussi compétent dans la documentation « papier » qu’électronique (CD-Rom, bases de données, Internet).

Dans une telle situation d’incertitude, la Wimberly Library n’a pas fait le choix de remplacer certains périodiques, livres de références ou CD-Rom par un accès Internet. C’est aussi en raison de cette difficile identification des ressources Internet pour un budget-temps raisonnable qu’il n’a pas été fait grande publicité de cet accès. Le mode d’emploi de la bibliothèque ne signale pas la connexion bibliothèque universitaire/Internet, mais mentionne cependant des Internet Workshops (ateliers Internet). En effet, depuis 1995, les bibliothécaires de l’université de Floride Atlantique proposent aux lecteurs des séances de formation à Internet. Sur le campus, la bibliothèque veut se positionner comme leader dans l’ère de l’information électronique et souhaiterait développer cette expertise d’intermédiaire de l’information, afin de rester en contact avec la communauté universitaire.

A mesure que l’accès à l’information sera de plus en plus aisé pour le lecteur, et que ce lecteur deviendra de plus en plus autonome sur les réseaux, l’un des enjeux fondamentaux de notre profession, à l’aube du troisième millénaire, ne devrait-il pas être de repenser la relation lecteur/bibliothécaire et de développer ce rôle d’expert face à ce nouvel outil qu’est Internet ?

Septembre 1996

  1.  (retour)↑  Les signatures du High Performance Computing Act en 1991, du National Information Infrastructure Act en 1993, du National Competitiveness Act en 1994 et le Telecommunication Act en 1996.
  2.  (retour)↑  Tout d’abord par le réseau ARPANET en 1969, BITNET en 1981, NSFNET (National Science Foundation Network) en 1986, et en 1992 le National Research and Education Network (NREN).
  3. &nbsp;(retour)↑  Par exemple, pour participer à l’un des groupes de discussion du prêt entre bibliothèques intitulé ILL-L (Interlibrary Loan List), il faut sur son ordinateur aller dans la partie <mail>, <compose a message>, taper le nom du destinataire qui est « listserv@usc.edu », et dans le corps du message taper la phrase subscribe ill-l <votre prénom><votre nom de famille>.
  4. &nbsp;(retour)↑  C’est ainsi que les bibliothécaires du service des acquisitions/périodiques participent à la liste COLLDV-L (Collection Development List), SERIALST (Serials in Libraries-User Discussion), ACQNET (Acquisitions Librarians List), à partir desquelles les bibliothécaires obtiennent des renseignements sur les éditeurs, les services qu’ils proposent, leurs relations avec les bibliothèques... Les catalogueurs sont abonnés à COOPCAT (Cooperative Cataloging Arrangements List), AUTOCAT (Library Cataloging and Authorities Discussion List). Pour le prêt entre bibliothèques, les listes utilisées à Wimberly sont Ill-L, STUMPERS-L, ARIE-L, SAVE-IT-L. Les bibliothécaires spécialistes du service de références consultent LIBREF-L (Reference services), BUSLIB-L (Business Library issues), law-lib (Law Librarians List) pour le droit, govdoc-l (Federal Deposit Libraries)...
  5. &nbsp;(retour)↑  Ce système de transmission de documents consiste à relier un pc sous dos ou Windows, une imprimante Laser Postscript et un scanner. Dans le cas d’une expédition de document à un établissement emprunteur, l’écran permet au bibliothécaire d’indiquer le destinataire, le numéro de la demande, le nom du lecteur. Le bibliothécaire place le document sur le scanner et les pages textes, photographies, formules mathématiques ou en caractères chinois, sont saisies, compressées et transitent par le pc. Via le réseau Internet, le document est ainsi expédié. La station de réception de l’établissement emprunteur recevra le document sur son imprimante Laser après décompression et impression.