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Editorial

La conjoncture, rappelle l’un des auteurs de cette livraison, rend impérative une redefinition du contrat social qui fonde notre société. Une telle réévaluation des choix sociaux suppose aussi une fonction publique capable de réfléchir sur elle-même, de redéfinir ses missions, ses méthodes, son fonctionnement. C’est en ce sens qu’a été entrepris voici quelques années un grand chantier visant à la modernisation du service public.

Les bibliothécaires sont bien sûr concernés par ce type de préoccupations. A de nombreux titres. Leur métier a changé : l'évolution de leurs missions, de leurs structures, de leurs services, de leurs publics et des techniques constitue un contexte en profond et rapide bouleversement.

S’il nous a paru nécessaire de revenir sur ce thème débattu et rebattu, c’est aussi pour l’éclairer par des regards extérieurs. Formations et métiers des bibliothèques ont une spécificité certes, mais sont destinés à un service public. D’où la nécessité impérative de relier nos problématiques et regards propres à un ensemble, seul rempart contre une vision étroite et corporatiste de nos fonctions et de notre rôle. Un élu rappelle ici l’urgence de la réponse aux difficultés sociales du temps, dans laquelle les bibliothécaires ont aussi une responsabilité.

On s’efforce aujourd’hui à une plus grande rigueur en cherchant à identifier précisément les multiples métiers que recouvre, et les multiples compétences que met en oeuvre ou suppose la profession de bibliothécaire. Car, qui dit modernisation du service public, dit aussi valorisation des compétences, capacité à anticiper une évolution des métiers qui permette de mieux répondre aux enjeux sociaux, puis évaluation. L’identification plus rigoureuse des métiers et des compétenoes devrait aussi contribuer à l’adaptation toujours plus fine et adéquate des formations. La formation, cette entreprise si difficile..., sur laquelle plusieurs contributions réfléchissent ici.

Les bibliothécaires ont une longue tradition d’interrogation sur leur rôle et leur identité. Certains voient en la révolution technologique une nouvelle cause de la disparition prochaine de notre métier. Prendre prétexte des innovations technologiques pour se faire frémir avec une supposée « mort » de la profession de bibliothécaire ou documentaliste est un enfantillage. Plus intéressant est de réfléchir aux mutations qu’imposent, en effet, à une partie au moins des professionnels, la révolution technologique : associer une gestion de flux à une gestion de stock, connaître et évaluer plus encore les documents et sources disponibles. Une médiation qui sache adapter ces nouvelles compétences au contexte social de l’usage. Rien là au contraire que de très exaltant ! Alliance entre des compétences techniques et des compétences scientifiques que recherchent également, par exemple, les enseignants documentalistes de collèges et lycées.

Deux regards d’ailleurs complètent ce tableau. L’un s’essaie à cerner l’évolution des métiers et des pratiques documentaires en Grande-Bretagne, l’autre l’évolution des formations aux Etats-Unis.

Une lecture attentive de ce copieux sommaire montrera cependant - et c’est sans doute coupable - que n’y est pas présent le point de vue d’un usager...