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Et réponse

Thierry Giappiconi

Que les supports de toute nature, des microformes aux CD-Rom, aient toute leur place dans les collections des bibliothèques, c'est une affaire entendue et je ne dis pas autre chose (p. 16 colonnes 1 et 2).

Pour le reste, je m'étonne de voir Gérald Grunberg s'alarmer de deux idées, pourtant bien peu audacieuses. L'une est que la bibliothèque n'a pas le monopole de la communication et de la mise en valeur des modes d'expression relevant de l'image et du son et que tout particulièrement, rappelons-le, le service public de la radio et de la télévision ont leur rôle à jouer. Ce constat, de bon sens, me semble devoir être pris en compte dans la définition d'une politique documentaire qui, comme tout projet, doit prendre son environnement en considération. L'autre est que la bibliothèque peut offrir d'autres supports que le livre sans pour autant empiler à la façon d'un mille-feuilles des services spécifiques. J'ai en effet tendance à penser que les logiques de pertinence et de cohérence d'une collection doivent l'emporter sur des logiques d'organisation par type de documents. On peut certes déplorer qu'une « section audiovisuelle » reste fermée, mais on peut également se demander si une organisation définie selon la systématisation de l'introduction d'un support, et non plus sur des critères intellectuels, n'a pas compromis, au nom du « tout ou rien », l'apport raisonné de documents autres que le livre. Je ne fais cependant pas de cette idée un dogme. Outre les problèmes d'échelle que j'évoque, la diversité des situations doit inciter à refuser tout préjugé. D'ailleurs, dans le domaine éminemment stratégique de la programmation, si je pense qu'il faut appliquer un certain nombre de règles, qui ne sont d'ailleurs pas immuables, je me garderais bien de proposer un modèle, fut-ce, que Gérald Grunberg me pardonne, celui de la Bibliothèque de France. Mais cela est un autre débat. L'essentiel n'est-il pas de converger en faveur de la gratuité ?