entête
entête

L'Information et la communication dans l'entreprise

Vandœuvre-les-Nancy : INIST, 1992. - 276 p. ; 30 cm. (Brises, n° 17, 1992)
ISSN 0293-7166
ISBN 2-904975-77-2 : 125 F

par Brigitte Guyot

Ce numéro, coordonné par un professeur de sciences de gestion, s'articule autour de quatre pôles : pratiques d'information-communication et prise de décision, télécommunications et information, communication et expression interne de l'entreprise, systèmes d'information de management stratégique et de gestion. 36 articles qui montrent une diversité d'approches, tant par le statut des auteurs que dans la portée de leur contribution. Les articles de praticiens en entreprise ou de consultants apportent leur contrepoint à ceux des universitaires et des chercheurs en économie ou en gestion. La priorité est donnée aux contributions sociologiques, et non pas aux points de vue techniques.

Dans ces conditions, on ne s'étonnera pas que les termes d'information et de communication soient très souvent interchangeables, puisqu'ils servent à qualifier le dénominateur commun de cette publication, déclinés selon les buts à atteindre (l'opérationnel, la gestion ou le management), ou selon le secteur d'activité.

Les lignes de force

Mais au travers de la multiplicité des réflexions sur les concepts utilisés en entreprise et des études de cas, apparaissent un certain nombre de lignes de force ou de questionnements. Tout d'abord, l'ensemble met l'accent sur les relations entre les outils de communication et la structure organisationnelle de l'entreprise, ouvrant ainsi une réflexion plus globale sur la place des solutions techniques dans les organisations ; certains répondent par des essais de modélisation, chère aux sciences de la gestion, d'autres par des observations du terrain ou des méthodes de rationalisation mises au point dans telle ou telle entreprise.

Car la communication - et parfois l'information - apparaît ici sous deux aspects : tantôt comme un révélateur des contradictions et des rapports de forces entre les acteurs, tantôt comme un outil de management et de régularisation interne dans la gestion des ressources humaines ou la maîtrise des flux d'information. Mais ce sont finalement des points de vue relativement homogènes qui s'expriment, venus du secteur du management d'entreprise.

Le terme de système d'information est quant à lui entendu de façon globale comme transmission d'informations entre différentes catégories de personnes ou de services, outil technique avec les réseaux de télécommunication ou de connexion entre des machines, dans un processus de coordination, de concertation, de communication. Beaucoup d'auteurs mettent l'accent sur les technologies informatiques bien souvent intitulées technologies d'information, venant structurer le corps de l'entreprise (échange de données informatisé, systèmes experts, minitel...) ; quelques-uns s'attachent néanmoins à montrer les comportements des acteurs de l'entreprise lorsqu'il s'agit d'information. C'est dans le cadre du management de l'information stratégique (MIS) et du système d'information à mettre en place pour que l'entreprise puisse se projeter dans le moyen ou le long terme, dans le cadre notamment de la veille, que se focalise réellement une réflexion sur l'importance de l'information pour l'entreprise à ses différents niveaux.

La vie des entreprises

Tous ces regards viennent donc élargir la connaissance de l'entreprise. Les professionnels de l'information en ont un grand besoin, s'ils souhaitent mieux comprendre le milieu dans lesquels il s'insèrent et surtout suivre son évolution. On perçoit très bien la dynamique de cet ensemble, et le souci du management d'organiser et de structurer ces relations si diverses, si fluctuantes et parfois si insaisissables. C'est toute la vie des entreprises qui est ici, à la manière d'un kaléidoscope, représentée, et c'est ce qui fait la richesse de ce numéro. C'est également une façon de percevoir la variété de ce qu'on appelle les besoins d'information, en provenance d'acteurs très hétérogènes, dont le comportement les éloignent souvent des centres de documentation.

Il eût été néanmoins intéressant, s'agissant d'un numéro (interdisciplinaire) sur l'information, de laisser parler un acteur étrangement absent de cette livraison : un documentaliste et aussi, pourquoi pas, un chercheur en sciences de l'information... Leur contribution aurait complété cette vue d'ensemble. Mais peut-être faut-il prendre comme un signe le fait que la parole sur l'information ne soit plus leur apanage.