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Les bibliothèques de la République tchèque

Vojtech Balik

La création d'un système politique démocratique, le fonctionnement d'assemblées législatives issues des premières élections libres, l'autonomie communale, le rétablissement des droits civils, le passage à une économie de marché, le redressement des torts du passé, une nouvelle solution aux problèmes de nationalités - telles sont les principales tâches et les problèmes, auxquels doit faire face la Tchécoslovaquie depuis la chute du régime communiste en novembre 1989. Ces événements exercent une influence directe sur l'activité et l'organisation des bibliothèques tchécoslovaques qui sont traditionnellement liées, peut-être plus qu'ailleurs, au destin de ses peuples - c'est-à-dire aux Tchèques et aux Slovaques.

La fondation des bibliothèques sur le territoire actuel de la République tchèque, c'est-à-dire le territoire de la Bohême et de la Moravie, remonte à l'arrivée du christianisme sous forme de bibliothèques de couvents et à la fondation de l'Université Charles à Prague. Plus tard, les intérêts culturels de la noblesse tchèque ont conduit cette dernière à créer ses propres bibliothèques. Le développement considérable des bibliothèques tchèques au XVIe siècle et au commencement du XVIIe siècle a été conditionné par une situation économique et politique favorable. Un autre facteur favorable a été l'introduction de l'imprimerie en Bohême (1468). Cette évolution connut un certain ralentissement dû à la perte de l'indépendance tchèque, à la contre-réforme et à la germanisation après la défaite des états généraux tchèques en 1620. La libéralisation des rapports féodaux, la naissance d'entreprises tchèques, l'acquisition d'une conscience nationale tchèque et son expansion grâce à la littérature marquèrent une nouvelle étape dans le développement des bibliothèques tchèques. Le même phénomène se produisit également, mais avec un certain retard, en Slovaquie. Déjà la fin du XVIIIe siècle vit naître les grandes bibliothèques savantes telles que la bibliothèque universitaire de Prague, la bibliothèque du Musée national, la bibliothèque de la Société royale des sciences, etc.

Grandeur et décadence des bibliothèques

Les bibliothèques populaires (publiques), en tant qu'institutions culturelles d'éducation ouvertes à un plus large public, commencent à se développer à l'époque de la Renaissance nationale. Au début, il s'agissait de bibliothèques de différentes associations dont étaient issues les bibliothèques communales. L'activité de ces bibliothèques était animée par la lutte pour le développement de la langue tchèque. Les efforts enthousiastes de milliers de travailleurs volontaires visaient à faciliter l'accès des masses à l'éducation et à la culture.

La constitution de la République tchécoslovaque indépendante en 1918, dans laquelle se sont trouvées réunies, après des siècles, les nations tchèque et slovaque dans leur propre état souverain, a suscité un développement des bibliothèques de plus grande envergure. La première loi tchécoslovaque sur les bibliothèques publiques municipales a été adoptée en 1919. Cette loi stipulait le devoir de créer des bibliothèques publiques dans toutes les communes et d'en assurer les moyens de subsistance. Pendant dix ans, on a créé en Tchécoslovaquie l'un des plus denses réseaux de bibliothèques du monde entier. Des mesures ultérieures telles que la fondation d'un Institut d'enseignement professionnel pour bibliothécaires, l'introduction de la bibliothéconomie à l'Université Charles, la naissance d'une association de bibliothécaires, la création d'une revue de bibliothécaires, etc., ont conduit à un important épanouissement des bibliothèques dans la période de l'entre-deux-guerres.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale et durant l'occupation de la Bohême et de la Moravie, les bibliothèques ont subi des pertes considérables ; 9 508 bibliothèques, c'est-à-dire 73 % d'entre elles, ont été touchées et 40 % du total des volumes des bibliothèques publiques détruit. Dans les premières années qui ont suivi la Libération, le premier devoir fut de combler ces pertes.

Après la prise du pouvoir par le parti communiste en février 1948, les bibliothèques, comme tous les domaines de la vie publique, ont été atteintes et marquées par l'influence négative de l'idéologie dominante, l'unique admise par le contrôle politique de l'appareil administratif et du parti. Leur rôle fut de servir d'agent de l'éducation socialiste. Des mesures directives et normatives les poussèrent dans ce sens et leurs activités furent évaluées en fonction de ces critères.

Cette orientation eut des conséquences regrettables sur le développement normal et libre des bibliothèques et provoqua d'importants bouleversements. Ce sont avant tout les fonds des bibliothèques qui furent touchés, avec des contrôles drastiques, des restrictions, voire même la suppression des acquisitions de toute littérature d'origine occidentale, la surabondance de la littérature dite socialiste dans les bibliothèques et une diffusion minimale.

Cet état d'esprit eut aussi une influence désastreuse sur le travail en direction des lecteurs et sur la politique concernant le personnel des bibliothèques (qualification, situation des bibliothécaires, critères politiques de la répartition des cadres). En même temps, l'infrastructure des bibliothèques avait elle aussi été négligée. Ces faits ont conduit les bibliothèques tchécoslovaques en marge des bibliothèques mondiales et leurs effets vont se faire sentir encore longtemps. Même la nouvelle modification législative de 1959, à travers la Loi sur le système unique des bibliothèques, n'a pas réussi à améliorer la situation peu enviable des bibliothèques.

Un système unique de bibliothèques

L'idée d'un système unique est l'un des aspects les plus positifs de cette loi. Sa conception - la réunion des bibliothèques de tous types en un système relié, avec cependant, pour chacune, une structure interne différenciée et spécifique, garantissant le droit des citoyens à utiliser les fonds de toutes les bibliothèques ouvertes au public - continue à présenter aujourd'hui encore des aspects avancés. Cependant, la mise en place, dans les bibliothèques tchécoslovaques de ce système unique a posé quelques problèmes. Si sa réalisation a apporté des résultats effectifs - un service de prêt entre bibliothèques, qui a rendu accessible les fonds des bibliothèques à chaque citoyen, et la naissance d'une collaboration utile, d'une coordination et d'une centralisation des activités à différents niveaux -, il n'en reste pas moins que le système unique a été interprété comme un outil idéologique susceptible d'influencer, à partir d'un centre, l'activité des bibliothèques dans l'esprit du régime totalitaire et de soutenir le pouvoir de l'équipe dominante.

En ce qui concerne les bibliothèques populaires, c'est-à-dire les bibliothèques ayant un rôle culturel et d'éducation populaire et dirigées par les communes, la loi représenta un acte législatif important. C'est en partant de cette loi qu'on a réussi à créer un réseau stable et fonctionnel de bibliothèques, surtout au niveau des régions, des districts et des bibliothèques centrales des zones agricoles. L'évolution normale a engendré dans ce réseau une centralisation effective (le système des bibliothèques centrales des zones agricoles, le rôle centralisateur des bibliothèques de district, le catalogage régional, etc.), qui exerça une influence décisive sur la qualité du travail, surtout dans les plus petites bibliothèques. Dans les années 70, ce réseau a subi une transformation sensible - son union avec le réseau des bibliothèques scientifiques d'Etat a fait naître le réseau des bibliothèques publiques.

1968 - année du « Printemps de Prague » - a vu les premiers pas vers une amélioration des conditions de fonctionnement des bibliothèques en Tchécoslovaquie. Cet espoir a malheureusement été vite anéanti par l'occupation de la Tchécoslovaquie et le retour à des conditions totalitaires. En 1968, à la suite de l'organisation fédérale de l'Etat, des différences apparurent entre l'évolution des bibliothèques dans les pays tchèques et celle en Slovaquie.

La chute du régime communiste et les profonds changements sociaux intervenus dans notre pays après novembre 1989 constituent la base d'une renaissance complète et de la démocratisation des bibliothèques. Actuellement, les signes les plus profonds des entraves à la liberté dans les bibliothèques sont en train de se résorber. Les bibliothèques se sont vu restituer, au moins en grande partie, des collections qui avaient été réquisitionnées ; l'activité éditoriale, désormais libre, offre aux bibliothèques un choix plus large, l'éducation politique socialiste imposée par l'ancien régime a disparu, le contenu des formations de bibliothécaires change, des concours sont organisés permettant de remplacer les anciens cadres dirigeants.

Un vif mouvement social apporte des changements importants dans l'organisation, la direction et le financement des bibliothèques. Cependant, le fait que la suppression d'un centralisme rigide soit encore en cours, que le transfert des compétences à des éléments fondamentaux du système bibliothécaire unique ne soit pas lui non plus terminé, et l'absence temporaire de normes juridiques posent encore certains problèmes. Il s'agit, bien sûr, d'une situation passagère, extrêmement mouvante. Cette époque exceptionnelle devrait aboutir à l'adoption de lois fondamentales sur la restructuration de la société, et surtout, pour chacune des deux Républiques et pour la Fédération, à de nouvelles constitutions concernant tous les domaines de la société et à une nouvelle loi sur les bibliothèques.

Les bibliothèques tchèques se répartissent actuellement de la façon suivante :
- des bibliothèques publiques (ouvertes au public, dirigées et financées par les organes de la fonction publique ou par les autorités communales) ;
- des bibliothèques à usage interne (c'est-à-dire les bibliothèques spécialisées des entreprises, des institutions, des écoles, etc., qui servent avant tout ou exclusivement aux besoins des institutions qui les administrent).

Les bibliothèques publiques

Elles sont constituées de nombreuses bibliothèques locales - dirigées par les autorités communales -, de bibliothèques de district - dirigées par l'administration du district - et de bibliothèques scientifiques nationales - y compris la Bibliothèque nationale de Prague, placée sous la juridiction du ministère de la Culture de la République tchèque.

Les bibliothèques locales des communes

Ces bibliothèques, desservant de façon sommaire les différentes localités, se situent au niveau le plus bas de l'échelle. Elles sont administrées par des bibliothécaires volontaires qui exercent leur activité de bibliothécaire hors de leur profession et sont rémunérés selon le temps consacré à leur travail dans la bibliothèque. Actuellement, il y a presque cinq mille bibliothèques de ce type dans la République tchèque - plus que les autres types de bibliothèques publiques. Elles comprennent plus de 8 millions de documents, constitués pour la plupart de livres, dont la littérature pour enfants jusqu'à 14 ans constitue le quart. Presque 400 000 lecteurs (dont 40 % d'enfants) empruntent près de 12 millions de volumes par an - la littérature pour enfants dépasse les 30 %. Compte tenu des collections limitées de ces bibliothèques et d'une gestion non professionnelle, leur niveau n'était pas idéal. C'est pourquoi, dans les années 70, on introduisit un système de bibliothèques centrales. A une bibliothèque publique disposant de bibliothécaires professionnels a été rattaché un certain nombre (de 5 à 20) de petites bibliothèques locales proches. La bibliothèque centrale s'occupe de leurs achats, du traitement des ouvrages, elle crée des fonds pour les échanges et leur apporte une aide technique. Ce système semble convenir. Il a été introduit dans presque tout le pays et on compte le conserver même après les changements en cours. Le nombre de ces bibliothèques centrales est actuellement de 550.

Les bibliothèques de district

Les bibliothèques des villes et des sièges de districts sont appelées bibliothèques municipales et de district. Les fonctions de ces bibliothèques sont plus importantes que celles des précédentes : elles assurent à la population l'accès aux valeurs culturelles et aux informations contenues dans les fonds des bibliothèques. Pour contribuer à l'élévation du niveau culturel et d'érudition de la population par leurs services bibliographiques et d'information, elles constituent des collections à caractère universel en tenant compte des besoins et des intérêts des citoyens dans le domaine de la culture, de l'instruction, de l'information et des loisirs. Elles prêtent leurs ouvrages à domicile, mettent leurs collections à la disposition des lecteurs dans leurs salles de lecture et d'étude, et facilitent leur accès aux ouvrages des autres bibliothèques par le prêt entre bibliothèques.

Les bibliothèques de district servent, en plus, de centre pour la création d'un fonds d'information au niveau du district et constituent un fonds de littérature régionale. La bibliothèque de district accomplit plus ou moins aussi la fonction de bibliothèque centrale chargée des services bibliothéconomiques, bibliographiques et de l'information dans le cadre du district ; les bibliothèques du territoire peuvent aussi consulter ce centre.

Ces derniers temps, les bibliothèques de district sont devenues, pour la plupart, les centres des « systèmes de bibliothèques de district ». La bibliothèque de district regroupe, sur la base d'accords coopératifs stipulés par les différentes municipalités et administrations communales, les moyens financiers destinés à l'achat des collections, à l'équipement des bibliothèques et aux indemnités des bibliothécaires. Ce regroupement des moyens financiers offre une meilleure efficacité et une plus grande rationalité.

Il y a dans la République tchèque 762 bibliothèques de ce type, dont 72 bibliothèques de district avec à peu près 1 400 succursales. Elles possèdent en tout plus de 31 millions de documents (dont la littérature pour enfants constitue le quart). Elles prêtent par an en moyenne 50 millions de volumes dont à peu près un quart d'ouvrages pour enfants. Elles desservent 1 400 000 lecteurs, dont 37 % d'enfants. Le personnel de ces bibliothèques est d'environ 3 700 personnes, dont 3 000 professionnels.

Les bibliothèques scientifiques

Les bibliothèques scientifiques d'Etat sont des bibliothèques publiques encyclopédiques d'étude. Elles se sont constitué un fonds encyclopédique de littérature nationale et étrangère, elles assurent le prêt interbibliothèques dans leur région, participent aux achats, à la conservation et facilitent l'accès aux ouvrages tchèques, au niveau régional. Elles assurent des services d'information encyclopédique d'une part grâce à leurs fonds, d'autre part par l'accès aux bases de données du système national d'information. Les bibliothèques de la région, surtout les bibliothèques publiques, peuvent les consulter et faire appel à leurs services techniques et elles sont également chargées de la formation continue des bibliothécaires. Jusqu'en 1990, elles exerçaient la fonction de bibliothèque centrale régionale. Après l'abolition de la répartition administrative de l'Etat en régions, elles sont passées sous la gestion directe du ministère de la Culture de la République tchèque, tout en maintenant sur le territoire de l'ancienne région certaines des fonctions régionales indiquées plus haut.

Dans la République tchèque il existe 8 bibliothèques scientifiques d'Etat dont les plus importantes sont :
- la Bibliothèque scientifique d'Etat de Brno, dont le noyau est constitué par la bibliothèque universitaire à laquelle ont été associées la bibliothèque technique et la bibliothèque pédagogique de Bmo. Ses collections se chiffrent à 3 500 000 documents. Elle compte à peu près 40 000 lecteurs et 130 professionnels ;
- la Bibliothèque scientifique d'Etat d'Olomouc, qui a une tradition historique, contient 1 500 000 documents et dessert quelque 10 000 lecteurs ;
- la bibliothèque scientifique d'Etat de Plzen avec 2 200 000 documents et 16 500 lecteurs ;
- la bibliothèque scientifique d'Etat de Hradec Kralové avec à peu près 1 million de documents et 9 000 lecteurs :
- la Bibliothèque scientifique d'Etat d'Ostrave avec 800 000 documents et 14 000 lecteurs.

Ensuite, il y a les bibliothèques scientifiques d'Etat de Kladno, de Ceské Budéjovice et d'Usti nad Labem qui accomplissent en même temps la fonction de bibliothèques publiques municipales et de district.

La Bibliothèque nationale de Prague

La bibliothèque scientifique d'Etat la plus importante est la Bibliothèque nationale de Prague (appelée d'abord bibliothèque universitaire, puis bibliothèque d'Etat). Ses origines, liées à la fondation de la première université tchèque - l'Université Charles -, remontent au XVIe siècle. Par l'importance de ses collections et par leur valeur culturelle, informative et historique elle se range parmi les plus grandes bibliothèques du monde. A partir de 1871, elle accroît systématiquement et de façon exhaustive, grâce au dépôt légal, sa collection d'ouvrages imprimés et de documents sur autres supports parus sur notre territoire, des temps les plus reculés jusqu'à nos jours. Cet ensemble unique sert en même temps d'archives de conservation de la littérature nationale. La Bibliothèque nationale assure aussi traditionnellement la fonction de bibliothèque universitaire centrale.

Elle exerce, en outre, les fonctions suivantes :
- elle se charge du traitement et de la publication de la Bibliographie nationale rétrospective et contemporaine ;
- elle accumule les ouvrages les plus importants de la littérature internationale en sciences naturelles et sociales et en facilite la consultation ;
- elle gère, au niveau national, le prêt national et international, les catalogues collectifs de littérature étrangère sur le territoire de la Tchécoslovaquie, sert de centre d'échanges internationaux des publications officielles et d'agence chargée de la gestion de l'ISBN et de la bibliothèque dépositaire de l'ONU, de l'UNESCO et de la FAO 1 ;
- ses services bibliothéconomiques, bibliographiques et d'information sont à la disposition d'un très vaste public et d'institutions scientifiques et de recherche, de professeurs et d'étudiants, d'instituts d'enseignement supérieur et d'autres spécialistes ;
- elle s'occupe de la gestion et de la coordination des travaux scientifiques et de recherche dans le domaine de la bibliothéconomie et de la bibliographie ;
- elle développe l'informatisation des processus bibliothéconomiques et bibliographiques, et constitue la base des données informatisée au moyen d'un programme d'application relatif.

Tout le domaine des bibliothèques publiques est placé sous l'autorité du ministère de la Culture de la République tchèque en tant qu'organe central de l'administration d'Etat. Ce ministère a surtout pour tâche de gérer, en application des lois de la fonction publique et en émettant des normes ainsi que des directives en vue de leur application, et de contrôler l'activité des autorités de district restant de sa compétence et s'occupant des bibliothèques.

Autres bibliothèques

Le secteur dit interne, c'est-à-dire non public, des bibliothèques tchèques est constitué des bibliothèques scientifiques et professionnelles des entreprises, des institutions, des écoles, etc. Ces bibliothèques sont surtout au service du personnel de ces établissements, mais plus ou moins aussi à la disposition du public extérieur. Il comprend les bibliothèques suivantes :

Les bibliothèques de l'Académie tchécoslovaque des sciences

Ces bibliothèques appartiennent au secteur de l'information scientifique. Leur but est avant tout de satisfaire les besoins de la recherche fondamentale. Chaque domaine de l'Académie a des bibliothèques spécialisées, éventuellement des centres d'information scientifiques dépendant de la direction de leurs instituts respectifs et financés par eux. La Bibliothèque fondamentale -centre d'information scientifique de l'Académie - constitue le centre et l'un des lieux de travail commun de l'Académie. La création de cette bibliothèque est liée à celle de l'Académie en 1952. Les collections des bibliothèques de l'Académie tchèque des sciences et des arts, de la Société royale tchèque des sciences et de l'Académie Masaryk du travail constituent la base des fonds de la Bibliothèque de l'Académie. La bibliothèque acquiert sa littérature scientifique surtout par acquisitions, dépôt légal et échanges internationaux de publications. Elle s'occupe du prêt international, des travaux reprographiques et facilite l'accès aux bases de données informatisées internationales et nationales. Elle représente le système informatique tchécoslovaque au sein des systèmes internationaux MISON ET ECSSID 2.

La Bibliothèque fondamentale de l'Académie sert de centre technique et de coordination aux centres d'information scientifique et aux bibliothèques de l'Académie. Elle effectue des tâches de recherche liées à leur développement ultérieur. Elle met au point des normes de reprographie et d'informatisation des informations scientifiques de l'Académie. Elle conçoit un matériel original de programmation et constitue ses propres bases de données informatisées (enregistrement des périodiques étrangers, des ouvrages sur la Tchécoslovaquie parus à l'étranger, enregistrement des travaux scientifiques publiés par les collaborateurs de l'Académie, mise au point de la Bibliographie rétrospective nationale jusqu'en 1800, du Catalogue des imprimés anciens)...

La Bibliothèque fondamentale de l'Académie conserve dans son fonds 932 000 volumes, elle est abonnée à plus de 3 000 revues. Le nombre des usagers permanents est d'environ 25 000, les prêts vont jusqu'à 75 000 volumes par an. En 1990, elle avait satisfait, pour les scientifiques de l'Académie, plus de 900 recherches rétrospectives automatisées et environ 500 recherches courantes provenant de bases de données étrangères. Ses services reprographiques sont également importants.

Les bibliothèques techniques

Les bibliothèques professionnelles techniques des entreprises font partie des centres d'information scientifique, technique et économique des entreprises. La création de l'économie de marché et les transformations fondamentales dans le domaine de la gestion des entreprises industrielles n'influencent pas de façon très positive ces centres d'information et rendent leur situation présente précaire. La bibliothèque technique d'Etat exerçait auparavant une fonction centrale dans ce système de bibliothèques. Maintenant, après son transfert au ministère de l'Education, elle est devenue la bibliothèque des grandes écoles techniques de Prague.

La bibliothèque technique d'Etat de Prague a été fondée en 1718 en même temps que l'école d'ingénieurs. C'est pourquoi elle conserve, dans ses fonds historiques, beaucoup d'imprimés anciens et très précieux. C'est la plus grande bibliothèque technique de Tchécoslovaquie. Ses collections représentent plus de 1 500 000 volumes, dont environ 500 documents dans la collection spéciale de littérature commerciale. Elle est le centre national de l'ISDS et est membre de l'IATUL et de l'ASLIB 3. Elle coopère avec des centaines de bibliothèques étrangères dans le domaine des échanges internationaux et des services internationaux entre bibliothèques.

Elle offre des services de prêts à domicile et sur place, ainsi que des services reprographiques, bibliographiques, de localisation et de recherche. Elle constitue et offre des fonds secondaires d'ouvrages spécialisés, tels que les thèses. Elle publie des documents bibliographiques tels que le périodique Current contents of Czechoslovac scientific and technical periodicals.

Les bibliothèques médicales

Les bibliothèques médicales constituent un réseau d'environ 140 bibliothèques professionnelles faisant partie des institutions médicales (établissements, hôpitaux et bains) à l'intention du personnel médical, et des bibliothèques d'organismes spécialisés dans la fabrication de produits médicaux. En dehors de cela, les hôpitaux disposent de bibliothèques pour les malades. A la tête de ce réseau se trouve l'Institut des informations médicales scientifiques dont fait partie la Bibliothèque médicale d'Etat.

Les bibliothèques agricoles

Dans le domaine de l'agriculture, l'information est détenue par les bibliothèques agricoles, avec, à leur tête, l'Institut d'informations scientifico-techniques pour l'agriculture et la bibliothèque centrale agricole et forestière de Prague. Cette bibliothèque a été créée en 1924 et, déjà à cette époque, elle était l'une des plus importantes bibliothèques dans ce domaine. A la suite des transformations en cours dans l'agriculture tchécoslovaque et des changements relatifs à la propriété, la situation actuelle des bibliothèques agricoles est assez ambiguë.

Les bibliothèques de musées

Les bibliothèques de musée servent aux besoins spécifiques du personnel des musées, et constituent des collections de documents imprimés et de manuscrits. La bibliothèque du Musée national de Prague est la bibliothèque centrale, ainsi que la plus importante, de ce réseau. Au XIXe siècle, elle exerçait en même temps la fonction de bibliothèque nationale tchèque et de bibliothèque encyclopédique. Ses fonds eurent pour base les donations des nobles et des protagonistes de la Renaissance nationale tchèque, etc. A partir de 1954, elle est chargée de la gestion des collections appartenant aux bibliothèques des châteaux et de la rédaction de leurs catalogues collectifs. En dehors des documents bibliothéconomiques, elle rassemble des objets sur l'évolution de la production littéraire et l'évolution des livres et de l'écriture, depuis les époques les plus anciennes jusqu'à nos jours. Ce fonds fait partie de l'exposition permanente du Musée du livre de Zdar nad Sazavou. Le fonds historique comprend les œuvres les plus anciennes de la littérature tchèque, une grande partie des incunables et des imprimés anciens. La bibliothèque dispose des archives les plus riches de la presse périodique tchèque depuis 1729, elle est en train de constituer une collection de la littérature et des documents de l'époque de la Renaissance nationale tchèque de 1774 à 1848, un ensemble de chansons folkloriques, d'ex-libris, de modèles originaux d'illustrations de livres, etc.

Les bibliothèques scolaires

Le réseau des bibliothèques scolaires est constitué de 3 900 bibliothèques d'écoles primaires, 222 bibliothèques de lycées et d'écoles secondaires professionnelles. Les bibliothèques scolaires sont régies par la loi de 1990 sur les écoles primaires et secondaires qui proclame que chaque école doit avoir sa bibliothèque. A ce réseau appartiennent aussi les 53 bibliothèques des instituts d'enseignement supérieur et les 1 136 bibliothèques de facultés et de chaires et des bibliothèques rattachées aux administrations scolaires de district nouvellement créées. La bibliothèque pédagogique d'Etat Komensky (Comenius) est l'élément central et technique de ce réseau. Cette bibliothèque a une longue tradition, car elle a été fondée en 1919. Elle contient à peu près 400 000 volumes de littérature pédagogique et des domaines apparentés.

Outre ces types de bibliothèques il en existe encore d'autres, comme les bibliothèques de syndicats, de corps militaires, de l'administration publique, etc.

La formation des bibliothécaires

En République tchèque, la formation des bibliothécaires se fait, d'une part, selon un système scolaire national, d'autre part en suivant une formation postscolaire.

L'enseignement est assuré par la Chaire « informations scientifiques et bibliothéconomie » de la faculté des lettres de l'Université Charles. Les études régulières comprennent 3 spécialisations :
- scientifico-informatique (4 ans d'études)
- bibliothéconomique (4 ans d'études)
- scientifico-bibliothéconomique (4 ans et demie d'études).

Des cours de deux ans sur « Les systèmes et les services d'information dans le domaine des sciences et des techniques » sont destinés aux personnes ayant terminé des études universitaires dans d'autres disciplines et qui travaillent depuis des années dans des bibliothèques et des centres d'information.

L'Université T.G. Masaryk de Brno ouvre, à partir de l'année scolaire 1991/1992, des cours par correspondance, d'une durée de 5 ans, en information scientifique et en bibliothéconomie.

A Prague, l'école secondaire de formation du personnel de bibliothèque comprend les cours suivants :
- des cours réguliers de 4 ans sanctionnés par le baccalauréat ;
- des cours par correspondance d'une durée de 5 ans sanctionnés par le baccalauréat ;
- des cours de formation postscolaire de 2 ans destinés surtout aux anciens élèves des lycées.

L'école secondaire de bibliothécaires de Bmo comprend les cours suivants :
- des cours réguliers de 4 ans sanctionnés par le baccalauréat ;
- des cours par correspondance d'une durée de 5 ans sanctionnés par le baccalauréat
- des cours de formation postscolaire de 2 ans accessibles aux personnes ayant obtenu leur baccalauréat.

La Bibliothèque nationale de Prague, les bibliothèques scientifiques d'Etat, les bibliothèques centrales des réseaux, des bibliothèques de district organisent une formation permanente des bibliothécaires sous forme de stages et séminaires de courte durée, etc. Cette formation complémentaire est orientée vers les problèmes spécifiques du travail en bibliothèque. L'Association des bibliothécaires et des informaticiens et les Syndicats des bibliothécaires s'occupent avant tout de la sauvegarde des intérêts professionnels.

La mise au point et l'adoption d'une nouvelle loi sur les bibliothèques constitue la tâche immédiate la plus importante. Des travaux préparatoires ont déjà commencé, s'appuyant sur l'évaluation des éléments positifs et négatifs de la législation tchécoslovaque, sur des expériences de législation étrangère et tenant compte de l'évolution sociale prévue. Les fonctions des bibliothèques pour les décennies à venir vont être fixées. Le but de la loi sera d'assurer au maximum l'existence des bibliothèques et de créer ainsi des conditions susceptibles de satisfaire le plus possible les besoins et les demandes des citoyens et de la société toute entière dans le domaine des bibliothèques et de l'information.

Septembre 1991

Illustration
Indicateurs statistiques fondamentaux de la Bibliothèque nationale de Prague

  1.  (retour)↑  ONU : Organisation des Nations Unies
    UNESCO : United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization
    FAO : Food and Agricultural Organization.
  2.  (retour)↑  MISON : Mezdunarodnaja Informacionnaja Sistema po Obscestvennym Naukam (Système d'information international en sciences sociales) ECSSID : European Cooperation in Social Science Information and Documentation.
  3.  (retour)↑  IATUL : International Association of Technological University Libraries ASLIB : Association of Special Libraries and Information Bureaux.