Bibliothèques publiques de Roumanie

Elena Dimitriu

Monica Andriesi

Sylvia Todea

Présentation générale du réseau des bibliothèques de Roumanie, avec un développement particulier sur les bibliothèques publiques. Bibliothécaires à la Bibliothèque départementale de Brasov, les auteurs de l'article insistent sur l'activité de cette bibliothèque en tant que représentative du réseau public. Mais elles traitent également de l'information et de la documentation dans le pays. Enfin, l'article esquisse les objectifs à atteindre pour ces bibliothèques dans le futur.

General presentation of the Rumanian network of libraries, specially public libraries. As they work in the Departmental library of Brasov, the authors insist on the activities of this institution as the representative one conceming the public network. The article explains too the activities of information and documentation in Rumania and indicates, fmally, the objectives of the public libraries to reach in the future.

Les premières bibliothèques roumaines apparaissent au XIVe siècle. Ce sont des bibliothèques scolaires, avec des manuscrits en latin, qui fonctionnent, en Transylvanie, près des sièges épiscopaux catholiques - au XVe siècle, Brasov dispose d'une école avec bibliothèque dans le quartier roumain Schei. A partir du XIVe siècle, et pendant les siècles suivants, toutes les régions de Roumanie ont des bibliothèques près des monastères.

Historique

Au XVIe siècle, apparaissent les bibliothèques des voïvodes 1 et celles des grands féodaux. La bibliothèque de l'humaniste Constantin Cantacuzino (1650-1716), qui avait engagé deux bibliothécaires, était, à l'époque, très renommée. Une partie de ses collections existe encore à la Bibliothèque de l'Académie roumaine. La bibliothèque que le prince régnant Nicolae Mavrocordat a fait installer au Monastère Vacaresti en 1725 recèlait, quant à elle, des milliers de livres et de manuscrits grecs, latins, turcs et persans. Des documents de l'époque attestent l'intérêt que lui portaient certains savants venus d'Espagne ou de France s'y documenter. Leur vente, en 1751, a attiré des envoyés du Pape et des rois d'Angleterre, de France et d'Allemagne. Quelques volumes sont encore conservés à la Bibliothèque de l'Académie. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, de nouvelles bibliothèques apparaissent en Transylvanie, qui existent encore de nos jours. Ce sont de grandes bibliothèques de documentation. Ainsi la bibliothèque Bethlen, à Aiud (1622), la bibliothèque Brukenthal, à Sibiu (1784), la bibliothèque Battyaneum, à Alba-Iulia (1781) et la bibliothèque Teleki-Bolyai (1653), qui abritent des trésors patrimoniaux : incunables, manuscrits (Codex aureus, Evangelium scriptum cum aure pictum, 815), imprimés. Enfin, les bibliothèques publiques font leur apparition dans la première moitié du XIXe siècle. En 1864, on rédige le premier Règlement pour les bibliothèques publiques qui lance l'idée d'une démocratisation totale des bibliothèques et celle de l'organisation d'un système national. Les premiers catalogues sont imprimés à partir des années 1865-1869.

La bibliothèque de l'Académie roumaine date de 1867. Bénéficiant du dépôt légal, elle remplit les fonctions d'une bibliothèque nationale et représente, par son activité prestigieuse, la bibliologie et la bibliothéconomie du pays. En 1955, on y crée le Centre de documentation scientifique, et le périodique Etudes et recherches de documentation et de bibliologie. Les fonds sont répartis en diverses sections : imprimés (livres et périodiques) ; manuscrits ; livres roumains anciens et documents ; estampes, portraits, albums, photos ; section musicale ; cartes et atlas. Chacune d'elles a un service information-bibliographie, des catalogues propres et des usuels correspondant aux différentes spécialités.

L'école de bibliographie de l'Académie, fondée par Ioan Bianu, directeur de la bibliothèque entre 1884 et 1935, et maintenue par ses élèves, a publié des œuvres bibliographiques remarquables. La bibliothèque de l'Académie a des annexes à Cluj et lasi, et des centres de recherche à Timisoara et Tirgu-Mures.

La Bibliothèque nationale et les autres

La Bibliothèque nationale de Bucarest a été créée en 1955 dans le but principal d'élaborer la bibliographie nationale. Ces dernières années, elle a mené ses activités dans des conditions pour le moins difficiles. Un nouvel édifice, situé en plein centre ville, est prêt à accueillir ses collections. Son système d'information comprend des catalogues alphabétiques, systématiques, thématiques, topographiques et spécialisés. Ses collections, de plus de deux millions d'unités, comptent des incunables, des livres anciens et modernes, des périodiques, des manuscrits (soit anciens, soit d'écrivains modernes et contemporains), des estampes, des bandes magnétiques et des disques.

Activités spécifiques

Outre les activités courantes de toute bibliothèque (acquisitions, indexation, catalogue, conservation et diffusion), la bibliothèque a des tâches propres en tant que bibliothèque nationale. Elle produit la Bibliographie nationale courante en trois séries : les livres, albums et cartes (bimensuelle), depuis 1952 ; les articles de périodiques (trimestrielle), depuis 1954 ; les partitions et les disques (trimestrielle), depuis 1968. Elle joue un rôle de coordination bibliographique - indices bibliographiques, normes roumaines de catalogage -, produit des bibliographies types pour chaque domaine, bénéficie du dépôt légal, assure le traitement bibliographique des livres édités, imprimés et diffusés en Roumanie, élaborant les diverses notices. Elle édite des fiches destinées au catalogage des livres, qui sont diffusées aux bibliothèques du pays sur abonnements, réceptionne les livres étrangers, coordonne les bibliothèques publiques du pays grâce à son service « technique » : rédaction, édition et diffusion (gratuites) des résumés des publications bibliothéconomiques étrangères. Elle assure les échanges internationaux et entretient des relations directes avec l'Unesco qui lui fait parvenir des publications sur les bibliothèques, la bibliographie et l'information. Enfm, elle coordonne l'informatisation des bibliothèques roumaines et fait paraître des publications spécialisées, qu'elle diffuse par abonnements à toutes les bibliothèques intéressées. Parmi elles :
- Répertoire collectif des périodiques étrangers,
- Livres étrangers entrés dans les bibliothèques de Roumanie,
- Bulletin d'information et de documentation culturel,
- Revue d'exposés philosophiques,
- Répertoire de bibliographies inédites,
- Répertoire des auteurs collectifs.

A l'heure actuelle, on réorganise fondamentalement ses structures. Pour améliorer au maximum son fonctionnement, on va réunir certains services : entrées et acquisitions, catalogage et classification, conservation et prêt. Une autonomisation accrue de chaque département doit être envisagée, ce qui implique un déplacement des responsabilités au niveau de chaque service et une plus grande professionnalisation des bibliothécaires. En ce qui concerne l'informatisation, on prévoit l'extension du système actuel à tous les services. Il est souhaitable que les bases de données créées dans les bibliothèques soient disponibles dans les réseaux informatiques nationaux. Le processus de décentralisation et d'autonomisation des bibliothèques sur le territoire va amener une restructuration du service « technique » qui va perdre sa fonction de contrôle tout en raffermissant l'aide apportée, en élaborant des manuels pour chaque activité spécifiquement bibliothéconomique. Un des aspects prioritaires de cette nouvelle structure sera la recherche sociologique et bibliothéconomique.

Bibliothèques publiques

Outre la bibliothèque de l'Académie et la Bibliothèque nationale, le réseau des bibliothèques de Roumanie compte encore :
- des bibliothèques publiques (départementales, des villes et des villages),
- des bibliothèques universitaires,
- des bibliothèques d'établissements scolaires pré-universitaires,
- des bibliothèques syndicales (à fonds encyclopédiques),
- des bibliothèques techniques (dans les grandes entreprises) fonctionnant près des services d'information et de documentation,
- des bibliothèques médicales,
- des bibliothèques ecclésiastiques et de musées.

Les bibliothèques publiques ont un statut d'établissement public. Elles sont gérées par les administrations locales de l'Etat et subventionnées par le budget national. Au ministère de la Culture, la direction « Animation culturelle et loisir » a un département « Bibliothèques » qui trace les directions générales de l'activité bibliothéconomique. Les bibliothèques de chaque « judet » (département) sont soumises au contrôle de l'Inspection départementale de la culture, organisme qui fait la liaison entre l'Etat, les communes et les institutions culturelles locales.

Après la guerre, les bibliothèques publiques ont connu une centralisation qui a entraîné une certaine uniformisation des méthodes d'organisation. Leur structure semblable, quelle que soit leur importance dans le réseau, nous enjoint à parler de la bibliothèque départementale de Brasov comme bibliothèque représentative de celui-ci. D'autant qu'elle est l'une des premières grandes bibliothèques publiques du pays, avec un fonds dépassant les 550 000 documents.

Le réseau et Brasov

Au centre de la Roumanie, site culturel et économique ancien et puissant, Brasov, avec son université et ses 350 000 habitants, est la deuxième grande ville de la Roumanie. Comme toutes les bibliothèques départementales, la bibliothèque partage son activité entre divers services : acquisitions, indexation et catalogage ; bibliographie et documentation ; collections spéciales ; relations avec le public ; service technique. Les quatre premiers existent dans toutes les bibliothèques publiques et s'intègrent au réseau en fonction de l'importance de la bibliothèque.

Acquisitions

Le fonds des bibliothèques publiques roumaines, encyclopédique, se compose à peu près comme suit : 55 % littérature, 25 % sciences et techniques, 15 % sciences sociales et 10 % autres domaines. Chaque bibliothèque module toutefois ces pourcentages en adaptant sa politique d'acquisition aux conditions locales spécifiques. Ainsi, en raison de la présence d'une université polytechnique et du profil spécifique de la ville, la bibliothèque de Brasov accorde une attention toute particulière aux sciences et techniques. Par ailleurs, l'existence des minorités hongroise et allemande y a induit, au fil des ans, l'acquisition de publications éditées dans ces langues, en Roumanie ou à l'étranger.

La politique d'achat respecte le principe universel suivant : le choix des livres doit se faire en fonction du fonds de la bibliothèque et des besoins en acquisitions nouvelles tout en tenant compte du profil de l'institution, du profil socioprofessionnel des lecteurs et de leur demande.

L'édition est centralisée et toutes les maisons d'édition sont propriété d'Etat. Les publications s'acquièrent moyennant un contrat passé avec le Centre départemental des librairies, sur la base d'un système de commandes préalables établies d'après les « plans-projets » des éditions. Le Centre envoie les « livres-phares » qui permettent de modifier la commande. Celle-ci dépend des crédits disponibles prévus dans le budget de la commune : variables, souvent faibles, ceux-ci ne permettent en aucun cas l'acquisition de livres étrangers, ce qui est regrettable, car importer l'information et les livres qui favorisent le développement de l'enseignement et la recherche scientifique est aujourd'hui un impératif.

Il peut arriver que l'on fasse des acquisitions directement dans les librairies ou les « antiquariats » (librairies de livres d'occasion), ou bien encore que l'on reçoive des dons. En ce qui concerne les périodiques, on passe des abonnements annuels.

Les plan-projets des maisons d'édition sont à l'heure actuelle l'unique source bibliographique signalétique pour les bibliothécaires roumains. Ces derniers mois, le ministère de la Culture a fait éditer une revue, L'univers des livres, consacrée à tous les problèmes concernant les livres : édition, impression, diffusion, animation, etc. Les rubriques complètent l'information nécessaire au travail d'acquisition.

L'enregistrement « entrée » et « sortie » des publications dans les fonds des bibliothèques publiques est réalisé régulièrement dans le Registre du mouvement des fonds (RMF). C'est ce qu'on appelle « l'évidence primaire » (par stocks). Ce registre reflète à tout moment le nombre précis des publications existantes et la structure des fonds bibliothéconomiques par domaines. L'« évidence » locale se fait dans le Registre unique d'entrée inventaire. Une opération ultérieure enregistre ensuite la répartition des publications dans des Registres de gestion propres à chaque section et à chaque type de document. En vertu du dépôt légal, un exemplaire de chaque publication roumaine postérieure à 1945 est conservé au magasin général de la Bibliothèque départementale. Une production éditoriale moyenne et un prix très accessible ont permis de respecter ce principe dans la politique d'acquisition. Mais la prolifération des maisons d'édition, l'an passé, la hausse exacerbée du prix des livres - sans croissance équivalente des crédits disponibles - et la décentralisation partielle de l'activité éditoriale vont maintenant rendre impossible son application dans les bibliothèques départementales.

Dans des services non informatisés, les opérations d'enregistrement des entrées nécessitent un travail important, et du personnel en conséquence.

En Roumanie, les bibliothécaires sont les gérants des fonds qu'ils diffusent, c'est-à-dire qu'ils ont la responsabilité matérielle des livres de leur section. Il leur arrive ainsi de payer les livres volés ou ceux qui n'ont pu être récupérés après un prêt. Rappelons qu'en vertu des lois encore en vigueur les livres ne peuvent être éliminés qu'après une période « de service » de quinze ans après parution. Ils font partie des fonds fixes. Il est facile d'imaginer le résultat : des magasins encombrés de livres abîmés et périmés attendant patiemment que les quinze ans s'écoulent ; des espaces toujours trop exigus. La future loi devrait apporter une amélioration sur ce point.

La qualité de gestionnaire du bibliothécaire et la gestion séparée des différentes sections impliquent que le bibliothécaire reste dans sa section.

Indexation, cotation, catalogage

Le circuit du livre est le suivant : choix de la cote et des vedettes, rédaction de la fiche de base, établissement des fiches réservées aux catalogues. L'indication conventionnelle de la cote (format ou CDU 2) sur les fiches du catalogue général localise le livre dans les différentes sections. Quand les bibliothèques publiques n'adoptent pas la Classification décimale universelle, l'indexation, la cotation et le catalogage sont identiques à ce que nous trouvons dans les bibliothèques françaises. La notice descriptive respecte les normes internationales ISBD 3. La plupart des bibliothèques publiques se procurent les fiches de leurs catalogues en s'abonnant à la « fiche imprimée » élaborée par la Bibliothèque nationale. Quand ce n'est pas le cas, les catalogueurs utilisent les règles internationales adaptées par l'Institut national de standardisation pour les bibliothèques de Roumanie. Sans informatisation, cela requiert beaucoup de temps et de travail, d'autant qu'on manque également d'appareils reproducteurs - Rank-Xerox, photocopieuses, machines à écrire à mémoire sont inexistantes dans les bibliothèques roumaines. L'abonnement à la fiche imprimée des services de la Bibliothèque nationale de Bucarest n'épargne de toute façon qu'une partie du travail.

Le système des catalogues de la bibliothèque départementale de Brasov est, quant à lui, bien organisé et structuré de façon à répondre aux besoins d'information de ses lecteurs. Il compte un catalogue alphabétique d'auteurs et d'anonymes, un catalogue par titres, un catalogue systématique avec index de mots matières, un pour les fonds anciens, un pour les périodiques, un autre pour les collections, et d'autres, destinés aux enfants.

Un catalogue « interne » reflète la répartition des titres dans les différentes sections. Chaque section a son propre catalogue, utilisé lors des inventaires. Les inventaires ont lieu chaque année, tous les deux ans ou tous les cinq ans, selon l'importance de la section. Il y a aussi des catalogues spécialisés : catalogue analytique de critique littéraire roumaine, catalogue de philosophie contemporaine, catalogue des personnalités locales, catalogue des lectures conseillées aux élèves. Bien évidemment, chaque bibliothèque adapte son système aux nécessités locales. La bibliothèque de l'Université de Brasov établit un catalogue collectif des publications scientifiques et techniques en collaboration avec des bibliothèques de la ville, dont la départementale. De la même façon, toutes les bibliothèques départementales du pays participent au Catalogue collectif national pour les livres étrangers entrés dans les bibliothèques.

Bibliographie-documentation

Les catalogues sont le principal instrument de travail du service bibliographie-documentation. Mais il y en a d'autres : la Bibliographie de Roumanie et les matériels élaborés par la Bibliothèque nationale en tant que centre bibliographique national. Le service d'information bibliographique rédige des bibliographies à la demande des lecteurs, ainsi que des synthèses pour les anniversaires culturels. Il dresse les plans et la bibliographie des expositions de livres, dirige les lecteurs dans la recherche d'information et leur donne des conseils pratiques pour l'utilisation des catalogues, mais le travail de recherche se concrétise dans des ouvrages plus importants concernant la culture locale : à Brasov, par exemple, on a rédigé un Dictionnaire des personnalités de Brasov. Ce service fait jouer aux bibliothèques départementales le rôle de « terminaux » du système national d'information et de documentation. Ce sont d'ailleurs de véritables centres de documentation pour tous les problèmes spécifiques aux départements, mis à la disposition de tout le pays par l'intermédiaire de la bibliographie locale et du fonds documentaire local.

Collections spéciales

Cette section conserve les fonds anciens, rares et précieux. La bibliothèque ne possède pas d'incunables, mais on peut en trouver à la bibliothèque documentaire de l'Eglise noire - qui prolonge, depuis 1540, l'activité de la bibliothèque de l'érudit Johannes Honterus - et à celle de la Première école roumaine du quartier Schei. En Roumanie, les livres considérés comme anciens sont soit les livres étrangers d'avant 1700, soit les livres roumains d'avant 1830. Parmi les livres étrangers de nos collections, on peut mentionner des post-incunables (1502) imprimés à Venise par Alde Manuce et des livres provenant d'autres villes européennes : Robert Etienne et Jean Petit à Paris, Johann Frobenius à Bâle, Elsevir à Amsterdam, Sebastian Gryphe à Lyon. Parmi les livres roumains, Cazania, le sermon de Varlaam (1643) imprimé à Lasi est considéré comme un monument de la langue roumaine. Par arrêté du ministère de la Culture, ces fonds anciens sont destinés au traitement informatisé des livres et des périodiques du patrimoine national. Des listings ont été élaborés selon le système ISBD(A) par auteurs et par titres pour les bibliothécaires travaillant sur ces ouvrages.

A Brasov, ces fonds particuliers comptent également des livres originaux - par la taille, la forme, la reliure, le support - et des ouvrages rares - tirages limités, éditions princeps. D'autres présentent un intérêt artistique - typographie, illustration, ex-libris. La collection des manuscrits a un intérêt essentiellement local : ce sont pour l'essentiel des correspondances qui proviennent de personnalités locales, de sociétés et d'associations des XIXe et XXe siècles. Le magasin réservé aux collections spéciales abrite également des cartes du XVIIe siècle, une collection d'ex-libris, une photothèque et des imprimés publicitaires (dépliants, programmes, affiches). Les ouvrages y sont classés par format. La section comporte une petite salle d'étude destinée aux chercheurs. Les collections sont constituées de dons et d'acquisitions. Une loi similaire au droit de préemption français permet aux bibliothécaires d'acheter les documents rares et précieux par l'intermédiaire des libraires de livres d'occasion.

En ce qui concerne la restauration, il n'existe qu'un laboratoire, à Bucarest. Il a récemment formé des restaurateurs pour tous les départements. Il est encore matériellement impossible de mettre en place d'autres laboratoires du même type sur le territoire.

La conservation fait l'objet d'une attention constante : il est en effet impossible de remplacer les ouvrages par des fac-similés ou des reprographies.

Outre les divers catalogue et fichiers, le spécialiste de la Départementale de Brasov a élaboré un catalogue pour les ouvrages anciens imprimés entre 1539 et 1570 existant dans les bibliothèques documentaires de la ville : bibliothèque de l'Eglise noire, bibliothèque du Musée de la première école roumaine, bibliothèque des Archives de l'Etat, Bibliothèque départementale. Des expositions et des études présentées lors des réunions de bibliothécaires spécialistes permettent de faire connaître ces fonds particuliers.

Le service public

Ce service englobe toutes les sections des bibliothèques publiques qui ont un contact direct avec les lecteurs.

La bibliothèque de Brasov est ouverte au public cinquante heures par semaine. Pour s'inscrire, le lecteur justifie de son nom et de son adresse sur une fiche d'identité, en échange de quoi il reçoit une « fiche-contrat » avec des renseignements personnels et le règlement de la bibliothèque, ainsi qu'une carte de prêt précisant les dates de restitution des ouvrages. En Roumanie, tous les services des bibliothèques publiques sont gratuits.

A Brasov, la salle d'étude compte 150 places. Réservée à la consultation sur place, elle met, en plus des usuels, les publications du magasin central à la disposition des lecteurs. Le magasin bénéficie du dépôt légal et possède un exemplaire de chaque publication entrée à la bibliothèque. Les livres ne sortant pas, la Bibliothèque départementale peut ainsi exercer son rôle de conservation. Les collections sont rangées selon leur format et leur numéro d'entrée. L'exiguïté des locaux de la bibliothèque a contraint à intégrer les périodiques dans ce local. A Brasov, le magasin général abrite également des revues documentaires et un fonds riche de livres anciens. D'autres bibliothèques ont des sections « Périodiques » organisées séparément.

Les sections de prêt sont en libre accès. Dans toutes les bibliothèques, elles sont classées systématiquement selon une CDU adaptée au fonds et au public.

Prêt pour adultes

Cette section offre des ouvrages littéraires, mais aussi des ouvrages dans tous les domaines professionnels - médecine, sciences et techniques, informatique, etc. Chaque livre est équipé d'une fiche mentionnant la cote, l'auteur, le titre, le numéro d'inventaire et le prix, placée dans une pochette collée sur la troisième de couverture. Au moment du prêt, le lecteur inscrit la date et signe, puis le bibliothécaire introduit la fiche dans l'enveloppe propre à chaque lecteur (fiche d'inscription mentionnant ses nom, adresse, profession et âge). Les fiches des livres empruntés chaque jour sont classées à part, par ordre alphabétique des lecteurs.

On peut ensuite aisément établir des statistiques par dates et domaines d'intérêt, ainsi que les lettres de rappel.

Les livres sont généralement prêtés pour une durée de deux à trois semaines, avec possibilité de prolonger. Une lettre de rappel est envoyée après quinze à vingt jours de retard ; une autre, après un mois. Le règlement de la bibliothèque, approuvé par la Préfecture, précise les sanctions appliquées en cas de perte ou de détérioration. Le bibliothécaire gestionnaire veille au respect rigoureux du règlement sur ce point. Dans le cas inverse, il risque de payer lui-même les livres.

Section enfantine

L'inscription des enfants se fait de la même façon que celle des adultes, avec une autorisation écrite des parents. Au fil des années, les collections se sont constituées pour permettre aussi bien les lectures de loisir que les lectures scolaires. Une étroite collaboration avec les institutions d'enseignement a fait naître l'idée de constituer un fonds de livres qui, selon les recommandations du ministère de l'Enseignement, représente la bibliographie scolaire pour chaque année d'étude. C'est un secteur isolé de la section enfantine, très fréquenté par les élèves de 7 à 14 ans, et organisé en dehors du libre accès : une spécificité de la section enfantine de Brasov qu'on ne rencontre pas obligatoirement dans les autres bibliothèques publiques.

La mauvaise qualité matérielle des livres édités ces dernières années (papier, illustration, reliure), ajoutée à la loi interdisant le retrait avant les quinze ans « de service », rend souvent pitoyable l'aspect des livres destinés à la jeunesse. Le cas est encore plus grave pour les albums, qui sont rares, et rarement réédités. Les auteurs et les éditeurs ont encore beaucoup à faire pour combler cette absence d'albums, de documentaires, de bandes dessinées et aussi de journaux pour enfants.

La coopération des sections enfantines avec les écoles, les organisations intéressées, le corps enseignant et même les parents, d'une part, et la formation des bibliothécaires spécialistes des sections jeunesse (généralement professeurs), d'autre part, contribue à accroître la qualité de la formation et de l'instruction dispensées aux jeunes. La section enfantine de la bibliothèque municipale de Bucarest, organisée d'après le modèle de la bibliothèque de Munich, est particulièrement intéressant. Une ludothèque a été mise en place, ainsi qu'un guignol, un atelier de réparation des livres, des cercles de création littéraire avec les enfants lecteurs.

Les autres sections enfantines du pays ont également essayé de diversifier la gamme de ces animations en introduisant des concours de dessin et de création littéraire, ainsi que des veillées au cours desquelles les enfants racontent leurs lectures. Des visites sont organisées par les écoles. A indiquer aussi : les cours d'initiation au fonctionnement de la bibliothèque pour les élèves de quatorze ans prévus par le programme scolaire.

Bibliothèques annexes

Pour mieux répondre à la demande des lecteurs habitant les quartiers de la ville, les bibliothèques départementales installent des bibliothèques annexes, appelées chez nous filiales. La bibliothèque de Brasov en possède cinq, qui fonctionnent comme les sections de prêt adultes et enfants, avec des catalogues topographiques propres et des catalogues thématiques. Les animations organisées s'adressent aux écoles et aux associations de quartier.

Bibliothèque française

Centre industriel et universitaire, Brasov a une riche tradition de relations culturelles avec la France. Un institut français et une bibliothèque y fonctionnaient avant la Guerre. La francophilie particulière des Roumains nous a poussés à renouer avec la tradition. Répondant à la demande des lecteurs, une bibliothèque française a été organisée avec les livres envoyés de France - de Tours, de Lille, du Mesnil en Thelle (Oise) -et de Belgique. Une rencontre longuement attendue par le public avec les livres français, qui s'est concrétisée en activité intense. Créée en mai 1990, la bibliothèque avait inscrit 803 lecteurs au 30 juin 1991 et réalisé 7 660 prêts de livres et de périodiques. Son public est généralement jeune : 490 enfants et jeunes de moins de 25 ans - élèves et étudiants. Ouverte 25 heures par semaine, gratuite, la bibliothèque offre la plupart de ses collections en libre accès. Les quelque 10 000 volumes dont elle dispose représentent un chiffre appréciable, qui comprend malheureusement un très grand nombre de périodiques périmés et des manuels scolaires inutilisables. Aussi un tri sévère a-t-il été nécessaire. Si la littérature est bien représentée - malgré de très rares nouveautés -, les autres domaines sont très pauvres. Il est pratiquement impossible d'acquérir des périodiques ou d'acheter des livres. Les services culturels de l'Ambassade de France à Bucarest ont offert une centaine de livres, ce qui est faible pour un public dont la longue attente n'a diminué ni la soif de lecture en français, ni l'exigence, ni même le désir de mieux connaître la langue, la littérature et la civilisation françaises.

On l'a constaté dernièrement, les Roumains parlent toujours le français et les liens culturels, profonds, entre les deux pays ont résisté à l'impasse des cinquante dernières années. La jeune bibliothèque de Brasov pourrait être le noyau d'un futur Institut culturel français. Une mission du ministère de la Culture de France a déjà implanté d'autres instituts de ce genre à Bucarest, Cluj, Iasi et Timisoara.

La musique et les arts

Les bibliothèques départementales disposent généralement d'une section « Musique et arts », ce qui n'est pas le cas des bibliothèques publiques de moindre importance. La bibliothèque de Brasov possède l'une des sections les plus riches du pays : 15 000 disques, plus de 3 000 albums d'art, partitions, cassettes audio et bandes magnétiques, dont la plupart destinés au prêt. Les usuels sont en accès libre. Une salle d'audition permet l'écoute sur place avec des casques individuels. Le système d'information répond aux besoins des usagers : catalogue alphabétique et systématique pour les disques et les partitions, catalogue systématique pour les albums d'art et pour les créateurs locaux d'art plastique. Les difficultés matérielles n'ont pas épargné ce secteur. Au lieu de bénéficier d'améliorations technologiques, et malgré un entretien constant, les équipements (magnétophones, lecteurs de cassettes, cabine musicale, électrophones) ont connu l'usure et la dégradation. Seuls un appareil vidéo et une télévision en couleurs ont enrichi dernièrement le patrimoine technique de la section. Des animations particulières sont organisées par les deux bibliothécaires-professeurs de musique, en collaboration avec d'autres institutions comme le lycée, les conservatoires de musique de la ville et le Musée : cercles d'initiation musicale pour la jeunesse, auditions collectives à l'occasion de commémorations -année Mozart, par exemple -, club de jazz. Très demandés, les disques et les bandes magnétiques destinés à l'enseignement des langues étrangères sont en nombre insuffisant.

Animation

Si l'accueil des lecteurs et l'aménagement de l'espace sont à la portée des bibliothécaires, les frais d'impression très élevés et l'inexistence d'un budget publicité rendent l'animation de la plupart des bibliothèques publiques roumaines difficile. Le matériel publicitaire de signalisation (dépliants, affiches, panneaux, guides) est devenu un beau souvenir. Il reste ce que les Français appellent « l'animation ponctuelle », qui se déroule à peu près comme en France : présentation de livres, conférences-débats, rencontres avec les éditeurs et les auteurs, expositions thématiques, lancement de livres en collaboration avec le Centre départemental des librairies et l'Association des écrivains. Ces activités ont lieu lors de commémorations : calendrier de l'Unesco, commémorations locales et nationales.

A l'heure actuelle, on a totalement renoncé à utiliser la bibliothèque pour la propagande politique. Le nouveau climat a permis une normalisation dans ce domaine. Un seul exemple significatif : l'exposition consacrée à la monarchie roumaine organisée par la bibliothèque départementale de Brasov dans le but de combler le manque d'informations des 50 dernières années sur ce thème et de communiquer des publications interdites aux lecteurs. L'une des tâches entreprises en janvier 1990 par les bibliothèques publiques de Roumanie a d'ailleurs été de remettre en circulation « le fonds interdit », livres d'écrivains dissidents ou émigrés, ainsi que certains domaines censurés par les caprices aberrants de la dictature : parapsychologie, yoga, sciences occultes, théologie, religion.

Le service « technique »

La longue période sans enseignement bibliothéconomique fit naître le service « technique » des bibliothèques départementales de Roumanie. Les bibliothécaires qui en sont responsables sont des professionnels expérimentés qui s'occupent du réseau des bibliothèques publiques du département (bibliothèques des villes et des communes) et donnent à leur personnel, dépourvu des connaissances nécessaires, une « technique » pour organiser la bibliothèque. Ces bibliothécaires « techniques » font des acquisitions centralisées pour les bibliothèques communales, rencontrent régulièrement leurs collègues et rendent visite à toutes les bibliothèques du réseau public. L'aide qu'ils apportent peut s'étendre à d'autres bibliothèques publiques -celles des petites villes - ainsi qu'aux bibliothèques syndicales, techniques, médicales et scolaires. L'existence d'un tel service donne son caractère spécifique aux bibliothèques départementales. Les autres activités sont en général celles des municipales.

Conséquence d'une politique culturelle absurde, l'enseignement de la bibliothéconomie a disparu en Roumanie depuis plus de quinze ans. Un organisme de formation permanente a toutefois été créé à Bucarest, le Centre de formation du personnel, qui assure la formation des bibliothécaires dans le réseau public par des stages de formation initiale, de formation continue et de recyclage.

Depuis les événements de décembre 1989, un enseignement professionnel se remet progressivement en place. Des diplômes ont été créés, auxquels prépare la section de bibliologie de la faculté des Lettres de Bucarest. Ils seront exigés pour l'accès aux postes de bibliothécaires. Pour les sous-bibliothécaires, un cours de formation post-secondaire est organisé depuis 1990. A l'heure actuelle, la plupart des bibliothécaires sont des enseignants qui ont suivi des cours de formation bibliothéconomique.

Equipement des livres et reliure

La mauvaise qualité des livres, ces dernières années, et la loi interdisant le retrait avant 15 ans nécessitent reliure et réparation pour la plupart des ouvrages. Les bibliothèques départementales possèdent habituellement un atelier de reliure, de faible capacité par rapport aux besoins. Les matériels (colles, toiles, cartons) sont de mauvaise qualité et les reliures réalisées ne sont guère attractives. Leur coût et le budget restreint des bibliothèques ne permettent pas l'accès à d'autres ateliers, ce qui empêche parfois de relier les livres les plus utilisés, et donc les plus abîmés, pendant plusieurs mois.

L'informatisation des bibliothèques roumaines en est à ses débuts. A l'exception de la Bibliothèque nationale, quelques bibliothèques départementales, dont celle de Brasov, ont réussi, tout dernièrement, à acquérir un minimum d'équipement. Ce qui va entraîner des changements essentiels, aussi bien dans la formation professionnelle que dans l'activité même de la bibliothèque publique.

Le système national d'information scientifique et technique

L'activité d'information et de documentation en sciences et techniques a été réduite, depuis 1974, à des dimensions presque symboliques. Coordonnée et dirigée par l'Institut national d'information et de documentation (INID), son réseau compte actuellement 24 Offices d'information et de documentation (OID) dans divers domaines représentés par les ministères respectifs : OID pour l'agriculture et l'industrie alimentaire, OID pour l'économie forestière et les matériaux de construction, OID pour la physique et l'énergie nucléaire etc. Une quinzaine de chercheurs seulement y travaillaient dernièrement. Au niveau des unités de production, de recherche et d'enseignement, l'activité d'information et de documentation est plutôt devenue un souvenir. Par certaines de leurs activités, la bibliothèque de l'Académie, la Bibliothèque nationale, les bibliothèques universitaires et les bibliothèques départementales étaient considérées comme unités de ce réseau.

La dictature ayant interdit d'acheter plus d'un exemplaire de chaque revue scientifique étrangère, l'INID offrait certains services d'information bibliographique courante tels que :
- le sommaire des périodiques du fonds documentaire INID, en 14 séries ;
- la bibliographie signalétique des manuels, traités, rapports de recherche scientifique, thèses de doctorat, etc. entrés dans le fonds documentaire INID ;
- le Système PRODOC, diffusion sélective des informations bibliographiques concernant un sujet demandé - informatisé et fournisseur de fiches bibliographiques, ce système permettrait de constituer un fichier bibliographique réservé à la demande d'information ;
- le Service d'information Selectadata, assurant la diffusion d'informations scientifiques, techniques et économiques sur des questions concernant chaque domaine de l'économie nationale. L'INID offrait également la possibilité de faire des recherches bibliographiques rétrospectives et signalétiques (système CERBIEF) à la demande de l'utilisateur, et donnait des informations sur les traductions effectuées grâce à un guide cumulatif des catalogues industriels.

Tout en respectant l'autonomie de ses unités et la coopération contractuelle entre elles, le système national d'information et de documentation scientifique et technique vise aujourd'hui de nouveaux objectifs. Entre autres :
- la stimulation, à l'échelle nationale, des programmes visant le contrôle bibliographique universel et l'accès universel aux publications ;
- une meilleure organisation du traitement des sources d'information avec, à la base, le principe du traitement unique et de la valorisation multiple des informations ;
- le développement de la compatibilité technique et méthodologique entre les systèmes d'information spécialisés du pays et les systèmes étrangers, par l'intermédiaire des réseaux automatisés de dates et d'information.

Un programme dans l'esprit des recommandations de l'Unesco et de la Conférence des Nations unies pour la science et la technologie (Vienne, 1979), de même qu'une nouvelle législation cadre pour le développement de ce domaine vital pour l'économie de marché sont à l'étude. L'INID représente la Roumanie à la Fédération intemationale de documentation (FID).

La lecture en Roumanie

On peut dire que les Roumains sont de grands lecteurs. D'un prix abordable, les livres étaient très accessibles. L'existence d'un grand nombre de bibliothèques personnelles importantes en est une preuve. La lecture était l'un des rares moyens d'information, lui-même incomplet, dans le contexte de dénuement médiatique qui existait - une seule chaîne émettant deux heures par jour ! Pour beaucoup de Roumains, elle représentait, de surcroît, un refuge devant une réalité étouffante.

Les événements de décembre 1989 ont engendré des changements dans tous les domaines, y compris celui de la lecture, qui a changé de motivation et de contenu. Le besoin d'adaptation aux nouvelles conditions socio-économiques a amplifié la demande des livres sur certains sujets : économie, sciences et techniques. Aussi est-elle difficile à satisfaire avec les fonds actuels des bibliothèques.

En ce qui concerne la littérature, peu de traductions littéraires paraissaient en Roumanie les années passées, mais la sélection rigoureuse qui présidait à leur choix assurait la qualité des titres, essentiels dans la littérature universelle. A l'heure actuelle, on a tendance à éditer des titres utiles, d'un point de vue strictement matériel, et de négliger la plupart du temps les critères de valeur littéraire.

Le prix des livres a énormément augmenté. Aussi l'affluence des lecteurs vers les bibliothèques publiques a-t-elle grandi et continue-t-elle de grandir.

Les bibliothécaires espèrent que, dans un futur proche, les domaines d'intérêt encore lacunaires seront complétés en fonction de la demande : les livres pour la jeunesse, documentaires et albums pour enfants, livres d'histoire (l'histoire véridique), psychologie, sociologie, informatique, sciences économiques, etc.

Les grandes bibliothèques publiques roumaines ont lancé des sondages pour tester les intérêts des lecteurs, qui ont amélioré le travail technique en bibliothèque. Le nouveau contexte exige de diversifier et d'amplifier ce genre d'étude sociologique qui avait été écarté, à une certaine époque, en raison des conclusions souvent très gênantes que cela présentait pour la politique culturelle de la dictature.

Considérations finales

L'Association des bibliothécaires s'est constituée en 1924 avec, pour premier président, le bibliologue Ioan Bianu. Ses attributions étaient : l'élaboration d'un règlement unique, une situation matérielle honorable pour les bibliothécaires et la rédaction d'une revue professionnelle. L'association a continué ses activités après la guerre, adhérant à l'UNESCO à partir de 1955. Elle est membre de la FIAB 4 et de la FID 5, avec lesquelles elle collabore.

Après les événements de décembre 1989, l'association a repris vie. Elle a élaboré un programme à l'intention du ministère de la Culture, qui prépare l'horizon futur des bibliothèques roumaines. Ci-dessous, quelques points importants :
- l'élaboration d'un programme national pour l'informatisation de l'activité bibliothéconomique,
- une planification décentralisée,
- la libéralisation des échanges des publications nationales et internationales,
- la reprise des publications spécialisées : Revue des bibliothèques, Etudes et recherches de bibliologie,
- l'exclusion des publications de la catégorie des « moyens fixes » (la durée de service de 15 ans),
- la mise en place de laboratoires territoriaux pour la restauration du patrimoine national, d'ateliers de reliure et de réparation des livres,
- l'élaboration d'une nouvelle législation pour les bibliothèques.

Dans un tel contexte, le mot d'ordre des bibliothécaires contemporains roumains pourrait être : entrer dans le présent en se réappropriant le passé.

Septembre 1991