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Marché de l'édition 1975-1989

Martine Poulain

La société Inter-Forum a récemment publié deux études de marché synthétiques, l'une sur l'évolution de l'édition au cours des quinze dernières années, l'autre sur le marché de la bande dessinée.

l'évolution du marché

La consommation de livres français sur le marché intérieur en 1989 représentait un chiffre d'affaires de 20,1 milliards de francs : ce marché 1 est en croissance lente depuis 1983. Le nombre de réimpressions augmente plus vite que les nouveautés : de 12 000 titres en réimpressions en 1975 à 18 000 en 1989 ; d'environ 10 500 titres de nouveautés en 1975, à 14 000 en 1989. C'est dans les secteurs des dictionnaires et encyclopédies, des livres scolaires et pratiques que la part de nouveautés est la plus faible. C'est dans les secteurs de la religion, des actualités, de l'histoire, des publications scientifiques et techniques qu'elle est la plus forte.

Le poids des différents secteurs dans l'évolution des chiffres d'affaires comme du nombre de volumes publiés entre 1975 et 1989 a surtout vu la croissance des poches (malgré une régression depuis 1983), des livres pour la jeunesse, des livres scolaires, dictionnaires, les livres pratiques et livres scientifiques et techniques croissant en volume plus qu'en chiffres d'affaires.

« Les dépenses pour les loisirs et la culture augmentent dans l'ensemble des pays industrialisés ». Mais la France vient loin derrière les autres pays d'Europe, soit après la Grande Bretagne, le Danemark, les Pays-Bas, l'Italie ou l'Allemagne. Pour l'achat de livres, la France se situe au deuxième rang, après l'Allemagne : la dépense moyenne par habitant et par an est de 307 F pour 437 F en Allemagne, mais 269 F en Grande-Bretagne.

La situation en Europe

La France se situe au quatrième rang pour l'ensemble des titres produits, mais « la part des nouveautés est beaucoup plus forte dans les pays latins que dans les pays anglo-saxons » : 73% de nouveautés en Espagne, 57% en Italie, contre 43% en France, 24% en Grande Bretagne, 21% en Allemagne.

La production de titres de sciences humaines ou de sciences et techniques est beaucoup plus importante en Grande-Bretagne ou en Allemagne qu'en France. En revanche, littérature et livres pour la jeunesse sont plus nombreux en France.

Ce bilan explore aussi les profils socio-démographiques (sans surprise) des acheteurs et souligne la forte évolution des lieux d'achat depuis 1981 : les soldeurs ont doublé leur part du marché, les hyper et supermarchés, les grandes surfaces spécialisées, type FNAC ont connu une croissance très rapide, ainsi que les maisons de la presse. Ventes par correspondance et clubs sont « stabilisés » et la librairie est en « croissance lente ». Autre étude de synthèse produite par Interforum 2 : le marché de la bande dessinée.

Un acte d'achat de livre sur vingt est une bande dessinée. Pourtant les achats de bandes dessinées se sont stabilisés depuis 1984. Leur prix moyen a baissé depuis 1987, date d'apparition des publications en poche. La bande dessinée française représente 60% du marché, la belge 40%. Ce sont les bandes dessinées pour adultes qui se développent le plus. Mais les réimpressions ont dans tous les cas tendance à croître très fortement : dans le secteur jeunesse, les réimpressions sont deux fois plus nombreuses que les nouveautés.

Les lecteurs sont de plus en plus nombreux, quelle que soit la classe d'âge ou la catégorie sociale : ce sont toujours, outre les jeunes, les étudiants et les cadres supérieurs et moyens qui lisent le plus de bandes dessinées.

  1.  (retour)↑  Le marché du livre 1975-1990. Interforum, 20p.
  2.  (retour)↑  Le petit livre commercial et merchandising de la bande dessinée. Interforum, 14p.