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Le Serveur bibliographique national

Françoise Lemelle

Le ministère de la Culture et de la communication a élaboré un schéma directeur de l'information bibliographique pendant les années 1988 et 1989. Les réflexions ont été menées en large concertation avec les différents partenaires au sein du ministère de la Culture et en liaison avec le ministère de l'Education nationale. Les conclusions, remises en juillet 1989, s'articulent autour de deux axes essentiels : la production de l'information bibliographique française et sa diffusion.

Un producteur institutionnel

Il revient à la Bibliothèque nationale, dépositaire du dépôt légal, de créer les notices de l'ensemble des ouvrages publiés en France. Elle peut éventuellement partager ce rôle avec les bibliothèques municipales délégataires du dépôt légal imprimeur, la Bibliothèque nationale et universitaire (BNU) de Strasbourg et, le cas échéant, d'autres établissements. Cependant, c'est à la Bibliothèque nationale qu'il revient, en dernier recours, de maintenir la cohérence de la base de données. Elle est donc le producteur institutionnel de l'information bibliographique française. Cette mise au clair concernant les acteurs en matière de production a conduit la Direction du livre et de la lecture à mettre fin au réseau de catalogage partagé, LIBRA. Depuis 1990, des subventions sont accordées aux bibliothèques centrales de prêt pour les aider à acquérir un système informatique propre.

Il est donc nécessaire que la base bibliographique de la Bibliothèque nationale puisse être consultée par l'ensemble des bibliothèques françaises et que celles-ci puissent obtenir des notices. Pour répondre à cet objectif, il a été décidé d'avoir recours à un serveur technique : c'est la société Télésystèmes-Questel qui a été retenue. Pour assurer un service commercial efficace, la promotion, la gestion des contrats, la facturation vont être confiées à une société de service.

Les bases de données

Les bases concernées sont la base BN-OPALE, pour les ouvrages français et étrangers depuis 1970, et la base BN-OPALINE, pour les enregistrements sonores depuis 1983, soit 1,5 million de notices au total.

Les fichiers d'autorité correspondant à ces deux bases seront également accessibles en consultation. La transmission des mises à jour de la base BN à celle de Questel sera quotidienne. L'accès en consultation aux bases de données se fera en mode ASCII par terminal professionnel ou minitel 80 colonnes.

Fourniture des notices

Les notices seront en format UNIMARC. Conformément à la procédure actuellement en cours, les bibliothèques pourront s'abonner aux notices courantes dans l'état dépôt légal ou dans l'état définitif. D'autres formes de diffusion sur profil sont prévues : par grands domaines disciplinaires (classification décimale universelle), par genres ou par sujets.

Par ailleurs, les notices pourront être demandées par requêtes. Elles seront transmises par l'utilisateur au serveur par réseau, disquette ou bande magnétique. Les notices extraites par le serveur seront fournies à l'utilisateur selon les mêmes modes. Les transferts de fichiers en ligne se feront via le réseau TRANSPAC. En cas de télédéchargement, les notices seront envoyées par le serveur dans la boîte à lettres de l'utilisateur sur son micro-ordinateur PC ou compatible en format MS-DOS. Elles pourront également être fournies sur disquettes ou sur bandes.

Enfin, les utilisateurs qui le souhaitent pourront obtenir des catalogues édités.

Divers types de conventions standard sont en cours d'élaboration, pour la bibliothèque utilisateur final ou le redistributeur, pour l'abonnement aux notices courantes ou l'achat de notices rétrospectives. Ces conventions défmiront, en particulier, les droits relatifs à l'utilisation et à la modification des notices. Il s'agira de conventions-type non négociables.

La tarification

Les tarifs définitifs n'ont pas encore été arrêtés ; les décisions à ce sujet reviennent au Comité de pilotage qui, sous la présidence du Conseiller pour le livre auprès du ministre de la Culture, rassemble des représentants du ministère de la Culture, Direction du livre et de la lecture, DOSI (Département de l'organisation et des systèmes d'information), Bibliothèque nationale, Bibliothèque de France, ministère de l'Education nationale et ministère de la Recherche. Cependant, on peut donner quelques indications.

Le coût de l'heure de connexion sera, au démarrage du service, de l'ordre de 185 F. Le tarif étant dégressif à mesure que le nombre d'utilisateurs augmente, il pourra s'abaisser à 145 F.

En ce qui concerne la fourniture des notices, les tarifs seront plus élevés que les tarifs actuels de façon à prendre en compte la hausse générale des prix (indice INSEE et de l'édition), le plus grand nombre de notices traitées (pour les abonnements) et, surtout, l'amélioration et la diversification des services offerts.

Pour la bibliothèque-utilisateur final, le principe retenu est le suivant : tarification à la notice sauf dans le cas de l'abonnement aux notices courantes où seules sont payées les notices utilisées. Le prix de la notice d'ouvrage sera compris entre 3 et 7 F selon le type de demande. Le tarif envisagé pour les notices de phonogrammes, compte tenu de leur complexité, est de l'ordre du double du précédent.

Pour le redistributeur, le principe est le suivant : tarification à la notice selon les prix de base appliqués aux utilisateurs et perception de royalties de l'ordre de 50 % sur le montant des redistributions opérées.

Les services décrits doivent être offerts aux bibliothèques à l'automne 1991.

Le ministère de la Culture a voulu mettre en place un dispositif efficace pour que le gisement d'informations exceptionnel que constitue la base bibliographique de la Bibliothèque nationale soit à la disposition de l'ensemble des bibliothèques et centres de documentation français, voire étrangers. Dans une prochaine étape, c'est vers le grand public qu'elle s'ouvrira.