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Formation professionnelle des archivistes

Conseil international des archives
Munich, New York, Paris : K.G. Saur, 1988. - 236 p. - (Archivum, 34, ISSN 0066-6793)
ISBN 3-598-21234-8

par Benoît Van Reeth

Consacrer un volume entier à la formation professionnelle des archivistes, c'est ce qu'a voulu le Conseil international des archives et sa revue, Archivum. En 236 pages, il nous est proposé de nous rendre dans tous les continents, et d'observer, comme sur une photographie, à qui ressemble l'archiviste au crépuscule du XXe siècle. Disons tout de suite que nous sommes loin d'un plan statique, où chaque pays aurait profité de l'occasion pour persuader ses voisins que son école archivistique est la meilleure : chacun sait en reconnaître les limites, dans une sage modestie.

Réorganiser la formation

Le plan n'est pas non plus linéaire, source à coup sûr de répétition et de lassitude. Certains articles, comme ceux concernant l'URSS (Y. N. Afanasyev), la Chine (Chen Zhao Wu), la France (B. Delmas), l'Italie (E. Lodolini) ou les Etats-Unis (F. Evans) ont davantage mis l'accent sur la manière dont on a formé les archivistes de leur pays depuis plusieurs siècles (France, Italie), ou depuis quelques décennies (URSS, 1931 ; Chine, années 1930). Articles capitaux, regroupés en un seul lieu, permettant de comprendre les options prises dans chaque pays pour cette science archivistique dont chacun reconnaît les spécificités, même si l'on forme selon différentes filières ceux qui seront chargés de la mettre en pratique (écoles spécialisées, enseignement universitaire...).

Une seconde catégorie d'articles se veut davantage prospective, en analysant les besoins actuels en formation pour que les archivistes puissent relever le défi des archives du XXIe siècle. Comme le dit très clairement C. Couture (Université de Montréal), l'archivistique correspond-elle aux besoins de la clientèle, quand on voit la place croissante occupée par l'information ? Ce même auteur va jusqu'à proposer un programme de formation, étalé sur pratiquement 700 heures, qui mettrait les archivistes au même niveau que les autres professions liées aux sciences de l'information. M. Cook (Université de Liverpool) rejoint entièrement cette position, en insistant sur le besoin pressant de réorganiser la formation, et en proposant lui aussi un programme type fondé sur les instructions de l'UNESCO.

Mondialisation des problèmes

A une toute autre échelle, mais l'enjeu est exactement le même, l'Afrique (S. Mwiyeriwa) et le Brésil (N. De Goes Monteiro) reprennent le même thème en souhaitant le développement de la formation d'archivistes au fait de problèmes liés à des pays qui présentent, par leur histoire politique et administrative, des contraintes extraordinaires.

Enfin, on pourrait regrouper dans une troisième partie les articles plus spécialement consacrés à un aspect de la profession : l'Inde (Y. P. Cathpalia) s'intéresse aux microformes, la RDA (W. Klane) aux archives audiovisuelles et la Finlande (P. Rastar) aux archives d'entreprises.

Mais que l'on ne s'y méprenne pas : ces trois ensembles d'articles ne forment pas autant de chapelles, de filières cloisonnées. Elles donnent l'impression, très forte, que les problèmes de la formation sont tous, à différents degrés, bien entendu, identiques et que tous les archivistes témoignent, chacun à sa façon, d'une volonté partout clairement exprimée, de la nécessaire adaptation de l'archiviste au monde qui se prépare. Quand on admire la bibliographie proposée en fin de volume qui occupe, avec ses commentaires, 45 pages, on ne peut que se réjouir d'avoir sous la main un tel volume, qui permet de mondialiser les problèmes que chaque archiviste rencontre tous les jours, et de faire sentir les besoins d'une formation résolument tournée vers l'avenir.