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« 15-year jail sentence for Georgia rare book thief »

American libraries, 1988, 19, 10, p. 840.

par François Lapèlerie

Du vol dans les bibliothèques américaines... (suite).

Après un article paru dans le fascicule de septembre, American libraries publie à nouveau deux colonnes sur un cas qui ne semble pas si exceptionnel aux Etats-Unis, si on en juge par la littérature professionnelle. Cas également exemplaire par la qualité du voleur et le poids de la sanction.

James Barrow, juge à la Cour d'Athens en Georgie, vient de condamner à 15 ans de prison, plus 15 ans de mise à l'épreuve et à 45 000 dollars d'amende Robert Skeet Willingham pour vol de livres rares à la Hargrett rare book and manuscript library, de l'Université de Georgie. Ayant fait appel, Willingham est provisoirement en liberté, sous caution de 50000 dollars. Condamnation lourde, autant qu'en cas de viol, assassinat ou kidnapping, mais condamnation à la mesure du coupable « qui a trahi la confiance publique, ce qui est irrévocable », selon l'avocat général. En effet, le coupable n'est autre que... l'ancien conservateur de la Hargrett rare book and manuscript library. Inculpé du vol de 13 documents rares et précieux, il n'accepta de reconnaître que le vol d'un ouvrage illustré du XIXe siècle, Les Liliacées, d'une valeur de 500 000 dollars.

La bibliothèque fut même mise en demeure de prouver ses accusations : l'avocat du prévenu demanda à la bibliothèque de prouver qu'elle possédait bien les documents en question. Un catalogue sur fiches ou informatisé n'est pas une preuve. Et il l'est d'autant moins que les fiches correspondantes sont généralement retirées à la suite du vol des ouvrages, non seulement du fichier, mais aussi de l'inventaire. Des preuves supplémentaires sont toujours nécessaires.

Conclusion du directeur de la bibliothèque : « Très bon verdict, d'autant que le vol sévit dans les collections spéciales et qu'en général le voleur s'en tire avec une tape sur la main et va ouvrir ensuite une librairie... » Conclusion du successeur du voleur : « Il est très difficile de poursuivre en justice un ancien collègue. Nous avions travaillé ensemble huit ans. Je n'y étais pas préparée ».