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Éditorial

Mesure pour mesure

Le b-a ba d'une bibliothèque, c'est d'acheter. Acheter des livres, des monographies, des rapports, des périodiques, des documents sonores, des vidéocassettes, des logiciels, etc. Pourquoi ? La réponse est simple. Pour quoi ? On peut déjà discuter. Le but est-il de proposer un fonds cohérent ? Ou bien est-il de satisfaire à la demande des utilisateurs ? A partir de là, on entre dans le débat : quels utilisateurs ? Ceux qu'on voit tous les jours ; ceux qu'on aimerait voir ; ceux qui sont éloignés, dissimulés derrière l'écran des terminaux des messageries ; ceux qui se cachent dans les brumes du futur... Le débat dure déjà depuis pas mal de temps.

Et puis, les acquisitions ne sont qu'un maillon de la chaîne qui relie l'utilisateur au document qui lui « convient ». En amont, se profilent les logiques de l'offre, et de l'information sur l'offre ; en aval, les logiques de la diffusion, généralement exprimée par le nombre de prêts, et par dessus tout, celle de la gestion générale d'un fonds, avec ses préoccupations d'élimination et de conservation.

De ce dossier, qui s'étendra sur deux numéros, ne ressortiront que les éléments les plus caractéristiques d'un débat sans fin sur la politique des établissements. Faut-il privilégier la promotion des produits éditonaux les plus fragiles et les moins « vendeurs » qui soient, à savoir les revues ? Faut-il privilégier l'approche marketing ? Avant de trancher, plusieurs établissements ont cultivé le vieil adage « Connais-toi toi-même » et pratiqué l'art de la mesure. Une sage mesure.