entête
entête

S V P Documentation scientifique à la Bibliothèque interuniversitaire sciences de Lyon

Marie-France Rochard

Depuis octobre 1980, une nouvelle ligne téléphonique fonctionne à la section sciences de la Bibliothèque universitaire de Lyon sous l'intitulé : S V P Documentation scientifique. Indépendante du standard de la bibliothèque, elle est reçue directement par le bureau des renseignements de la salle chercheurs.

Il ne s'agit à première vue que d'une extension des services que toutes les bibliothèques rendent à leurs lecteurs. Simplement ceux-ci obtiennent leurs renseignements sans avoir à se déplacer.

En réalité, les objectifs étaient plus ambitieux : nous souhaitions à la fois opérer une ouverture de la BU sur l'extérieur (en particulier sur tous les organismes non universitaires) et faire reconnaître notre rôle de professionnels de la documentation.

Nous avons donc voulu en 1980 mieux connaître les ressources de la bibliothèque et inciter les chercheurs à s'adresser à nous. Les publications scientifiques demandent un énorme investissement financier. Il fallait le rentabiliser.

Pour que l'on puisse nous joindre rapidement, la ligne téléphonique directe était indispensable. Elle évite aux utilisateurs de perdre du temps au standard et de répéter plusieurs fois leur demande avant d'être orientés vers le bon interlocuteur.

Les 14 et 15 novembre 1980, deux journées « portes ouvertes » ont lancé l'opération. Plus de 400 invitations avaient été envoyées. Pour la première fois nous avions essayé de joindre les entreprises.

Après deux ans de fonctionnement, les résultats sont à la fois encourageants et insuffisants : les utilisateurs se sont diversifiés, un certain nombre d'organismes qui ne connaissaient pas la bibliothèque ont maintenant recours à elle, un petit nombre de particuliers appellent pour des renseignements ponctuels. Les correspondants qui téléphonent le plus régulièrement sont des documentalistes de centres de recherche publics ou privés qui n'ont pas sur place toutes les bibliographies ou qui se trouvent isolés.

Dans ce cas, on peut s'interroger sur l'avantage réel que peut retirer la bibliothèque qui n'intervient que pour les aider dans leur travail. Les chercheurs ou les responsables ne sont jamais informés du rôle que nous avons joué dans la solution de leur problème... Mais au moins quelques liens entre professionnels ont-ils pu se créer.

Lorsqu'il s'agit d'appels directs de scientifiques ou de particuliers, la suite logique est souvent une inscription à la bibliothèque, et un nouvel utilisateur.

Parmi les questions posées, certaines portent sur l'identification d'un document : « J'ai relevé telle référence. Qu'est-ce que c'est ?... Que veut dire tel signe ?... » Les plus nombreuses nous demandent de localiser : « Où puis-je trouver telle chose ? Qui reçoit à Lyon tel périodique ? Avez-vous l'adresse de tel organisme ?... »

D'autres questions sont plus complexes : « Je rédige un article scientifique, comment le présenter pour la publication ? Quelles sont les règles d'abréviation des titres de périodiques ? Comment compléter ma bibliographie ? »

Souvent, la réponse n'apparaît pas précisément. Il est alors conseillé au correspondant de rappeler pour lui éviter une attente, mais aussi pour prendre le temps de chercher. Il vaut mieux avoir un délai de réflexion et consulter d'autres personnes.

Les conditions d'un bon fonctionnement d'un tel service tiennent avant tout à la qualité des personnes qui en ont la charge. Elles doivent non seulement être ouvertes et accueillantes mais aussi très motivées et intéressées par leur travail. Pour elles s'impose encore davantage que pour d'autres la nécessité de compléter leurs connaissances, de se tenir au courant des nouveaux instruments de recherche, d'acquérir une meilleure formation.

La bibliothèque doit également être riche en instruments bibliographiques : répertoires de sigles, d'adresses, bibliographies, catalogues de toutes sortes...